Une ligne droite, interminable, déroule ses kilomètres depuis Taourirt. Elle coupe la terre ocre, rouge parfois où s’amoncelle la caillasse. C’est un pays mordu par un implacable soleil. Peu à peu, des bouquets de lauriers s’invitent et parsèment de rose l’étendue désertique. Peu à peu, des bâtisses, comme poussées du sol, se donnent des airs de legos oubliés par un enfant désordonné. Une montagne comme une arène grandit et les arbres gagnent.


Tout au bout, là-bas, c’est Debdou, enclavée, qui laisse l’impression d’achever le monde, blottie qu’elle est au pied du plateau du Rekkam, en bordure du Moyen-Atlas. Entrer dans Debdou c’est, soudain, remonter le temps, pénétrer une civilisation ancienne, rurale et pauvre, même si l’internet et de belles autos s’affichent. De part et d’autre de la chaussée, cabossée, des échoppes édentent les murs. L’une propose des cigarettes, une autre de l’épicerie. Ici, un cabri écorché, déjà débité, entamé, achève son périple pendu à une esse. Il tournoie doucement en attendant le chaland. Le boucher chasse les mouches qui tentent de voler leur pitance. Un vieux tisserand, courbé sur son métier, travaille la laine pour en faire des tapis et autres couvre-lits. Il est sans âge, le tisserand. Au seuil de son atelier, des écheveaux dodelinent et éclaboussent de couleurs la façade lépreuse.


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Et puis, comme une insulte faite à la canicule, au cœur du bourg, une trouée fraîche et verdoyante offre un refuge. On descend une volée de marches et le jardin foisonne, la source murmure, les platanes majestueux effleurent un ciel chauffé à blanc. Des troquets encerclent cette minuscule oasis, où le thé à la menthe coule à flot. Ça sent la sueur, le tabac et quelques relents de fumées interdites. Pas de femmes… ou si peu. Des hommes discutent, échangent des propos animés. D’autres se querellent, s’esclaffent, grondent, fanfaronnent, assis en tailleur sur une natte, qui à abattre ses cartes, qui à aligner ses dominos. Les jeux des hommes n’ont pas de langage, les visages racontent partout les mêmes passions.


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Il y a bien la vieille toute ridée, minuscule, édentée, qui réclame un peu d’argent pour manger… mais la mendicité est quasi absente. Elle est rigolote avec ses tresses oranges du henné et son regard malicieux. Elle sourit, malgré son dénuement.

 

Dans le mellah, il n’y a pas moins de onze synagogues, dont certaines achèvent de s’effriter.

 


Mais Debdou, bien que blessée des outrages du temps, se drape de dignité, sous l’œil énigmatique de sa casbah perchée à flanc de falaise. Quand je vole la photo de cet homme, nonchalamment accoudé à son âne, parce qu’il m’aperçoit, il se redresse. Il pose et m’offre un beau cliché, sans un mot, sans rien demander en retour. Il a l’air de me dire :

« Je marche courbé par le labeur. Je n’ai parfois que du pain et du thé pour tout repas. Mais mon âme n’oublie pas que je suis fils d’un peuple fier et courageux, issu d’une cité qui enfanta une dynastie de souverains… ».
On le dirait tout droit sorti d’un péplum biblique tourné en cinémascope, ou encore de l’inénarrable « Angélique et le Sultan ».


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Le mellah, l’ancien quartier juif, déserté par ses premiers habitants et fondateurs, abrite tout un monde agité. Les enfants s’amusent dans les ruelles étroites et les adultes regardent passer les rares touristes. Les portes sont ouvertes, on entend les voix des dames derrière les rideaux qui protègent l’intimité des foyers.

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Et voilà que mon imagination s’envole, se pose sur la muraille de la casbah, tricote les légendes attrapées en écoutant parler ceux qui savent. Mais c’est une autre histoire…
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A suivre...

Vous fûtes plusieurs... 8 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc

Et voilà, je suis depuis quelques jours au Maroc, je navigue. Je prends des photos, des notes, j’emmagasine des souvenirs, des émotions, des impressions. Je suis tombée sous le charme des yeux des enfants, pleins de l’amour de la vie. J’écoute les gens me parler de leur pays, je déguste les rires quand je tente de parler l’arabe, enfin, les quelques mots que j’ai mémorisés.

