Quotidien d'une Salers

Quand j’étais un bébé-vache, je me posais souvent des questions étonnées. Pourquoi l’herbe est verte ? Pourquoi la terre est ronde ? Pourquoi les vieux bestiaux ne sentent pas bon ? Toutes questions qui, sans doute, peuvent trouver une réponse scientifique, mais dont j’attendais des raisons poétiques… L’herbe est verte parce qu’elle aime trop les chewing-gums à la chlorophylle. La terre est ronde parce que les humains la font tourner en bourrique, depuis la nuit des temps. Les vieux bestiaux puent parce qu’ils se grattent les oreilles avec des allumettes…

Depuis, j’ai grandi. Je ne me gratte pas les oreilles avec des allumettes.

Mais je me pose toujours autant de questions. Pourquoi les Abondances mentent-elles ? Parce qu’elles voudraient devenir des Landaises, des vaches à foie gras. Pourquoi la race bovine se déchire sur des non-dits alors que s’expliquer tranquillement apaise souvent ? Parce que les mots s’échappent parfois. Parce qu’avouer une erreur, un petit arrangement avec la vérité, c’est confesser qu’on est faible, et, finalement, qu’on n’est pas à la hauteur de l’image qu’on véhicule. Triste, mais humain.

Je préférais mes questions de jeunesse. C’est quoi le pardon ? C’est donner par-dessus, par-dessus les erreurs, les incompréhensions. C’est quoi l’amitié ? C’est ce qu’on accorde à l’autre, inconditionnellement, quoiqu’il dise, même quand vous savez qu’il vous mène sur un chemin qui n’est pas le vôtre. Même quand vous devinez parfaitement ses petites manipulations stupides. C’est quoi la gentillesse ? C’est faire le choix d’oublier les blessures, même s’il faut du temps. Et sourire encore.

La vie m’ennuie, il va falloir que je retrouve mes questions de l’enfance, bien plus drôles que les préoccupations de la maturité

Pourquoi la lune brille dans la nuit ? Parce que c'est une coquette et qu'elle aime bien qu'on la contemple.

 

lune


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Aujourd’hui, comme hier, j’avais rendez-vous avec gentil Psydutrav pour définir mon projet professionnel. J’avais préparé l’entretien, normal. Salers à l’étroit désormais dans une absence de perspectives, je dois bien trouver le pré où aller m’ébattre, quand reviendra le temps de produire. La vie est ainsi faite que même une vache peu vénale doit s’abriter, prendre des vitamines, et chausser des protège-sabots. Je ne voudrais pas finir ma carrière à mendier une petite touffe de trèfle au coin d’un bocage…

Alors, des idées, j’en ai. J’ai surtout des idées d’ailleurs… Au sens d’envie d’ailleurs, de partir loin. Ça a une bonne truffe de jolie vache, mais c’est maigre comme chemin forestier. J’ai donc à réfléchir sur des concepts qui tournent autour des savoirs, savoir-faire, savoir-être, permettant de bâtir ce projet d’ailleurs.

Avec une question philosophique fondamentale : qu’est-ce que représente le mot travail, pour moi. Dissertation à rendre la prochaine fois. Et ben, c’est assez simple… le mot « travail » vient du latin « tripalium ». Le tripalium était un pieu à trois branches destiné à immobiliser les esclaves. C’est pas réjouissant. Et du tripalium est né le supplice du pal, l’empalement… Ya pas de quoi danser la bourrée dans un champ de luzerne, à la lueur des lampions tout en s’enfilant une crème de whisky ! Pour sûr, on nous fait croire que le travail doit friser la mamelle, titiller le neurone, enrichir le gras du beurre. Mais ça, c’est une théorie issue du néolibéralisme pour nous faire avaler que le travail est une bénédiction. Et encore, je fais partie du troupeau des salers chanceuses qui ont le choix d’exercer une activité rémunératrice et pas trop pénible… Parce que, travailler, en l’état actuel de décrépitude des montagnes à vache, de la surexploitation des produits laitiers et de la baisse du prix du lait, ya pas de quoi sauter de joie ! Mais bon, a-t-on le choix ?

 

tripalium


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Le jour est en train de poindre. Et la lumière, bleutée, ouate les immeubles endormis. Ce matin, je pars pour ma dernière journée à la fac… J’aime, au tout début du jour, me promener dans les rues. Elles sont désertes, encore propres. Une tranquillité douce repose du rythme trépidant des vies. Et comme à cette heure je n’ai aucune chance de rencontrer « Monsieur FacedeFat », de làoujebossais, j’emprunte le chemin qui est le plus court, de mon étable à la gare, et qui longe la vitrine de mon ancien job.

