C’est mon frère, mon alter ego, celui à qui je ressemble le plus. Parce qu’il change au gré des jours, au gré de mes humeurs.
Soit qu’il s’exclame de malice, les bras au ciel et le pas dansant. Soit qu’il avance la tête basse, les épaules affaissées. Il dit le mouvement de l’âme et ses balancements. Parfois, il me prend
l’envie de lui trouver des attitudes curieuses. Et, ensuite, je contemple l’Alfeo pour découvrir ce qu’il me raconte de moi. Souvent, ça n’est pas très sympathique. Mais, quand je me détourne de
lui, et que je l’oublie quelques jours, alors il se met à vociférer, il me botte l’arrière train parce qu’il se tétanise dans la posture où je l’ai abandonné.
« Yo ! La gazelle, tu joues à quoi, à me laisser dans cette attitude. Tu veux que je
finisse pendu à la chasse d’eau, ou brûlé au soleil ? Faut que tu te reprennes. D’accord je suis ton foutoir cervical, ta galère émotionnelle, ton désarroi solitaire, d’accord. Mais faudrait voir
à me remettre joyeux et ouvert ! Normalement je devrais te servir à reprendre tes pinceaux, à des exercices d’anatomie, à un déluge de couleurs. Ça te plait de peindre ? Alors reprend tes
feuilles et tes aquarelles, et laisse toi aller, fais couler l’eau. Ça te rafraîchira les idées. J’ai mal de partout, ma musculature de bois commence à faire des nœuds.
»
D’une semaine, on peut faire une vie… Toute la sagesse d’une Afrique antique anime Anima la délicate princesse. Compagne déjà
ancienne que je cherche du regard, quand je rentre le soir. Elle est mon arbre à palabres, là où je repose tout en verbalisant les joies et les peines. Il faut pouvoir déverser auprès d’une
oreille douce et passive l’indicible, le sordide, comme le merveilleux et le joli.
Parfois, quand j’ai bien trop parlé, que ma gorge s’assèche faute de mots, elle sourit, puis me raconte les histoires de son
enfance…
« J’étais belle du temps de ma jeunesse, mais je l’ignorais. Je passais dans les rues
de mon village, insensible aux regards d’amour, n’imaginant même pas leur existence. Je me croyais invisible. Et quand vint le temps de refermer le livre, je compris, enfin, que je n’avais pas
regardé autour de moi. Un inconscient dédain m’avait isolée. Que j’étais passée à côté de ma vie parce que je voyais, dans les yeux des autres, ce que je pensais mériter, mais jamais ce qu’ils
disaient vraiment…
Je me suis figée dans un sourire doux pour l’éternité… ce n’est pas ton destin. Je
suis immortelle, presque, mais toi, tu es vivante. Un sang chaud coule dans tes veines, laisse le vibrer, s’amuser et jouir. Quand un jour te malmène, pense que le suivant te consolera.
»
Ces métiers de l’artisanat d’art, chaque fois que je me balade quelque part, je les traque. C’est devenu comme une quête.
Admirer ce travail de la main, et de l’âme. Quand l’amour du geste s’incarne dans l’ouvrage. Presque une déformation professionnelle. Dans un tout autre contexte. Ici, ils appellent encore ces
métiers de l’objet, des petits métiers. J’en ai peu croisés dans la Casbah. Un tapissier, un tailleur… Mais j’ai eu le bonheur de visiter un centre artisanal où étaient exposées de superbes
pièces.
Mes pas me portent depuis dix ans déjà dans le monde de l’objet, qu’il soit usuel, décoratif ou encore lié au spectacle,
instrument, décor, costume. J’ai acquis une certaine connaissance, et des œuvres et des « ouvrageants ».
Ce que j’en pense ? Entre arrogance et humilité. Entre suffisance et modestie. Cet univers est aussi hétéroclite que peut
l’être n’importe quelle corporation, jargon et philosophie compris. Et ici, on parle de « petits métiers ». Pourtant ils n’ont rien à envier aux Maîtres et autres Maalems que j’ai pu rencontrer
auparavant. Cuivre repoussé ou céramique…
Certes, quelques fois, la technique gagnerait à l’esthétique. Mais l’Algérie a pris ce chemin, aussi, celui d’une certaine
modernité, d’un travail de recherche et de l’évolution. Déjà frémit la génération qui proposera une lecture du patrimoine plus contemporaine. Ce qui me plait ? Avant de se poser la question
d’inonder le monde de produits ethniques et « designés », une volonté de séduire le marché intérieur est présente. Et pourquoi pas ? Je leur souhaite que Mitéa n’envahisse pas leurs intérieurs.
