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Les équipières, toujours aussi imaginatives, ont proposé un jeu consistant à écrire une lettre remplie de haine... j'ai beaucoup cherché, et puis j'ai trouvé. La lettre est ICI, voici la réponse.

 

Mademoiselle Penny,

Je ne vais pas me morfondre dans ma faisselle de ta méchante lettre. Je vais me laisser sécher, comme d'habitude. Mais la motte sera salée, parce que je te trouve de mauvaise foi. Tout d'abord, tu devrais t'adresser à tes parents, qui ont, dès ton plus jeune âge, rien trouvé de mieux, pour te faire taire, que de te fourrer des bâtonnets de gruyère dans la bouche. Forcément, tu n'aimais pas les yaourts et tu étais une goulue. C'est là qu'est née ton addiction.
Ensuite, moi je suis plutôt délicat et je préfère qu'on me déguste plutôt qu'on me dévore. Mais toi, tu me baffres. Tu mérites des baffes. En plus, parmi toutes les subtilités que j'offre, tu fais une fixette sur le camembert, plâtreux le camembert. Je rêve ! Je vais t'éduquer, je vais te faire baver d'envie devant un grand Roquefort, je vais te faire jouir d'un vieux Cantal. Je ne te lâcherai pas. Tu es ma chose, un de mes estomacs de prédilection. Et puis, je te connais, de la gueule, tu en as, des résolutions, tu en prends, mais ta volonté cède à chaque chagrin, et elle cède dans un Saint-Félicien arrosé du petit gorgeon qui va bien.
Ce n'est pas une donzelle un peu allumée qui me fera faillir dans ma mission. Car j'ai une mission qui dépasse le cadre d'une mauvaise humeur passagère.
Je suis ton péché. C'est moi qui doit t'accompagner jusqu'à ton destin, et je mettrais tout en œuvre pour être à la hauteur. Je lâcherai de délicieux effluves qui titilleront tes narines dilatées, je parfumerai tes pas du fumet d'un plateau généreux. A ton dernier soupir, tu te souviendras du Livarot ou de la Boulette d'Avesne, plus que de tes amours. N'oublie pas que ton ultime plaisir, au crépuscule de ta vie, sera de suçoter une lamelle de Beaufort. Tu n'auras plus de dents. Et je gagnerai. J'envahirai tes potages, je me cacherai dans tes bouillies ou tes purées.
Tu ne peux pas m'échapper, je vais t'enduire de gras, boucher tes artères, m'installer sur ton bedon. Pervers ? sans doute, mais je me délecte déjà de ton prochain accès de fromagite aiguë.
Toute ta vie est bordée de Pont-l'évêque et de Reblochon. Et si tu tentes de me résister, alors je t'enverrai mon arme fatale : l'apéricube au curry. Tu peux te passer de viande, tu ne peux pas te passer de moi.
N'essaie surtout pas de te contenter de quelque fromage blanc gorgé d'eau, tu ne tiendras pas. La seule solution qu'il te reste, c'est d'apprendre la sagesse. Devenir capable de te contenter d'un morceau raisonnable d'emmenthal plutôt que d'avaler toute la meule sur un coup de tête.
Mais la sagesse... ça n'a jamais été un trait qui te caractérise.
Sur ce, j'ai d'autres panses à persécuter.

Monsieur Le Fromage.






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Les équipières, toujours aussi imaginatives, ont proposé un jeu consistant à écrire une lettre remplie de haine... j'ai beaucoup cherché, et puis j'ai trouvé. La réponse à cette lettre, de mon interlocuteur courroucé, viendra dans les jours qui viennent.



Monsieur le Fromage, je te hais. Toi et moi avons, depuis longtemps, une liaison passionnelle que je veux mettre à mal, éradiquer, détruire. Et j'utiliserai toute mon énergie à t'oublier, tant le désir que tu m'inspires m'est devenu insupportable. Tu as contrarié mes amours, tu m'as envahie jusqu'au moindre recoin. Et, je te le dis, aujourd'hui, c'est finit.