J’arrive à la petite place où le bistrot des fêtards et le bistrot des motards se regardent en lions de potence. Quelque chose retient mon attention. Elle a changé, la petite place. Miteuse, mais relookée. Mon œil de salers cherche… et trouve. Des sculptures se sont installées de part et d’autre de la rue qui monte. Bucoliques. Un coin de ma campagne a pris racine, momifiée à jamais dans du bronze moulé, ou un autre métal d’ailleurs.

J’adore. Ça met de la poésie dans un quartier qui n’a pas toujours bonne réputation.

 

place jules guesdes

Sur l’autre trottoir de la rue, j’ai failli rater la grenouille, petite chose rigolote, installée au pied d’un panneau de signalisation. J’espère que personne ne se brisera l'astragale d'une rencontre fortuite, parce qu’alors, elle partira à la fonderie la grenouille, pour sûr. Et une grenouille fondue, c’est forcément moins romantique.


grenouille


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Et voilà qu’enfin, dans mon pré plutôt salé en ce moment, il pousse un moment de soulagement. Pas une explosion de joie, faut pas exagérer. Juste un petit bonheur… Je suis incroyablement tanche, pour une salers, en ce qui concerne ma gestion du quotidien. Et je suis à peu près aussi intéressée par les travaux de vache d’intérieur, qu’un tigre par un plat d’épinards, même beurrés.

C’est dire !

A l’automne dernier, mon lèche-vaisselle, appareil inventé par une faignasse dans mon genre, est tombé en panne. Enfin, il ne vidangeait plus. C’est ma première expérience, ou presque, de lèche-vaisselle. En tant que vache utilisatrice d’un lave-cuirs, j’en ai déduit, par analogie, qu’un filtre encrassé jouait les récalcitrants… Que faire ?

… Retroussant mes petites papates, j’ai vidé consciencieusement l’engin, écopé l’eau qui stagnait au fond, non sans tordre le museau en signe de contrariété. Et pis je me suis fadé une énorme vaisselle, vu que la machine était pleine. J’ai soufflé ! Oh, j’ai soufflé ! Comme un taureau avant de foncer sur le matador. J’ai laissé passer deux trois jours, et je me suis attaquée au nettoyage du filtre. Consciencieusement. Ben… rien. La rosse refusait de laver.

Je retournais donc au destin douloureux de laveuse d’auges à l’huile de jarret. Plusieurs mois, puisque je ne me suis pas occupée d’appeler le docteur des électro-ménagers avec beaucoup d’empressement.

M’apercevant que j’arrivais en date de péremption de garantie, il y a quelques jours, j’ai dare-dare contacté le fournisseur. Ben voui ! Je ne suis pas ennemie de mes intérêts… Qui m’a déclaré, bucolique : « demain dès l’aube, je partirai sur les chemins, mallette en main, et viendrai vous dépanner en un tour de malin ».

Voilà que le docteur des électro-ménagers vient de repartir. Et le lèche-vaisselle de frémir. C’était bien un problème de filtre et d’encrassage. La pompe était bloquée par un minuscule débris. Mais comme je n’avais pas lu la notice et bien je n’ai pas su comment nettoyer. Normal, je suis salers ascendant tanche, donc je ne lis jamais les modes d’emploi.

Le gentil monsieur a mis moins de 3 min 26 s 00 pour son intervention. Il a battu le record du monde du 1500 mètres messieurs, détenu par Hicham El Guerrouj. Ça n’a aucun rapport, mais quand même… Et comme c’était une intervention d’entretien courant, normalement, j’aurais dû raquer. Il a été très gentil, le monsieur. J’ai pas raqué.

Quant au débris, c’était un petit morceau de faïence, d’un bol violet que j’avais acheté chez Pasclair, à 2 euros 6 sous. De la cacaterie, quoi !

Mais depuis quelques minutes, j’ai comme un doute… Comme je dis tout plein de méchancetés sur la grande distribution, je suis sûre que Maraîche-Engraulidae Pasclair m’a maraboutée. Il va falloir que je me méfie de ma vaisselle, désormais. Pfiou !!!

