Quotidien d'une Salers

En bonne vache paranoïaque, je consulte régulièrement mes statistiques. Or, depuis un mois, j’observe une lecture systématique de mes articles, catégorie par catégorie… Qu’est-ce à dire ? Je suis à ce point talentueuse qu’un éventuel éditeur repère ce qui est le bon grain de ce qui est le pissenlit ? Dans mon repaire de Salers écrivante ? Je n’en suis pas vraiment sûre…

Et je sais que c’est pas moi qui me relis, je suis un peu barge, mais pas à ce point. Je fais régulièrement mes sauvegardes, que j’expédie à mon compte copyright… donc j’en connais les dates.


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Mais, du coup, cette situation m’a donné une idée. Vu que les journées sont longues et vides, que je passe mon temps entre la téloche, la lectoche et l’écritoche, je me suis lancée dans un travail de titan, mais qui ne sert strictement à rien. J’ai mis en page l’ensemble des mes textes au format livre de poche, et j’ai compté les pages. Et ben ça fait 1575 pages. Pfiou ! je savais pas que j’étais capable de pondre autant de mots.

Remarque, ça fait presque 5 ans que mon blog existe. 1727 jours exactement. Donc, j’écris moins d’une page par jour, c’est pas un exploit, ça non !

Mais, quand même, ça rassure mon ego de vache déglinguée, du fin fond de mon étable abandonnée. Bon, sur ce, je vais me préparer pour aller chez le kiné. Meuh !

 

provache


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Bon, puisque j’ai une nouvelle rubrique : « La télé de la Salers », et que je reçois plus de 400 chaînes par internet, je vais pouvoir m’en donner à corne joie… Vous l’avez sans doute remarqué, ma nouveauté. Euh ! C’est pas grave sinon.

 

A tourner en rond (de gîte) dans mon lit, j’ai fini par tomber sur une émission de tv-reality américaine, qui a fait des petits jusque chez nous : Les maçons du cœur. J’en ai l’estomac retourné, je crois que je vais faire du lait caillé. C’est dans le pathos et la larme à tout bout de champ. C’est un peu le même principe que Tifin avait adopté à un moment : Permis de reconstruire.


On fait appel à la charité publique, à l’entraide, à la solidarité. Bien sûr, les familles sélectionnées sont dans une mouise plus que noire : Papa décédé d’un cancer, ou viré de son job parce qu'il a fait une crise d'épilepsie, Enfant devenu paraplégique suite à une balle perdue, Maman qui n’a plus de seins à 25 ans, toujours à cause du crabe, etc… L’autre version c’est le sacrifice, pour toutes les causes imaginables : du camp de vacances pour handicapés à la maison de retraite pour bestioles maltraitées.

Sûr que tous ces gens n’ont pas les sous pour entretenir leur home. Crade de chez crade en général, le Home.


Ça commence dans un superbe bus noir : présentation de la vidéo de candidatures et premiers épanchements larmoyants. On envoie la famille en vacances un peu partout aux Etats-Unis. Si les gens sont du sud, ce sera Chutes du Niagara, si les gens sont du nord, ce sera la Californie, s’il y a des enfants, ce sera Mickey en Floride…

Bref, on les fait dégager. Mégaphone et bulldozer prennent le relai. Avec interventions régulières des « vedettes » du show : Ty, l’animateur, les décorateurs, designers, charpentiers… A chaque fois il y a des petites phrases du genre :

… Ils sont extraordinaires, ces gensses… snif !

… Ils sont aimés de tous alors ils le méritent (qui est aimé de tout le monde, je voudrais bien le savoir)

… Ils ont tant fait pour les autres… ouinnnnnnnn !

C’est pas des yeux que l’on voit, c’est des bassines d’eau salée. Et ça gueule, à en écorcher l’ouïe d’un sourd !


