Le premier jour des vacances grecques, Antinéa, la pensive Atlante, d’une œillade, s’est invitée dans ma vie. Durant mes nuits,
alors qu’une chaleur torride berçait mon sommeil agité, elle capturait mes rêves. Les emprisonnant comme autant de morceaux d’un quotidien à décortiquer. C’est au dernier jour qu’elle a daigné
sortir d’un songe de pierre noire et volcanique, pour me souffler une histoire digérée…
-« Penny l’oblative, te voici à regarder ceux qui détruisent ce que tu tentes de
construire. Mais tu n’as pas bâti seule. Déjà l’avenir ne t’appartient plus. Il s’étiole entre les mains maladroites de quelques-uns qui se croient infaillibles et diseurs de vérité. Quelle
vérité ? La leur. Laisse filer, tu sais que tu as perdu la bataille et que ton énigmatique avenir s’écrit autrement, désormais.
Ne t’écorche plus à vouloir porter une cause perdue. Toutes les causes sont toujours
perdues d’avance. Perdue parce que ceux qui devaient l’aimer, la choyer, ne sont que des vermisseaux qui ne comprennent plus le monde. Tout comme toi. Le temps est
passé.
Penny l’oblative, tu n’as pas à souffrir de la mesquinerie, de la petitesse, des
ronchonneries, des bougonneries, des humeurs ou des douleurs de quiconque. Tout ça, c’est la mélasse dans laquelle se complait la plupart des humains, elle ne doit pas t’être déversée sur les
pieds.
Penny l’oblative, il ne te restait qu’une insulte à solder : Golgotha. Qui t’a blessée
au-delà du raisonnable. Comme te blessent les propos xénophobes, méprisants, injustement méchants qui sont la facilité de l’âme. Penny, tu ne joues pas Golgotha, crois-moi. Tu endosses un rôle
dans une amère comédie, bien plus vaste que l’étroitesse de ton univers. Dans cette pièce là, dans ce temps-là, tu prends pour toi le sacrifice. Mais as-tu considéré un autre aspect du drame ?
Sans Caïphe, l’ignoble qui veut la peau de l’agneau, juste par goût du pouvoir, par peur de le perdre… Sans Judas le traitre circonvenu de quelques pièces… Sans Ponce Pilate l’indifférent, qui
s’en lave les mains et qui, à la décision, préfère la lâcheté… Y’aurait-il Golgotha ?
Chacun à son tour se faufile dans la peau du personnage que lui dictent les
circonstances. Tantôt l’agneau, tantôt Judas, et parfois Ponce Pilate… C’est la valse du monde. C’est le destin d’une humanité faible et fragile.
Seuls les Caïphe, immuables, sont de vice et de méchanceté pétris. Ils ne changent
jamais de costume. Mais, comme la tunique de Nessus, ce costume là les brûle et les empoisonne, à la fin. Et c’est bien. »
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Publié dans : Dialogues et monologues
Dimanche 31 juillet 2011
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Vos murmures