Elles sont belles, les femmes d’Alger. Du moins celles que j’ai eu la chance de croiser. Aux prénoms d’héroïnes exotiques : Fatiha, Djamilla, Amina, Madina, … Qu’elles soient déjà des femmes où qu’elles soient en devenir.

Un rire toujours à fleur de bouche, qui s’abouche au destin parfois si précaire. Courageuses, les femmes d’Alger. Qui racontent et se racontent, qui triment et qui arriment leurs vies à un quotidien si fragile.


femmes


Une pâtissière, dans la casbah, se bat. Chaque jour, de ses fours, sortent les petits fours qui viendront célébrer des amours ou des toujours. Partie de sa seule sueur, elle fabrique, aujourd’hui, suffisamment de douceurs pour offrir, à quelques-unes de ses sœurs, du labeur. Elles sont quatre à façonner la pâte et l’amande, à modeler des fleurs et des cœurs. Une pâtissière dans la casbah m’a laissée voler les images de ses gâteaux, mais n’a pas voulu que je la vole, elle. Respect.

 

chez la patissiere2

Au fil des mots croisés de ces femmes d’Alger, j’entends la lutte et l’espoir d’un monde à construire. J’entends cette volonté de poser de tous petits cailloux, pour fonder un avenir. Cadres, profs, ingénieures, étudiantes, j’ai eu la chance de côtoyer celles qui œuvrent. Mais l’anonyme, la sans grade, celle qui transpire à la lessive et aux repas, je ne l’ai pas connue. Elle est là, et je la croise quand je déambule. Elle guette au marché ce qui nourrira sa table. Et j’ai du chagrin. J’aurais aimé lui parler.

 

monument3

Un pays où les barbus maltraitent la liberté...

Comment l’islam, cette religion qui illumina le monde de savoir, de poésie et d’art, a-t-il pu engendrer de l’oppression et de l’inégalité, une insupportable soumission non pas à Dieu, mais aux hommes ? Dont les fantômes noirs, qui errent dans les rues, sont les poignants symboles. Alors que le monde est devenu un village, au gré d’une toile complice, l’enfermement semble amoindrir les sourires. Et le rire est à bâtir. Je me sens concernée.

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Mercredi 29 juin 2011 3 29 /06 /Juin /2011 20:14

Lorsqu’on aborde une contrée, pour la première fois, il y a toujours une impression nouvelle qui submerge. Alger la Blanche, femme fleur fanée, martyrisée par des années de terreur.

Vient le moment où le détail pondère, modifie, altère ce regard. Il y a, dans le fait de restreindre l’œil à la particularité, comme l’apprentissage d’un alphabet étrange. Étrange, parce que la sensation du connu se marie avec celle de la différence.

Pour avoir tant couru le Maroc, je pensais, même si j’en balayais l’augure, retrouver des codes rassurants. Bien sûr, des formes, des visages, des langages, des odeurs, des…, se chevauchent. Pays frères de continent et nourris d’une même culture ancienne.


minaret1

Les minarets, par exemple, je les imaginais comme des colonnes aux angles droits. Ils sont souvent arrondis, ils me rappellent ceux que j’ai pu contempler en Égypte. De l’ottoman plus que de l’arabo-andalous. La grâce courbée des minarets troue un ciel de lavande. Et l’appel à la prière est chanté, ce qui lui confère une harmonie douce, moins sinistre que celui que j’ai entendu au Maroc, guttural, crié et rude.

 

fontaine

L’architecture est classique. On se croirait dans les rues de Marseille ou de Bordeaux. De grandes places arborées et des constructions racées, décorées d’impostes ou de moulures. Alger est française jusqu’au bout des porches. D’ailleurs, cette fontaine incroyable a l’air de sortir d’un Versailles revisité par une technologie plus contemporaine. Alger est française ? Non bien sûr ! La succession de boutiques offre le joyeux bourdonnement des souks. Pas de grandes surfaces, des épiceries, des boulangeries, des bazars où tout s’achète au milieu du bric-à-brac. Une médina.

 

Palais Mustapha Pacha13

Ah ! Le détail ! L’écriture très personnelle d’un peuple, d’une culture. Comme cette colonne corinthienne, aux feuilles d’acanthes, qu’un croissant vient estampiller.

