Dimanche matin, je vadrouille. Le marché, le journal. Un rite qui m’a pris depuis peu, simplement parce qu’il est doux d’aller regarder le monde. J’habite près de la Cathédrale Saint Charles, beau monument gothique, classique et dont j’ignore l’histoire. La flèche touche au ciel. Le parvis est un endroit de jeux pour les enfants du quartier, malgré les interdictions diverses et variées. Tout devient interdit.

Dimanche matin, café des Jardins. Le muscat du dimanche, pourquoi pas ? Un seul. Et la lecture tranquille des nouvelles, du programme télé de la semaine. Il y a tant de douceur à reproduire, de semaine en semaine, les mêmes gestes, les habitudes. J’aime les habitudes.


Dimanche matin, c’est la sortie de la messe et je regarde ces gens qui quittent l’église. Il y a comme une ambiance de cinéma dans cette cohue, comme dans un film. Certains ont l’air serein, et d’autres ont l’air de s’être ennuyés. Mais chaque fois, ce qui me frappe, c’est l’uniformité convenue. Les filles ont toutes les cheveux longs, attaché avec un chouchou, et ne sont pas maquillées. Les messieurs et les dames sont en habits du dimanche, normal. Il y a des familles et des anciens, des valides et des handicapés. Il y a des noirs et des blancs. Ils s’acheminent, qui pour boire un petit noir, ou un petit blanc, au bar du coin, qui pour acheter les choux à la crème à la pâtisserie. J’espère qu’ils ont communié avec leur Dieu et qu’ils se sentent plus légers. J’espère surtout que cette belle idée, l’évangile, ils ne l’oublieront pas dès l’hostie digérée...


C’était mon dernier dimanche matin de l’année. Parce que le prochain, je travaille. Et après, je rentre chez moi… Enfin, je pars dans ce pays qui est un peu chez moi, j’espère. Je vais aller passer trois semaines à Berkane. Je vais retrouver mes amis marocains. Ici, ce sera Noël, là-bas ce sera la fête du Mouton. J’ai choisi. Qu’il est doux de retrouver l’herbe de la maison. J’avais la nostalgie du ciel de l’Oriental, si bleu. J’irai sans doute faire un tour à Debdou.

Dimanche soir, j’avais envie de partager une tranche de vie, même quand cette vie ne représente qu’un fétu sur une terre bien douloureuse. L’année se termine, c’est l’heure de la lettre au père noël et c’est le moment de faire des bilans. Ma foi...


Vous fûtes plusieurs... 1 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Murmures au jour le jour - Communauté : Maroc

La peau frémit, rencontre l’effervescence de secousses, bouleversée. D’appétit en gourmandise, elle vibre avant même que la main ne la touche. La main… elle survole, abandonne sa chaleur d’un sillon ardent. Et la peau guette le moment où la paume ira se poser. L’épiderme est évidence. Elle et Lui, peau à peau, corps à corps, nudité à nudité. Les peaux, messagères, échangent les fragrances, jusqu’à libérer ce parfum nouveau, le mélange des sueurs. La main débusque le grain, la douceur veloutée, explore cette surface vivante qui est avide d’être effleurée. Elle et Lui, les peaux se parlent et se grisent. De frôlement en froissement, les chairs s’épousent quand les peaux s’embrassent, les peaux s’accouplent quand les chairs s’embrasent. L’épiderme est vérité. Elle et Lui, ventre à ventre, les peaux chuchotent et s’appellent. Elles dansent un ballet charnel où l’odeur est musique. Elles se parlent quand les mots s’abîment dans un souffle. Elles frémissent, rencontrent l’effervescence de secousses, bouleversées.


Vous fûtes plusieurs... 5 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Confessions particulières

Figures de Style – Axelle Beth, Elsa Marpeau
Le mot juste – Pierre Jaskarzec

 
Ah ! la collection qui met à la portée de bourses modestes des éléments de culture. Sont édités des romans, des nouvelles, des compilations qui parlent de sagesse, de méditation ou de paix intérieure. Et puis, les amoureux de la langue, comme moi, ont un plaisir presque jouissif à consulter des ouvrages qui musardent au pays des discours didactiques. Vagabonder au chemin des mots, de la grammaire, de la synthaxe et autres réthorique… Un voyage, souvent.
Depuis quelques jours, je me plonge dans ces deux là, qui viennent de rejoindre, éparpillés sur mon lit, les encyclopédies, grammaires et autres dictionnaires. Ben voui, je garde au chaud la place de l’homme, celui qui devrait me serrer dans ses bras, et je partage ma couche avec des bouquins. Elle pourrait être vide, ma couche, et ce serait triste.