 

vaisselle


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rails

 

Je patauge. Si au moins j’avais un train à regarder passer… Meuh nan ! Le destin des salers, c’est le rail et bien mon destin, c’est le râle. Voui ! Je râle. Je peste. Je rouspète. Je grommelle. Je ronchonne. Je ratiocine. Bref, je suis pas contente. Pas contente de moa. J’arrive plus à me botter l’arrière train pour faire tout ce que j’ai envie de faire. En même temps, si je me fustige, si je me bats la coulpe à coup de genêts, je vais pas reprendre confiance en moa. Ça non.

Aujourd’hui, j’avais pris mon petit cartable, mes bottines et mon chapeau pour aller à un rendez-vous avec un gentil Psy du travail. Enfin, je précise, j’étais habillée quand même. C’est madame Pôlemploi qui avait décidé que j’avais besoin d’intégrer un dispositif de confirmation de projet professionnel. Des fois que faire la vache à viande ce ne soit pas un bon projet. On a le droit de rêver de promotion, nan ? Avant, je faisais du lait.

Et donc je devais me rendre dans une ville triste d’une vallée sinistrée pour ce premier échange. Comme j’aime pas être à la bourre, j’avais trois quart d’heure d’avance. J’avais rien brouté depuis la veille. Me suis posée dans un drôle de bistrot. Ben yavait des consommateurs qui fumaient. Ça devait faire une paille que j’avais pas vu ça. J’ai avalé un énorme sandwich au gruyère – j’aurais préféré au salers - et dans la minute qui a suivi j’ai entendu mes kilos rigoler. Des kilos qui rigolent pour un fromage caoutchouteux et sans goût, c’est torve. Et ça vous sape le moral autant que de se faire fouetter par une crème.

Le rendez-vous a duré presque 2 heures. Et je m’en tire avec un calendrier de ministre, et une prescription. Euh ! De réflexion, la prescription. Pas de pilules à avaler.

Ben c’est pour ça que je patauge : faut que je réfléchisse à plein temps, alors qu’en ce moment j’ai pas trois neurones qui fonctionnent.


ville de la vallée


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Quand je ne vois plus l’horizon, je me rabats, probablement comme plusieurs millions de mes congénères, sur les horoscopes… Evidemment, je fouine sur la toile à la recherche de celui qui me convient le plus, je vais quand même pas croire les mauvais augures et autres cassandres…Nanmèho !

Et ben ce matin, en grafignant la tourbe de mon champ, j’ai dégoté l’oracle acceptable, la prévision réjouissante, l’auspice de mon cœur. Il fleure bon le trèfle qui s’épanouit au milieu d’un foin pourrissant.

Je vais avoir un printemps digne d’une médaille au comice agricole. Ben voui ! Je n’ai regardé que les aspects « social » et « forme ». La partie « amour » et autres galipettes sous les pâquerettes n’étant pas à l’ordre du jour dans mon planning personnel.

A la lecture de la précieuse prescription, j’ai appris qu’à l’insu de mon plein gré, Mars, planète combative, rouge et colérique, me tenait muselée depuis l’automne dernier. C’est pour ça ! C’est pour ça que je me sentais ligotée, comme vache attachée au pieu, et tenue par une longe riquiqui. Bonne nouvelle, Vénus, la bienveillante, viendra bientôt à mon secours. Ouf ! Je vais pouvoir jouer de la guibole en sautillant joyeusement de nénuphar en nénuphar.

Il m’est prédit, avant le 19 avril prochain, des engagements, ou des désengagements en douceur… Mon existence de Salers à lait va-t-elle se transformer en une vie de pourvoyeuse de fromage ? D’ailleurs, le conseil de l’astrologue…

« Ce printemps, le port est en vue mais vous devez encore (au moins jusqu'en juin) accepter de naviguer en voilure restreinte ! Profitez-en pour étendre vos compétences, aiguiser vos appétits et peaufiner vos stratégies, histoire de franchir bientôt un cap toutes voiles dehors…vers les sommets ! ».

On ne peut plus clair. L'optimiste est de retour, je vais pouvoir rejoindre le merveilleux monde de « Oui-Oui », que j'avais déserté pour celui de « Se suicider en se pendant à un chasse-mouche »

En ce qui concerne la forme, elle revient. Avec un petit coup de pouce de Jupiter, je vais rompre ma longe physique. Est-ce à dire que je vais réussir à perdre ces 15 kilos hérités de mon accident de verglas ? Est-ce à dire que je vais réussir à arrêter de fumer. D’ailleurs, le conseil du docteur de l’avenir est sans réplique...

