Voir à travers les yeux de l’autre voile le regard. Quand le cœur enfume, on devient le jouet d’une vie moulinée aux mots de celui, ou celle, à qui l’on abandonne son âme. Imperceptiblement, les valeurs se transforment. Elles se tachent du pouvoir de l’autre. Souvent l’on est son propre bourreau, ne choisissant de s’en remettre qu’à ce type d’humain, qui n’existe que lorsqu’il a une proie à broyer. Commence alors un ouvrage de mite, cet insecte qui grignote le manteau le mieux tissé. Il troue peu à peu le monde de sa victime. Il isole celui, ou celle, qui est devenu sa chose, la coupe de l’univers qu’elle s’était choisie. Il l’isole. Et plus la solitude se fait lourde, plus cette âme esseulée s’accroche à son tortionnaire. La torture est subtile, du reste. D’une main il noie, de l’autre il tend la bouée. D’un sourire, il rassure, quand l’instant d’avant la colère écrasait. Rien de ce qui était la maison dont il s’empare ne subsiste, au bout du compte, ouvrant grand la fenêtre et bazardant jusqu’au dernier bibelot. Un matin, l’on se réveille, brisé, anéanti, avec, au fond de la gorge, l’amer de la lie qui tapisse. Ceux qui nous aimaient, vraiment, on tourné les talons, parce qu’ils servaient de dépotoir à l’accapareur, parce que tout ce qu’ils tentaient pour nous sauver s’est retourné contre eux. Et se voir au travers déformé des yeux d’un autre, a finit par voiler leur regard du rideau mouillé des larmes.

 


Vous fûtes plusieurs... 1 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Confessions particulières

Brûler ce que l’on a adoré. Il suffit que passe un autre, une autre, pour que celui, ou celle que l’on encensait ne présente plus guère d’intérêt. Les amitiés humaines sont comme leurs amours, futiles, versatiles, inutiles. Et celui, ou celle, qui reste au bord de la route, n’a plus, entre les doigts, qu’incompréhension qui coule comme du sable. Alors se met en place l’implacable stratégie. Tout ce qui est dit, écrit, est retourné comme un gant. Là où l’on pinaille sur le moindre le mot, lui attribuant un sens qu’il n’avait pas l’intention d’avoir… Là où les sourires d’autrefois sont accueillis comme des grimaces… De Maître, l’on devient paria. Il ne reste plus qu’à tourner le dos, contempler son désespoir, reprendre son souffle et repartir vers d’autres destinées. La mécanique se grippe, celle des serments qui promettent l’éternité, tant il est facile d’aller picorer des émotions renouvelées à d’autres peaux, à d’autres affections. Qui se préoccupe, au final, de ceux qui choisissent d’être fidèles, que ce soit à eux-mêmes ou à ceux qu’ils élisent ? Ils achèveront de manger leur bêtise comme du pain noir, dans un coin de ville. Ils s’amoindriront, à se dissoudre. Un jour, le monde se réveillera dans un tourbillon de trahisons et autres mesquineries, tant il devient banal de brûler ce que l’on a adoré.

 


Vous fûtes plusieurs... 3 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Confessions particulières

On ne construit pas sur les ruines d’une maison amie. Quand la tourmente malmène et que les cœurs ne savent plus trouver leur chemin au milieu d’un tourbillon de colère, il faut savoir quitter la place. Etre celui, ou celle, qui se charge des douleurs. Qu’un microcosme s’abîme dans l’adversité, qu’un grain de sable s’enfle à trouer l’horizon, et ceux qui s’aimaient se haïssent. Alors, on tend les bras vers le ciel. On décide de recueillir la mélasse puante déversée en tombereau dans l’air qui pourrit. Acte cathartique. Sacrifice symbolique. Parce qu’ils se détestent, chaque geste devient agression. Et, plus encore, chaque main tendue est reçue comme une gifle. On regarde, incrédule, ceux qui, hier, conjuguaient demain, piétiner les paroles données, renier les promesses, ensevelir d’ordures le compagnon devenu l’adversaire. Etre celui, ou celle qui tente, désespéré, de raccommoder les hardes ? Et voilà que les ennemis déchirent la voix qui offre la paix. Pour protéger un plus faible, pour que le souffle d’une plus seule retrouve l’ample du calme, on accepte d’endosser le costume de plomb du coupable. Coupable de quoi, au demeurant… souvent d’avoir dit sa vérité, juste sa vérité. Les humains ne veulent pas d’autre vérité que la leur. Ils écharpent celui qui vient en pacificateur, sans se rendre de compte que, s’ils reconstruisent, il vont bâtir sur la ruine fumante d’une maison amie.