Le mot juste
Donc, je me délecte du mot juste, non pas que je veuille en user. Des fois, c’est assez drôle de prendre un mot pour un autre. Lorsque le cerveau crée de ces circuits qui déraillent, alors j’invite à l’Opéra la copine que avec qui je voulais partager l’apéro… Entre nous, ce n’est pas le même investissement. Bel canto contre saucisse coktail.
Ce précieux mémo, celui sur le mot juste, met en perspective ces noms, verbes, adjectifs qui se ressemblent, que, souvent l’on confond. Et du coup, je m’amuse, avec ces presque jumeaux, à construire des morceaux de phrase, des situations ambigues. Je découvre… Mes certitudes littéraires en prennent un coup.
Quelques exemples ? Euh !!! Comment choisir, comment dire ?
Tiens : « rebattre les oreilles ». Il me plait bien celui là. Alors que j’entends souvent « rabattre les oreilles ». N’étant pas trop sûre, je ne disais trop rien. Je pourrais toujours faire remarquer à celui ou celle qui me fera reproche de lui rabattre les oreilles, ce qui arrive, étant incroyablement bavarde, que, jusqu’à preuve du contraire, je n’ai pas saisi mon sécateur pour lui tailler l’accessoire en pointe, pas plus que je n’ai scotché son pavillon. Une oreille n’est pas une plante. D’ailleurs, le jour où je rabattrai les oreilles de mon interlocteur, il sera probablement tranquille, et ne sera plus gêné par le fait que je lui rebatte les oreilles.
Ou encore, celui là, que j’affectionne particulièrement : « Forfait vs forfaiture ». Pas mal ? Je ne vais pas épiloguer… Si ! Je vais les mettre en situation :
-« Monsieur le Percepteur, vous venez de me taxer fortement par des procédés frauduleux, c’est un crime ! Que dis-je un crime, c’est un infâme forfait ! »-.
-« Non, Madame, c’est une forfaiture ! ».
Je sais, je fais la maligne (et non maline, comme « le mot juste » l’affirme. Mais il y a peu, je ne faisais pas vraiment la différence).

Figures de style
Là où l’on découvre le plaisir de manier l’allégorie ou le chiasme, l’épanode ou l’aposiopèse. Pour être honnête, à part l’allégorie, si j’avais déjà croisé les autres termes, j’en ignorais absolument le sens, et l’utilité d’ailleurs. Je crois que je vais bien m’amuser.
Un p’tit coup de tmèse ?
-« Je voudrais apprendre l’art, Bô Chanteur, de vous aimer de toute mon âme… »-.
D’aposiopèse ?
Lui : -« Ah ! Penny ! Qui es- tu vraiment ? »-.
Elle : -« Je suis… As-tu déjà vu un poisson-chat ? »-.
Et puis, il y a l’oxymore, ou oxymoron, que Cyrulnik a popularisé… « un merveilleux malheur ».
-« Mon Bô Chanteur, je serai ta vierge putain, ta rieuse douleur, ton douloureux bonheur… »-.
Hi ! hi ! hi ! Je m’en vais de ce pas écrire mes « sans titre » qui répondent au doux terme « d’inclusion » si je m’en réfère à cet ouvrage.
 
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N’oubliez pas www.telethon.fr… pour ceux qui peuvent. N’empêche, ça me fout la rage que, dans un pays aussi riche que le notre, dans cette putain de civilisation occidentale blanche pétée de pognon, ce soit les ceusses qui sont modestes, ou moyennement modestes qui doivent se fendre d’un billet. Normalement, si ce monde là était organisé avec justice, le téléthon n’aurait pas à exister !!!


Vous fûtes plusieurs... 5 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Mon ange des bibliothèques - Communauté : La gazette des blogs

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Je hais les feux d’artifices, ils me foutent la trouille… Enfin, je haïssais, parce que maintenant…


Tout a commencé dans ma jeunesse, lorsqu’il fallait se fader les fêtes nationales, ces moments où l’on se doit de commémorer les atroces tueries d’une révolution. Bal des pompiers et retraite aux flambeaux, nuit tombée et feu d’artifice.


