C’est un combat qui sert les droits de l’homme, et de la femme. Et l’arme, c’est la culture, le soutien scolaire, la
musique, l’animation d’ateliers pour les enfants, aussi. Cette association est née durant les années de guerre civile, dans la clandestinité. Au cœur d’un quartier alors tenu par le FIS,
désormais interdit.
Au-delà des principes qui ont prévalu à la fondation de cette association, ce qu’elle a de remarquable, c’est son
fonctionnement, autant que les valeurs qu’elle véhicule : démocratie, solidarité, autonomie.
Les jeunes gens vont et viennent, présents et attentifs. Ils portent, sous l’œil bienveillant de quelques « figures
historiques », Fatiha, Djamilla, Nacer, leurs projets, essentiellement de musique et de fraternité. Ils apprennent le prix du vivre ensemble. Et le Maghreb, dans ce que j’en connais, pourrait
nous donner d’admirables leçons en la matière, à nous autres, enfants gâtés de la civilisation.
Peu de moyens, des instruments de musique souvent en mauvais état, mais une énergie débordante. Il faut écouter l’amour de
la musique. Telle jeune fille porte le hijab en s’épuisant à la batterie. Tel jeune homme trifouille sa guitare jusqu’à en tirer un son le plus correct possible.
Cette jeunesse si vivante se lance à corps perdu dans la créativité. Et, au-delà, elle s’organise, s’entraide, se
coordonne… L’air de rien, elle construit et apprend à construire.
Lorsque j’étais à Bab El Oued, la joyeuse troupe travaillait à la fête de la musique : un concert en plein air. Ils
attendaient six cents personnes, je crois qu’ils ont eu plus de mille spectateurs. Une belle réussite. Mais j’étais déjà rentrée chez moi. Je le regrette.
SOS Culture Bal El
Oued, une tache de couleur dans un quartier populaire et marqué, avec, en vitrine, le portrait du Ché.
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Publié dans : Carnet de Voyage - Algérie
Vendredi 15 juillet 2011
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Vos murmures