 

J’ai retrouvé le patio, mais fleuri de l’été. Berkane se donne des airs de fête, tant les mariages sont légion, coups de klaxons, voitures enrubannées et musique traditionnelle. Deux mondes, le notre, et celui plus oriental d’ici, se télescopent, s’épousent pour offrir une ambiance magique. Je savoure.

 

J’ai, dans mes carnets, des histoires à raconter : Debdou (prononcer Deubdou), son mellah, sa casbah ; un couscous en plein air dans les Beni Snassen, animé par un chanteur engagé ; une fantasia chez les nomades du plateau du Rekkam ; une ballade improbable dans une vallée perdue, loin du goudron et qui s’épanche à perte de vue en arbres nains, le paradis du bonzaï ; ou encore le premier festival des cultures immatérielles de Nador où j’ai rencontré un conteur qui habite… Grenoble. Et oui !

   
J’écrirais encore de nombreux récits, ceux qui s’accumulent dans ma mémoire, et qui chanteront après mon retour en France… une musique battue de tambourins, ventée de ces étranges trompettes qui sonnent une unique note.


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- Le patio - 


- Un enfant du Plateau du Rekkam -



mellahdebdou.jpg - Le mellah de Debdou -



- Cavalier de la Fantasia -

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A suivre…


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Le mardi en Andalousie…

Je me suis levée, le mardi, tranquille, avec le corps reposé, tout juste rappelée à l’ordre, parfois, par quelques courbatures. J’ai visité le village à pied, le pueblo, l’église, les chemins qui grimpent la colline. Et j’ai, accessoirement, complété ma panoplie de baroudeuse d’un short. Je suis partie sans. Grave erreur dans ce pays où le soleil ravage les herbages et sème la poussière.

Ce jour là, j’ai dégusté une paella à se rouler sous la table d’allégresse, que m’avait cuisinée Maria, petite femme affable, brune et joyeuse, maîtresse du piano, épouse de José, le gentil tenancier. Avec des rires et beaucoup de gestes, j’ai fini par comprendre que je pouvais aller visiter Mojacar, que c’était « biello »… et j’ai sorti la moto.

Mojacar, blanche ville arabo-andalouse, campée sur un piton rocheux, enroule ses ruelles à la pente du relief. Elle se pare de fleurs qui colorent les façades, les balcons et les places, les arcades où se nichent des boutiques. Des terrasses qui surplombent le vide, on aperçoit la mer, et cet horizon au-delà duquel bouillonne le Maroc.

-Une rue à Mojacar-


   

titesfleurs.jpg -Et mon habituelle collection de tites fleurs-

 

J’ai promené tout l’après-midi, me suis offerte le luxe d’une baignade en méditerranée. Je devais avoir un look d’enfer, sur ma moto, gantée, basket, short et veste de chasseur couverte de poches où cacher mes papiers. Ben oui ! C’est dangereux la moto en petite tenue, mais j’avais vraiment trop chaud, dans le cuir.

Retour à El pago, douche pour décoller le sel et le sable. Et je suis redescendue pour mon « demi » du soir. J’étais en jupe et talons hauts. Oui, mais… je n’avais pas rentré la moto au garage, et je n’avais pas pensé à ce détail. Qu’à cela ne tienne, j’ai retroussé mes jupons jusqu’en haut des cuisses, enfourché titine, et fait demi tour sous le regard ahuri d’un anglais qui venait se désaltérer au bar, après sa journée de boulot. Olé !!! Et tout naturellement, nous avons engagé la conversation, Ted-Beaux-Yeux (Ted, c’est le prénom de l’anglais) et moi. Steve et Harry nous ont rejoint, ils étaient là la veille, lors de mon arrivée. Nous avons papoté comme de vieux potes, ils travaillaient dans le coin et repartaient le lendemain. Ce fut, ma foi, une bien agréable soirée, qui se termina, pour moi, somnolente devant Waterword, dans la langue de Cervantès… Ah !!! Kevin Kostner doublé en espagnol ! Quant aux trois anglais, si j’ai tout compris, ils partaient en virée, après avoir mangé chinois. Je crois les avoir entendu rentrer, puisqu’ils logeaient aussi dans l’hôtel, en parlant très fort, sans doute l’effet du saké…

Le mercredi en Andalousie…

Je me suis levée tard, j’ai dormi, et bien, en plus. Et j’ai décollé, en fin de matinée, prévenant mes hôtes que je dînerai au resto, le soir. Je suis partie en direction d’Almeria. J’avais entendu parler d’un endroit où avaient été tournés des westerns spaghettis, et quelques autres films. Grenade étant trop loin, j’ai décidé d’aller rencontrer ce lieu dont, apparemment, les gens du coin parlent avec fierté.

