Quotidien d'une Salers

Pfiou ! je ne suis pas de bonne humeur. Il faut dire que j'ai un souci avec mon office 2010. Les zozos qui me l'ont installé ne m'ont toujours pas envoyé le numéro de licence définitif. Et ma version de test vient juste de me dire "Coucou, c'est finite, entre toi et moi". j'en suis réduite à claviérer dans le bloc-note. C'est pas confortable. Et pis c'est moche, et je déteste me relire quand la présentation est moche.

Le pire du pire, c'est que j'ai beau envoyer des messages à la boîte mail de Zozo en chef, et ben M. Postmaster me les retourne.

Donc, je suis aussi gaie qu'une vache à qui on aurait taillé les mamelles à vif. Je croise les sabots pour que le problème soit résolu lundi.


Il paraît, selon Mme Ho-Rot-Scope, ma voyante personnelle, qui éructe ses prévisions pour le douzième de l'humanité partageant mon signe, voire le cent quarante quatrième de l'humanité partageant mon signe ET mon ascendant, que 2011 doit être une année faste. Ah !


Ben depuis le 17 janvier dernier, j'ai pas l'impression d'être protégée par une bonne étoile. La constellation de la vache devient la constellation de la vacherie... Le destin me doit une fin d'année en apothéose ! en feu d'artifice ! en consécration ! Au moins. Sinon, j'aurais été escroquée par Mme Ho-Rot-Scope.


Alors, comme il faut que j'occupe mon temps, j'ai décidé de me lancer dans l'élaboration d'un livre en reprenant, peu ou prou, mes carnets de voyage du Maroc. Textes et Photos... J'utilise un de ces logiciels qui permettent de fabriquer et commander en ligne l'objet. Un vrai gros boulot. Qui va me coûter, sans doute, la peau de la caillette.


Tanpiche, en attendant, ça me dérive le neurone de la hargne vers le neurone de la concentration. C'est déjà pas si mal.


 

couverture


Vous fûtes plusieurs... 0 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Quotidien d'une Salers - Communauté : C'est une histoire de filles...;)

Bon, d’accord, je me suis mise à protester régulièrement à propos de l’état de notre vie citoyenne. Du coup, c’est moins drôle pour toi, lecteur. Je me la joue vache rose, voire rouge à l’occasion. En tout cas, vache gaucho et c’est pas un jeu de mot. Du reste, comme nous sommes rentrés à l’ère du Sarcowboy, fallait bien que ça arrive. Je ne peux pas plus m’empêcher de regarder autour de moi, que de brouter pour survivre.

Un temps, j’ai eu un certain Nictoplasme Razratis pour me défouler. Mais ça ne marche plus, l’original étant nettement plus caricatural que mon personnage. Il s’ennuie, désormais, le pauvre Nictoplasme, avec rien à faire et rien à dire… Et je me demande comment le sauver. Promis, je réfléchis.


N’empêche, le désastreux spectacle des débats, l’ineptie des programmes, l’impuissance de l’état, l’indifférence du citoyen, la bêtise de certains intellectuels, la lâcheté ambiante… tout ça, ça m’a délié la langue (sauce gribiche).

Tu me diras, cher lecteur, que pester de la plume, ça ne sert pas à grand-chose. Et tu auras raison. Mais je ne sais pas quoi faire d’autre…

Prendre ma carte d’un parti politique ? Lequel ? Et puis je ne suis même pas sûre d’être écoutée. Parce que, à part une grande émotivité, et, sans doute, un certain bon sens, je ne suis pas aguerrie aux arguties des cellules de réflexion, des brain-storming’s club, et autres comités restreints sensés nous pondre l’avenir.


Pour conclure, ce qui fait que je rouspète, c’est pas tant que, en 2012, va falloir que je vote pour un programme. Je sais d’avance ce que seront les propositions… Et je sais d’avance pour qui je vais voter. Je suis du genre fidèle.


Mon problème c’est que tout le monde va dire ce qu’il faut faire, mais que personne ne répondra à la question « COMMENT ? ». Et ça, c’est la vraie question.


 

provache


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C’est le titre du dossier de Marianne qui m’a amenée à parler de cet hebdomadaire. Je l’ai lu attentivement, et avec une certaine délectation. Forcément, puisque je partage, dans l’ensemble, les analyses proposées. En faire un résumé serait, d’une part de nature à interpréter les propos tenus, mais également une tâche longue et ardue.


