Il y a, dans les vieilles photos, un charme désuet. Le souvenir d’Alger d’avant. Je ne sais pas si quelque lecteur reconnaîtra une carte postale qu’il aurait envoyée, il y a longtemps…

Ces vues d’antan racontent aussi l’histoire de ceux qui ont construit un pays. Et ce pays-là s’est mélangé. Il est né d’un mariage forcé. Mais les plus beaux fruits sont hybrides. Il ne reste qu’à mûrir…

 

vieilles photos3

Des trois horloges aux rails du tramway. En France, certains en parlent encore avec nostalgie, comme s’ils avaient été dépossédés. Ils ont tout simplement dû rendre une terre qui ne leur appartenait pas. J’espère qu’un jour, ceux qui ont traversé ce moment de notre histoire commune, lâcheront la hargne et l’amertume qui les habitent parfois. Ce pays qui fut département, il s’est réapproprié ses racines. Et c’est bien.

 

vieilles photos2

On ne devrait jamais garder les moments de sang et de larmes. Ils rongent. Les généraux pourrissent et tombent en poussière. Se souvenir des belles choses… De Camus défendant une Algérie libre et libérée, fédérée. De Camus l’Algérien, déchiré. Qui écrira ses plus belles pages sur les plages d’Oran. Et de Pépé le Moko.

 

pepe le moko

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Mercredi 20 juillet 2011 3 20 /07 /Juil /2011 19:03

pieces

 

Elle, c’est très particulier, elle ne parle pas, elle ne casse pas mon horizon d’une silhouette rassurante. Elle est cachée dans un coin où je peux m’en saisir, lorsque j’ai le besoin de la toucher. C’est une pièce de dix dinars. Ça vaut 0.09773 Euro très exactement à l’heure où je cause. Comme quoi ! D’abord, c’est l’une des plus jolie monnaie que j’ai pu voir. 10 côtés, une face calligraphiée. Une pièce déjà ancienne. Elle ne s’est pas mise à ressembler à notre quincaille, alors que la mode est à « s’eurodesigner ». Elle a conservé son identité. La monnaie, c’est comme l’homme, elle court vers l’uniformisation, et c’est dommage. Même cet objet du quotidien, auquel on ne prête plus vraiment attention, passe à la moulinette du contrôle des coûts et de la chasse au gaspillage.

En principe l’argent doit servir à assurer le quotidien, il doit être dépensé. Et pourtant, il est devenu une fin en soi. Comme si sa destinée était de finir dans un coffre, un bas ou une tirelire. Cette pièce devrait pouvoir nourrir. Elle affame. Par le biais de ceux qui ne pensent qu’à accumuler, plonger les mains dans un inestimable trésor. Ruée peu glorieuse qui dit à quel point l’homme est rapace et indifférent.

Près d’un milliard de personnes souffrent de la faim pendant que d’autres thésaurisent. Et le G20 préserve les intérêts des grands groupes de l’agro-alimentaire plutôt que de soutenir l’agriculture vivrière de ceux qui en ont besoin. On ne constituera pas de réserves pour aider les pays pauvres, cela risque de déstabiliser les marchés…

C’est juste insupportable. Et cette jolie petite pièce, ramenée d’Algérie, est là pour que je n’oublie pas. Pour que je conserve ma capacité à m’indigner, même si ça ne sert à rien, même si je ne peux rien faire de cette révolte.

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Mercredi 20 juillet 2011 3 20 /07 /Juil /2011 07:37

saman

 

Et voilà le dernier arrivé, d’une île du bout du monde, dont j’aime bien l’ancien nom, Ceylan. Comme le thé. Une vie à contempler le courant ou la vague, à la surface de l’eau, à traquer l’onde qui annonce le poisson. Prendre le temps, c’est ce qui manque le plus. Autrefois, j’ai aimé taquiner le vairon dans les torrents de montagne. J’avais oublié. Et rien n’apaise plus qu’une journée au bord d’une rivière, ou sur une plage, à attendre la touche, ce moment où le bouchon plonge franchement dans le flot. Parfois, dans une journée entière à guetter, pas un petit poisson ne daigne manger l’appât. Parfois, à toutes les minutes sa prise. Un enseignement de l’acceptation et de la patience.

