D'un tas de pierres à l'horizon, perdu au milieu de collines, avec, au pied, des parcelles sagement cultivées, l'histoire invente les histoires. Au bout de la route, il y a Volubilis. Toute de colonnes hérissée au sommet desquels campent les cigognes. Et c'est comme si le silence du au passé recouvrait les ruines des souvenirs de ces italiens qui, ici, bâtirent un morceau de civilisation.
L'étrangère, la Brune, place ses pas dans ceux d'une Proserpine, d'une qui a vécu, aimé, souffert ici. Sous un implacable soleil, le fantôme d'une civilisation erre entre les restes de murs.
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La Romaine, ni vestale, ni putain, juste une amante, s'aventure entre les dédales de ruelles ombragées par des envolées pierreuses. Chaque pavé est taillé, il s'acoquine à son voisin, complice. Elle traîne entre ces parois si construites, une blessure d'amour qui, parce qu'elle arrive juste un peu trop tard, s'enracine encore plus dans un cœur qui fut bien trop tendre. Aimer lorsque vient le temps de l'apaisement, bouleverse. La conscience de chacune de ces minutes inutiles, parce qu'il faut attendre, est aussi le constat, parfois désabusé, que la vie est errance. Elle a sans doute croisé, dans sa jeunesse, son bel amour, mais elle ne pouvait pas le reconnaître. Alors, depuis, elle tire son attente, un éternel sourire accroché comme un lampion, entre les ruelles propres d'un passé déjà mort. Dieu qu'elle l'aime, son poète, dont le chant rebondit entre les vestiges de l'ancienne cité !
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L'étrangère brune contemple Proserpine, du moins ce qu'il en reste, comme une idée, un souffle à peine perceptible. Une étrangère au milieu de touristes regarde l'éternelle trace du sentiment amoureux, c'est bien le seul émoi qui marque les siècles.
Vous fûtes plusieurs... 28 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc - Communauté : Maroc















Vos murmures...