Le livre
L’extrait
Vous fûtes plusieurs... 6 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Mon ange des bibliothèques - Communauté : La gazette des blogs
Figures de Style – Axelle Beth, Elsa Marpeau
Le mot juste – Pierre Jaskarzec
N’oubliez pas www.telethon.fr… pour ceux qui peuvent. N’empêche, ça me fout la rage que, dans un pays aussi riche que le notre, dans
cette putain de civilisation occidentale blanche pétée de pognon, ce soit les ceusses qui sont modestes, ou moyennement modestes qui doivent se fendre d’un billet. Normalement, si ce monde là
était organisé avec justice, le téléthon n’aurait pas à exister !!!
Dino buzzati, écrivain italien né en 1906, est connu pour son roman « Le désert des Tartares », adapté au cinéma. Il est né le 16 octobre 1906 à Belluno . Il fait des études de droit et se lance dans une carrière littéraire très tôt. Il écrit des poèmes. Il est également peintre , plusieurs de ses toiles ont été reproduites dans l’Art Fantastique. Une de ses pièces « Un cas intéressant » a été adaptée par Albert Camus et jouée à Paris en 1956.
En 1928, il entre à la rédaction du Corriere della Serra, où il restera durant toute sa vie professionnelle et deviendra titulaire de la critique d’art. Il sera également correspondant de guerre pendant un an.
Auteur de nombreuses nouvelles, de romans et de pièces, il apprend en 1971 qu’il est atteint d’un cancer et se retire
dans son village natal où il va écrire ses dernières nouvelles. Il meurt le 28 janvier 1972.
Le Livre
Une cinquantaine de contes fantastiques composent l’ouvrage où l’on retrouve les thèmes familiers de Dino Buzzati… où l’on parle de la fuite des jours, de la fatalité de notre condition de mortels, du mystère de la souffrance et du mal. J’ouvre souvent ce livre au hasard et relit une de ces histoires, qui sont courtes, et je ris ou je suis émue, mais toujours je réfléchis. La façon de raconter de l’auteur se colore de désenchantement, elle est souvent pathétique. Les personnages, les objets, les décors sont croqués avec une tranquille présence, dont la chair s’incarne de mots secs, de traits dépouillés.
Une balade au pays de l’irréel pour parler d’angoisse, de solitude, de vieillissement, de doute, d’attente, une balade
poétique.
L’extrait
Comme d’habitude, Mme Klara emmena son petit garçon, cinq ans, au jardin public, au bord du fleuve. Il était environ trois heures. La saison n’était ni belle ni mauvaise, le soleil jouait à cache-cache et le vent soufflait de temps à autre, porté par le fleuve.
On ne pouvait pas dire non plus de cet enfant qu’il était beau, au contraire, il était plutôt pitoyable même, maigrichon, souffreteux, blafard, presque vert, au point que ses camarades de jeu, pour se moquer de lui, l’appelaient Laitue. Mais d’habitude les enfants au teint pâle ont en compensation d’immenses yeux noirs qui illuminent leur visage exsangue et lui donnent une expression pathétique. Ce n’était pas le cas de Dolfi ; il avait de petits yeux insignifiants qui vous regardaient sans aucune personnalité.
Ce jour là, le bambin surnommé Laitue avait un fusil tout neuf, qui tirait même de petites cartouches, inoffensives bien sûr, mais c’était quand même un fusil ! Il ne se mit pas à jouer avec les autres enfants car d’ordinaire ils le tracassaient, alors il préférait rester tout seul dans son coin, même sans jouer. Parce que les animaux qui ignorent la souffrance de la solitude sont capables de s’amuser tout seuls, mais l’homme au contraire n’y arrive pas et s’il tente de le faire, bien vite une angoisse encore plus forte s’empare de lui.
Pourtant quand les autres gamins passaient devant lui, Dolfi épaulait son fusil et faisait semblant de tirer, mais sans
animosité, c’était plutôt une invitation, comme s’il avait voulu leur dire : « Tiens, tu vois, moi aussi aujourd’hui j’ai un fusil. Pourquoi est-ce que vous ne me demandez pas de jouer
avec vous ? »
… suite de
l’histoire…
« Oh ! le pauvre petit ! » s’apitoya une jeune femme élégante qui parlait avec Mme Klara.