Au détour d’une scie circulaire, il y a toujours le pasteur qui bénit et de l’autocongratulation à gogo : « c’est ça l’Amérique » ! Abnégation, dévouement, foi et solidarité. Cause toujours !

Je pense que les pauses pub nous sont épargnées. J’imagine que l’émission est sponsorisée par la soupe machin, le ketchup truc ou la lessive bidule.


Ça finit toujours par le retour, en limousine de dix mètres de long, de la famille qui se colle au bus de l’équipe et qui ne voit rien. Foule immense pour assister à la « Surprise ». Le cri obligé « Move the Bus », bouge le bus ! Ici je crois que ça doit être un fabriquant de mouchoirs en papier qui sponsorise, au moins !


Move ton système économique et ta protection sociale, ça oui !!!


 

massons


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Quelques infos grappillées sur la 3. Pas joli. Globalement, il y aurait eu porosité entre la droite dite démocratique et le front national. Bah ! C’est à vomir. Merci aux déclarations ambiguës d’un président, de sa clique et de sa claque.

Ça papote, ça fait des commentaires, ça pose des questions, ça tergiverse, ça tire des plans sur la comète. Tout ça c’est du bla-bla-bla. C’est de la branlette intellectuelle.

Le problème est simple : le Sarko il a tout foiré. La Marine pousse sa bouse. Et on est tout un paquet de veaux à attendre Dominique.

Mélanchon parle d’écœurement. Je suis pas loin de penser qu’il a raison. Et que si tout le monde doit partir, il en fait partie, de la charrette.

Quand on regarde comment sont construites nos instances représentatives, je me pose bien des questions…

Où sont les élus issus du monde ouvrier, ou du monde agricole ? Où sont les élus issus de l’immigration ? Où sont les femmes ?

Quel que soit le parti, notre politique est très intello, bien loin de l’herbe qui dépérit. Et se vautre dans ce que l’humain a de plus moche : sa peur de l’autre, sa peur de perdre sa cahute, sa peur de perdre son portable, sa peur de perdre … On a peur, mais on perd tout quand même.

Donc la droite va se droitiser, un petit coup de laïcité, et va aller chier sur les terres du FN. C’est reparti pour l’immigration et la nationalité. C’est à cause de ça que certains ne votent plus. Yen a marre ! Bon, je suis fatiguée, alors je vais pas m’éterniser, d’abord parce que ça n’a pas d’intérêt.

 

J’ai juste une petite chose dire. Le débat politique est devenu un débat sur l’absence de débat sur le débat pour un projet qui n’a jamais été débattu. Et dont il faudrait débattre, afin de mettre aux voix et aux voies, le contenu du débat sur le débat de projet. Que le projet puisse être un débat entrainant des débats de proximité afin de savoir quel est le meilleur débat à mener pour débattre d’un projet. Est-ce que le débat est politique ou la politique un débat ? Faudrait quand même trouver le moyen de débattre du débat de projet avant que le projet ne soit un débat de coups bas.

 

On est bien loin d’un vrai projet enthousiasmant. Et ça klaxonne dans les rues. Yavait foot aujourd’hui ?


 

cartelec

 



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Bon, j’avoue, à ma grande honte, la semaine dernière, je n’avais pas pu me rendre au bureau de vote. J’ai été face à un conflit de loyauté : entre un engagement et mes valeurs républicaines. L’engagement a gagné, il était pris depuis longtemps. Le deal, c’était qu’il fallait que quelqu’un m’emmène au bureau de vote avant 18 heures, et que ça n’a pas pu se faire… Bref, morte de honte, la Salers !!!

Et vexée, parce qu’une gamine de 18 ans a trouvé bon de dire, avec un sourire bonnasse, et du haut de sa toute jeune expérience « ça fera un vote de gauche de moins… Chic ! ». Ben voyons ! On en reparlera dans 20 ans. Si j’avais eu le temps, je lui aurais dit pourquoi je vote.