Passée l’introduction, qui fait le point sur les analyses antérieures de l’hebdomadaire, et qui se sont révélées pertinentes, le dossier balaie l’ensemble des problématiques qu’il faudra bien aborder un jour prochain : de la démocratie à la culture, en passant par la justice, l’économie, la laïcité, etc…


Au-delà des textes denses et argumentés, j’ai malgré tout envie de proposer un florilège de ces phrases qui m’ont ravie…

 

« Il y en a eu que pour les riches, même si Nicolas Sarkozy organise des safaris photos chez les pauvres. » - Nicolas Domenach

 

« La justice française dispose du budget le plus faible en Europe : 54,7 euros par an et par justiciable, contre 86,3 euros en Espagne… » - Robert Badinter

 

« Le patrimoine collectif devient la propriété de sociétés lucratives tout juste capables d’en assurer l’entretien. » - Benoît Duteurtre

 

« Les 1 % de Français les plus riches versent à peine 20 % de leurs revenus au fisc. Les cadres moyens, plus de 30 %. » ou encore « Quelle est la logique d’un système où les revenus des chômeurs sont plus taxés que ceux des actionnaires ? » - Laurent Neumann et Emmanuel Levy

 

Voilà, j’ai choisi quelques-unes des phrases chocs qui me plaisent réellement tant je les trouve justes. Il y a bien plus que ça dans ce dossier : des propositions, des articles de fond, une vraie réflexion.

 

Et puis, entre tous les articles, j’ai été profondément sensible à l’entretien que Robert Badinter a accordé à Marianne sur les questions de justice. Mais là, je suis partiale. Robert Badinter est, pour moi, l’un de nos plus remarquables ministres de ce 20ème siècle défunt. Je lui associerai Mme Simone Veil et Monsieur Jack Lang quand il était à la culture. Hélas ! ça ne fait pas beaucoup.


 

Où sont ceux qui marqueront le 21ème siècle ?

 


 

badinter


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Bon ! Vache à l’étable a envie de retourner au pré. D’accord, on peut m’appeler la boiteuse, en ce moment. D’accord, quand il faut cinq minutes pour relier les points A et B, moi j’en mets le double. D’accord, je suis incapable de conduire, vu que la cheville malade est celle qui s’occupe de l’accélérateur et du freinage. Mais je veux retourner au champ. Je veux tricoter à nouveau le fil de ma vie, travail compris.

Donc, je vais voir gentil docteur, que j’arrive à convaincre de me faire un certificat attestant que je peux, au moins, reprendre à mi-temps. C’est que c’est lourd toutes ces procédures. Maintenant, il faut que je fasse valider par Madame Sécu ma demande. Et sans doute passer par la case « vétérinaire de la production de lait ».

Téléphoner… téléphoner pour connaître la marche à suivre. J’essaie, j’essaie encore, j’essaie toujours…

Ben, Madame Sécu, elle est en grève, enfin… le service qui doit me répondre est aux abonnés militants.

Je fais quoi, moi ? J’attends !

Et après, on nous parle du trou de la sécu. Mais, dans mon cas, bonne volonté pas récompensée !

Je vais enfiler mes plus jolis sabots, et aller faire la queue (de bœuf) au bureau. Ya plus que ça.  Avec la chance que j'ai, ya bien un gentil nemployé qui va me faire remarquer qu'à l'heure où je lui parle, je devrais être chez moi. Sorties pas libres obligent.


 

provache


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telquel.jpg

 

 

...Ou le Maroc tel qu’il est… Pour m’être rendue si souvent dans ce beau pays, j’ai pris l’habitude d’acheter l’hebdomadaire TelQuel. Et j’avoue que bien des hebdos français devraient s’en inspirer.

Il aborde sans langue de bois les problèmes que peuvent rencontrer le pays et ses habitants. Je me souviens avoir même lu l’interview d’un homosexuel ce qui est courageux dans un pays ou l’homosexualité est pénalement interdite.


Et puis, la France vue du Maroc vaut le coup. La pertinence des remarques, analyses, associée à une vraie tolérance donneraient à réfléchir à tous nos éditorialistes qui font dans l’escalade et le spectaculaire.

En lisant TelQuel, je m’aperçois également à quel point la vie culturelle, au Maroc, est en pleine expansion, à quelle point elle bouillonne et foisonne de jeunes (ou moins jeunes d’ailleurs) talents.