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Lundi 27 juin 2011 1 27 /06 /Juin /2011 23:01

Entre nos terres, la mer. Qui nous sépare, toi là-bas, moi ici. Mais qui nous rapproche, sang d’une culture si jumelle. Elle est là, qui gronde ou murmure, qui frise ou s’énerve. Côtes rocheuses où s’ébat le poisson. Un monde d’un bassin. Une histoire longue, remplie de cris, de larmes, de sourires. Cette mer-là cimente des peuples. Je me sens de ces rives, bien plus que d’une Europe qui refroidit les émotions et qui rationalise, qui compte son aide ou qui se recroqueville quand vient le temps de s’ouvrir.

Que tombe la nuit, et l’horizon se farde de lumières changeantes. Les mouettes rigolent en survolant l’eau. Et le bruit des vagues rythme les émois tonitruants de la ville.


front de mer3

 

Alger sur mer. Au loin, l’effervescence du port. Il fait chaud, d’une chaleur écrasante. Le sel se colle aux peaux, au sol, aux façades. Parfois, il y a des soirs humides, les embruns se sont égayés jusque sur le carrelage des maisons. Mais l’odeur de la mer est l’une des plus prégnantes, de celles que l’on n’oublie jamais. Comme celle des villes.

Je me raconte l’odeur d’Alger. Entre marée et poussière. Entre gasoil et sueur.


au loin1

 

La mer, et ses lignes où se brisent les vagues. Entre le bleu turquoise et celui qui s’affadit quand la profondeur s’amenuise. J’avais envie de me baigner, mais pas le courage.

Et puis… et puis, des petites sardines farcies de piment ou un plat de poisson partagé, à la fin d’une journée riche.

Autant de moments de bonheur qui se rattachent à cette mer, cette mare nostrum, antique, où s’abimèrent tant de marins qui cherchaient, aux temps antiques, à la parcourir toute. Cette mer est la nôtre, à nous qui sommes ses enfants, éparpillés et désunis parfois, quand l’avidité des hommes nous fabrique des frontières.


bord de mer4

Des fois, je me raconte qu’elle nous réunira, dans une fraternité retrouvée.

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Lundi 27 juin 2011 1 27 /06 /Juin /2011 00:18

Ville écartelée, lépreuse, mais si belle. Elle me fait penser à la chanson de Moustaki : « Sarah »

 

La femme qui est dans mon lit

N'a plus vingt ans depuis longtemps

Ne riez pas

N'y touchez pas

Et c'est son cœur

Couvert de pleurs

Et de blessures

Qui me rassure.

 

facades1

Alger est une femme, battue par les vents marins, grignotée par l’iode qui altère le blanc de ses murs. On sent qu’elle a souffert au-delà du supportable. Ses façades partent, dans certains quartiers, en lambeaux, révélant, sous la chaux, la brique, la pierre ou le parpaing. Toutes bordées d’arcades qui font rempart au soleil, les maisons s’élèvent sur quelques étages. Elles ont, parfois, l’œil clos, noir, comme si aucune vie ne les habitait plus depuis longtemps. On n’a pas la sensation d’enfermement à déambuler au gré de ses larges rues. Des fils, où doivent parfois se poser des oiseaux, tissent une toile enchevêtrée, tant il en est qui pendent… fils électriques, fils téléphoniques, cordes à linge… Comme si une araignée gigantesque avait emballé la cité. Des toiles colorées obturent les fenêtres… Pour le soleil si rude ? Ou pour que les femmes regardent, discrètement ?

 

chat1

À Bab El Oued, on se croirait dans une fourmilière. Le marché, très fréquent, attire les mamans et les passants. Des légumes, des babioles, des fringues… Tout ce qui est nécessaire au quotidien, sous toutes les latitudes. Il y a tant de monde que les trottoirs ne suffisent pas. D’ailleurs, la blague qui court, c’est « l’algérois carte grise » qui circule au rythme des voitures…

Et puis le chat, éternel jouisseur, se dore au soleil généreux. Il parait que les chats disparaissent… Il parait que les chinois les mangent en civet. Est-ce que c’est goûteux, au moins ?