Lui, Saman, vient d’un pays où sa tâche est nourricière quand elle est devenue ludique ici. Lui doit, chaque soir, revenir avec un panier plein. Ici, être bredouille ne titille que l’orgueil, pas l’estomac. Et, parfois, à la fin d’un labeur harassant, je l’entends qui soupire et qui évoque les rives de son lointain pays. Tout de douceur et de persévérance.

« À chaque jour son poisson. Poisson lune ou poisson d’amour… Je suis ce que disent les objets, quand on les regarde avec une affectueuse attention. Chaque fois que je lance la ligne dans la mer de tes songes, j’attrape un souvenir, un regret, une larme. Il te faudra laisser ce flot partir jusqu’à l’océan, qui l’engloutira. Il y a des perles qui dorment, cachées sous le trop-plein de l’inacceptable. Ta civilisation est tortionnaire. Elle ne sait plus que contraindre et laminer. Elle ne sait plus que faire vaciller, au-dessus des têtes, cette épée qui tranchera la gorge. Si tu n’en veux plus, c’est que tu es juste redevenue « normale ». Pas un salaire ne justifie les crasses. La menace de la précarité ne permet pas non plus aux puissants d’anéantir l’être. Un jour, Dieu m’est témoin, ils paieront du prix fort. Qui mourra d’un cancer, qui devra supporter le suicide lent de sa fille ou de son fils. Ce qu’ils sont porte la mort. Oh ! Penny, ton reste de vie est ailleurs, dans un univers où l’argent claque moins, où le doute est une culture, où la patience n’est pas une faiblesse, où l’instrumentalisation à des fins égoïstes n’est pas l’usage. »

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Mardi 19 juillet 2011 2 19 /07 /Juil /2011 19:48

Que c’est triste le pré quand la pluie qui dégouline ne cesse pas. Le sabot se mouille, et l’œil larmoie. Vouloir gambader revient à s’empêtrer dans un bourbier. Sale planète ! Du coup, ça me rappelle le paradoxe de la grenouille cher à Joël de Rosnay.

Il était une fois deux batraciens, Mimi « grenouille-fille » et Momo « grenouille-garçon ». Et un savant imaginatif qui passait son temps à triturer les bestioles pour en tirer des leçons. Un jour, il eût une idée, comme toutes ses idées, assez saugrenue. Il se munit de deux casseroles, les remplit d’eau, et les mit à chauffer. Dans le premier récipient, et dans l’eau froide, il plongea Momo. Et attendit. Quand l’eau fut bouillante, il jeta Mimi dans le liquide… Et il fit cette constatation surprenante.

Momo, ne se rendant pas compte du changement de l’état de son milieu, s’était laissé cuire. Ce n’était plus qu’une petite chose recroquevillée, aussi morte qu’une momie (encore que…). Mimi, qui avait été mise en état de choc, avait sauté hors de la casserole. Elle s’en tirait avec une grosse frayeur et quelques rougeurs.

Le savant en tira la conclusion suivante :

  • Quand le milieu change imperceptiblement, tout animal plongé dans ce milieu en crèvera.
  • Quand le milieu change brutalement, tout animal plongé dans ce milieu en réchappera.

 


Pour moi, salers à la dérive, j’en ai tiré une morale. Mon accident de début d’année, cette foutue cheville massacrée qui m’a tenue à l’étable un paquet de mois, a été mon eau bouillante. Alors que j’étais en train de me laisser cuire. Depuis, j’ai des comètes plein la tête… Et, de tête de comète, je vais aller essaimer des poussières sous d’autres horizons. Je ne sais ni comment ni quand, mais il viendra un temps où je pourrai aller paître dans d’autres champs, sous un autre soleil. Herbe grasse ou herbe sèche, je m’en fous, je ne suis pas vénale. J’ai juste envie d’une clôture qui ne soit pas faite en barreaux de prison.