La mort de la culture par l’uniformité… Mais je ne sais pas.
En tout cas, j’ai eu un véritable coup de cœur pour ce panneau mural, qui reprend des motifs de tapis, et qui est fait de
sable coloré.
La dodue danseuse dodeline du chef malgré son allure de gourgandine. J’en aime les couleurs franches et ce bleu qui me rappelle
celui des mers du sud. Les photos des mers du sud… parce que je ne les ai jamais vues, et que, sans doute, je ne les verrai jamais. Mais cela n’a aucune espèce d’importance.
Elle vient de Cuba Yohana. C’est mon morceau de soleil, mon rire, mon espoir. Jamais elle ne se lamente, jamais la moindre
jérémiade… Pas comme moi. Elle regarde demain avec, éternel, l’espoir que tout ira bien, finalement. Quand je m’effondre d’une broutille, que je m’apitoie sur moi, elle sort une de ses mamelles
charnues, m’en donne un grand coup sur le cuir chevelu, me tance gentiment et m’explique…
« Allez Pénélope Timiste, t’as quand même pas l’envie de redevenir la Pénélope Primée
qui croyait qu’elle ne se remettrait jamais de ses chagrins. Regarde, tu as gagné la liberté d’être et d’écrire. Demain, la vie que tu voulais sera à ta portée. Tu pourras te vautrer dans un
fauteuil, l’écran sur les genoux, et passer de longues heures à peaufiner ta grand-mère ou ton commissaire. Ils attendent que tu leur inventes une suite, et une fin. Et pis la Princesse Lotus et
l’Anémie Filoche aussi.
Quand tu chopes un coup de mou, ouvre une page et raconte une histoire. Tu as de la
chance d’avoir ce ballon d’air là… Dis-toi que tu as des mots, quand d’autres n’ont que leurs maux. »
Je pense qu’elle a raison, mais c’est quand même plus facile à dire, qu’à faire…
Aux abords d’Alger. Le littoral est construit. Avec des murs qui tombent, presque, dans la mer. J’imagine que les jours de
tempête les embruns mouillent les jardins. Des familles se retrouvent sur les rochers. Et des parasols multicolores sont coincés dans les trous des rochers. La côte est dentelée. Des cailloux de
toutes les couleurs et des crabes qui crapahutent. Sur la route de Sidi Frej…
Il faut, presque, faire de la varappe pour descendre là où les vaguelettes frisent. Et, avec ma cheville, encore fragile,
j’ai pris tout mon temps. Et puis j’ai regardé, assise à l’ombre d’un mur.
Ces bords de mers où se baignent les enfants, où batifolent de jeunes gens, ont l’air abandonné. Des tessons de bouteille
et des papiers, des mégots et des canettes. Ça me rappelle nos campagnes d’il y a quarante ans, quand les promeneurs laissaient leurs déchets à la merci des éléments. Quand on considérait que
l’état devait se charger de la propreté, sur le domaine public. C’est dommage. Quelques poubelles, un peu de discipline et cette côte dentelée se ferait une beauté.
Les algues tapissent la limite de la roche et de la mer. Des vertes, des rouges, et le blanc de l’écume… comme le drapeau
algérien. Et pourtant les cris joyeux des enfants, leurs ploufs, quand ils sautent dans l’eau, se mêlent aux chants des oiseaux et au reflux de la Méditerranée.
Cette jeunesse si vivante et si gaie, elle représente la grande majorité de la population, son avenir, son espérance. Je la
regarde, elle savoure ces moments d’insouciance qu’offre la vie, sans penser à demain.
La vie tourne. Comme la roue d’un chariot sur un chemin bosselé. Elle chahute. Elle cahote. Ou encore, elle ressemble à ces
bords de mer quand la vague s’écrase et qu’elle fuit dans un déluge de mousse. La quête d’une paix c’est, presque, aussi prenant qu’un travail.
Construire et se construire est un art. Parfois, il faut accepter de ne pas être doué, de ne pas avoir les bons outils, ni
même d’avoir ce savoir instinctif qu’ont ceux qui réussissent.
J’ai trop marché sur la terre sans trouver mon terrier. Il faut que je me pose et que ce qui m’anime, écrire, puisse
devenir le cœur, celui qui respire et qui bat. J’ai trop cherché sans trouver. J'ai trop attendu.
Fin d’automne, il est temps de préparer l’hiver, de tricoter l’écharpe et rallumer l’âtre. Il est temps de rejoindre
l’angle d’une cheminée.