 

coup doeil

Un détail, parfois, colore de joliesse la rue malmenée.

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Mercredi 22 juin 2011 3 22 /06 /Juin /2011 20:07

Un premier matin dans la moiteur algéroise. Les bruits de la rue. Je suis descendue jusqu’à la minuscule salle où le p’tit déj’ est servi. Café léger, pain au carvi et confiture d’abricot. Agréable moment où je regarde l’agitation à travers les barreaux qui protègent la fenêtre. En bas, un flot de véhicules s’époumone : ronflement des moteurs, stridulation des avertisseurs.

Je suis à Bab El Oued, quartier grouillant, dont le nom résonne d’une histoire populaire. L’hôtel est situé au plus bas, tout près du front de mer. Si je ne l’entends pas, si je ne la renifle pas, je sais qu’elle est là, à battre le sable, au-delà de quelques pâtés de maisons.

Déjà, la course commence, des rendez-vous et des projets… Mais mon carnet de ce voyage improbable n’est pas une histoire de boulot… C’est une histoire de rencontres.


place jean jaures1


Si bien que cet après-midi du premier jour, je découvre la Place Jean Jaurès, tout près du Collège Lelièvre. C’est drôle ces traces du passé qui s’incrustent. Qui se barbouillent sur les enseignes. Noms des bistrots et boulangeries… Une architecture qui fait penser à Marseille… Et la mosquée, ancienne église transformée… Comme des morceaux d’une civilisation si mélangée que, d’un angle de rue à l’autre, on saute de l’Europe à l’Afrique du Nord.

 

chez lelièvre


Voilà que je me pose dans les locaux de l’association qui nous accueille. Une jeunesse joyeuse s’active ici. En sous-sol, une salle abrite les répétitions de groupes de musiques. De la pop, du rock, du chaâbi. Concerts improvisés, jazz in cave à Bab El Oued. C’est le monde foisonnant de « SOS Culture ».

Nasser, le président, a mis, met, son cœur et son âme pour que ce havre offre aux enfants d’Alger, une paix créatrice. Il est entouré de Djamilla et de Fatiha. Et tous trois militent afin que la culture s’épanouisse à nouveau, renaisse des cendres d’années sanglantes, une décennie 90 dont j’entends encore les cris de douleur.

 

place jean jaures2

Nasser me répète souvent, en détachant les syllabes, « Penny à Bab El oued », d’un ton taquin, autant qu’enjoué.



 

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pepe le moko


Vous en dites... - Vous fûtes plusieurs... 2 très exactement. - Publié dans : Carnet de Voyage - Algérie
Mercredi 22 juin 2011 3 22 /06 /Juin /2011 00:56

Au petit matin d’une journée grise… Très tôt. Les bagages sont bouclés depuis la veille. J’attends que vienne l’heure de partir. Mélangée, entre crainte de l’avion et hâte d’être arrivée.

Nous sommes trois à entreprendre ce voyage. Avec des missions, des objectifs. Pour ma part, je serai celle qui observe, qui écoute et qui, peut-être, pourra accompagner le projet. In cha Allah !

Un rituel que je connais désormais : l’enregistrement. Premier grain de sable, l’avion s’annonce avec 7 heures de retard. Qu’il faudra bien passer dans les halls immenses de l’aéroport. Tuer le temps.

Et papoter. Je m’imagine l’Algérie, que je ne connais pas. En démêlant, du moins en essayant, ce qui est de la mythologie française, de ce qu’on en m’a dit.

Bien sûr, comme beaucoup de mes compatriotes, j’ai un avis sur ce qu’on appelait « les événements » et qui étaient, en fait, une guerre, une vraie. Douloureuse, injuste et sale. Comme j’ai un avis sur la déculpabilisation naissante dont je vois poindre l’iniquité. Ce discours qui voudrait qu’on mette en lumière l’apport de la colonisation au pays colonisé. Quelle honte !