Pour être complètement honnête, il y a un personnage qui sort du lot, à mon goût, c’est Zakaria Boualem, né en 1976 à Guercif, dont le signe particulier est « Marocain à tendance paranoïaque »… C’est à mourir de rire. Dans un langage imagé, une verve sans pareille, il caricature ses concitoyens avec une pertinence comique. Dernièrement, il avait pris des vacances. Mais j’imagine que le tollé engendré par sa sortie, l’a contraint à revenir, avec, en prime, une page Facebook. A ne pas manquer.

 

zakaria.jpg


 

 


Le lien vers Telquel est accessible en cliquant sur la photo

La page de Zakaria Boualem est accessible en faisant une recherche sous Facebook


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En préambule…

Parce que je suis boiteuse et que marcher m’épuise, je partage mon temps entre l’écrit, la lecture et la télévision ou l’internet… et parce que je me suis offert, pour quelques euros, un peu plus que les chaînes standard du bouquet, je peux, chaque jour, regarder les remarquables reportages que « Toute l’Histoire » diffuse, au fil des heures. Certains ne sont qu’instructifs, et d’autres bouleversants.


 

loi16juil12

 


En 1912, une loi fut promulguée parce que les tziganes et autres romanichels avaient été décrétés « plaies des campagnes », qui obligeait ces français nomades à porter un carnet anthropométrique ainsi qu’une carte d’identité estampillée « nomade ». Dès qu’ils se déplaçaient, ils avaient l’obligation d’aller faire signer le carnet à la gendarmerie la plus proche. Peu à peu, l’état avait mis en place un fichage exhaustif de tous les « gitans ».

A la veille de la seconde guerre mondiale, ils sont donc, dans leur immense majorité, connus. Et assignés à proximité d’un poste de police.

Au début de la seconde guerre mondiale, la France est vivement critiquée, notamment à l’international, pour l’inhumanité de ses camps d’internement. Le régime de Vichy décide alors de construire un espace d’accueil « exemplaire » pour ses nomades. Ils sont peu nombreux et facilement repérables.

Dès 1942, le masque tombe. Vichy livre ses juifs aux allemands… Le Camp de Saliers, qui devait être la vitrine d’un internement « à la française », est vite relégué aux oubliettes.


 

tamponcamp

 

 

Ce village de petites maisons camarguaises accueillantes se transforme en cauchemar. Avec un quotidien issu des « Misérables »

Les premières familles arrivent en 42 dans des baraques inachevées. Elles sont entassées, voire séparées, puisqu’un seul tiers du projet a été réalisé. Elles n’ont pas de meubles, pas de draps, pas de vêtements. Elles ont tout laissé derrière elles. Il leur avait été promis un ersatz de paradis. Le sol est en terre battue, et les murs aveugles, sans fenêtres.

Ironiquement, chacune des baraques est surmontée d’une croix, rappelant le sacrifice de Jésus. C’est toujours la même histoire…

Il n’y a pas d’eau, pas d’électricité, pas d’assainissement, pas d’équipement, pas d’école. Les maisons inchauffables quand le mistral dispense un hiver humide et glacial. Et des moustiques qui les bouffent dans la chaleur de l’été. Faim et soif : pas d’habillement, pas de nourriture, pas de lait pour les enfants. Parfois, dans une louche de soupe, un rat mort achève de se décomposer. Vermine et poux sont leurs compagnons, puisqu’il n’y a pas le plus petit morceau de savon pour se laver…

Rats et serpents, l’alimentation de ceux qui ne peuvent pas se débrouiller autrement… Les colis envoyés par les amis n’arrivent jamais aux destinataires.

Ils ont l’obligation de travailler, cependant, pour un salaire modique dont une partie est prélevée pour « les frais engendrés par leur internement ». Ceux ou celles qui sont les employés de l’administration du camp reçoivent une ration de pain pour tout salaire.

 

En 1944, le camp est bombardé, et mitraillé par les anglais qui croient que c’est un camp allemand… ils se sauvent, s’enfonçant dans les marécages nauséabonds. Ils repartent vers leur lieu d’origine en espérant retrouver leurs roulottes et le peu qu’elles contenaient, avant. Ils n’ont souvent rien retrouvé et ont tout recommencé à zéro. La plupart d’entre eux n’a reçu aucune indemnisation.