Dès mon enfance, tu m'as fait les yeux doux. Tu m'as appâtée d'une pâte molle ou persillée, jusqu'à ce que je m'empâte de trop te déguster. A l'âge où mes copines piquaient du maquillage aux nouvelles galeries, moi j'avais décousu ma doublure de manteau, et je stockais des Babybel obtenus frauduleusement. A cause de toi, j'ai failli dévaliser une crémerie. Tu es un démon tentateur. Tentateur et pervers.
Quand on te fout dehors par la porte du frigo, tu reviens étalé sur une pizza ou en raclette. Tu sais fondre autant que résister. Et tu m'as tout fait, toutes les misères que tu pouvais imaginer.
D'un morceau d'Epoisse, tu m'as porté la poisse, car il a fallu que je t'avale le jour d'un rendez-vous important. Te dire que le dialogue fut empesté serait un euphémisme. J'ai contemplée, horrifiée, le nez de mon interlocuteur qui se plissait dans une moue de dégoût. Si ça se trouve, j'ai croisé l'homme de ma vie, que mon haleine chargée de moisissure et de vieux marc a fait fuir.
J'ai eu à faire face à d'interminables scènes de ménage parce que je ne savais pas résister à un morceau de Comté. Mon cher et tendre découvrait que j'avais englouti toute la portion et me passait un savon. Ce fût peut-être la cause de mon divorce. A coup de camemberts je me suis arrondie jusqu'à ressembler à une Mimolette vieille : ronde, orange, et piquée de trous sur le ventre et les cuisses.
Même pour mes anniversaires, plutôt que de m'offrir un gâteau au chocolat, bien moelleux, à la fin du repas, je recevais une roue de brie piquée de bougies. D'année en année, le diamètre de la roue grandissait. Forcément, il en fallait de la place pour les bougies. Et ma gourmandise que tu savais si bien titiller ne résistait pas à ton coulant juste à point qui me torturait d'envie.
Tu as fait de moi ton esclave, capable de me damner pour un petit Gervais, capable de supplier pour un bout de Munster, avec ou sans cumin, capable d'abdiquer ma dignité pour une Rigotte.
Et, dans ta grande malice, jamais tu ne m'as fait rencontrer un fromager, ni un crémier. Avec sadisme, tu m'a toujours alléchée sans jamais me combler de toi. Si au moins j'avais gagné mon poids, surtout à l'époque, en Ossau-Iraty, au moins je serais morte dans une grande débauche de toi, gavée, le foie juste à point pour être gras. Même pas. Tu as été pingre, tu ne t'es pas livré avec générosité, te contentant de ronronner dans le bac à légume, bien sûr qu'à un moment donné, je craquerai.
Mais, mon salaud, tu n'auras pas ma peau d'orange. Je te quitte, je ne passerai plus devant le rayon ou tu t'étales, sans pudeur, attendant que ta victime remplisse son panier. Je n'ai plus qu'une chose à te dire : Casse-toi, tu pues.

Mademoiselle Penny


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Le fouillis d'une vie s'organise parfois autour de celui, ou celle, qui devient « Toi ». Comme une peinture inachevée, un paysage foisonne, colorant des pans de toiles, là où d'autres sont laissés vierges, à barbouiller un jour prochain. Le fouillis d'une page blanche, dont l'immaculé est turbulent, s'agite, avide de mots, d'impressions. Le cœur dorlote un amour, un sourire, un souvenir. Et l'âme crève de la soif de « Toi », quand le corps rêve de s'oublier contre la peau de « Toi ». Fouillis des sentiments, fouilles de soi, archéologie d'une passion. On gratte la terre de ses ongles, jusqu'à mettre à nu la racine qui suinte du sang du désir. « Toi » bouleverse cette douce organisation qui rassure quand on se raconte, à peine convaincu, que les désordres de l'amour n'envahiront plus l'espace des sentiments. Emprisonné dans ce joyeux capharnaüm qui laisse traîner des dessous chics, on accroche des guirlandes aux fenêtres, on barbouille des poèmes sur les murs, on grave des initiales sur les pieds de chaises. Et le fouillis d'une vie s'organise autour de celui, ou celle, qui est devenu « Toi ».