Vous fûtes plusieurs... 1 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Confessions particulières

Quelques mots posés sur le fond blanc d’un écran, me voici inscrit dans la chair du virtuel. Il y a bien longtemps déjà que je suis là, à piéger la phrase, à enfler l’émotion, à caresser le rêve. Je suis un miroir, le miroir de quelque histoire qui passe par ici, qui se livre et s’offre et s’ouvre… comme un livre. Je joue de l’image ou de la redite à l’envi, par amour, ou coquetterie. J’ai la métaphore qui s’affole ou l’hyperbole qui enfle, c’est selon…
Je ne sais plus dire que le noir, l’angoisse et la tristesse. C’est mon lot. Et lot je porte comme un cheval las traîne sa charrette, en tirant la patte, le col baissé, l’échine creusée et l’œil absent.
Tout a commencé, il y a une éternité déjà. J’étais alors une jolie page, décorée, piquetée de pâquerettes, pimpante comme une génisse au pré. Je batifolais, naviguant d’univers en destin. J’avais la rime joyeuse, le verbe coquin, le silence éloquent. J’étais heureuse. J’habitais une maison nichée sous un eucalyptus, toute remplie de belles pensées, de songes émerveillés.

Et puis, il a débarqué dans ma vie, mon existence de papier, Lui, le Voleur de cœurs. Je l’ai accueillie, fascinée. Je crois que je lui plaisais. Il a dénudé mes émotions, ces arabesques joyeuses que j’entrelaçais à mes phrases trop longues. Il a picoré mes rimes, les entremêlant, les tressant comme la chevelure de la jeune épousée. Il a retroussé mon jupon, délicat, sans hâte, avec toute la douceur d’un amant. les dessous de mes mots se sont faits chiffons.
J’ai connu l’exaltation du sentiment amoureux, cet état magique qui jette l’imagination dans les bras du rire. J’avais le rose entre les lignes, je suis devenue portée, écrite de musique.  Il me voulait, le Voleur de cœurs, trop. Alors, j’ai commencé à me ternir. Les fleurs de ma bordure se sont fanées. Les noires et les croches ont fini par filer, par déserter la clé de sol. J’ai pris, peu à peu, un ton grisâtre, une transparence terne. Il me voulait tant… un cœur de plus accroché à sa chaîne. C’était un prédateur, mais je l’ignorais. Il me détruisait. Et l’on enferme pas la brise… 

Il a fait de chacun de mes rêves un mauvais mélodrame. Il a transformé mes poésies en sombres prières. Il a semé, sous les pas de mes mythes, des taches d’une encre salie. Mon parchemin, d’une douceur de peau de bébé, se craquelait, de vilaines zébrures déchirait le velouté duveteux. Il abîmait tout, cet Adonis, ce soleil de charbon. Il trahissait mes mots jusqu’à ce qu’ils plient à ses désirs. Il déformait mes émois jusqu’à la grimaçante douleur.
J’ai voulu m’échapper, il m’a maudite. Mon espace s’est ouvert aux démons qui hantent les replis des âmes. Mon œil s’est agrandi des désespoirs, des malheurs, des laideurs de la destinée. Il m’a maudite , il est parti sans un regret, sans un regard. Il m’a légué un étrange pouvoir qui me broie, chaque nuit, dans la nuit de mon lit.
Vous. Oui, vous qui passez par là, sauvez-vous, ne laissez pas de trace, oubliez jusqu’à mon existence.
La malédiction s’étale à tous ceux qui me croisent, à tous ceux qui croisent ma vie. Insidieusement, elle a trouvé place au filon de mes histoires. Le voile d’un théâtre de souffrance se déchire lorsque qu’un lecteur oublie de passer son chemin. Je sens le tragique de sa vie, je découvre les arcanes sordides de ses lendemains perdus. Au fil des commentaires, j’arpente les rues de ses tragédie. J’absorbe, vampire et victime, les blessures qu’il ignore encore, les épouvantables pièges de son avenir. Je croule sous le poids de cette connaissance. Désormais, je ne dis que les maux.
Mais j’ai cessé de vouloir partager ma vision, les mots de ces maux que je hurle se heurtent à l’indifférence souvent, au déni, toujours. Car le Voleur de cœur, tel Apollon maudissant Cassandre, m’a condamnée à n’être jamais crue.
 

Alors, je vous le dis… je vous en supplie, fuyez, et jamais ne revenez. Vous vous êtes déjà trop attardé. Et, pour mon malheur, et le vôtre, vous rigolez.