Parce que mon grand-père, cheminot, a élevé chichement 5 enfants, qu’il a dû les mettre au travail à 14 ans, pas de sous pour les études. Parce qu’il a fait le front populaire et distribué des tracts, au péril de sa vie durant la guerre, pour que tu sois libre et française, aujourd’hui.

Parce que ta petite sœur, lourdement handicapée, ne serait plus en vie aujourd’hui, s’il avait fallu payer tous les frais, comme en Amérique, pays que tu admires tant.

Je vote, moi qui n’ai pas d’enfant, pour que tu puisses faire des études supérieures si tu en as envie. Pour que tu puisses faire du sport, aller dans des musées, aller au théâtre, à un coup inférieur au prix de revient réel. Et garder ton salaire si un jour tu es gravement malade…

Bref, je pourrais en écrire des tonnes du même genre à tous les couillons qui profitent de ce que leurs anciens ont acquis, mais qui ne se battent pas pour garder ces avantages là. Et qui ne prennent pas position, quelle qu’elle soit.

Et puis, jamais, je ne dis : « Tiens ça fera un vote de droite de moins… », quand quelqu’un ne vote pas, parce qu’il ne peut ou ne veut pas. J’ai bien trop de respect pour ce satané droit de vote. Jamais je ne me réjouirai que quelque un choisisse de mépriser l’urne. D’ailleurs, je suis pour que ce soit une obligation.


Bref, me voilà partie, avec mes cannes, au bureau de vote. Pfiou ! C’est au moins à 800 mètres, autant dire la mer à traverser ! Il pluviote, et le fond de l’air s’est franchement rafraichi. C’est dimanche, les rues sont vides. Il y a quelques promeneurs qui marchent tranquillement. Et les rires des enfants dans les jardins publics.

J’arrive, cahin-caha, à mon bureau de vote. Fermé. Mon canton ne fait pas partie de ceux qui renouvellent leur conseiller. Ya plus qu'à rentrer à la maison.


Purin de glotte de bouse !

 

provache


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Pfiou ! Il a fallu que je sorte ce matin.

Enfin, ce matin… aux heures autorisées, entre 11 et 14. Je peux pas m’empêcher de respecter la loi.

Parce que c’est pas tout de se confiner à l’étable, mais la vie continue. Il y a des lettres à poster, il faut passer à la banque, et tout, et tout.

Il fait un temps superbe, aujourd’hui, une de ces belles journées de printemps qui donnent l’envie d’aller batifoler sous d’autres cieux, qui font pousser des pattes aux salers ordinaires. Tant qu’à faire, autant en profiter un petit peu. Sous la pluie, j’aurais l’angoisse de m’esquinter l’autre cheville…

Donc, ce matin il a fallu que je sorte. Physiquement, ça été difficile. Mais j’ai été jusqu’à l’Hôtel de Ville, j’ai fait mes emplettes et puis j’ai pris le chemin du retour. Je n’ai pas pu rentrer à la maison sans faire une halte, je n’en pouvais plus. Alors j’ai retrouvé cette terrasse que j’aime tant, où, parfois, le dimanche, après mes courses de la semaine, je vais déguster un muscat en lisant. Je me suis posée une petite heure. Respirer l’air chargé de lumière. Contempler la cathédrale où des gosses se sont réunis. Regarder les autres consommateurs absorbés par leurs discussions. Observer les passants qui passent. Ecouter tous ces sons que j’avais oubliés. J’ai de la chance, mon handicap est temporaire et, dans quelques semaines, je recommencerai à gambader comme une génisse.

Ces petits bouts de quotidien n’ont pas vraiment d’intérêt, sinon pour moi, vache solitaire. Pourtant, quand j’écris, quand je raconte mes banalités, je crois qu’il y a l’envie de laisser une trace, même minuscule. Poussière de terre qui partage quelques mots avec des poussières d’étoiles.