 

grenouille

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Mardi 19 juillet 2011 2 19 /07 /Juil /2011 12:45

samarcande

 

Décidément, les dimanches matins deviennent le moment où je plonge dans mes souvenirs… ça doit être le début de la sénilité. Depuis un certain temps, il me revient le nom de Samarkand, ville du bout du monde, qui parle de la route de la soie, de Gengis Khan et ses mongols, et, surtout, de Tamerlan. Il faut aimer l’histoire…

Un jour, j’irai à Samarkand, un jour…

J’ai fini par m’interroger. Pourquoi Samarkand ? Sans doute parce que cette attirance que j’éprouve pour un orient des mille et une nuits, passe par là. Et puis, en réfléchissant, ce désir me renvoie à mes années de jeunesse où j’ai rencontré un album de Danyel Gérard : « Toute une vie ». Ah ! Cet album ! Aux textes poétiques et curieux, qui parle d’ailleurs et de sagesse. À la frontière entre le mystique et la nostalgie. L’artiste est bien plus connu pour son petit Gonzales ou sa Butterfly. N’empêche que ce ne sont pas les titres qui me séduisent le plus.

Je me suis fendue d’une recherche sur la toile, on y trouve tout. Et j’ai dégoté ce qui suit, mes morceaux préférés. Mais je n’ai pas vu cet album en réédition, dommage.

 

 


Danyel Gérard Ils viendront tous par aandre_danyel  


Danyel Gérard Toute une Vie par aandre_danyel


Danyel Gérard Le Vieux de la montagne par aandre_danyel

 

Un jour, j’irai à Samarkand, un jour…

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Dimanche 17 juillet 2011 7 17 /07 /Juil /2011 14:30

chaminitos

 

Ceux-là ont fait un long voyage, en soute, depuis Le Caire. Ils ont souffert. Des éclats de terre ont pris la poudre d’escampette. Et Chaminitos père a eu la tête tranchée. Il a fallu la recoller. Ils avaient envie de liberté et l’histoire leur a donné raison. Désormais, famille tranquille, ils regardent ce pays de France avec, souvent, un œil amusé. Ils sont les gardiens de mon imagination, mais aussi ils parlent souvent avec une lucidité cruelle de nos vies bien trop occupées du matériel.

-Papa Chaminitos : « Drôle de pays que celui-là. On dirait que tout le monde court après une éphémère richesse. Que ce qui préoccupe l’immense majorité des occupants tient en quelques mots : bagnole, baraque, blackberry. La règle des trois B. »

-Fiston Chaminitos : « Comme dirait une amie, il s’agit d’être le plus riche du cimetière. En voilà un challenge qu’il est motivant ! Je ne suis pas sûr d’avoir envie de grandir ici. J’aimerais retrouver les immensités sableuses du désert. Reprendre une navigation éternelle, un ballot sur le dos. »

-Môman Chaminitos : « La règle des trois B… Avant, je croyais que ça voulait dire : bonté, bienveillance et bonheur. Il paraît qu’on est au pays des droits de l’homme, que le peuple s’enorgueillit de sa révolution. Je crois qu’ils ont oublié le siècle des lumières, la pensée et la philosophie. Qu’ils bafouent la fraternité. Elle sombre dans l’année de la grande dette… »

-Bébé Chaminitos, collé à sa môman : « M’man, je veux rentrer à la maison. Ouinnnn ! Je m’ennuie ici. Il n’y a que du béton et du bitume à voir. Et la campagne, elle n’est presque plus sauvage. Ils saccagent et salissent. Ils domestiquent tout. Je veux rester libre et indompté. »

Pfiou !!! Quelle troupe ! Pas exaltant, tout ça.