 

Un mémorial a été construit. Qui témoigne des 700 morts, souvent de faim et de maladie, du camp. On s’en fout, n’est-ce pas ? C’est quoi, la vie de 700 gitans, romanichels ou tziganes ?

 

mémorialsaliers

 


Un vieux monsieur, en costume et cravate raconte d’un ton neutre son enfance dans ce camp. Il a l'air détaché, mais à la fin, un sanglot vient troubler ce calme apparent… « Enfin, c’est du passé ». Quelques larmes, et on tourne la page.

 

Dix ans plus tard, certaines scènes du film « Le salaire de la peur », seront tournées, dans ce qu’il restait du camp. Et maintenant, il y a un champ de blé.

 

L’histoire est ironique… j’ai l’impression que tout recommence.


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Parce qu’il est, à mon goût, l’un des rares hebdomadaires dégagé de toute allégeance. J’en ai pourtant essayé un grand nombre, qui m’ont toujours laissée un arrière-goût de copinage.

Et si je démarre, aujourd’hui, une nouvelle rubrique, c’est parce que le numéro qui est sorti jeudi me paraît être des plus intéressants. C’est que, quelque part, les journalistes de cette publication écrivent que ce j’ai envie de dire… Bref, il n’est pas question, ici, d’objectivité, mais de sensibilité.

D’ailleurs, il me semble que son contenu, d’une densité incroyable, mérite plusieurs articles. Alors forcément, je vais faire chauffer le clavier.

Mais je lis aussi Marianne pour les grands noms qui contribuent à sa qualité, que ce soit Jacques Julliard ou Jean-François Kahn, dont j’apprécie, en général, les sorties télé. Sans compter que le « Faut voir », d’Alain Rémond, avec son accent polémique me ravit.

Et puis, je trouve, de page en page, des rubriques variées. Outre la politique, qui fait l’essentiel du contenu, la culture trouve sa place.

Et parce que je ne veux pas laisser mon édification au seul Bimboland, à savoir notre information cathodique, alors je lis Marianne. J’en ai testé d’autres, d’hebdos, mais, dans l’ensemble j’ai été déçue.

Ce matin, j’ai été faire le plein de journaux et quand je dois comparer, entre le questionnement passionnant de Marianne « Pourquoi nous nous battons », et celui, mesquin de mon journal du dimanche (que j’achète essentiellement pour le programme télé), à savoir : « Christine Lagarde a-t-elle favorisé Bernard Tapie ? le PS en est persuadé »… et bien, il n’y a pas photo !

Quant aux tous petits clins d’œil disséminés çà et là, au fil des pages, c’est comme piquer une fraise tagada quand on a dix ans…

 

Par exemple, dans la rubrique « Les pieds dans le plat ! »…


Le Drame des riches

« Au terme d’une longue analyse, Jean-Marc Vittori, éditorialiste des Echos, arrive à ce constat empreint d’amertume : le drame des riches, c’est qu’ils n’arrivent pas à tout dépenser, malgré leurs efforts.

Les pauvres, eux, malgré leurs efforts, n’arrivent pas à dépenser plus que ce qu’ils ont.

 

Vous m’en direz tant !

 

marianne


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Vache à l’étable… vache à oublier. Pour sûr. Voilà ce que c’est de surinvestir la fabrication de lait. Parce qu’un matin vous étiez stressée par un rendez-vous avec une coopérative, et que, par malchance, vous chutez et vous cassez, alors on vous efface d’une façon ou d’une autre. Ce n’est d’ailleurs pas volontaire, c’est juste humain.

M’en fout, il fallait que j’apprenne à prendre du recul, à réinvestir ma vie personnelle, qui n’existait quasiment plus. Voilà qui est fait. Je sais désormais où sont mes priorités.

Cela fait presque dix ans que j’essaie de défendre une idée, mais je ne suis pas assez calculatrice pour ne pas investir de l’amour et de l’enthousiasme dans ce que je tente de construire. Je me souviendrai que, dans nos économies, il faut être dévouée, mais pas trop. Passionnée, mais pas trop. Affective juste ce qu’il faut. Détachée sans en avoir l’air.


Note amère s’il en est mais qui dit dans quel état est notre monde, qu’il ne sait plus fonctionner autrement que dans la tiédeur, le rigide et dans le politiquement correct !

