Elle écrivait des mots salés
Comme des larmes d’océan
De pauvres sons entremêlés
Piqués de poussière et de vent
Elle déchiffrait sous les arcades
Alambiquées des cathédrales
Les nains pétrifiés des façades
Quêtant la pierre philosophale.
Et moi j’étais sur ses rivages
Son amant magnifique
Elle m’aurait voulu bien moins sage
Je la voulais pudique
Et moi j’étais dans son histoire
Son rêve inachevé
La page ouverte d’un grimoire
Que distrait j’ai tourné.
Elle fabriquait de mes silences
Un songe au goût d’adolescence
Où les gestes avec éloquence
S’affolent d’infinies indécences
Elle venait mourir contre moi
Comme une vague sur la plage
Offerte et tremblante d’émoi
Les yeux embués de nuages.
Et moi j’étais sur ses rivages
Son amant magnifique
Elle m’aurait voulu bien moins sage
Je la voulais pudique
Et moi j’étais dans son histoire
Son rêve inachevé
La page ouverte d’un grimoire
Que distrait j’ai tourné.
Elle s’est enfuie un jour d’hiver
En étreignant dans ses cahiers
Les souvenirs calligraphiés
De ses émotions d’écolières
Emmitouflée de solitude
Traînant sur le quai d’une gare
Elle a brisé ses habitudes
Montant dans ce train pour nulle part.
Et moi j’étais sur ses rivages
Son amant magnifique
Elle m’aurait voulu bien moins sage
Je la voulais pudique
Et moi j’étais dans son histoire
Son rêve inachevé
La page ouverte d’un grimoire
Que distrait j’ai tourné.
Vos murmures...