D’abord, une fois sur deux, il pleut comme vache qui pisse, et de pétards, il n’y en a que des mouillés. Et puis il y a toujours un ou deux quidams, passablement gris, voire noirs, qui viennent s’avachir là où le périmètre de sécurité débute. Il faut du temps pour les déblayer : la viande saoule de la fête nationale.

Quand enfin la nuit est complète, que tout le monde a regagné l’arrière des barrières, la zone autorisée, voilà que l’artificier lance son spectacle. Le boucan que ça fait ! On se croirait dans un film sur la seconde guerre mondiale. Je sursaute à chaque claquement, je m’affaisse à chaque sifflement. J’ai toujours peur de prendre un éclat, une cendre chaude dans un œil. En plus, il y a tous les gosses dont le jeu préféré consiste à vous balancer ces horreurs que vendent les magasins de farces et attrapes, ces trucs qui ont des noms bizarres, et qui vous explosent dans les jambes, trouant les jupes ou les pantalons, quand ils ne vous brûlent pas. Le bison par exemple, je me suis toujours demandée pourquoi quelqu’un avait choisi une appellation de cette sorte : Tiens ! Prends ce bison entre les jambes ! Elégant non ? Des envies de baffer tout ce qui fait moins de 1,50 m et plus de 1.20 m ! Envie de baffer les parents aussi.

Il parait que Néron disait : « Pour avoir la paix avec le peuple, donnez lui du pain et des jeux… ». Il n’y a décidément rien de nouveau sous le soleil ! Pour avoir été malmenée durant mon enfance, que dis-je malmenée, traumatisée par ces conneries de manifestations, j’en avais conçu une hostilité qui finit par m’envahir, me hanter. Et je me mis dans la tête de traquer le feu d’artifice, de le saboter, de le faire échouer. Ma mission : éradiquer le feu d’artifice de la surface terrestre.

Bon, j’avais l’idée, mais pas la méthode. D’ailleurs, avant de mener un combat planétaire, m’était avis qu’il me fallait débuter petit, discret, ma carrière d’empêcheuse de tirer en l’air.

Je me fixais sur les réjouissances organisées par des gros bourgs. Trop petit, le village, et on aurait repéré que j’étais une étrangère. Trop grosse, la ville, et je ne pouvais pas approcher les installations. Non, j’ai sévi dans la ville de cinq à dix mille habitants.

J’imaginais mille et une façons de saboter ce soi-disant spectacle : couper les mèches de mise à feu, inonder les fusées, créer des courts-circuits en plantant une épingle entre les fils électriques, remplacer la poudre d’allumage par du sucre roux, massacrer les installations à coup de hache. Je leur ai tout fait à ces feux d’artifices. Au point que, régulièrement, les articles de journaux évoquaient mes frasques. Je suis devenue le « Artifice’killer », « le terroriste des pyrotechnies », etc… La police cherchait bien à me découvrir, à m’arrêter, ça oui. Mais comme je me déplaçais, que ni mon comportement, ni le choix de mes lieux d’intervention, ne répondaient à une logique repérable, ils ne m’ont jamais trouvée.
La seule chose qui me gênait un peu, c’est que tout le monde pensait que le saboteur était un homme, encore un résidu de la misogynie. Après tout, les délinquants peuvent être des délinquantes. J’ai failli laisser sciemment des traces féminines, histoire de dévoiler une parcelle de vérité. Mais le bon sens l’emporta, tant que tout le monde imaginait que j’avais une pomme d’Adam, je pouvais continuer tranquillement mon grand’œuvre.

Il y a toujours un grain de sable pour faire dérailler la machine. Le mien fût l’acharnement des spectacles à me détruire. Nous étions, eux et moi, en guerre. Peu à peu, je découvris qu’ils s’organisaient. Il en allait de leur survie. Car mon entreprise de démolition gagnait. Compte tenu de tous les incidents et accidents, parfois graves, que j’avais pu occasionner, les municipalités se faisaient réticentes à l’organisation de ces festifs débordements. Mais quand j’en choppais une, quand je passais à l’action, elles me résistaient les pyrotechnies. Mes ciseaux n’arrivaient plus à couper, l’eau ne mouillait plus, ma hache se déboîtait de son manche, le sucre partait en caramel et les épingles se retournaient contre moi, s’enfonçaient dans mes doigts. On aurait dit qu’un mauvais génie s’acharnait à me faire échouer. J’en conçus une amertume assaisonnée d’aigreur à vous trouer l’estomac… Je devins de plus en plus imprudente, prenant des risques insensés. Je mis au point une contre-offensive satanique. Désormais, les feux d’artifices seraient laids, j’avais mis au point l’enlaidisseur de fusées.