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Samedi 16 juillet 2011 6 16 /07 /Juil /2011 09:45

C’est un combat qui sert les droits de l’homme, et de la femme. Et l’arme, c’est la culture, le soutien scolaire, la musique, l’animation d’ateliers pour les enfants, aussi. Cette association est née durant les années de guerre civile, dans la clandestinité. Au cœur d’un quartier alors tenu par le FIS, désormais interdit.

Au-delà des principes qui ont prévalu à la fondation de cette association, ce qu’elle a de remarquable, c’est son fonctionnement, autant que les valeurs qu’elle véhicule : démocratie, solidarité, autonomie.

 

sos culture1

Les jeunes gens vont et viennent, présents et attentifs. Ils portent, sous l’œil bienveillant de quelques « figures historiques », Fatiha, Djamilla, Nacer, leurs projets, essentiellement de musique et de fraternité. Ils apprennent le prix du vivre ensemble. Et le Maghreb, dans ce que j’en connais, pourrait nous donner d’admirables leçons en la matière, à nous autres, enfants gâtés de la civilisation.

 

sos culture2

Peu de moyens, des instruments de musique souvent en mauvais état, mais une énergie débordante. Il faut écouter l’amour de la musique. Telle jeune fille porte le hijab en s’épuisant à la batterie. Tel jeune homme trifouille sa guitare jusqu’à en tirer un son le plus correct possible.

Cette jeunesse si vivante se lance à corps perdu dans la créativité. Et, au-delà, elle s’organise, s’entraide, se coordonne… L’air de rien, elle construit et apprend à construire.

Lorsque j’étais à Bab El Oued, la joyeuse troupe travaillait à la fête de la musique : un concert en plein air. Ils attendaient six cents personnes, je crois qu’ils ont eu plus de mille spectateurs. Une belle réussite. Mais j’étais déjà rentrée chez moi. Je le regrette.

SOS Culture Bal El Oued, une tache de couleur dans un quartier populaire et marqué, avec, en vitrine, le portrait du Ché.

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Vendredi 15 juillet 2011 5 15 /07 /Juil /2011 21:06

daktari

 

Lui, il arrive d’Afrique noire. Je l’ai croisé un matin que je travaillais, sur un quelconque salon. Il est en cuir. Rude, tanné, peint, le cuir. Il est rassurant, amical aussi. Il représente tout ce que les vieilles demoiselles, qui ont trop vécu, attendent d’un amour et qu’elles n’ont pas trouvé, qu’elles ne trouveront sans doute jamais : solidité et douceur mélangées. Le loup et l’agneau. C’est beaucoup demander ! C’est lui qui me raconte le fondamental, l’essentiel. Il est étrange parce que les propos qu’il tient, on pourrait les attendre d’une grand-mère, mais c’est lui, qui sait, Daktari, le zèbre hasardeux…

« Ce que le temps apprend, c’est la valeur des choses modestes, de celles qu’on croit insignifiantes. Ce que le temps apprend, ce sont les valeurs qui nous animent et qui nous remplissent. Ne cherche pas à être autre que tu es. Accepte les autres tels qu’ils sont. C’est sans doute l’apprentissage le plus difficile, sortir de l’illusion du changement. Pierre après cailloux tes jours fuient. Et tu engranges du souvenir, des rencontres, des chants et des cris. Fais en bon usage, ne les laisse pas t’échapper, ils sont ton terreau, ce substrat où poussent les herbes. Et surtout, arrose d’amour et de vie tout ce que ton passage t’offre. Lâcher prise et pardon. Jusqu’à la fin de ton temps. »

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Vendredi 15 juillet 2011 5 15 /07 /Juil /2011 07:43

porte casbah7

 

Derrière les portes, il y a des vies, des années qui s’écrivent comme autant de livres qui n’ont jamais été lus. Les portes de la Casbah sont closes mais se fardent de couleurs. Regard intérieur, ou tourné vers les ruelles. Derrière les portes, il y a sans doute des merveilles de finesse architecturale, des jardins cachés où murmurent les fontaines.