En fait, c’est un parc d’attraction, pompeusement surnommé « Mini Hollywood ». Grand moment pour moi, où mon imaginaire a pu prendre son envol. J’ai contemplé d’un sourire béat le gibet où se balançait un pendu, je suis rentrée dans la petite église, toute de bois fabriquée… Je me suis trouvée prise dans une fusillade entre shérif et bandit, j’ai été prier dans le cimetière, et j’ai même retrouvé la photo d’une ancêtre inconnue, de 1852, la photo.



ancetre.jpg -Mon ancêtre-



bandito.jpg -Il était drôlement mignon, le bandit-



-Une tite pensée pour eux ?- 

 

 

Je suis retournée à l’hôtel en fin d’après midi et me suis plongée dans un bain froid, j’avais l’air d’une crevette. J’ai calmé ma peau rougie à l’eau, presque, glacée. J’ai dégusté mon dernier repas andalou, du lapin comme là-bas, accompagné d’un boc de sangria offert par José.
J’aime les gens du sud. Ils travaillent, vivent, mangent, dorment, à leur rythme. Ils n’oublient pas que les autres existent. Ils cultivent leurs relations, même éphémères, comme d’autres leurs orchidées, avec soin.

 



-Juste pour vous faire envie hi ! hi ! hi !-

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 Le jeudi, jour du bateau...



attentebateau.jpg -Titine attend son bateau-

Voilà, je quitte l’Andalousie, en soliloquant, réfugiée à l’ombre, pendant que le port frétille. Je regarde arriver un à un toutes ces voitures qui embarqueront aussi, tous ces vacanciers qui retournent dans leur pays d’origine.

J’aime les terres harassées de soleil où s’épanouissent les sourires, les mamas, les voix fortes et les langages qui roulent en bouche. J’aime tous ces gens qui ont des gestes pour marquer leurs mots, et qui chantent quand ils parlent.

J’aime le piment et les lauriers roses.

C’est sur le bateau que j’ai pris le temps de composer la deuxième page de mon carnet de route.


foixcarnet.jpg -Ce que je retiens de Foix-


 

A suivre…


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Troisième jour de voyage…

Finalement, les fourmis ne m’ont pas mangée, ma moto est toujours à l’endroit où je l’ai garée, et le petit déjeuner, simple, pain grillé, beurre et confiture, est un véritable festin, avant d’entreprendre mon ultime et longue chevauchée. Ce soir, lundi, je serai à proximité d’Almeria, je m’arrêterai jusqu’à jeudi, date de mon bateau. Deux jours pleins à visiter, me balader, découvrir une Andalousie qui n’existait, jusque là, que dans mon imagination ou dans la contemplation de photos.

Ma route va suivre la côte, et la méditerranée… Je fais une escale à Cullera, pour le café. C’est une petite bourgade où j’ai passé deux années, des vacances, dans mon enfance. Je me souviens avec nostalgie des melons et du castillo, de la colline et de la peur des scorpions.

Oups ! Cullera est devenu une ville balnéaire, dont le front de mer est envahi de bâtiments à la gloire du tourisme envahissant. Mon castillo a l’air bien petit et la colline disparaît derrière les échafaudages et les immeubles modernes. Elle est bien morte la petite bourgade où la coiffeuse me posait un bol sur la tête pour me couper les cheveux. Le temps passe et emporte le souvenir des enfants.

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AlicanteMurciaCartagène… Je passe de longues heures à traverser un immense chantier. Ce pays se prend des airs de ruche industrieuse qu’une marée de grues et de camions anime et bâtit. Je passe, mais je n’ai pas le temps de visiter. Il faudra que je revienne. Tout au plus, je vole une photo ça et là, et j’achève mon camembert qui s’est étalé dans son papier, qui fleure bon le terroir normand et qui ne survivrai pas un jour de plus, de toutes façons.