C’est cette année là que tout est parti en quenouille. Je me tenais discrètement dans un coin, afin de pouvoir observer, avec délectation, le visage attristé des badauds lorsqu’ils découvriraient à quel point le feu du jour était moche et terne. Mais je n’ai jamais pu contempler ce moment là. Je me suis enflammée comme une torche, agressée par un soleil, et fus réduite en cendres en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire.

C’est comme ça qu’aujourd’hui, je suis entrain de brailler dans un berceau, je me retrouve pourvue d’un minuscule et ridicule sexe, à peine une virgule. Je suis un p’tit gars ! Punaise ! J’avais pas envie… Je dépends de deux grands couillons qui s’extasient devant mon faciès ridé. Je fais dans ma culotte, je suis obligée d’avaler du lait, je déteste le lait. Il faut que je hurle pour qu’on me change, pour qu’on me nourrisse. Mais le pire, c’est que le monsieur, qu’un jour je vais appeler papa, est le dernier vainqueur de la Biennale Internationale de feux d’artifices, « Les nuits de Feu » qui enfument le ciel une fois par an à Chantilly. En plus, je l’entends me prédire un avenir radieux, puisqu’il a décidé que je serais son successeur. Je suis réincarnée en garçon, et je me souviens de tout.

Je hais les feux d’artifices, ils me foutent la trouille… Et je les hais toujours autant.

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Vous fûtes plusieurs... 3 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Mignardises et macarons - Communauté : La gazette des blogs

Partager un repas et picorer au pain de l’autre, sans un mot, en souriant. Le pain de l’union véhicule le moelleux de sa mie. Les compagnons posent sur la table, la miche savoureuse, blanche ou bi, seigle ou son. Le compagnon, d’étymologie sublime, celui qui mange son pain avec… Un filet d’une huile d’olive parfumée imprègne la tranche, frottée d’ail et de tomate. Il y a des mets que leur simplicité élève, et qui comblent de leur offrande. L’essentiel, partager le pain comme source de joie, le manger comme source de vie. Elle et Lui, côte à côte, plus que face à face, avec l’épaule amoureuse qui dialogue dans une frôlement prometteur. Ils grignotent, du bout des lèvres, et se mangent, du bout des yeux. Chacun porte à la bouche de l’autre ce qu’il croit le meilleur, le pain, libation de la terre. Elle et Lui sont cadeaux, oboles de l’été dans le pain rompu. Elle et lui sacrifient à un rituel venu du fond des âges, une cérémonie fondatrice : partager un repas et picorer au pain de l’autre, sans un mot, en souriant.

 


Vous fûtes plusieurs... 2 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Confessions particulières

Une jolie musique traîne sa mélodie en notes tendres. Elle pianote en semant de la joie sous les pas. La musique se pare de tant de visages, qu’elle s’emporte dans les percussions, qu’elle s’attendrisse des cordes, qu’elle s’émaille de mots. Offrir celle que l’on aime, celle que l’on porte. Elle et Lui. Celle de Lui est partage où elle est réceptacle. Celle d’Elle est naufrage où il est île. Fermer les yeux en écoutant ondoyer les sons, et s’épanouir comme une fleur quand caressent les mélodies. Les portées personnelles, de clé en clé, de blanche en croche, de silence en syncope, écrivent les opéras tragiques des amours contrapuntiques. Pour un madrigal, un regard chavire. L’ampleur d’un chœur brasse le cœur, accroche des mouchoirs aux livrets. Une polyphonie trace les douleurs d’aimer, improvise les bonheurs d’être aimé. Aria de la vie, récitatif des existences, un requiem accompagne les heures. S'égarer dans le monde où l'accord est magicien, walla Ma Qadit… Toutes les jolies musiques traînent leur mélodies en notes tendres.