Un occupant reste un envahisseur, même si, au bout de cent trente ans, ceux qui étaient nés en terre d’Algérie se sentaient chez eux. Ils n’étaient que les descendants d’une Europe conquérante pour un dessein égoïste.


aeroport saint-ex


Enfin l’avion est parti. Nous devions atterrir vers 10h30, nous sommes arrivés à 17 heures. Attendus, accueillis. Et j’ai retrouvé l’exubérance méditerranéenne, celle de nos hôtes. Les mots d’accueil et le sourire. L’odeur du chaud et de la poussière. Un ciel si bleu qu’il en devient pervenche.

Alger la blanche dans un ciel de pervenche… Et qui, déjà, s’assombrit. Un crépuscule coloré recouvre d’ombre et de lumière cette rade grouillante. Comme sur tout le tour de la grande mer, le soir est propice aux balades digestives, aux jeux des enfants. Une lueur rose se pose sur l’eau. Et quelques pêcheurs taquinent la dorade.


front de mer2


J’ai rejoint ma petite chambre, désuète et simple. Un souffle brûlant, pas de clim et de l’eau froide. Comme un sentiment triste : Alger semble, à première vue, une belle femme qui aurait vécu des misères, et qui porterait, sous son maquillage trop voyant, les stigmates de ses sanglots.

 

une petite chambre

 


 

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pepe le moko


Vous en dites... - Vous fûtes plusieurs... 1 très exactement. - Publié dans : Carnet de Voyage - Algérie
Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 12:20

Je me lèverai, l’œil encore ensommeillé mais le cœur joyeux. Me voilà aux marches d’un pays nouveau où je croiserai des sourires, des visages et des odeurs.

Une semaine à Alger. Et j’ai appris que je logerai à Bab El Oued. La porte de la rivière, ou du cours d’eau, ou du ruisseau…

Je pars comme ça, pour aller porter mon regard sur l’univers professionnel qui est mon quotidien. Sans trop savoir si je nouerai des liens ou si je bâtirai des projets. Est-ce si important ? J’autofinance mon escapade, et j’ai pris quelques jours de congés. Alors mon temps m’appartient.

Et puis, je ferai de ce temps, partagé avec deux camarades, un moment de questionnement, de mise à plat de mes causes. Futiles les causes, finalement. Que s’approprient ceux qui voient l’outil à asservir à leurs propres besoins. Notre monde confond tout. Gagner de l’argent n’est jamais une finalité. C’est lorsque la finalité est atteinte que l’on gagne de l’argent.

Pfiou ! Il faut que je fasse de mon « ras le bol », un sourire qui caracole. Que ce poids qui m'écrase s'allège, afin que le soleil se lève, radieux.

Alger et sa Kasbah. Partir dans les pas de Pépé le Moko. Et reprendre le fil de mes carnets de voyages...

 

aigleaz

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Samedi 11 juin 2011 6 11 /06 /Juin /2011 20:46

Frapper à la porte d’un probable demain, c’est aussi ouvrir celle des hier. C’est regarder les blessures, anciennes ou récentes. Et les récentes me font saigner. Saigner est douleur.

Il me reste à regarder vers cet énigmatique avenir. Chaud dans un pays chaud. Et chaleureux, surtout. Quand notre monde est devenu vénal, futile et qu’il ne fonctionne qu’à l’appât du gain et au goût du pouvoir.

J’ai un mot qui dit la vie d’ici : pognon. Autrefois, je pensais que l’argent était un outil, qu’il servait à se construire des rêves, qu’il se partageait, aussi. Donc, c’était « l’argent », qu’il fallait gagner sans profiter ni exploiter, qu’il fallait trimer, qu’il fallait suer. C’est devenu « le pognon », substantif péjoratif et qui sonne lourd. Tout est une question de pognon, plus rien ne fonctionne en dehors de ce mot qui s’enfle quand on le prononce. Que c’est triste !

Derrière la porte au heurtoir désuet, rescapé d’un monde ancien, il y a le soleil qui illumine un jardin odorant. Cogner, entrouvrir et, enfin, respirer. C’est juste un énigmatique avenir.