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Et me voilà arrivée en Andalousie, sauvage Andalousie…

tabernas.jpg -Paysage d’Andalousie à proximité de Tabernas-


Chercher un hôtel, il se fait tard, mêmes angoisses que la veille. J’ai pô envie de dormir dans un lit douteux et de lutter avec une armée de bestioles pour délimiter mon territoire !!!

Aguilas, trop grand, je me perds, je ne trouve pas les gîtes annoncés, sauf le « 4 étoiles », visiblement pas dans mes moyens… San Juan de los Terreros, sympa, au bord de la mer, mais l’hôtel est trop cher, même s’il me fait une remise de 4 euros parce que je suis seule, et puis, z’ont pas l’air trop sympas, les tenanciers… Los Lobos, un hôtel sympa avec une grande terrasse et un resto, complet… Vera, usine à touriste, des étoiles au dessus des bâtiments comme sur Hollywood boulevard, non merci…

Il est 20 heures, il me faut prendre une décision, rapidement. Je quitte la côte où les villes d’estivants, et je me dirige sur des villages, comme ça, au hasard, mais qui n’affichent pas le sourire carnassier de l’andalou guettant les euros. Et j’arrive à Turre, un peu en retrait, face à un « Hostal Restaurante », El Pago.


elpago.jpg -El Pago, inoubliable, Bises à José et Maria-

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Waouh ! la chambre ! Abordable, rose, climatisée et télé comprise, avec une salle de bain pour moi toute seule et une baignoire. Mes fesses, encore plus en goutte d’huile que d’habitude parce qu’elles ont dansé sur la selle tout le jour, encaissé les irrégularités de la chaussée, les muscles de mes épaules, endoloris d’avoir tenu le guidon, vont, je crois, apprécier ce lit ferme et qui sent bon. Monter mes bagages, avaler un demi (et oui !) avec un paquet de chips et je m’empresse de me fourrer sous les draps, m’endormant, bercée par le ronron du journal espagnol, sur le petit écran. J’ai trouvé un cocon où me réfugier durant les trois jours qui restent avant le bateau, et les quelques 100 km à parcourir encore.

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Voilà, je suis vivante, je me suis prouvé que je pouvais me lancer, seule, dans un périple qui, sur une carte, commence à être honnête. Maintenant peut venir le temps des coups de cœur, des histoires, des rencontres et des rêves.

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A suivre…


Vous fûtes plusieurs... 10 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc

Premier jour de voyage…

Je roule depuis un bon bout de temps déjà. Je suis partie ce matin, à la fraîche, avec, au creux de l’estomac, l’appréhension de ce long voyage. Observer la route, anticiper, avoir le regard toujours rivé sur la trajectoire de la moto… Il y a un vent à décorner un zébulbe. J’ai froid, et je n’ai pris qu’un seul pull, que j’ai calé le plus possible au fond de mon sac. C’est l’été non ?

Comme d’habitude, je me perds dans les villes, je tourne, et je ne m’arrête que si le terrain est bien plat. J’ai de mauvais souvenirs de tentatives pour stopper dans des descentes ou des montées, je sais pô faire !

Il finit par faire faim. Et je trouve un bas-côté parfaitement plat devant une épicerie. Un camembert coulant et son pain mou plus tard, je repars à la recherche de mon premier parking. Le camembert aura le plaisir de couler trois jours dans mon sac à dos, et le pain se ramollira doucement, dans son cocon de plastique. Je vais quand même pas faire la route des restaurants, je n’ai pas trop le temps. Ce sera pour le soir, les tites dégustations, dans mes villes étapes. Nan mèèèè !

motodepart.jpg -Il manque le camembert sur la photo-

 

Foix : ville étape du tour de France. Zut ! Je ne vais pas trouver où dormir, j’ai bien le sac de couchage mais… Je rentre à l’Echauguette, hôtel en plein centre de la ville, et le monsieur de la réception me regarde d’un air réjoui. J’arrive au moment où une annulation vient de se produire, il peut de nouveau mettre son petit écriteau « complet » sur la banque, sous le nez d’un touriste qui erre à la recherche d’un gîte. Il repart déconfit (doigt de dieu ! hi hi hi !), le touriste.