 


Vous fûtes plusieurs... 2 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Confessions particulières

Alinéapathique, alinéapathie : Forme curieuse de morosité ayant tendance à rendre amorphe. Les médecins s’accordent à penser qu’elle proviendrait de la difficulté qu’ont certaines personnes à supporter les lignes droites ou la droite ligne. En effet, certains sujets acceptent mal les angles droits, les parallèles, les plans, les droites affines, enfin tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à un alignement, qu’il soit de Karnak ou de Stonehenge. Ils se sentent peu à peu prisonnier de cette ligne, font l’amalgame avec la ligne de vie, la ligne de conduite, la ligne blanche, la ligne jaune. Se pensant aculés, cernés par les lignes, il se laissent sombrer dans une espèce de mollesse triste. Laurence d’Arabibine, faisait régulièrement des crises d’alinéapathie, notamment lorsqu’il était contraint d’aligner ses troupes sur la ligne du front.

 

Aveule : Type de confidence extorquée avec plus ou moins de délicatesse qui ne vaut pas grand chose. Au sens littéraire, ce type de confidence est souvent le fruit d’individus adulterrorisés, ou encore de certains micavaleurs, lorsqu’ils désirent à moitié mentir à leur moitié.


Badinette
: « Manger avec badinette ». Façon de déguster un plat extrêmement gracieuse, tout en tenant des propos insignifiants sur un ton amusé et taquin. Laurence d’Arabibine, lorsqu’il était d’excellente humeur, picorait dans les plats, lors de ses apéros gourgandinatoires, avec une certaine badinette de bon aloi et toujours très élégante.
 

Bidhochet : Jeu que les Yétis achètent pour leurs petits. Souvent fabriqué à base de zébulbe. Le jeu prend plusieurs formes, mais la plus commune est un os à moelle contenant des croquettes de viande séchée qui poussent un doux chuchotement quand on agite le joujou. Accessoirement, comme le jeu est bio, il sert également à se faire les dents.


Fluidéal(e)
: Qualifie un état extrêmement rare qui intervient par magie entre deux êtres soit de sexe opposé, soit du même sexe (on a rien observé d’identique si le sexe est neutre ou indéterminé). L’entente coule de source entre ces deux personnes, les mots devenant inutiles. Il paraît que l’état amoureux favoriserait cette qualité de relation. Cela n’est pas scientifiquement prouvé, malgré des études sérieuses menées par l’éminente psychobiologiste Pénélope Hinel, qui n’est pas un second couteau en la matière. On attend d’ailleurs une communication essentielle sur le sujet dans les jours qui viennent.

Fanfarondecuir
: Type de fonctionnaire en voie de disparition.

Grammairderien
: Sorte d’érudit qui réfléchit énormément mais qui affiche un immuable sourire niais. L’un des grammairderien les plus connus est une grammairderien, la célèbre Pénélope Uscule – vous remarquerez que ce mot est invariable, et invariablement masculin comme d’habitude, « grammairderienne » ne voulant rien dire-.  L’empereur Yétibère, sur ses vieux jours, quand il ne poétiolait pas, a rédigé un ouvrage qui fait aujourd’hui référence, sur la syntaxe croisée entre la langue Yéti grégaire et l’apport contradictoire des parlers de l’Ouest Parisien. En ce sens, on peut dire que Yétibère, compte tenu de sa jovialité légendaire, que d’aucuns prenaient pour de la simplicité, voire de la débilité, était un grammairderien remarquable.
 

Hachier : Embêter quelqu’un jusqu’à le ratatiner, jusqu’à ce qu’il se sente coupé en tous petits bouts, voir réduit à l’état de parmentier. Laurence d’Arabibine était réputé pour hachier ses collaborateurs lorsqu’il avait trop fait la fête dans un apéro gourgandinatoire.

Hugoret Virtoc (1810-1895)
 : Ecrivain Yéti majeur. Fondateur de la littérature classique et romantique du 19ème siècle. On lui doit la plupart des grandes épopées lyriques et poétiques retraçant l’histoire du Yétibet et la mémoire des grands rois ou empereurs qui régnèrent. Œuvres principales : La Légende des Bègues, Notre Lame de Rami, Truie Naze.

Nibardé(e)
: Caractéristique de certains individus, le plus souvent de sexe féminin d’ailleurs, qui sont plus qu’équipées en attraits mammaires. Les femelles yétis sont particulièrement nibardées. Ainsi que les héroïnes des opéras de Wagnerdeboeuf.