Peu importe ce que sera le quotidien. Ce qu’il y aura dans l’assiette… Ce qui compte, c’est de pouvoir respirer, regarder,
sans que, plus jamais, les heures soient mangées à de vaines conquêtes. Un énigmatique avenir comme une mer calme, où la brise caresse.
Petit bonhomme vert… Venu d’ailleurs, d’au-delà de la grande mer. Il tourne en silence sur son étagère. Son rôle, jusqu’à la fin
des temps… Tourner. Le visage qui regarde vers le ciel, pour murmurer ses prières. Efendi le Soufi parce que cette philosophie pétrie de spiritualité me va bien. S’il pouvait trouver les mots
pour apaiser mes doutes. Parfois, dans mes nuits, je l’entends qui souffle et qui pleure. Il souffle sur les blessures pour les calmer. Il pleure sur le temps qui passe trop vite. Parce qu’on
jour l’on se retrouve face à soi, perdu, étonné, ou malheureux. Il me soutient, aussi.
« Aime-toi » me dit-il… « N’écoute plus, va ton chemin. Il est fait de mots, d’images
et d’histoires. Retranche-toi dans quelque forteresse et ne va plus dans ce monde qui te blesse. Durant toutes ces années, tu t’es nourrie, gavée, de trop d’émotions, de trop de consternation.
Prends le temps de la digestion et met en contes, en poèmes, en nouvelles tout ce qui bouillonne en toi.
Aime toi, tu n’es pas si mal. Trop en prise avec les douleurs d’autrui, oblative… mais
ça se soigne. Prends le temps de toi. Dieu ne t’en voudra pas. Je le sais.
Et moi, Efendi, le tourneur fou, derviche et soufi, je continuerai inlassablement ma
transe pour qu’elle poudre tes nuits d’un peu de tendresse. »
Quelques drapeaux vert-blanc-rouge… Dans une maison discrète. Ici, se raconte l’histoire de la guerre d’indépendance, vue
du colonisé, de l’occupé. La fresque, peinte sur céramique, est une belle allégorie d’une paix retrouvée et d’une terre regagnée. L’ambiance est recueillie, le lieu empreint de solennité. Il
règne comme le souvenir de toutes ces âmes sacrifiées à une juste cause. Et des martyres, il y en eu. Guillotinés, abattus. Des shibanis, des femmes, des gosses… C’est laid la guerre. Surtout
quand l’occupant va à la plage, en ne voulant pas voir qu’il est aux derniers jours de son occupation. Et qu’il faudra bien rendre aux paysans leurs sillons et leurs graines.
Là où les murs sont blancs, des cadres racontent. Avec des photos. J’aurais aimé pouvoir comprendre les textes, décrypter
les titres… Hélas, mon arabe est bien trop balbutiant pour que je puisse lire. À peine suis-je capable de ânonner les lettres, et quand la vocalisation est absente, alors je suis perdue. La
vocalisation, c’est la voyelle courte qu’il faut prononcer avec la consonne. Et la vocalisation, à moins de reconnaître le mot, on ne peut pas la deviner.
Si… il y a quand même un mot que je repère : El Watan… la patrie.
Temps révolu. Qui a donné lieu à un journal
enfoui dans son marais, et à un clip pour répondre à la question cruciale… Qu’est-ce qu’une tanche ?
Aujourd’hui, je reviens sur cette époque tournée, à cause du film préféré des tanches. Ce dimanche matin, alors que le ciel
nous tombe sur la tête, j’ai pris comme l’idée d’aller déterrer ces vieux films qui me réveillent le rire, quand me vient l’envie de m’en payer une tranche (de rigolade, pas napolitaine). Yen a
besoin ! Je vous le dis ! On peut pas dire que la France fasse des petits bonds joyeux, ces derniers temps.
N’écoutant que mes p’tits doigts, j’ai été chercher les bandes annonces de quat’films qu’il ne faut pas manquer, histoire
d’éviter le nervous breakdown. Même si le dernier a parfois été élevé au rang de nanard (pas Tapie)…
Et quelques phrases immortelles…
Les tontons flingueurs
Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les
reconnaît.
Écoute, on t'connaît pas, mais laisse nous t'dire que tu t'prépares des nuits
blanches... des migraines... des "nervous breakdown", comme on dit de nos jours.
Mais moi les dingues, j'les soigne, j'm'en vais lui faire une ordonnance, et une
sévère, j'vais lui montrer qui c'est Raoul. Aux quatre coins d'Paris qu'on va l'retrouver, éparpillé par petits bouts façon puzzle... Moi quand on m'en fait trop j'correctionne plus,
j'dynamite... j'disperse... et j'ventile...