 

ea5

Vous en dites... - Vous fûtes plusieurs... 0 très exactement. - Publié dans : Enigmatique Avenir
Lundi 6 juin 2011 1 06 /06 /Juin /2011 20:49

« Petit ». Ben voui ! Ce maudit mot qu’on met à toutes les p’tites sauces. Qui minimise ce que l’on dit, qui ravale au rang de lilliputien le moindre projet, la moindre émotion. Ce mot fleurit comme primevère à la fin du printemps. Il se colle à tout ce qui s’exprime. La pire glu de la langue française, de la poix.

Qui ne s’est jamais retrouvé confronté à une coiffeuse, sa p’tite dame et sa p’tite coupe ?

Je me demande si c’est pour faire mignon ou si c’est juste un tic de langage…

– « Ma p’tit dame, vous voudrez bien laisser vot’pt’it pébroque dans le p’tit coin, ôter vot’p’tit manteau et le poser sur la p’tite chaise qui se trouve dans le p’tit salon. Ensuite, vous vous allongerez sur le p’tit divan et vous déballerez vos p’tits soucis… ». –

–« Merci Monsieur le p’tit psy. » –

–« Yo ! La p’tite vielle, tu viens avec tes p’tits potes au p’tit café. On va boire un p’tit coup. Et pis on se prendra un p’tit dessert, histoire de s’offrir une p’tite douceur » –.

–« Donc, il faut monter la p’tite crème en p’tite chantilly, mélanger avec le p’tit coulis de fraises, et verser doucement dans une p’tite verrine. Présenter dans une p’tite assiette avec une p’tite feuille de menthe et un p’tit cookie. » –


Pour une fois, on ne pourrait pas choisir un autre mot ?

– « Ma grande dame, vous voudrez bien laisser vot’grand pébroque dans le grand coin, ôter vot’grand manteau et le poser sur la grande chaise qui se trouve dans le grand salon. Ensuite, vous vous allongerez sur le grand divan et vous déballerez vos grands soucis… ». –

–« Merci Monsieur le grand psy. » –

–« Yo ! La grosse vielle, tu viens avec tes gros potes au gros café. On va boire un gros coup. Et pis on se prendra un gros dessert, histoire de s’offrir une grosse douceur » –.

–« Donc, il faut monter la jolie crème en jolie chantilly, mélanger avec le joli coulis de fraises, et verser doucement dans une jolie verrine. Présenter dans une jolie assiette avec une jolie feuille de menthe et un joli cookie. » –


Ça a une aut’gueule ! C’est juste pour dire, par pour faire de la p’tite philosophie.

  ptit

Vous en dites... - Vous fûtes plusieurs... 2 très exactement. - Publié dans : Quotidien d'une Salers - Communauté : C'est une histoire de filles...;)
Samedi 4 juin 2011 6 04 /06 /Juin /2011 15:45

nvcons

 

Etienne Liebig- Editions Michalon

Educateur et saxophoniste (il pratique également le piano, l'accordéon...), Étienne Liebig devient travailleur social. Il œuvre auprès des populations tsiganes pendant plus de 20 ans, mais également auprès d'adolescents comme éducateur de rue dans des quartiers de Seine Saint-Denis.

Musicien, artiste, Il tient la partie de saxophone alto dans la fanfare Grand Waso rebaptisée parfois Siné Hebdo fanfare. Il participe à de nombreux ouvrages collectifs sur la question des Roms et d'autres sur l'éducation spécialisée en milieu ouvert.

Il est l'auteur de sept livres humoristiques et érotiques, de pièces de théâtre et de trois livres sociologiques sur les jeunes et la banlieue.

Dès mai 2009, Etienne Liebig participe aux Grandes Gueules sur RMC, où il intervient aujourd'hui encore une à trois fois par semaine. En traitant les électeurs du Front National de Gros Cons, Liebig se voit l'objet de nombreuses menaces et insultes qui ne lui font ni chaud ni froid...

(Source Wikipédia)

Le livre

Je me suis régalée. Ce dictionnaire « amoureux » de la connerie humaine est un met savoureux, un petit dessert à déguster au jour le jour. Il caricature nos mesquineries, nos arrogances, nos egos avec un art subtile du langage, et, parfois, souvent, une loufoquerie joyeuse. Ses comparaisons sont drôles et ses colères justifiées. Il y a quelque chose des « Caractères » de La Bruyère, dans cette manière de nous brosser.