Ce soir, 14 juillet, il y a eu un défilé Gaston Phoebus.

Ce fut bien joli, ma foi, ce défilé dans la ville de Foix. J’aurai du goûter un foie, gras le foie, dans la ville de Foix… Des fois, je rate le coche.

-Allo ! Gaston !-

 


Deuxième jour de voyage…

 

Passer les Pyrénées via Andorre. Quelle route ! A faire frémir de plaisir un motard, pour pas dire plus. La traversée des sierras, au nord de l’Espagne, est fabuleuse. Des kilomètres qui se déroulent sans heurt, une chaussée parfaite, pas un trou, pas une bosse, un macadam à faire pâlir un ingénieur des ponts et chaussées. Je fais une pause à Alcaniz, c’est dimanche et tout est désert. Face à la cathédrale, il y a un troquet qui sert, Ô Miracle, cette fabuleuse boisson au citron et glace pilée dont je ne me rappelle plus le nom, mais qui ramène le souvenir de mes vacances en Espagne, quand j’avais 6 ou 8 ans.

ca-alcaniz.jpg -Cathédrale d’Alcaniz-

Rouler encore un peu… voici ma ville étape du jour : Teruel. Et c’est l’heure du camembert, j’ai bien avancé. Je veux sortir du parking, un gros camion arrive, je pile et… et… et… je suis au dessus d’un trou, j’ai pô pied ! La moto, son chargement, dont moi, basculent. Ouinnnn !!!! J’ai cassé un clignotant et j’arrive pô à relever l’engin. Deux gentils messieurs viennent à ma rescousse, tant je dois avoir l’air perdue. Même que je pense pas à décrocher mes bagages, tellement je suis tremblante et, je l’avoue, vexée. Une pauv’femme qui fait la maligne à partir barouder seule, et ben, au moindre pépin elle fait quand même appel à des gentils messieurs.

Ben je ne reste pas dans cette ville, je continue, et je change d’itinéraire, sur un coup de tête. Je rejoins la côte, Valencia et je cherche un petit hôtel, que je trouve dans une banlieue triste, au bord d’une route. Je rentre, et les gens écarquillent les yeux. C’est qui cette folle aux cheveux aplatis, toute crade, qui parle pas la langue du pays et qui demande une chambre, room, etc… Ah ! « habitassionne ». J’ai au moins appris ce mot là.

Bref, je détonne un peu, ça ressemble à un hôtel de passe où s’avinent les gens du coin. Mais ça restera un beau souvenir : de la gentillesse de la patronne, du repas sympa qu’elle m’a mitonné, de l’aide de tout le monde pour trouver un coin sûr où garer ma moto, de toutes les bières qui m’ont été offertes et que je n’ai pas bues, des efforts de tous les clients pour venir me dire un mot gentil en français. Quel accueil chaleureux ! Je ne crois pas que chez nous, nous sommes aussi généreux avec le touriste de passage qu’on ne reverra jamais. Le seul bémol, c’est que j’ai dormi dans des draps qui ne sentaient pas ma transpiration à moua, et sur le passage d’un convoi de fourmis. A la guerre, comme à la guerre...

 

 A suivre…  


Vous fûtes plusieurs... 10 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc
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Ben voila, je les ai faits les 1700 km... J'ai ben un peu le fessier en marmelade et les mains courbattues, mais je suis arrivée à destination sans encombres... enfin presque, j'ai laissé tomber la moto : clignotant cassé, c'est tout. Pleins de photos. Je suis dans un cyber, il me reste 9 mn pour conclure, sur un clavier QWERTY, autant dire que je me sens gauche hi ! hi ! hi !
Gros poutous a tout le monde. Merci de vos passages, ils me font chaud à mon tit coeur. A bientot
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Vous fûtes plusieurs... 12 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc

Je voulais rédiger une longue note, drôle, poétique. Mais je n'ai pas le courage. J'ai juste envie d'aller dormir parce que je prends la route demain, de très bonne heure. Et je suis épuisée d'avoir bouclé les dernières tâches professionnelles, d'avoir traqué le moindre gramme dans mes bagages et la moindre petite place où rajouter un rouge à lèvre ou un vernis à ongle. La moto ne permet pas de prendre ses aises, côté coquetterie.