 

Vous verrez…

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Ma contribution au jeu lancé par les équipières, toujours aussi inventives 

Vous fûtes plusieurs... 9 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Mignardises et macarons - Communauté : La gazette des blogs

Tout accepter par amour… n’est pas aimer l’autre, mais préférer l’histoire d’amour. Parfois, lorsqu’un désaccord désuni deux êtres, le lien si ténu soit-il, impose que ne soient pas dites les raisons du conflit. Comme si ce qui n’était pas dit n’existait pas. Le déni de soi. Or, peu à peu, l’on se perd dans ce que l’on croît être un acte de paix, un souffle donné à l’autre pour qu’il se repose. Il prend, il prend l’habitude de prendre. Alors, le repli s’en vient, mesquin, éteindre les velléités d’être, et, d’humain, l’on se fait torchon soigneusement rangé dans une armoire. Et si, quand les sentiments sont forts, ils supportaient d’être parfois mis à mal ? Le toréador s’allie au taureau le temps d’un spectacle, il ne l’achève pas toujours… Aimer l’autre, c’est aussi ne pas se trahir, ne pas s’absorber dans le rêve que l’autre rêve pour l’histoire. Aimer l’autre, c’est s’offrir ainsi que l’on est construit, avec son propre chemin, sa vérité, ses errances et ses erreurs. Le taureau ne prévient pas d’une ruade ou d’une dérobade, il est fantasque, parfois rusé. Mais la danse qui unit ces deux là, la bête et l’homme, les mène jusqu’à leur destin. Ils s’aiment, au moins un instant. Et tout accepter par amour… n’est pas aimer l’autre, mais préférer l’histoire d’amour, jusqu’à la mort d’un.


Vous fûtes plusieurs... 4 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Confessions particulières
C’est une petite route qui court dans la montage. A chaque virage, le paysage change. Des mirages, l’impression qu’une mer de nuages cache le lac du barrage, alors que le ciel est d’un imperturbable bleu… Ou alors, la plaine, au loin, frissonne sous une pluie que l’altitude nous épargne.


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Les reliefs grignotent le plateau. Là où l’horizon conférait à l’espace l’illusion de l’infini, désormais les collines découpent une dentelle émoussée. De détour en détour, nous passons la mine abandonnée. On se croirait dans quelque décor de western laissé là, à la merci des vents. Les fantômes des artificiers chuchotent dans les casemates.
 

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C’est un désert de pierres rouges, ocres, stratifiées par l’érosion. Là où la roche était tendre, le temps l’a effritée. Il reste de curieuses pyramides, des tranches qu’on croirait taillées de main d’homme. Une herbe rare habille le moindre creux, ponctue d’un vert tendre les flancs offerts au sud, au soleil.
 

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Un oued, soudain, tranche. Il raconte que le barrage n’est plus très loin. Une impression d’irréalité nous fait taire. L’idée qu’un pharaon inconnu attend, depuis le début de la civilisation, sous ce promontoire noir qui ressemble à une pyramide, m’effleure furtivement. Un pharaon qui aurait choisi d’être oublié avec, à ses pieds, une rivière.

 

 

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Et puis, le lac, immense, d’un bleu de carte postale, blotti dans un cirque. Les rives sont nues. Ça et là une ferme niche, abritée de la brise parce qu’elle a choisi de grandir à l’ombre de la montagne. La surface de l’eau frissonne. L’odeur de l’eau est la même sous toutes les latitudes. Le lac est découpé, il semble vouloir envahir le moindre recoin. Une végétation rare, rachitique tente de survivre au bord d’un lac du bout du monde, perdu dans un désert de pierres.


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Une jeune fille, accompagnée de ses ânes, puise l’eau au bout d’une langue de terre qui s’avance dans l’eau. Ses bidons de plastiques colorés peignent un tableau flamboyant. Elle est souriante, comme si ce dur labeur, finalement, lui plaisait.

 

 

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Le monde, ici, ressemble, sans doute, à ce qu’il était, à l’origine des temps. Enfin, c’est ce que j’ai envie de croire. Parce qu’il n’existe que depuis le barrage. Et pourtant, je ne peux pas imaginer l’endroit sans lui.


 

Vous fûtes plusieurs... 3 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc - Communauté : Maroc
Un an que l’étrange étrangère brune n’est pas retournée à Cap de l’Eau, à l’embouchure de la Moulouya. Elle s’en souvient comme d’un irréel paysage où pourrait se cacher quelque Mélusine orientale. Entre terre et mer, des marais habités d’oiseaux disputent l’espace à l’avancée des hommes, à leur soif de bâtir. Au loin, on aperçoit Saïdia qui pousse.