Honnêtement, il est bien difficile de ne pas se reconnaître au fil des portraits. Un petit quelque chose de soi, une phrase, une pique, et l’on se reconnaît, dans cette connerie ordinaire. Au quotidien, quand la vie nous rattrape, il est parfois difficile de prendre du recul, de se regarder pédaler. Alors ce livre est un excellent exercice d’abandon de ses certitudes.

A lire absolument, ne serait-ce qu’à cause de ses vertus comiques.

L’extrait

J’avais le choix : le vieux gauchiste ; la nouvelle « allaiteuse » ; le jeune militant de droite ; … Mais j’ai choisi le bloggeur, c’est de circonstance, et si vrai (pour moi aussi).

 

Le bloggeur

Ce nouveau con se considère comme un homme de média parce que, chaque jour, il écrit trois idées ringardes sur son blog ou sur Facebook : « Aujourd’hui, j’ai descendu la poubelle et j’ai croisé mon voisin, il ressemble à PPDA. » D’autres blaireaux répondent en chœur : « J’aime ça », alors notre poète va plus loin : « Ouahh mon vélo est crevé, c’est la m… » Des génies se passionnent pour cet échange : « Prends les transports en commun. »

Et ça continue comme ça toute la nuit. Certains se prennent littéralement au sérieux et passent une partie de leur vie à rédiger des papiers que personne ne lira, mais qu’ils ont l’impression de livrer à tous les peuples de la terre parce qu’ils le lancent sur internet. Ils se couchent, fiers du devoir accompli, en rêvant que leur prose va changer le monde et faire évoluer la pensée politique générale. Avant même de prendre leur café et de se brosser les dents, ces nouveaux cons allument leur ordinateur pour mesurer l’impact de leurs textes sur les lecteurs potentiels. Comme toujours, trois ou quatre aficionados ont laissé des petits mots guillerets : « Trop fort », « On est tous derrière toi, Camembert (*) », « Camembert, Président ». Et Camembert se voit déjà à l’Elysée. Plus il avance, plus ses textes sont fouillés, et plus il est certain d’être reconnu et attendu pour la pertinence de ses propos alors que ses lecteurs sont tombé sur lui par hasard et sont eux-mêmes en quête de reconnaissance. Il lit les écrits de ses lecteurs qui lisent les écrits de leurs lecteurs dans une boucle qui se referme vite sur elle-même…

(*) – Il faut toujours un pseudo malin.

Bibliographie

-Je ne résiste pas aux titres des ouvrages…-

  • Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle, La Musardine.
  • Comment draguer la militante dans les réunions politiques, La Musardine.
  • Osez coucher pour réussir (essai), La Musardine.
  • Je n'ai jamais rencontré Mitterrand, ni sa femme ni sa fille, La Musardine.
  • Les ados sont insupportables, lourds, inutiles, chiants, etc., mais ce sont nos enfants, Michalon.
  • La vie sexuelle de Blanche Neige, La Musardine.
  • Le parfum de la chatte en noir (pastiches érotiques), La Musardine.
  • Les pauvres préfèrent la banlieue, Michalon.
  • Les nouveaux cons, Michalon
  • Le savoir vivre des cochons [(La Musardine)] (couv' de Siné, dessins de Lindingre)
Vous en dites... - Vous fûtes plusieurs... 0 très exactement. - Publié dans : Mon ange des bibliothèques
Vendredi 3 juin 2011 5 03 /06 /Juin /2011 19:54

 

Nous vivons, ma grand-mère et moi, dans un château perdu au milieu d’une immense propriété. Autrefois, notre territoire était grand comme le Vatican, où le cimetière du Père Lachaise, c’est comme vous voulez.

Il y a quelques années, l’état nous a piqué quelques hectares pour faire passer un truc immonde, un monstre d’acier, un machin à roturiers, un train : le tégévé.

Il fallut, pour tracer la voie, abattre nombre d’arbres centenaires, dont le chêne préféré de ma grand-mère. Ce qui était jadis un n’havre ! Oups ! Un havre de paix –voilà que je cause comme à la télé- est brisé chaque jour par le vacarme de la bête rugissante. Et plusieurs fois, en plus.