 « Ce printemps vous amorcez un virage…vers le grand large ? Ce n'est donc pas le moment de gaspiller votre précieux carburant mais bien plutôt de capitaliser ce qui vous reste, de relativiser frustrations et blocages pour vous apprêter à vous élancer vers votre nouveau destin incessamment et de préférence…en beauté et en forme ! »

Dès le 3 avril prochain, la planète de l’amour, qui d’ailleurs patronne mon signe… viendra enchanter mon pré défoncé… Vivement !!!

La vraie question est : « est-ce que j’y crois ». Pas sûr.

 

astrologie-balance

 


Pour celles et ceux qui voudraient aller consulter leur horoscope, je l'ai trouvé là...

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Maintenant, le Sarko, il donne du couillon chaleureux à un jeune journaliste qui lui pose une question dérangeante. Il faut au moins ça. Il a eu la chance d’être jeune, le jeune, sinon le quolibet aurait été plus virulent.

Et ben, il n’a pas d’imagination, le Sarko. En tout cas, il en a moins que son illustre jumeau, Nictoplasme Razratis. Et si l’on compare les saillies du Sarko avec celles de Cyrano, ya pas photo. Le Bergerac il gagne par 258 à 0.

Le must, se serait qu’il soit capable d’interpeler ses détracteurs en s’appuyant sur les insultes imagées du Capitaine Haddock d’auguste mémoire. Parce que, tant qu’à utiliser le vilipende, vulgaire ou amical, à l’encontre du moindre journaleux qui pose des questions d’actualité, et qui, comme il le dirait lui-même, le Sarko, « fait le job », au moins il devrait nous amuser, nous faire sourire. Ça mettrait de la gaieté dans nos épinards télévisuels, bizarrement ramollis, affadis, bouillis par une ambiance morose. Tant qu’à sortir (enfin, dans mes rêves) autant qu’il le fasse avec panache, histoire de laisser une trace dans l’histoire. Ce n’est pas avec son bilan qu’il va marquer les générations à venir.

S’il manque d’imagination, je me permettrais bien, sans vexer Guaino, de lui suggérer quelques idées…

A la question : « Que comptez-vous faire contre les paradis fiscaux », il pourrait répondre, par exemple : « S’pèce de bachibouzouk, j’vais pas m’laisser impressionner par un jeune apprenti dictateur à la noix de coco ! Vous savez que c’est pas le problème ! »

Ou encore…

Q. : « Quid de l’immigration ? »

R. : « Mais not’pays peut pas être le refuge de tous les cannibales de l’humanité ! Voyons, un peu de jugeote ! Vous avez pas plus d’intelligence qu’un doryphore. Allez, une aut’question. »

Q. : « Les violences aux personnes ne cessent pas d’augmenter depuis 2002. Avez-vous une stratégie pour faire reculer la délinquance ? »

R. : « Mais, moule à gaufre, j’avais proposé le karcher. Vous en voulez pas… J’vais quand même pas prendre mes p’tits bras pour arpenter les rues ! Z’êtes un zèbre ! »

Le tout accompagné, évidemment, de petits tressautements d’épaule significatifs.

 

haddock escogriffe


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La tranche de vie d’une salers, c’est une plaquette de beurre. La plaquette descend du pis, c’est évident. J’ai des grosses tranches de vie qui se bousculent pour s’exprimer. Aux premiers jours d’une année naissante, l’avenir est à écrire… Mais il se vautre encore dans quelques relents nauséabonds d’un passé proche.

Il faut solder, c’est de saison, alors, allons-y ! Soldé, laoùjebossais, il fallait qu’une vachette parte et j’ai été candidate. Il fallait parce que l’état du Sarkonain se désengage de ses missions. Autant que je sache, la formation professionnelle, c’est une mission régalienne, même si elle a été déconcentrée (de tomate…). J’ai été candidate parce que la bêtise et la méchanceté conjuguées ont eu raison de mon enthousiasme. D’accord, j’ai rejoint le premier employeur à savoir Pasdepolemploi. Si, quand même, j’ai un tort, qui pourrait être vu comme une incompétence : je pose sur les personnes et les tâches un regard trop empreint d’affectif. C’est pas à la mode. Et ben tant pis ! Je ne veux pas devenir une chose froide qui ne réagit qu’à une injonction, un ordre, et qui interdit à sa cervelle d’avoir un avis. Encore moins de l’exprimer. Ce qui me guettait ? L’amertume et le cynisme, et j’en ai vu des comme ça. Ça m’aurait tuée. Soldé.