Silancinant (e)
: Ambiance caractéristique de certaines nuits de la pleine lune dont l’absence totale de bruit agace autant qu’un mal de dent. Virtoc Hugoret, aimait à situer l’horreur des profondes nuits de sa légende des bègues dans une ambiance silancinante.

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mots valises

 


Vous fûtes plusieurs... 8 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Délires et mots-valises - Communauté : La gazette des blogs

Une rencontre, au croisement des destins qui cahotent, espère que le hasard lui écrive une légende. Parfois la vie offre une chance comme un refrain. Les couplets chuchotent, ils musardent de tristesses en espérances. Mais le refrain ramène une promesse, l’existence d’une ritournelle qui escalade les écueils et éclabousse de joie. Il y a tellement de chemins, tant et tant de méandres qui égarent le promeneur… Il y a si souvent de ces carrefours où d’une seconde manquée, la non rencontre plombe les années… De refrain en rengaine, vouloir se rencontrer, vouloir se reconnaître. Quand le refrain donne le bonheur de chanter les premières paroles, la musique accompagne l’inouï du cadeau, une rencontre. Quand l’âme embrasse le paysage terne d’où l’autre est absent, encore inconnu, elle appelle d’une prière grave la silhouette qui déchirera cet horizon solitaire. Toutes les chansons du monde ont un jour raconté la magie de vies qui se télescopent, et qui déblaient une route nouvelle. Toutes les chansons du monde… mais pourquoi, pourquoi pas toujours et maintenant, pourquoi pas Elle ou Lui ? Qui attendent aussi une rencontre… Celle là, unique, au croisement des destins qui cahotent, espère que le hasard lui écrive une légende.

 


Vous fûtes plusieurs... 9 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Confessions particulières

La Péronnelle était perplexe. Sa poubelle se révoltait. Elle avait décidé de ne plus descendre au sous sol. Désormais, elle stockerait les ordures, elle les ruminerait jusqu’à l’indigestion, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus une trace. Il faut dire que c’était devenu douloureux pour elle, de se taper les étages, de traverser un perron ragoûtant et sale pour rejoindre un local humide et puant. Chaque fois que la Péronnelle l’appelait pour aller se vider, elle faisait la sourde oreille et s’obligeait à peser une tonne ou à se coller au plancher.

Ce n’était pas une poubelle ordinaire. Lorsque la Péronnelle l’avait extirpée d’un ahurissant bric-à-brac, au fond d’une boutique noire et sombre, une brocante malpropre, elle avait eu un mouvement de recul. L’ustensile était en forme de perruche, et c’était la touffe de plume qui faisant office de système de fonctionnement. On tirait et le bec s’ouvrait. Littéralement, la poubelle se décrochait la mâchoire. Si on écrasait la patte gauche, l’œil correspondant offrait soudain un orifice pour jeter les mégots. Le brocanteur, lorsqu’elle se pointa vers lui, la poubelle dans les bras, la regarda avec un drôle d’air et répéta plusieurs fois, comme pour lui seul : « vous êtes sûre ? ». Il ne se priva cependant pas d’en demander un prix prohibitif. La fille hésita. C’est que le percepteur venait d’effectuer une ponction significative dans ses finances. Et son compte en banque était bien maigre. Mais elle ne résista pas longtemps. Elle voyait déjà la tête de ses copines observer, ahuries, le mystérieux, mais bien utile, accessoire.

La poubelle pris naturellement sa place entre la cuisinière et l’évier. Le temps passa, ce fut une période tranquille. Mais cette paix relative ne pouvait pas durer. Un matin, quand elle se leva, la Péronnelle trouva la Perruche au milieu du salon, elle avait l’air penchée vers le cactus qui ornait la table basse. La Pépette, c’est comme ça que la fille appelait sa poubelle, s’était piquée d’un périple exploratoire dans l’appartement. « Purée ! » brama la Péronnelle, « Ma Pépette est un drôle de personnage ! La perle des poubelles ! Elle doit pouvoir aller se vider seule avec un peu d’éducation…». Le « Purée ! », proclamé un peu vivement, fit sursauter la promeneuse, comme si elle sentait un péril imminent. Dans un hoquet, elle avala le cactus. La Péronnelle en fut contrite. La plante faisait partie de son univers depuis longtemps. La Perruche, elle, se retrouva à devoir digérer la succulente, qui était, au demeurant, parfaitement indigeste. C’était une langue de belle mère, couverte de piquants capables de percer les flans de n’importe quelle honnête poubelle, même bien flanquée.