 

porte casbah4

La beauté de ces vieilles villes se raconte dans le charme discret de ses portes. Elles sont l’invite à venir se réfugier quand les rayons du soleil dardent une brûlure ardente. Entrouvertes, peut-être aurais-je osé passer la tête, voler un regard. Sans doute pas. L’intimité de derrière les portes, quand elles sont lourdes et ciselées, est sacrée, elle appartient à d’autres.

 

porte casbah8

J’imagine des patios où croissent les palmiers, quelques fougères aussi. Et les femmes qui discutent autour du thé, qui partagent des secrets de cuisine ou d’amour. J’imagine les hommes qui s’assoupissent en attendant que tombe le jour et qu’un vent plus frais vienne de la mer. J’imagine les enfants qui cavalent sous les voûtes, qui jouent et qui rient. J’imagine un monde apaisé.

 

porte casbah9

Derrière ces portes, il y a sans doute de la misère, des familles entassées qui rêvent de jours meilleurs. Des cris, des interpellations, d’un étage à l’autre, des querelles de voisins. Derrière les portes, il y a des drames, aussi.

 

porte casbah2

Les portes de la Casbah sont belles, elles témoignent d’un temps de prospérité, d’opulence. Les aquarelles des peintres orientalistes en ont saisi le mystère. Du temps que des femmes toutes de blanc vêtues arpentaient les escaliers et les ruelles. Du temps que les sabots des ânes claquaient dans le silence.

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Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 17:01

Et voilà, on personnalise la collecte des ordures ménagères. On puce les poubelles, et on facture la levée ou la pesée, voire les deux. Tout va bien. Ya bien un mot qui s’appelle solidarité ? Nan ? Autrefois, ce genre de service, ça faisait partie du service public ? Nan ? Bon d’accord, ya tout plein de gens qui font n’importe quoi avec leurs déchets. Mais ce sont les ceusses qui jouent le jeu, qui vont perdre. Évidemment. Il y aura toujours un quidam pour se débarrasser de son stock de canettes aux dépens des disciplinés. Il y aura toujours un fainéant qui laissera un sac vicieux comme un cercle devant leur porte. Et la vie dans les rues ressemblera à un sommet russo-américain au temps de la guerre froide. D’ici qu’on se la joue « Baie des cochons » ! Yep ! Vu du pré d’une salers, il y a quelque chose qui se décompose en république de France. Nous sommes condamnés à payer plus pour un service moindre. Et voui ! Je vois ça d’ici…

 

6 heures du mat', temps à frisson. Les deux voisins qui montent le son. Une rue vide et livide à l’heure où se couchent les fêtards.

-Madame Trisélectif : « Je vais sortir ma poubelle en or juste à l’heure où passent les poubelliers. Comme ça personne ne viendra squatter l’espace restant… Je ne paierai que ma pesée, que ma levée… »

-Monsieur Jtchenchose : « Je vais balancer les cadavres de mes agapes dans la poubelle en or de la madame d’à côté. Comme ça j’allègerai ma facture de pesée et de levée… »

-Madame Trisélectif : « Ah ! J’aperçois ce porc de Jtchenchose ! »

-Monsieur Jtchenchose : « Oh ! J’aperçois cette truie de Trisélectif ! »

-Madame Trisélectif : « M’sieur Jtchen, passez votre chemin, ma poubelle est pleine »

-Monsieur Jtchenchose : « M’dame Tri, je vous merde, je fais ce que je veux »

-Madame Trisélectif : « M’sieur Jtchen, si vous insistez pour me faire porter le poids de vos cadavres, j’appelle la maréchaussée »

-Monsieur Jtchenchose : « M’dame Tri, si vous m’ennuyez, je pisse sur votre poubelle »

-Madame Trisélectif : « M’sieur Jtchen, vous êtes un malappris ! »

-Monsieur Jtchenchose : « M’dame Tri, vous êtes une malaimée »

Pif ! Paf ! Pouf ! Coup de bouteille contre coup de gueule…

Ce genre de blague, c’est toujours l’été, pendant que le pèlerin se fait bronzer, et qu’il oublie les tracas quotidiens. Bon, ben moi, je retourne brouter.