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La Blonde et la Brune, sont parties matin sur ce chemin des écoliers, parcourant de toutes petites routes qui coupent les villages, les champs d’orangers, les bosquets d’eucalyptus. Sur le bas côté, des enfants proposent les asperges sauvages qu’ils ont ramassées.
Elles s’arrêtent de temps en temps pour prendre un cliché. Elles se posent un moment sur le pont qui enjambe le fleuve. Ce fleuve là n’a pas l’impétuosité de nos torrents de montagne quand ils s’assagissent dans la plaine. Il ressemble plutôt à ces rivières tranquilles qui n’ont de fleuve que le nom, parce qu’elles se jettent directement dans la mer.
Suivre le rivage jusqu’au petit port de pêche… Il est tel que dans le souvenir de la brune, bruyant, affairé, coloré.

 

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Il y a des moments magiques où tout est serein, où le monde s’organise pour offrir un instant hors du temps. Les deux étranges étrangères se baladent en devisant, sans vraiment penser, en partageant des impressions, des émotions, l’odeur de l’iode et du poisson. Elles finissent par se poser dans l’un des nombreux restaurants qui offrent une chaleureuse terrasse. Manger en regardant la mer danser au loin, en écoutant les cris des enfants qui jouent au foot…

 

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Il a beaucoup plu ces quelques jours, et les flaques prolongent les bassins, donnant l’illusion que la mer a décidé de prendre ses aises, d’aller visiter les jetées. Dans la splendide lumière de l’Oriental, les bâtiments contemplent la blancheur de leurs reflets.

 

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Entre les deux tours qui signalent l’entrée du port, on aperçoit l’Algérie.


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C’est un bel endroit, qui respire au rythme des saisons, où le labeur imprègne l’horizon. Les filets de pêche s’entassent, attendent d’être raccommodés. Les petits bateaux dodelinent, à l’ancre. Et les sillons ensemencés protègent la graine précieuse, déjà germée.
Il flotte comme une odeur de printemps.



Vous fûtes plusieurs... 3 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc - Communauté : Maroc
 -« Françaises, Français, Chers Compatriotes,
Ce soir, je vous parlerai « Culture », avec un grand « Q ». Non pas de cette mélasse indigeste que les littéraires et autres conseillers artistiques tentent de nous faire ingurgiter. NON !
Je n’évoquerai pas plus ce vaste programme de reconversion des musées nationaux en parcs de loisirs couverts. Vous savez tous que cette initiative a rencontré un indéniable succès et qu’elle est largement autofinancée par la vente des collections…
Ce soir, je viens vous chanter la petite musique délicate de l’expression populaire. Je viens vous offrir ma dernière idée, qui saura, je le sais, mes chers Compatriotes, vous séduire et cimenter l’âme de notre belle patrie… ».

Ici, Nicto laisse planer un silence qui voltige sous les ors de la république. Les Ducond, qui organisent désormais des apéros dînatoires originaux sur fond d’allocution Razratienne, suspendent leur souffle aux effets de manche du Président. Ils goûtent particulièrement le fait que la Manufacture de Sèvres devienne un centre de réinsertion par la peinture sur porcelaine, pour délinquants du troisième âge.
-« C’est vraiment un homme d’état que nous avons, enfin ! », ose murmurer Homlette. A peine a-t-elle achevé sa phrase admirative que cher et tendre lui balance un « Ta gueule. » plein de respect.

-« Françaises, Français, Chers Compatriotes,
Notre peuple est sans aucun doute le plus créatif que la Terre porte. L’Humanité nous doit tant… Et si je dois, parmi les milliers d’exemples qui corroborent mes dires, en choisir quelques uns, alors je citerai, au hasard, La Grande Distribution, La ceinture Sibeau, le savon de Salsepareille, Les filles d'à côté (*)… ».


Seconde pause de Nicto qui avale un verre d’eau. Il a l’air d’avoir chaud. Dans son œil brille cette lumineuse flamme annonciatrice d’une nouvelle grande mesure. Chez les Ducond, un frisson d’excitation parcourt les corps tendus et remplis de saucisson et de Beaujolais.