Et puis je voulais souhaiter un bon anniversaire à mon blog...

Bon anniversaire mon blog ! avec deux jours de retard, puisque ma première note "La tanche et le saumon" je l'ai mise en ligne le 11 juillet 2006. 

La prochaine fois que je viendrai faire un tour par ici, ce sera sur la route qui me mène vers ma Princesse marocaine. Je décolle un jour plus tôt que prévu, histoire d'éviter les orages annoncés pour lundi... Et puis, qui sait, je pourrais aller visiter Grenade, un autre de mes rêves...

A bientôt.


Vous fûtes plusieurs... 13 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Murmures au jour le jour

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Comme j’ai été taguée à plusieurs reprises, gentiment, alors je m’exécute, joyeusement. Et comme je manque un peu de mots en ce moment, je réaménage une ancienne note, parue sur un blog mourant (paix à son âme…). Le principe ? dire de soi sept choses que tout le monde ignore. Ah ! Me voilà poignardée en plein cœur, je dois avouer des secrets… inavouables. Vous l’aurez voulu !

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 Je suis la réincarnation de Desdémone. Si, si ! je suis morte étranglée par un amant jaloux dans une précédente vie antérieure. Faut dire que je croyais que les hommes aimaient jouer au chat et à la souris, et que pour garder l’amour de son amour, il faut le rendre fou de la peur de vous perdre. Alors Othello, mon beau métisse, je l’ai rendu malade de jalousie, aidée par une éminence grise très noire. Ce ne fut pas une histoire rose, j’en ai encore des bleus à l’âme. Je faisais des mines à de beaux gaillards très polis, je m’affublais de colifichets suggestifs, je dénudais un décolleté tentateur…Sur ce coup là, j’ai bien réussi. Yep !

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 Je suis la maîtresse cachée de Harisson Ford. Si, si ! je l’ai connu au temps où il tournait la Guerre des Etoiles, j’avais aux environs de 17 ans et j’étais pas trop jolie mais plutôt appétissante. Et maintenant, chaque fois qu’il vient en France, il vient manger des apéricubes au curry avec moi (c’est notre parfum préféré). On s’assoit par terre, on se regarde. Chacun déplie ce petit bloc de délice, pour l’autre, lui pose délicatement sur la langue. Et des fois, ça finit en orgie d’apéricubes collés sur le nez, sur le nombril… ou plus bas encore. C’est d’ailleurs à cause de lui qu’aucun de mes couples n’a duré. Vous pensez, en concurrence avec Harisson Ford, ya pas un môssieur qui a tenu le choc. Yep !

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 C'est moua qui ai assassiné Henri IV. Si, si ! A l’époque, je me faisais appeler Ravaillac et j’avais mis une fausse barbe pour pas qu’on me reconnaisse au journal de 20 heures. Il faut dire que ce putain de roi n’aimait que la femme faisandée, macérée dans son jus, à l’odorante fragrance d’un cantal vieux. Et mon boulot, c’était « nettoyeuse de maîtresse royale ». Du jour au lendemain, je me suis retrouvée au chômage, alors je l’ai occis le Henri. Et pis j’ai dénoncé mon voisin, et c’est lui qui a été écartelé. J’ai rencontré un alchimiste qui m’a donné le secret de la pierre philosophale et c’est pour ça que je peux encore écrire aujourd’hui. Mais faut pas m’envier. C’est pas tous les jours drôle d’être immortelle. J’en ai vu des horreurs. Yep !

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 J’ai découvert la transmutation de l’or en plomb. Si, si ! Comme j’avais la pierre philosophale, je me suis lancée dans l’Alchimie. J’ai passé de longues nuits à mélanger, dans des éprouvettes, toute sorte d’ingrédients plus curieux les uns que les autres. J’ai distillé les liquides les plus nauséabonds dans d’antiques alambics. Et le plus difficile, ce n’était pas de touiller les mixtures, c’était bien de dégoter les fournitures. Trouver du muguet en fleur un 3 janvier, le faire cueillir par une vierge de 92 ans, à la lune rousse, par 25° et à 23h51 heure de Tombouctou, et ben c’est pas du gâteau ! Bref, d’expérience en expérience, de tentative en tentative, un matin, une surprise m’attendait. Le lingot d’or que m’avait confié un banquier lombard, pour que je lui apprenne à faire des petits (au lingot, pas au lombard), il avait changé de couleur. J’ai pris ma loupe, analysé une raclure. C’était du plomb ! Je venais de faire une grande découverte. Mais, curieusement, personne n’a jamais été intéressé par mon œuvre. Allez savoir pourquoi. Yep !