 

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Au plus profond de soi, s'entrelacent les écharpes des joies et les scories des larmes. Toutes les tristesses accumulées sont de charbon et d'améthyste. Toutes les allégresses remuent la nostalgie autant que les rires. Lorsqu'on visite sa vie, on l'écrit. Quelques fois, on met le doigt sur un souvenir que l'on croyait perdu. Il se met à briller doucement. Il ramène sa cohorte d'émotions. Alors, on le décortique, on l'observe. Un sanglot éclate comme une bulle, ou un gloussement chatouille agréablement le coin des lèvres. On attrape la gomme à sculpter la mémoire. Et l'on tricote. Une autre histoire. Comme le peintre retouche un détail qui jure dans la toile. Bien sûr, rien n'est vraiment voulu. Mais en calligraphiant se légende personnelle, peu à peu on enlumine les pages sombres. En cultivant son jardin des secrets, peu à peu, on défriche, on replante. Un saule pleureur se penche sur les chagrins qui sont devenus nénuphars. Et les bonheurs fleurissent dans une brassée de lilas. Les souvenirs, au plus profond de soi, entrelacent les écharpes des joies et les scories des larmes.

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Au printemps, des brassées de fleurs colorent la ville. Les jardins s'habillent des corolles dressées qui murmurent que les jours grignotent la nuit, que la chaleur chasse les gelées matinales. Bien sûr, il y aura encore des pluies. Parfois le matin sera frisquet, illuminé de bleu, mais grelottant.
L'étrangère vole le frémissement des jonquilles qui dodelinent. Elle contemple les tulipes en parterre où se mélangent les jaunes et les rouges, qui se piquent de blancs.

 

 


Mais ce sont les pensées qui l'émeuvent le plus, discrètes, qu'il faut traquer entre deux buissons. Ces pensées, qu'elle sème en marchant et qui vivent, le temps d'une larme ou d'un sourire.



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Une flamme intérieure brûle, parfois brasier, parfois veilleuse. Elle brûle en chaque être si l'on a pris soin de la choyer. Elle vacille, souvent, quand elle se frotte à quelque mécréant qui voudrait bien l'étouffer. Parce qu'il est de ces méchants qui ont épuisé leur oxygène et qui ne supportent pas que brasille, chez l'autre, un feu follet. Alors, ils arrosent de leurs malaises, de leurs angoisses, cette lumière que l'autre protège encore. Ils piétinent leurs rêves, ils les enferment dans une cage. Jusqu'à ce que leur proie s'éteigne. Mais, et la vie est bien surprenante, un jour elle ouvre une page où le maître des feux de joie vient ranimer la braise qui s'amenuisait doucement. A petits mots, à tendre gestes, il souffle sur le brandon, jusqu'à ce qu'une étincelle annonce un flamboiement. Quand un funeste destin vous a jeté dans les griffes d'un sorcier, et que le temps est passé suffisamment, l'on reconnaît son magicien, au premier regard, au premier sourire. Il possible que le magicien ne soit qu'étoile filante, il peut aussi s'installer au coin de l'âtre. La leçon, en tout cas, est apprise : la flamme intérieure qui brûle, parfois brasier, parfois veilleuse, il ne faut pas laisser un autre, un qui passe, la noyer. Il faut la confier au magicien des feux de joie.