Les barbouzes
Si la pluie continue, les fraisiers seront en retard.
- Mais les grenouilles seront en avance...
Dans deux ans... Au revoir m'sieurs dames... j'serai à l'échelon sept, les mômes
sont élevés, j'ai ma cabane en Dordogne, la retraite faut la prendre jeune.
- Faut surtout la prendre vivant. C'est pas dans les moyens de tout le
monde.
Vous savez, quand un monsieur inconnu ramène chez vous votre mari mort, dynamite
la salle de bains et jette les visiteurs par la fenêtre, on prend l'habitude de ne plus s'étonner de grand'chose...
Qu'est ce qu'on fait ? On le tue tout de suite ou on boit café d'abord
?
J'ai la tête vide. Moi la trahison, ça me démolit !
- Une question de formation... Moi, ça m'inspire !
Ne nous fâchons pas
- On a toujours tendance à prendre les bruns trapus pour des gangsters mais c'est
un préjugé idiot. -
- J'en connais un autre qui consiste à prendre les grandes blondes pour des
imbéciles!
L’hospitalité anglaise, on connaît les précédents… Y’a des récits plein les
manuels.
Le flinguer comme ça de sang-froid, sans être tout à fait de l’assassinat, y
aurait quand même comme un cousinage !
Quelques messieurs trop
tranquilles
"Un tracteur, c'est personnel. C'est comme une brosse à dents, ça ne se prête
pas!"
On dirait que c’est une année à moustiques. Et c’est la poisse. C’est probablement l’une des rares bestioles que je trouve
inutile. Ils ont l’air de vouloir pulluler, se reproduire à l’envie, forniquer tant et plus afin que la femelle puisse se gaver ne nos sangs. Pfiou !
Au point qu’ils me polluent mes nuits déjà bien troublées. Alors que je crois pouvoir m’abandonner, le sourire béat et
l’œil clos, dans les bras de Morphée, ce dieu du sommeil que j’appelle de toutes mes forces chaque soir, voilà qu’un « bzzzzzzzz » mesquin me sort de ma torpeur. J’allume, je traque, je prends
une serviette pour écraser l’intrus sur le mur blanc… Du coup, je vais bientôt avoir un décor tacheté, légèrement texturé de moustiques aplatis. C’est d’un réjouissant ! Je m’entortille dans ma
couette et, outre que je fais la momie, je crève de chaud. Dormir devient un exploit.
Haro sur l’anophèle ! Ce que la nature a inventé de plus pervers pour maltraiter l’humanité… Il véhicule des choses aussi
agréables que le paludisme ou le chikungunya. J’ai même appris qu’il émigrait, clandestinement en plus, ces temps-ci. Bientôt nous serons envahis de ces intrus tous plus vicieux les uns que les
autres. Que fait le gouvernement ? Plutôt que d'embêter le brave peuple, il devrait se préoccuper de le protéger de l'insecte. L'immigration choisie appliquée aux éléments mâles du genre... Ah
!
En ce moment, mes hôtes trouvent sympa de me prélever leur nourriture juste aux zones qui dérangent le plus, genre les
phalanges, ou le milieu du dos. Pfiou ! Le milieu du dos, l’endroit où, même en se contorsionnant, même en jouant à Valentin le désossé, on n’arrive jamais à aller se gratter !
Je hais les moustiques. Et en plus, ce matin, il pleut comme vache qui pisse. Tout va bien.
Mille et un jours. Combien de temps a-t-il fallu pour que sorte de terre ce palais, palais comme un bijou. Aux reflets des
luminaires colorés se raconte l’histoire d’un conte. C’était le palais du jeudi où les odalisques attendaient leur seigneur. Gynécée, harem, havre des femmes. Dans la basse casbah.
Cette belle demeure, aux richesses colorées, est devenu un musée. Il propose des expositions. Ce jour-là, c’était autour de
l’écriture, enluminure et calligraphie. Des arabesques légères pour des mots saints. Des artistes dans un écrin.
Mille et un jours. Sans doute le temps qu’il faudrait pour découvrir tous les recoins du palais. En saisir la beauté qui se
niche dans une céramique ou au fil d’un garde-corps. Je m’imagine errer sans penser le long des arcades richement décorées. Le stuc déroule ses volutes. Errer sans penser… Retrouver le goût de se
laisser bercer par le ricanement des mouettes et les odeurs de la vie. Un silence incroyable apaise le lieu. Dehors, la vie grouille. Et, encore plus bas, les échoppes étalent d’innombrables
chinoiseries. Ici, l’histoire d’un empire s’écrit. Dehors, l’avenir s’essaie.