 

 

printemps


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brassens

 

Ce soir, le journal de M6… annonce… Le Championnat du Monde des Brassens, en marge d’une exposition consacrée à ce poète-musicien qui a su me donner le goût des mots. Passé le premier moment de surprise, le premier rire, j’ai été, salers coincée au lit, fureter sur la toile afin d’en trouver l’endroit. Et j’ai trouvé. C’est là.

 

Championnat du monde des Brassens

 

Me voilà, fleur fanée dans une peau de vache ridée, à mater les vidéos. Ya de tout. Mais c’est drôle. Au moment où que je cause, yen a déjà 108, d’inspiré(e)s. La contrainte, c’est de porter une moustache. A propos, pourquoi moustache est un mot féminin alors que, sauf cas particulier, ce sont les hommes, qui portent la moustache ? Fin de digression.

Pas de moustache, pas de concours. Et ce sont les internautes qui votent. Bien sûr, comme chaque fois qu’il y a un concours sur internet, on vote pour les copains d’abord. Bon, ya les ceusses qui ont la moustache naturelle, et les ceusses qui l’on fabriquée : en poil de chien, en moumoutte de manteau, en papier coloré, en tout ce qu’on veut.


Ya ceux qui chantent faux, ceux qu’on n’entend pas parce que la prise de son est mauvaise. Ya ceux qui ont planqué leur bouille, ils seront disqualifiés. Ya ceux qui ont fait plusieurs enregistrements, sans changer de moustache ! Démasqués ! Et ya même des filles. Mais pour le moment, ya pas de religieuse. Dans tout ce j’ai regardé, je ne dis pas qu’il n’y a rien à jeter. Parfois c’est le radeau de la méduse.


Faut espérer que l’oncle Archibald ne va pas se retourner dans sa tombe. Et j’ai un faible pour celle-là, je ne suis pas misogyne, comme vache.


 


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« Ils ne sont pas prêts pour la démocratie ». Comment peut-on décréter qui est assez mûr et qui ne l’est pas ? Voilà une question qui me gratouille le naseau. Pire qu’un anneau et qu’une cloche taurine. C’est, pour moi, l’idée la plus saugrenue qu’un bovin puisse avoir. Surtout, je ne vois pas du tout l’indice de mesure, le baromètre ou encore l’échelle qui puissent dire la maturité du peuple-poire.

Quand on se souvient de 1789, je ne suis pas sûre que les français aient reçus, à l’époque, le tampon :

 

apte

 


Et pourtant, cahin-caha, en passant par une restauration, par un empire, par une autre révolution, une commune, une affaire Dreyfus, un front populaire, le droit de vote des femmes en 1944, un mai 68… j’en oublie, nous avons construit notre démocratie, même si, parfois, elle laisse à désirer. Quand on rentre en démocratie, c’est pas comme si on mitonnait un veau marengo, un bœuf bourguignon ou une blanquette. Ya pas de recette miracle. Ya des ingrédients et des apprentis-cuisiniers qui testent et qui goûtent. La mayonnaise prend, ou pas. Mais s’il fallait poser la fourchette chaque fois qu’on rate un plat, on en serait encore à la viande crue.


En faisant quelques recherches sur ce thème, je suis tombée sur un mot qui écorche le museau mais qui me paraît intéressant : Anocratie, régime en transition ou aux institutions instables. C’est pas joli, ça ? Et si de l’autocratie, il fallait expérimenter l’anocratie pour finir en démocratie ? Ah ! On s’en fout. Je suis persuadée, petite salers planquée dans mon trou, que chacun est capable de se mobiliser pour trouver sa propre cuisine, si tant est qu’on lui en laisse les casseroles.

 

Vus d’Europe, les questionnements sur les récentes révolutions sont, du coup, bien arrogants, voire méprisants. Il y a encore tellement de solutions à imaginer…

 

 

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Carte Wikipédia… je m’en gratte le garrot à force de rigoler.