Moi, je m’en fous un peu. Quand je m’ennuie, entre deux frasques expérimentales de la mémé, je prends ma bicyclette et je pédale jusqu’à l’orée de la forêt, là où les rails marquent la frontière entre mon monde et le monde des autres.

Tout ça pour situer l’histoire…

Un matin ma grand-mère s’est levée excitée comme une armée de puces. A croire qu’elle avait passé la nuit branchée sur un chargeur électrique. Elle avait revêtu l’une de ses tenues préférées : une jupe en peau de vache, assortie à une veste de cuir. Avant même que je descende boire mon café, j’entendais son pas claquer sur le marbre de l’entrée. Elle avait dû enfiler ses cuissardes.

Gagné ! Encore ensommeillée, je n’eus que le temps d’éviter le fouet et de courir jusqu’à la cuisine pour préparer le petit déjeuner.

Ma grand-mère avait une idée. Quand ma grand-mère a des idées, en général le pire arrive. Elle me laissa ses instructions afin que je prépare le terrain pour qu’elle passe à l’action : je devais réunir le troupeau de vaches et le descendre vers les rails.

J’eus un pincement au cœur. Je les aime bien les vaches. Elles sont toutes jolies dans leurs robes unies ou tachetées. Il y en a des noires, des rousses, des blanches. Elles viennent du monde entier : des highlands, si mignonnes avec leurs longs poils ; des salers, aux coups de corne imprévisibles ; des charolaises placides ; des vaches espagnoles, assez olé-olé.

Je les ai baptisées. Même le taureau. Lui, le mâle, le couillu, il s’appelle Parsifal. Les filles ont toutes un nom qui commence par « Po » : Polymère, Poline, Porridge, Poséïdone, Pomette, Porosité, Pomelle, Potiche, Pochette et sa jumelle Pochetronne, Policarpe. J’arrête là, il y en a cent cinquante… Ma préférée, c’est Policarpe, la plus intelligente. Quand elle vous observe de son œil rond, qu’elle vous suit du regard, vous savez que vous êtes la personne la plus importante de sa vie de vache. Surtout si vous avez des pommes dans la sacoche.

Mais je m’égare… La mémé voulait que j’emmène les vaches aux rails, je m’exécutais. Jamais je ne désobéirai à ma grand-mère. Toutes les foudres de Zeus me calcineraient en un éclair.

J’étais inquiète. Qu’allait donc imaginer la vieille pour se venger de la perte de son vieux chêne. Je savais qu’elle voulait faire rendre gorge aux glands de l’état qui avaient abattu son arbre.

Je pris un pique-nique composé d’un morceau de pain, d’un carré frais Gervais rescapé du massacre et d’une gourde d’eau. Il y avait au moins deux heures de marche entre l’étable et le chemin de fer. Mener le troupeau me prendrait toute la journée.

Je partis ce beau matin de printemps par les chemins, Je tapotais gentiment les flancs des bovins avec mon bâton de bouvier. Je chantais une jolie chanson d’un groupe oublié : « ma vache a grossi ». J’étais d’humeur joyeuse, oubliant la menace qui pesait sur nous. Une bande de femelles en goguette ! Le mâle était resté dans l’enclos.

J’arrivais à l’endroit du rendez-vous en milieu d’après-midi. Il me restait quelques heures à tuer. J’en profitais pour câliner mon troupeau. Murmurer à l’oreille de chaque vache un mot doux. Leur souffler dans les trous du museau. Les vaches adorent ça. Au bout d’un temps certain, alors que l’angoisse m’envahissait, je me décidai. J’entrepris de prodiguer des messages de prudence à mes vaches. Je tentai de les sensibiliser à la précarité de la condition bovine, de les alerter sur les perversions curieuses de ma grand-mère. Je sentis un frisson d’effroi parcourir le troupeau.

C’est à ce moment-là que j’entendis la moto de mémé pétarader. Dans une demi-heure, le tégévé du soir devait passer. La vieille arrivait juste pour … Je l’ignorais. En quelques mots ma mémé me briffa : elle voulait faire dérailler le train à coup de vaches.