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Saint-Etienne de Furan était un petit village de métallurges, posé au fin fond d'une vallée froide, adossé à la colline du Mont-d'Or, en bordure d'une rivière aujourd'hui enterrée, le Furan.
Les gagats, les habitants du lieu ramassaient le charbon, à même le sol, bien avant que les gueules noires n'occupent les cités construites par les Houillères. C'est ainsi que se sont développées, très tôt, des activités liées à la forge, la coutellerie, à l'arme.
Eclipsée par Lyon la grande bourgeoise, Sainté est devenue la ruche, l'humble où se sous-traitaient les petits métiers. Elle a gardé, de cette époque modeste, un goût pour la discrétion, préférant grandir tranquille à l'ombre de ses puits de mine et de ses frimas. La ville est perchée, entre cinq cents et six cents mètres. Avant même de la quitter, en partant sur la vallée de l'Ondaine, il y a une pancarte qui indique un col, à 641 mètres d'altitude.
Sainté est une laborieuse, sérieuse, où l'arme et le cycle ont eu leurs heures de gloire. C'est aussi là que, quand les grands soyeux lyonnais tombaient un mètre de brocard, les gagats tissaient deux mètres de rubans dans leur cuisine. Ce passé de passementerie a légué de hautes demeures, puisque les métiers, à mécanique Jacquard, étaient installés à domicile, la mère passant indifféremment de la tambouille à la quenouille.
L'étrange étrangère se dit qu'elle pourrait raconter bien des choses sur cette ville, où elle n'est pas née. Mais, arrivée à l'aube de l'adolescence, entre ces rues qui étaient encore charbonneuses, elle est tombée en amour. Parce que, entre le noir de la poussière et le vert de l'ambiance, une humanité gentille accueillait le rapporté. Jamais elle n'a trouvé, sur son sol, autant de joie et de générosité qu'ici. Ici, si vous vous perdez, il y aura toujours un stéphanois pour vous aider. Ici, dans le tram, on vous parle, on vous sourit. Sainté la douce, à taille humaine, embellit de jour en jour, elle tourne le dos, peu à peu, à son passé douloureux, douloureux d'avoir été longtemps oubliée, aux marches du Massif Central.
Pourtant, qui se souvient qu'à Sainté est née la première ligne de chemin de fer française, qu'ici la machine à coudre à vu le jour, que l'inventeur de la turbine était stéphanois ? Qui sait que le Musée d'Art Moderne abrite la seconde collection de France, après Paris ?


Peu à peu, les façades se couvrent de jaune, lui donnant un air de provence. Un jour, on parlera de Sainté la lumineuse, c'est sûr. Sainté la joyeuse où il se passe toujours quelque chose, si forte d'un tissu associatif dense et surprenant... il existe encore des clubs de sarbacane. Sainté, petit à petit, apprend à s'aimer.




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L'espace du merveilleux s'ouvre à qui sait le caresser. Il y a des mondes où vivre une féerie marque au fer rouge de la folie estampillée, que ceux qui cloisonnent imposent à ceux qui osent. Et pourtant ! rien n'est plus doux que de croire en ses rêves, espérer que l'improbable existe, marcher ce petit pas qui fait de l'impossible, le lendemain du raisonnable. Rien n'est moins confortable qu'un quotidien qui vacille entre le labeur et le plumeau, entre le travail et le ramasse miettes. Alors, quand brille au fond du lit, sur l'écran opaque du plafond, cette chimère vibrante, un jour, on l'attrape au vol, comme une mouche, et l'on décide de l'incarner, de lui inventer un corps. La chimère se fait chair, elle embarque le voyageur au fil d'une rivière bouillonnante d'images. Un matin, ce qui n'était hier qu'un rêve, s'inscrit dans l'existence, marque le cœur et le corps au moment où l'âme réalise qu'elle a trouvé son havre. On se trouve à marcher sur l'ouate fragile d'un nuage. Certes, la peur que le sol se dérobe vient parfois troubler ce bonheur comblé. Mais à force de le caresser, l'espace du merveilleux s'est épanoui.

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A quelques encablures de son appartement en ville, l'étrange étrangère traîne ses baskets, parfois, les jours de soleil, au bord d'un lac qui ne doit son existence qu'à un barrage.

 


Il y eut un temps où un village nichait au fond de la vallée et sous les eaux tranquilles, doivent dormir des maisons, une église, de petites rues, ce qui fut la boulangerie ou l'école élémentaire. Mais qui imaginerait que ce lac n'est que le rêve des hommes. Il a tellement l'allure d'être vrai, d'avoir toujours clapoté sur les rives rocheuses des collines.

 


Alors, dans la chaleur d'un après midi de printemps, parcourir les chemins tracés, en suivant les courbes de l'eau, devient un moment d'une absolue sérénité. Il suffit de s'éloigner de la plage, où barbotent les enfants où s'alignent les cahutes qui offrent une boisson, une glace.

 

 



La paix se trouble d'un clapotis, du chant d'un oiseau, du bruissement du vent dans les arbres. La lumière se perd au dédale des feuillages, à ce moment là de l'année où les verts sont pléthores au point que l'œil s'épuise à les distinguer.