Mille et un jours. Le temps qu’il faudra pour que le souvenir se dilue. Je garderai la sensation de mettre mes pas dans les
pas d’un autre temps. Ce palais, il est le futur de la casbah. Quand enfin Alger se relèvera de ses blessures. Alors elle ira par les montées et les ruelles rafraîchir les façades, ouvrir les
jardins. Elle s’épanouira.
J’ai un monde à moi, qui vadrouille entre coups de becs et coups de blues. Et dans ce monde-là, fort heureusement j’ai un
refuge. Mais ce refuge n’a de sens que parce qu’il contient les symboles qui m’accompagnent. L’être humain est tout habité d’allégories, qui mettent en images les émois. La carcasse qui
m’accueille, ainsi que son décor, importent peu. Je peux les quitter demain, je les quitterai. Viendront, dans mes bagages, les habitants de ce petit monde, dont j’ai commencé l’histoire au fil
de ma nostalgie. Angélo l’ange joufflu ou Boubou le bouddha dodu ne me contrediront pas.
Un matin de Noël, Majali la rose guerrière était là. Tenant son bâton et son amphore. Comme chacun de ces personnages que je
collectionne, elle murmure dans mes nuits. Elle m’accompagne dans mes doutes. Elle est celle qui lutte, et qui me sauve, du coup. Quand, après avoir courbé l’échine et encaissé, enfin je peux
relever le nez, c’est elle qui me sourit. Et quand, bien qu'ayant peur du conflit, ou de briser des liens, je me secoue enfin, souvent avec maladresse, je l’entends me souffler, doucement, à
l’oreille…
« Cesse d’être lâche. Tu n’es pas un chiffon que chacun peut frotter sur son sol. Ceux
qui te reprochent de trop encaisser sont aussi qui en usent et en abusent. Et quand tu secoues enfin ta léthargie, que tu as des velléités de révoltes, alors tu es punie. On t’écrabouille un peu
plus en s’attaquant à tes rêves. Tu es prisonnière ? Libère toi de tes chaines. Moi, Majali la rose guerrière, je suis à tes côtés ».
Attentive à ses murmures, j’ai compris qu’il était venu le temps de tourner des pages. Et je les tournerai.
:
Là où mes mots murmurent... Je me raconte des histoires depuis toujours. Alors pourquoi ne pas les partager. Je crois bien que je vis dans un drôle de monde.
La tranche de vie d’une salers, c’est une plaquette de beurre. La plaquette descend du pis, c’est évident. J’ai des grosses
tranches de vie qui se bousculent pour s’exprimer. Aux premiers...
Je suis poursuivie. Je le dis tout de go. Nadine n’aime pas les salers. Je bossais tranquilou pour mon master quand une
copine me signale le texte de Sophia Aram…
Cliquer sur la...
Je ne supporte plus Nadine. D’abord, Nadine, ça me fait penser à « sardine », à « bibine », mais pas à « divine ». Elle
fait son chemin, la petite. Comme quoi...
C’est de saison. La bonne résolution arrive avec le dernier jour de l’année, comme les poux avec la rentrée scolaire. C’est
dire ! On n’échappe pas à son dictat. Il faut s’en faire des...
En plus d’être une salers, j’appartiens à un club d’endives… Ya rien à comprendre, c’est le destin. Qu’est-ce qu’une endive
? Ça c’est une bonne question. Une endive, pour résumer, est une...
C’est une sensation d’absolue plénitude qui me surprend, parfois… Le premier jour du reste de ma vie. Chaque matin depuis
peu. Inventer le jour pour qu’il m’offre de tous petits cadeaux :...
Immersion totale dans le dialecte des sciences de l’éduc. Chaque métier a son jargon, c’est bien connu. L’informaticien se
délecte de bits et d’octets. L’ingénieur de formation s’abandonne...
Today was the day to speak English… Ah ! Zehr gut ! But, Mister the teacher, my English is very bad. I speak english as
well as a Spanish cow. C’est tout dire. We have to produce an écrit...
La partie « endive » de mon auguste personne, par ailleurs salers salement salée, et vieille petite fille équipée d’une
boîte à connerie, surgit comme tanche de la mare, en frétillant. Mes...
C’était un petit vieux chenu et voûté. Un tremblement, lié à son grand âge, ne le quittait que rarement. Il aimait se tenir
au coin du feu, un grand châle tricoté par son épouse défunte...
Vos murmures