Pépette se trouva mortifiée d’avoir été découverte. Depuis qu’elle était tombée, petite, dans une marmite de poudre de perlimpinpin, elle était dotée d’un peu d’intelligence, une parcelle. Mais, forte de ses expériences de vies antérieures, elle aurait souhaité pouvoir garder le silence sur sa nature magique. Après tout, elle avait trouvé un havre bien confortable, des voisins charmants. La cuisinière aimait à mijoter des petits plats, odorants, et n’éclaboussait pas trop. L’évier était extrêmement courtois. De plus, il ne refoulait pas du goulot. Elle pouvait même se permettre un petit rot de temps à autre, sans se sentir jugée. Elle était personna grata dans cet univers là. Elle se voyait bien en prendre pour perpette, coincée entre Riton l’évier et Rita la cuisinière.
Et maintenant, la Péronnelle était au parfum, c’était la perte de la paix pour la Pépette. Elle serait sous le joug permanent de la donzelle, obligée de montrer ses talents, acculée à faire le zouave lors des soirées pyjamas ou pizzas. Il faudrait recommencer à danser d’une patte sur l’autre, à bailler chaque fois qu’une de ces dames lancerait un papier en l’air dans sa direction, à cligner de l’œil pour s’ouvrir aux mégots. Vie de chiotte ! Elle aurait préféré périr d’ennui, plutôt que de devoir jouer à la poubelle savante.

Commença une longue période d’apprentissage, pénible et fatigante. Le dressage devint permanent, chaque jour il fallait apprendre le chemin pour descendre au local à ordures, se laisser porter au-dessus des containers, ouvrir grand le bec pour se vider. A ce rythme là, il faudrait perfuser la Perruche pour qu’elle tienne le coup, la gaver de désodorisant et autres produits destinés à faire la toilette. Il faut dire que la Pépette était coquette, et que la seule récompense qui marchait était de lui offrir une cure de bonnes odeurs. La Péronnelle tenta même de la pervertir, de la circonvenir, de l’acheter. Elle lui promis un flacon entier d’essence de lavande si elle acceptait de faire fonction de ramasse-miette. Ce fut l’exigence qui mit le feu aux poudres. C’est que ramasser de toutes petites miettes du bout d’un gros bec relevait de l’exploit. La Pépette se mit en grève, elle refusa de bouger, de se déplacer.

La Péronnelle harcela sa poubelle, insulta sa Perruche, molesta sa Pépette tant et si bien que l’accessoire en conçut une violente colère, une rancœur abyssale. Un jour que la fille passait à proximité, en écrasant méchamment une des pattes de l’oiselle, voilà que, à bout de patience, l’engin ouvrit grand le bec, attrapa le mollet de la Péronnelle et s’arrima solidement à la guibole de sa patronne. La Péronelle hurla, mais la poubelle ne lâchait pas. Lorsque, enfin, elle accepta de se détacher, la jambe était du plus beau bleu qu’un hématome puisse prendre. Il fallut plusieurs semaines pour que la peau retrouve son aspect velouté…

En apparence, l’incident fut oublié, la Péronnelle laissa vivre sa poubelle dans une relative tranquillité. Mais la Pépette savait qu’elle allait retourner, un jour ou l’autre, dans l’antre du brocanteur. Elle se jura bien que, plus jamais, elle ne serait tentée par la moindre balade. Elle n’irait plus écouter le chant du cactus au petit matin, même quand le cactus est une langue de belle-mère bien pendue.





pepette

 


Vous fûtes plusieurs... 4 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Princesse Lotus et l'indomptable Pépette - Communauté : La gazette des blogs