 

 


Vous fûtes plusieurs... 0 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Quotidien d'une Salers - Communauté : Maroc

Hier soir, parce que la douleur chevillesque me titillait, je me suis avachie devant la téloche. L’émission : Infra rouge sur la 2. Une heure vingt d’émotion, d’estomac qui gargouille, de colère aussi. C’est l’histoire d’un flash-back. Celui du réalisateur David André qui retourne voir les protagonistes d’une exécution capitale dans l’Oklahoma aux Etats-Unis.


Sean Sellers a passé 13 ans dans le couloir de la mort, à attendre, à épuiser tous les recours. En 99, il a 29 ans, il est à quelques jours de son exécution. L’interview est poignante. Il raconte tranquillement son enfance, ballotée, abandonné par son père. Bref, la misère ordinaire des laissés pour compte. Une mère qui s’absente trop souvent parce qu’elle est chauffeur routier. Il faut bouffer.


Et puis l’adolescence qui bascule dans les cultes sataniques. Il assassine sa mère, son beau-père, et un épicier lors d’un braquage. Il prenait des drogues, fumait, buvait. A 16 ans, il devient le plus jeune condamné à mort des Etats-Unis.


Moment sordide, l’audition pour la demande de grâce, prison à vie contre la vie. Chacun parle, l’avocat, la famille des victimes,  et le condamné. Cinq personnes écoutent : cinq « non ». La famille, avec laquelle il a grandi, qui réclame sa mort. Il sait que personne n’a été gracié en Oklahoma. Il demande pardon. L’avocat raconte qu’il ne faut pas éteindre la lumière d’une bougie, dans le noir du couloir. Cinq personnes écoutent : cinq « non ». Des militants contre la peine de mort, des amis de Sean sont venus demander qu’on l’épargne. Cinq personnes écoutent : cinq « non ».


Et puis ils ont été à l’exécution, mais le procureur, celui qui a obtenu la peine de mort, n’a jamais été à l’une des exécutions qu’il a obtenues. Jamais.

Mort par injection létale. Intraveineuse, on attend que le corps soit bleu. C’est sans douleur, il paraît. La fille d'une des victimes dit : "Il s'est endormi sans douleur, il a été euthanasié, comme on euthanasie un chat ou un chien... ".


Dix ans après, le réalisateur retrouve les « acteurs » de cette histoire. Mais rien n’est consolé. Les enfants des victimes pleurent encore la perte d’êtres aimés. Ils vacillent entre froideur et culpabilité. Parfois ils se justifient. Quelque part, je crois qu'ils ont honte.

L’avocat qui a essayé de sauver Sean déteste son métier désormais.

Les gardiens, qui pratiquent les exécutions, racontent. Ils doivent être professionnels. Maître mot « Professionnel ». Ils ont tous dans le regard une tristesse qui les ronge, et qui les rongera peut-être physiquement, un jour.


Mais le pire, le plus insoutenable, c’est le procureur. Ce type de procureur qui se fait une gloire d’être le champion de la peine de mort, aux Etats-Unis. Vieilli, amaigri, malade, profondément croyant, et qui ne doute pas.

Quand le réalisateur lui pose la question, puisqu’il va mourir et qu’il faudra bien qu’il rende compte de son existence :


« Croyez-vous que Dieu soit pour la peine de mort ».

 

Grand silence. Je crois qu’il ne s’était jamais posé la question.


Depuis, la peine de mort est interdite, en Oklahoma, pour les mineurs.