 

poubelle

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Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 12:38

 

alfeo

 

C’est mon frère, mon alter ego, celui à qui je ressemble le plus. Parce qu’il change au gré des jours, au gré de mes humeurs. Soit qu’il s’exclame de malice, les bras au ciel et le pas dansant. Soit qu’il avance la tête basse, les épaules affaissées. Il dit le mouvement de l’âme et ses balancements. Parfois, il me prend l’envie de lui trouver des attitudes curieuses. Et, ensuite, je contemple l’Alfeo pour découvrir ce qu’il me raconte de moi. Souvent, ça n’est pas très sympathique. Mais, quand je me détourne de lui, et que je l’oublie quelques jours, alors il se met à vociférer, il me botte l’arrière train parce qu’il se tétanise dans la posture où je l’ai abandonné.

« Yo ! La gazelle, tu joues à quoi, à me laisser dans cette attitude. Tu veux que je finisse pendu à la chasse d’eau, ou brûlé au soleil ? Faut que tu te reprennes. D’accord je suis ton foutoir cervical, ta galère émotionnelle, ton désarroi solitaire, d’accord. Mais faudrait voir à me remettre joyeux et ouvert ! Normalement je devrais te servir à reprendre tes pinceaux, à des exercices d’anatomie, à un déluge de couleurs. Ça te plait de peindre ? Alors reprend tes feuilles et tes aquarelles, et laisse toi aller, fais couler l’eau. Ça te rafraîchira les idées. J’ai mal de partout, ma musculature de bois commence à faire des nœuds. »

Vous en dites... - Vous fûtes plusieurs... 2 très exactement. - Publié dans : Dialogues et monologues - Communauté : C'est une histoire de filles...;)
Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 07:36

anima

 

D’une semaine, on peut faire une vie… Toute la sagesse d’une Afrique antique anime Anima la délicate princesse. Compagne déjà ancienne que je cherche du regard, quand je rentre le soir. Elle est mon arbre à palabres, là où je repose tout en verbalisant les joies et les peines. Il faut pouvoir déverser auprès d’une oreille douce et passive l’indicible, le sordide, comme le merveilleux et le joli.

Parfois, quand j’ai bien trop parlé, que ma gorge s’assèche faute de mots, elle sourit, puis me raconte les histoires de son enfance…

« J’étais belle du temps de ma jeunesse, mais je l’ignorais. Je passais dans les rues de mon village, insensible aux regards d’amour, n’imaginant même pas leur existence. Je me croyais invisible. Et quand vint le temps de refermer le livre, je compris, enfin, que je n’avais pas regardé autour de moi. Un inconscient dédain m’avait isolée. Que j’étais passée à côté de ma vie parce que je voyais, dans les yeux des autres, ce que je pensais mériter, mais jamais ce qu’ils disaient vraiment…

Je me suis figée dans un sourire doux pour l’éternité… ce n’est pas ton destin. Je suis immortelle, presque, mais toi, tu es vivante. Un sang chaud coule dans tes veines, laisse le vibrer, s’amuser et jouir. Quand un jour te malmène, pense que le suivant te consolera. »

Vous en dites... - Vous fûtes plusieurs... 1 très exactement. - Publié dans : Dialogues et monologues
Mercredi 13 juillet 2011 3 13 /07 /Juil /2011 07:09

It's me

Riyad Clarence

Murmures musicaux

 

Les morceaux de musique qui rythment ma vie...


 

 

Et la musique classique...


 

 

La musique d'ailleurs...

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