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 J’ai un doctorat en épépinage de groseilles. Si, si ! Ce fut un long cheminement pour atteindre cette distinction tant convoitée. J’ai bien tenté de l’obtenir par validation des acquis, étant experte en épluchage de grains de raisins, en équeutage de fraises, mais les examinateurs m’ont renvoyée à mes chères études. Alors je me suis inscrite à la fac, aux cours pour adultes. J’en ai passé des soirée à réviser, je sais tout de la groseille. Ce sont les travaux pratiques qui m’ont posé le plus de problèmes cependant. Le geste doit être précis, il faut respecter le fruit tout en le débarrassant de ce pépin importun qui se coince entre les dents si d’aventure il se faufile dans une tartelette ou une confiture. Le pépin de la groseille est vicieux, il traque l’interstice, il chasse la molaire creuse. Techniquement mon geste est presque parfais, mais côté rendement… je vais être obligé de me reconvertir dans une autre spécialité. A dix grammes de groseilles à l’heure, je ne suis pas efficace. Effeuilleuse de tomates ? Dénoyauteuse d’abricots ? Je réfléchis. Yep !

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 Je serai réincarnée en punaise. Si, si ! J’ai eu l’occasion de consulter mon grand livre du karma. Alors comme dans cette vie là, je n’ai rien réussi de remarquable, me voilà à redémarrer bestiole. Quand même On m’a donné le choix : punaise de lit ou punaise de campagne. J’avoue que j’ai longuement réfléchi. Il y a des avantages dans chacune des situations. Au final, j’ai choisi l’herbe, les petits z’oiseaux et les marronniers en fleurs. Bien sûr, au fond d’un pieu j’aurais pu assister à de plaisants spectacles, ou subir toutes sortes d’odeurs désagréables ; j’aurais pu piquer, agacer, ou être écrasée comme un cloporte. Je n’aurais pas eu à chercher loin pour m’offrir un roupillon… Mais j’ai préféré une vie aventureuse à voler de fusain en encadrement de fenêtre. Je pourrais terroriser les allergiques aux punaises. Et puis, il paraît que la punaise est l’insecte qui possède la libido la plus explosive de la création. Compensation appréciable, parce que je pourrais aussi me retrouver dans la coquille d’un escargot, hermaphrodite et finir au beurre d’ail. Yep !

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 Je distille de la liqueur de jacque. Si, si ! C’est le fruit du jacquier. C’est pas le fruit de Jacques Dupont. C’est fruit un exotique qui a une drôle d’apparence, comme un cactus accroché à un tronc. Ou encore de grosses choses molles qui pendouillent. Je fais ça dans ma baignoire, avec un vieil alambic en cuivre hérité d’une grand-mère. Elle avait bien deviné, la mémé, que j’aimerai les liqueurs sucrées…Bon, c’est un sacré boulot ! Allez trouver des jacques au marché, vous ! Quand je hurle, au milieu des étals : « Ya des jacques ici ? », il y a toujours un poissonnier ou un fromager pour me répondre, mais jamais de maraîcher. Ma production est très réduite, pas de quoi faire des soirées débridées. Ça me prend des heures pour obtenir l’équivalent d’un fond de verre à liqueur. Mais c’est… absolument dégueulasse. J’ai essayé tous les jacques, le jacque dur, le jacque sosso et le jacque miel. Il n’y en a pas un pour améliorer la mixture. Je ne sais pas pourquoi je m’acharne à vouloir mettre au point cette liqueur. Sans doute l’envie d’inscrire mon nom dans l’histoire, afin d’éviter de finir en punaise. Yep !

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Bon, je sais, vous n’allez pas me croire. Mais, promis, juré, craché, c’est la vérité vraie. Enfin, la mienne. Et je passe le relais aux sept nains. Tagués les sept nains ! Ah ! faudrait pouvoir reluquer la tronche à Blanche-Neige.