guernica


Ah ! La cheville ! Celle qui a permis la prise de conscience, qui a hurlé « stop » alors que je courrais tant que j’allais mourir dératée. Le 17 janvier 2011, glissade, fracture, hôpital, opération, lit, et quinze kilos. C’est raconté et . Et ben, gentille chirurgienne – j’ai commencé avec un garçon, je finis avec une dame, mais c’est juste les aléas de l’hosto public, ça ne doit rien au changement de sexe – va me débarrasser de la plaque et des huit vis qui me torturent la malléole d’ici l’été. Soldée, la cheville. Mais pas les quinze kilos. Ce sera pour prochaine période de soldes, j’espère.


membre


Et maintenant, voilà que je me suis embarquée dans un Master. Pfiou ! Passionnant, mais ardu. Qui me prend tout mon temps. En contenu, mais également parce qu’il me faut réapprendre à apprendre, organiser ma progression. Toute seule dans mon coin, comme une pauv’vache oubliée dans un buron. Je l’ai voulu, je l’ai eu. C’est du bonheur. Du bonheur qui me fait ronfler, à croire que je ne sache pas faire autrement.


endive


Mais le plus beau, le merveilleux, il arrive, il se concrétise peu à peu. Il est pour demain, après un an d’angoisse, et d’un travail acharné d’une que je remercie. On va le signer, ce Riyad. Et on va l’ouvrir, cette maison d’hôte.

Nonmého !

fontaine3

Pour consulter le blog du Riyad Clarence, cliquer sur la fontaine...


 




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En plus d’être une salers, j’appartiens à un club d’endives… Ya rien à comprendre, c’est le destin. Qu’est-ce qu’une endive ? Ça c’est une bonne question. Une endive, pour résumer, est une petite chose humaine dont le regard se vide quand un fait –méchanceté, stupidité, saloperie, …– vient bousculer son quotidien. L’endive a les racines dans une terre de naïveté, et la tête dans un ciel de crédulité. Je résume, et cette définition n’engage que moi.

Tout ça pour dire que j’ai bricolé, pour mon club d’endives, un « joyeux Noël » plutôt désabusé… Alors, les aficionados des sapins enluminés, les amoureux des agapes familiales arrosées, les accros des effusions mouillées, passez votre chemin, vous n’allez pas aimer. Je m’en prends, comme d’hab’, au Nain et son Sarkoland clinquant. Drôle de contrée où les guirlandes sont des prébendes, les boules de Noël, des prunes, et les étoiles des pipoles. Gnarf !

 

 

Un grand merci à ceux qui m'ont prêtés, sans le savoir, les quelques images trouvées sur le net. N'ayant pas leur coordonnées, je ne peux par les citer.

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A défaut de m’obstiner à être une Salers alerte, je suis en passe de me transformer en veau ramollo.  En panne de mots, mais pas de maux. Des maux de maintenant, des sordides, des qui mettent l’endive en julienne et le cœur d’endive en purée. C’est l’histoire de ce monde. C’est comme dans cet article que j’ai lu ce matin, et qui m’a frappée par sa justesse, et sa tristesse, aussi. Travailler devient une torture. Encore une fois, « on » me dira que c’est moi. C’est tellement plus facile.

 

5 continents article progrès 19 oct 2011

cliquer sur l'image pour l'agrandir...

 

Dimanche, j’ai été faire un tit tour à la fête du Livre, moment culturel et médiatique de la Ville. C’était dîner de tête. J’ai aperçu tout plein de gens : François de Closet, Isabelle Alonzo, Thierry Roland, Jacques Salomé… Même que j’ai croisé Bruno Gaccio. L’est joli le bougre ! Encore plus qu’à la télé. Des yeux gris-bleus à faire tourner en beurre un seau de lait. Au-dessus de mes moyens…

 

En ce moment je suis en panne, donc. Mais, pour sûr, je reviendrai. Parce que je reviens toujours. J’ai juste envie de dormir un bon bout de temps.

 

Dîner de tête ? Ah oui, ça m’a fait penser à ce poème de Prévert - J’adore Prévert – que j’avais lu, et qui m’avait marquée. Prévert était un voyant et écrivait du prémonitoire, du bizarre, mais prémonitoire. Quel talent !

 

Tentative de description d'un dîner de tête à Paris-France


provache


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