Ah ! Le politiquement correct… ce que je peux détester cette notion. Etre imaginatif, atypique, fantasque… mais, au final, arriver au bon résultat, ça n’est pas politiquement correct. Alors c’est difficile à vivre, que de sentir le regard interrogatif des autres, en permanence, et le doute.

A force qu’on doute de vous, vous doutez aussi, et, à la fin, vous vous amoindrissez. Qu’une chute arrive, qu’elle vous confine à l’étable… et vous ne croyez plus, parce que vous ne comptez plus.


Civilisation d’experts… où sont passé les poètes ? Parce qu'une civilisation d'experts sans poète, ça ne marche pas plus qu'une civilisation qui ne serait composée que d'artistes.


 

rimbaud


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J’avais pris rendez-vous avec gentil docteur pour résoudre mon problème de vis, entre autres questions. Ya pas de vis dans la malléole, c’est juste le péroné qui continue très bas. Et j’aurai des trous, quand on m’aura enlevé la plaque. Mais bon, l’anatomie n’appartient pas à mes matières de prédilection.

 

Il ne fait pas beau, il pleut, et du coup ça me rend hésitante dans mes déplacements…

La leçon a été efficace. J’ai enfin compris ce que devaient éprouver les personnes âgées, les handicapés qui doivent braver les mille périls de la rue.


Traverser par exemple… A part au Caire, je n’ai rien connu de pire. Les conducteurs sont des mufles. Ils accélèrent sans regarder, ils ne mettent pas leur clignotant, ce qui fait que, quand on est incapable de courir, et bien s’engager sur la voie est une sorte de pari sur sa vie. Ce serait pourtant simple qu’un seul s’arrête, le temps que je parcours les quelques mètres qui me séparent de l’autre trottoir. En plus, ce serait protecteur.


Le pire, c’est la crotte de chien, la vicieuse, celle qu’une chaussure a étalée en flaque glissante et nauséabonde. Et, dans ma ville, il faut slalomer pour éviter les flaques de déjections. Des fois, le matin, en été, la ville entière fleure bon le caca. Ça doit être la ville la plus crottée de France ! Evidemment, les gens se plaignent, mais en général, ce sont les mêmes qui laissent leurs clébards s’épancher n’importe où et qui ne ramassent pas. Et ce sont aussi ceux qui râlent si les impôts locaux augmentent. La mairie distribue gratuitement les « toutounet », des petits sacs en plastique pour ramasser le cadeau. Il paraît que les gens s’en servent de sac de congélation. J’irai pas manger chez eux.


Pour sûr, une crotinette ne serait du luxe pour circuler. Et si on devait faire une pyramide de merdes collectionnées pendant un mois, je suis sûre que ma ville gagnerait la médaille d’or.


Meuuuuuuuh !!!

 

provache


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C’est juste de la mécanique ou de la menuiserie, c’est comme vous voulez. De la mécanique bovine. Je regarde la radio de ma cheville traumatisée. Et mes considérations sont multiples.

Mon premier souci est lié aux 8 vis qui sont solidement, apparemment, fixées dans les os. Quand on va m’enlever la plaque, ça veut dire que je vais avoir des trous ? Et que le chirurgien va se servir d’une dévisseuse ? Ou bien va-t-il scier la tête et me laisser le corps de vis ad vitam aeternam ? Autrement dit suis-je une vache condamnée à faire sonner les détecteurs de métaux… Et pis d’abord, est-ce que c’est du métal ?

Ensuite, on voit bien que le péroné et la malléole sont liés par la plaque. Comment alors ça se fait que j’arrive à plier la cheville ? Si c’est la plaque qui glisse sous la peau, à mon avis… je devrais le sentir. Si la plaque est articulée, je devrais le voir. Il reste donc une seule solution, c’est que la malléole se visse et se dévisse en fonction de mes mouvements. Ça me fait sombrer dans une torpeur ahurie, d’imaginer ça...

 

De plus, entre les deux jeux de 4 vis, il y a un petit trou noir. A quoi sert-il, à ce que l’os respire ?

 

En tout cas, vue de face, la plaque, on dirait un iPhone. Mais jusqu’à maintenant, je n’ai pas reçu de coup de fil via cheville, et je ne suis donc pas obligée de me mettre le pied derrière l’oreille pour papoter avec mes copines. C’est déjà ça !

 

perone


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