Elle organisa le troupeau en décuries. Elle caparaçonna les bovines afin qu’elles ne souffrent pas trop de l’impact.

Oui mais voilà, j’avais averti les filles. Au début, elles se laissèrent déplacer, positionner. Mais à mesure que les minutes passaient, je sentais la tension monter. Jusqu’à ce que Policarpe pousse un meuglement à faire frémir un macchabée. C’est alors que les vaches encerclèrent la mémé. Et qu’elles la poussèrent peu à peu, vers les rails. Au loin, on entendait le ronflement du tégévé qui se rapprochait. Je vis ma grand-mère rougir, verdir puis, à la fin, blanchir.

J’ai bien cru que les vaches allaient sacrifier ma mémé. Mais le souffle du train bouscula tout ce petit monde. Elles s’envolèrent par-dessus les arbres. J’entendais Policarpe ronfler comme un vieux vapeur. Ma grand-mère hurlait, et je n’arrivais pas à déterminer si c’était de frousse ou de rage.

Il pleuvait des vaches comme grêle lors d'un orage d’été. Quand ma grand-mère retomba, ce fut sur le dos de Pochetronne. Elle lui brisa l’échine. La bête s'affaissa, raide morte, entraînant la vielle dans sa chute. La mémé avait l’écume aux lèvres. Elle avait foiré son diabolique dessein.

Quand elle eut débité Pochetronne en quartiers, en côtelettes, en onglets, en ronds de gîte, en bavettes, en steaks, elle me convoqua au boudoir.

Elle fumait son cigare du soir, et son regard noir et fermé me glaça. Je dus lui raconter par le menu ma journée, mes papouilles et mes papotages.

Elle réfléchit un instant puis m’infligea l’une des punitions les plus terribles de la tradition familiale : elle m’épila les aisselles à la pince-monseigneur. J’ai beaucoup pleuré.

Ah ! Je m’en souviendrai du jour où ma grand-mère a voulu prendre (d’assaut) le tégévé !

  gm

Vous en dites... - Vous fûtes plusieurs... 2 très exactement. - Publié dans : Les histoires de ma Grand-Mère - Communauté : La gazette des blogs
Vendredi 3 juin 2011 5 03 /06 /Juin /2011 09:00

La boue collera jusqu’au bout aux guêtres de tous ceux qui se vautrent dans la soue. C’est la fatalité de la bêtise. Grise, la bêtise, comme sans couleur, bien que tachée d’odeurs. La soue pue le porc, ce port où s’engluent ceux qui vouent l’autre à la boue. Quand l’humanité fait d’une rumeur une vérité avouée… Ou qu’elle choisisse de couvrir d’un mouchoir la noirceur des hommes. Alors les jours s’enrouent et boudent le bonheur. Le monde sombre. Et sombre est le jour qui se lève sur l’abjection. Il déferle comme une ignominie. L’Histoire rejoue le drame de Loth. L’immoralité est là, qui flotte. Dorée, trop argentée. Avides de valeurs aurifères, les Dieux nouveaux se pavanent. Et les hommes sacrifient à ces Dieux nouveaux. Derrière le flamboyant éclat d’or d’une richesse affichée, s’amoncellent les ordures. Les élytres des mouches bleues vrombissent. Les insectes déposent leurs larves pour que grouille la vermine affamée des chairs putréfiées. Le monde tombe en lambeau. Il implose sous le poids de sa propre déchéance. Il s’oublie dans la gadoue, et dans sa puanteur. Le mythe du bon sauvage a vécu. Le paradis n’est plus qu’un souvenir. Une engeance pullule, vorace. Elle s’entredévore pour quelques pièces et pour le pouvoir. Illusoire. Illusions de puissance. A la fin, tout ne sera que poussière. Qu’une pluie violente se déverse, alors la boue collera.

 

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Vous en dites... - Vous fûtes plusieurs... 0 très exactement. - Publié dans : Confessions particulières
Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 21:41

It's me

Riyad Clarence

Murmures musicaux

 

Les morceaux de musique qui rythment ma vie...


 

 

Et la musique classique...


 

 

La musique d'ailleurs...

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