 

Pour revoir l’émission : Une Peine infinie

 

 

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J’ai la cheville qui ressemble à un Jésus… de Lyon, pas un petit Jésus mignon. On dirait une grosse masse informe. D’habitude, une vache, ça fait dans le pied de veau. Mais là, c’est plutôt patte d’éléphant. Euh ! Pas le pantalon. D’ailleurs, je rentre plus, dans mes pantalons. 50 jours à l’étable, alitée, à grignoter, voire à goinfrer comme une cochonne (on y revient toujours, au saucisson !), et ben ça fait engraisser. Je suis un œdème à moi toute seule. Une chose molle et aqueuse qui se désespère de pouvoir remarcher, un jour. Dès que je fais trois pas, ma cheville se prend pour ce qu’elle n’est pas : elle enfle. J’en ai plein les bottes !

D’ailleurs, dans mes bottes, et bien je n’y rentre plus non plus. Le mollet qui a grossi refuse de se laisser enfermer, l’autre flotte, et la cheville abîmée se révolte. C’est pas le pied ! C’est le cas de le dire.

J’ai fait cuire cinq kilos de légumes, en espérant que je dégonfle rapidement. Mais j’ai pas trop d’espoir. Va falloir que je bouge mes œdèmes sur une quelconque machine à pédaler pour que je fonde. Sauf que la cheville, elle, elle ne veut pas. Elle passe son temps dans une bassine d’eau froide, et elle fait chauffer l’eau. Je suis en ébullition tellement j’enrage de devoir me trainer, du lit au canapé, et du canapé au lit.


Bref tout ça pour dire que, comme Marilyn, je dors parfumée (mais en moins cher et moins joli)… avec une chaussette de contention noire. C’est d’une élégance !


 

jesusdelyon


 



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Bon, t’as fait fortune. Même qu’une grande partie de l’humanité t’admire. Tu es le taureau maëstro du maelström de l’informatique. Le grand Figaro de l’opéra Internet. Parti de rien, arrivé à tout, et notamment à une bicoque de quelques 113 millions de dollars avec rivière privée, garage pour 30 bagnoles, golf 18 trous, et j’en passe. Xanadu 2.0, la bicoque, qu’elle s’appelle. J’imagine que tu as lu Sturgeon, et que tu sais que Xanadu, petite planète aux multiples talents, n’avait pas comme valeur le Dieu Argent ? Tu ne le savais pas ? Ah.

 

Moi, petite vache de bouse, broutant dans un minuscule pays moribond, j’ai quand même quelques interrogations qui n’auront sans doute jamais de réponses.

 

D’abord, chez nous, est-ce que tu rémunères tes veaux correctement ? Est-ce que respectes nos lois ? Est-ce que tu ne fais pas remplir des questionnaires à la con, avec des questions à la con, du genre « êtes-vous syndiqué ». J’en parle en connaissance de cause, pour avoir bossé dans une boîte d’Homerdique du Nord, qui se permettait à l’époque, ce genre de choses. Est-ce que tu presses l’homme comme pis de vache, pour lui faire rendre lait ? Est-ce que tu prépares les lettres de démission avant de contacter tes employés ? Z’ont plus qu’à signer. J’ai vu ça aussi. Avec ou sans gros chèque.

 

Cependant, c’est par pour ça que je meugle. C’est qu’il y a quand même un truc qui me titille. D’accord, tu as quitté ta pieuvre en 2008 pour t’occuper de ta fondation. D’accord, tu as donné beaucoup de sous à ladite fondation. Mais enfin, tu touches encore des royalties ? Tu défiscalises tes dons ? Tu tapes tes potes comme Buffett et autres avoinés ? Tu émarges aux subventions ? Enfin, je crois. Mais ce qui me scotche la queue, c’est que tu as promis de donner 95 % de ta fortune, dès ton dernier souffle, à ta fondation. Du coup, tu es auréolé de l’aura : « Bienfaiteur de l’Humanité ». Et en attendant ta rencontre avec la faucheuse, tu gardes ta fortune. Tout bénef, quoi ! En même temps, ya pas de quoi en faire un rodéo. C’est courant dans ton monde.

 

En tout cas, s’appeler Portes et avoir un comparse qui se nomme Buffett, c’est presque drôle.

 

 

bill


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