Et secouant la tête, elle caressa le visage défait de Dolfi.
Le garçon leva les yeux, reconnaissant, il essaya de sourire, et une sorte de lumière éclaira un bref instant son visage pâle. Il y avait toute l’amère solitude d’une créature fragile, innocente, humiliée, sans défense ; le désir désespéré d’un peu de consolation ; une sentiment pur, douloureux et très beau qu’il était impossible de définir. Pendant un instant –et ce fut la dernière fois- il fut un petit garçon doux, tendre et malheureux, qui ne comprenait pas et demandait au monde environnant un peu de bonté.
Mais ce ne fut qu’un instant.
« Allons, Dolfi, viens te changer ! » fit la mère en colère, et elle le traîna énergiquement à la maison.
Alors le bambin se remit à sangloter à cœur fendre, son visage devint subitement laid, un rictus dur lui plissa la bouche.
Histoires humoristique
Stephen Leacock
poche. Paru en 08/1972
Le Livre
L’extrait (j’ai choisi la plus brève des nouvelles)
Une nouvelle nourriture
Ouvrages de Leacock que l’on trouve assez facilement
- Le plombier kidnappé
- L'île de la tentation
- Qui est le coupable ?
poche. Paru en 01/1995
Ecrivain espagnol - Né en 1891 à Madrid- Décédé en 1963 à Buenos Aires.
Sur ce cher Ramon, je n’ai pas trouvé grand chose, hormis le fait qu’il serait l’un des écrivains les plus prolifiques de son temps. Et puis j’ai dégotté une
citation, je vous la livre : « Il y a des bigotes qui prient comme les lapins mangent de l'herbe. »
Le livre
C’est l’un des écrits les plus atypiques qu’il m’ait été donné de lire. Ce n’est pas un roman, ce n’est pas un essai. Non ! C’est un catalogue, un inventaire fou, le dictionnaire délirant d’un mono-maniaque, n’abordant qu’un seul et même sujet, qu’un seul et même objet : le sein de la femme. C’est le livre d’un grand adorateur de seins, d’un collectionneur fébrile et compulsif. La profusion est de mise. Certains grands espagnols ont couru le tour de France, lui a couru le tour des seins. En plus de quatre-vingt textes, Gomez de la Serna dresse un panorama, pas loin d’être exhaustif, de tous les seins de la terre.
J’ai découvert ce livre à sa sortie. Et j’ai plongé dans cet univers parfois lyrique, parfois baroque, émaillé de métaphores ahurissantes, avec un bonheur sans égal. D’ailleurs, je le parcours souvent, tant il est simple d’ouvrir une page au hasard et de se laisser surprendre par un sein. Je picore des seins, comme une poule, des graines.
Des « Seins de Sirène », aux « Seins difficiles d’accès », L’auteur nous enseigne l’infinie variété de ses rencontres, sa passion pour cette excroissance charnue, si féminine.
Bref, vous n’êtes pas obligés de me donner un blanc seing, mais ce bouquin est une
fabuleuse ballade dans un univers surréaliste. Et je suis sûre que ce cher Ramon, sans doute installé au paradis de tous les Saints, aurait préféré vivre son éternité au jardin de tous les
seins.
L'extrait
Celles qui furent tuées par leurs seins
Il y a des femmes aux seins splendides et rebelles qui sont consumées, aspirées et « suicidées » par leur seins. Leurs seins ne pouvaient demeurer vierges et abstinents. Elles leur imposèrent leur volonté têtue de chasteté et leurs seins, en colère, se retournèrent contre elles, entamant une lutte sourde, une terrible rébellion. Ces femmes employèrent leurs heures exubérantes à aplatir leurs seins, dans un combat désespéré, une lutte terrible contre eux.
Mais leurs seins furent vainqueurs, se fortifièrent à leurs dépens, leur arrachèrent les entrailles, les vidèrent et se tendirent au vent comme d’arrogants étendards dont elles n’eussent été que la hampe décharnée. Défaites, elles regardèrent leurs seins triomphants, les seins qui leur avaient volé leurs poumons, les leur avaient séchés, et elles pressentirent leur fin. Leur mort s’ensuivit rapidement, car il n’y a pas qu’une balle de revolver pour contrarier la vie : une absurde abstinence le fait tout aussi bien.
Vos murmures...