 



Comme un cadeau, un arbuste à peine fleuri, troue de son rouge profond les frondaisons. Sont-ce les chagrins des fantômes restés dans la vase, au fond du lac qui, à la renaissance de la nature, chantent qu'il ne faut pas les oublier ? Ils accrochent alors une larme de garance tout au bout d'un rameau.

 


Et de vieilles charmilles s'admirent à la surface lisse, qu'un frisottis trouble à peine. Les troncs torturés sont les sculptures qu'offre la balade. L'étrangère traque des détails insignifiants : l'entaille qui défigure la hampe d'un bouleau, la fracture qui écorche la roche ; le taillis courbé par un blizzard d'hiver.

 


Et puis, dans ce silence habité, il y a toujours un rapace qui tourne, tout là-haut, dans l'azur, à l'affût d'un mulot.

 

 

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Je suis en colère... J'ai passé l'après midi dans le centre de rétention de Lyon Saint-Exupéry, enfin « dans »... devant plutôt. Ben voui. J'ai un copain qui croupit à l'intérieur, un type bien, prof de math, qui faisait du soutien scolaire là où il y en a vraiment besoin, dans les cités, auprès des enfants que la famille n'arrive pas à accompagner efficacement. Lorsqu'il a été interpellé, il a été traité comme un criminel. Bref, pantalon déchiré, de multiples contusions. Joli !

Alors je suis en colère... Parce que le copain, il s'en sortira, d'une façon ou d'une autre. Mais dans ce centre, il y avait une jeune femme qui a fuit son pays parce que son frère veut la marier de force et la recouvrir d'une burka. Elle porte dans sa chair les boutonnières savamment tailladées par ce frère tyrannique. Et puis il y avait aussi un tout jeune garçon, cancéreux. Il a été équipé d'une prothèse, à Cochin, mais la prothèse pose problème, et le pronostic vital est entamé. Sauf que ces deux là sont des « sans papier », et qu'ils vont rejoindre manu militari leur pays d'origine. Joli !

Et puis, je regarde les infos, je regarde toujours les infos. Et là, ON se gargarise de mesurettes, ON met des gendarmes planqués dans des coins où ils pourront verbaliser pour des conneries. ON chougne sur le sort de nantis, de bien pensants, d'une espèce d'humanité qui se fout bien des autres.

P'tain, nous avons été un grand pays, autrefois. Nous avons dit, pensé, écrit une morale qui paraissait nécessaire à la vie en communauté. Nous avons eu de grands hommes d'état, que l'on partage ou non leurs opinions, nous avons eu de grands présidents. Et que sommes nous devenus ? Un pays qui se la joue cow-boy, qui plaque au sol d'inoffensifs individus. Forcément, ils sont plus faciles à coincer que les petits caïds des cités.

Et bien, je vous le dis, il n'a pas de couilles notre président. NON ! Il bavasse dans les médias, se la joue du langage vulgaire d'une pseudo vérité. Il titille le poujadisme resté vivace dans les campagnes. Mais qui se souvient de Robert Poujade et de ses discours populistes ? Il caresse l'argent dans le sens du poil et écrase un peu plus chaque jour les modestes. Il s'en fout de la misère qui monte, et du fait qu'il faudra bien partager la richesse. L'important, c'est de faire joli !

Alors je suis en colère, et je le dis... en me disant que c'est une erreur, parce que, travaillant avec les institutions, je prend, en plus, un risque inutile. Merde ! Pourquoi faudrait-il toujours la fermer ? En général je n'aime pas les notes à caractère politique, d'ailleurs ce n'est pas le contenu de cet espace, mais, s'il reste un peu de démocratie dans ce pays, alors je dois pouvoir exprimer ma colère. Cependant, je me demande... Parce que le fait de me poser la question pose déjà problème.

En tout cas, le petit président, il peut dormir sur ses deux grandes oreilles, ses préfets travaillent bien et les quotas seront atteints.

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  • : Là où mes mots murmurent... Je me raconte des histoires depuis toujours. Alors pourquoi ne pas les partager. Je crois bien que je vis dans un drôle de monde.

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