La vie naît d’une goutte de sang, fleur rouge épanouie. Toute une histoire peut se conter au fil de ce mot, qu’il parle de la blessure d’amour ou qu’il évoque symboliquement un état d’émotions, un état émotif, un état émouvant. Le sang témoigne de l’enfant qui se blesse d’un jeu, d’une chute. Il dit aussi l’amour de la mère qui vient souffler sur l’égratignure. Le premier sang chante l’accouplement, celui qui ouvre le chemin d’inventer une autre vie. Celui là est douleur ou bonheur, cauchemar ou accomplissement, mais il est toujours un instant qui restera suspendu dans la vie d’Elle, et de Lui aussi d’ailleurs, lui qui aura été le premier du premier sang. Parfois, il bouillonne dans les veines, impatient de l’action, rouge de passion, vermillon de colère ou carmin des révoltes quand il inonde les sillons des blés fauchés. On peut l’exiger dans un accès de vengeance, mais il lave parfois, rachat d’un homme pour les hommes. Le sang des prophètes traverse le temps. Pourquoi faut-il qu’un monde un jour le rendit impur quand il était sang de la femme ? Après tout, qui peut nier que l’humanité est Prince du sang, belle quand bien même elle est cruelle, belle quand elle porte l’espoir de ne plus le faire couler. Chacun peut, dans un accès d’orgueil ou d’outrecuidance, vouloir trier le bon sang de l’autre, quelque soit la peau, la religion, le dogme, la vie naît d’une goutte de sang, fleur rouge épanouie.



Vous fûtes plusieurs... 5 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Confessions particulières

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  • Droguée…
    A l’info, je suis droguée à l’info. Pendant que je rédige les différents documents liés à mon Master, j’ai l’oreille qui traîne sur les chaines d’information. Et la Marine est de partout. Elle me fout les chocottes, cette bonne femme. Elle a rendu acceptable ses discours de la haine et...
  • Législatives...
    C’est le clip de l’UMP qui m’intéresse… Ah ben voui ! Pour alimenter mon envie d’être désagréable, voire pénible, j’essaie, encore et toujours, de troubler le passant. Qu’il doute de son envie de soutenir une UMP moribonde. En coulisses, déjà les machettes et autres colts sont astiqués,...
  • Le « on s’en fout »
    J’adore faire caguer… C’est pas nouveau. Je dois être née avec le neurone du « fait chier », ou alors je l’ai reçu en héritage. Mon père déjà… Bref, toujours sur le Huff’ quand une info très pipole apparaît, le jeu, c’est d’aller le plus vite possible commenter avec un « on...
  • Quand on parle de communautarismes
    Il existe un communautarisme des « de souche », largement aussi dangereux que n’importe quel communautarisme. Il est tapi comme un chat, dans un coin sombre, guettant la prochaine souris à croquer. Dangereux, oui, dangereux. Parce qu’il développe un discours de la haine enrubanné de...
  • Ah Christine, je t’aime !
    Christine L, Directrice, Ex-Ministre, dont le traitement n’est pas soumis à impôt… du moins c’est ce qu’il se dit dans tous les journaux sérieux, Christine défraie la chronique. Forcément, elle oppose la misère du petit nigérian à celle du petit grec. Déjà, opposer deux misères pour...
  • Mars, une nouvelle terre…
    C’est le titre d’un reportage sur lequel je suis tombée, sur France5, par hasard, cet après-midi. J’avais besoin de me changer l’esprit, parce que faire la saisie de 17 interviews… Pfiou ! c’est gavant à force. Je suis resté scotchée… Cinquante minutes de pur bonheur....
  • Je me battrai…
    L’ambiance est à la bataille. Vas-y que je te file un coup de Zemmour contre une lèche à Guillon. Je t’envoie Woerth en plein tronche et tu me réponds « sang contaminé »… ça donne un max sur les réseaux. On est au bord de la guerre civile, je vous le dis. Enfin, la guerre civile, façon...
  • Dialogue édifiant…
    Sur un article du  Huff…qui se trouve ici, je donne mon avis. Ben voui, je ne peux pas m’empêcher de donner mon avis. Et qu'est-ce que je vois... je suis interpellée assez vulgairement, il faut le dire. 鍾運禮 « ferme ta gueule pénélope » Moi : ‎@ 鍾運禮 (Robert), je...
  • Incredible !
    Une accalmie se présente, improbable. Pendant et depuis quelques jours, la France emprunte à un taux moindre. Oh ! Je ne me fais pas d’illusion. L’impact de l’élection de François Hollande n’est pas forcément prépondérante. Ça tient aussi à la dégradation, triste, de l’économie de nos...
  • L’ombre d’un doute…
    J’adore l’idée de passer un master… mais parfois, je souffre le martyre. Tant je doute. Pour l’anecdote, j’ai rédigé la première note obligatoire avec un soin incroyable et j’ai eu 13. Euh ! Je n’étais pas vraiment heureuse car si je veux continuer, il faut monter de niveau. Et j’ai fait...
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