-« Françaises, Français, Chers Compatriotes,
Nous sommes, entre toutes les nations, celle qui a su élever au rang de chef-d’œuvre notre gastronomie. Les accords parfaits que les vins savent entonner –et là, la voix enfle, le verbe devient puissant. Il se dégage de Nicto une majesté transcendée, comme une profondeur inspirée–
les accords parfaits que les vins savent entonner, avec le Livarot ou l’Epoisse, touchent au sublime. Imaginez ! Fermez les yeux ! La langue se plante dans la crème chantilly du chou, une délicate saveur de vanille Bourbon vient lécher vos papilles… Le foie gras fond, à peine tiédi et juste poêlé, qu’un poivre relève et que le sel de Guérande trouble à peine…
Je pourrais, ainsi, parler des heures durant, des terroirs glorieux qui ont rêvé ces plats, qu’ils se nomment « bourguignon », « potée » ou « bouillabaisse ».

-« C’est pourquoi, Françaises, Français, Chers Compatriotes,  j’ai décidé d’introduire auprès de l’Unesco une requête innovante, originale… ».


Et, se tournant vers la toute jeune ministre de la Culture, qui n’ose pas le regarder…


-« Ma Chère Cytrine, vous voudrez bien vous charger de faire classer le  « boeuf à la ficelle », et le « pied de porc vinaigrette » au Patrimoine de l’Humanité. ».

La ministre pique un peu du nez, affiche un sourire qui paraît quelque peu forcé. Elle hoche cependant du chef d’un air entendu et complice.
Chez les Ducond, après l’insoutenable suspens, qui a fait tenir l’assemblée coite, les conversations reprennent, animées, chacun commentant la nouvelle.
Pan-Servela suggère timidement que la proposition ne sera sans doute pas si facile à défendre… à cause du pied de porc
.


Mais c’est une autre histoire…



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* - Les filles d'à côté : Série dont la portée éducative, culturelle et intellectuelle n'a jamais pu être atteinte par de nouvelles productions. Elle mettait en scène les relations de voisinage entre ce qui deviendra par la suite l'archétype du métrosexuel.


Vous fûtes plusieurs... 4 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Ducond and Co - Communauté : La gazette des blogs
Paulo bosse au pôle de la pomme de Dôle. Paulo est un drôle de faune dont les rots tonnent, embaument le phoque. Il ose des notes –do sol do sol-, il ose des mots de ses rots. Il est beau gosse, alors il cause, il frôle, il frotte la sotte qui gobe sa glose. Et hop ! La Claude mord l’appeau. Le Paulo, à l’aurore, offre une ode à la Claude. En gros, il a la gaule, comme une colonne. Il ôte ses grolles, son froc, se colle au dodo avec la môme, la noble nonne.  Elle le botte, il la dope. Elle le croque, il l’engrosse, c’est l’opprobre. Quel veau ! Claude la noble nonne dorlote le gone. Ce porc de Paulo, cette daube, se sauve. La gosse, forte comme une lionne, pas conne, coffre le coco. La rosse ! Elle poste un dogue à la porte de la geôle. L’homme se mord les pognes. Jaune comme un fox, il clope, le pauvre. Trop. Le sol se dérobe. La mort le stoppe. Yo.

sonorites

Vous fûtes plusieurs... 0 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Délires d'écrits - Communauté : La gazette des blogs

Ouvrir les yeux, un matin, sur la beauté du monde… La première fleur pointe sa couleur dans un parterre où l’herbe est encore rare, où la neige parfois s’éternise. Elle frémit d’un soleil qui cherche à réchauffer. Le bourgeon s’accroche à son arbre, et son vert est si tendre qu’il rosit. L’oiseau revient chanter. Il y a des moments où le cœur s’émeut de contempler le renouveau, la renaissance d’un printemps. Alors, l’âme, transie des froidures d’hier, retrouve son envol, s’en va dériver sur la vague des espoirs. Un enfant naît. Un vieillard part à la rencontre de son Dieu. La vie et la mort jouent à cache-cache, blotties au coin de l’âtre…
Qu’il en faut du temps pour apprendre à regarder ! A courir après l’avoir, qu’un conformisme occidental pose comme axiome, le cœur, l’âme et le corps, l’essence humaine, se perdent à l’inutile, s’égarent sur des chemins de paraître. Ils sont en cage, et battent de l’aile, derrière leurs barreaux. Ils ne savent plus goûter le miel. Ils ne savent plus entendre le bruissement du vent dans les feuilles. Ils ne savent plus savourer la paix que la vague, sans cesse déferlante, vient rythmer d’un chuchotement d’écume. Et l’âge arrive, rappelle à l’ordre. Parce qu’il est doux d’ouvrir les yeux, le matin, sur la beauté du monde… ouvrir les yeux, avant qu’il ne soit trop tard.

 

 



Vous fûtes plusieurs... 3 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Confessions particulières

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