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Jacquier - Source photo Wikipédia

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Vous fûtes plusieurs... 28 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Délires et souvenirs

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Je n'ai plus la tête à rien. J’ai déjà l'humeur qui traverse des paysages, qui emprunte des routes, qui découvre d’autres horizons. Parce que je prépare mon voyage, le premier grand périple de mon existence. Et je suis excitée comme trois puces.

Je mets les voiles le 15 juillet, à la fraîche, et je vais rouler, rouler, rouler sur le chemin des écoliers, éviter les autoroutes, dégoter des gargotes où dormir et goûter les saveurs locales. Je ne partirai pas sans un carnet, pour croquer quelque monument ou fleurette qui s’offrirait à moi. Je ne partirai pas sans un cahier pour noter des impressions, des émotions.

D’ailleurs, j’ai déjà commencé. Mon bloc d’aquarelle s’ouvre sur une carte, et quelques mots.

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Mais, tudieu, j’en frissonne à l’avance, et pas que d’excitation, d’appréhension aussi ! Environ 1500 km pour prendre le bateau, puis le port de Nador et enfin, ces montagnes qui m'ont tant séduite en janvier, les Beni Snassen.

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Le plus important, à mes yeux, c'est de retrouver l'amie chère à mon coeur, cette soeur d'âme, cette âme complice, retrouver ma princesse marocaine. Et nos discussions jusqu'au bout de la nuit, et nos rêves jusqu'au bout des phrases, et tout ce que nous avons à bâtir pour qu'un jour, nos pas s'entremêlent, pour que cette tribu que nous échafaudons, nos amours, nous et nos entourages, danse autour du feu, du pain et du thé à la menthe.

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Nota : pour regarder les photos en taille réelle, cliquer dessus.


Vous fûtes plusieurs... 16 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc

Parfois, la vie s’acharne à vous blesser. Parfois, les histoires se répètent avec notre complicité active.

J’avais un amour, autrefois, qui m’a quittée pour aller vivre sous d’autres jupons, sous un autre sourire. Ce fut difficile, et douloureux.

Mais le temps apaise souvent les tumultes d’une rupture. Cet amour là, je l’ai retrouvé, et je tente de construire une tendre amitié, désormais débarrassée de tout désir, de toute envie des partages du corps. Je trouve cette relation douce et gratifiante. Et puis…

Et puis, avec lui, comme avec toutes les personnes que j’aime, j’ai voulu croiser nos regards sur mes écrits. Quelle erreur !

Combien de fois faudra-t-il que je répète que mes histoires ne sont… justement que des histoires ? Combien de fois faudra-t-il que j’avoue que mes états d’âmes, lorsqu’ils sont confiés aux mots, ont été passés à l’étamine de ma poésie personnelle, de l’assonance et de l’allitération, de la métaphore ? Combien de fois faudra-t-il que je hurle que je ne suis pas mes écrits ?

Alors, le Monsieur me dit qu’il y a décalage entre ce qu’il sait de moi et mes textes. Heureusement ! Insidieusement, il se pose en censeur, me renvoie une image libertine de moi, enchaîne sur la déontologie. Que vient donc faire la déontologie dans cette goélette ? C’est d’ailleurs ce terme là qui m’a faite bondir. Faut-il que je fasse de la sémantique ?


Voyons ce qu’il en est, si je me réfère au dictionnaire de la morale :


Déontologie : ensemble des règles ou devoirs régissant la conduite à tenir pour les membres d'une profession ou pour les individus chargés d'une fonction dans la société.


Morale : 1 - Ensemble des règles de conduite et de valeurs auquel un individu se soumet "librement" ou en vigueur au sein d'un groupe ou d'une société. Elle détermine les principes et les pratiques concrètes d'action. 2 - Science des mœurs, la morale est aussi un sujet de réflexion philosophique qui vise à déterminer le but suprême de l'homme et de son action dans le monde, dans le cadre de la société et de la recherche du bonheur individuel. Elle peut être amenée à définir des notions de bien et le mal répondant aux critères d'objectivité et d'universalité ou au contraire à les nier.


Ethique : synonyme d'origine grecque de morale, avec cependant une connotation moins péjorative. Science de la morale ou discipline qui réfléchit sur les finalités, les valeurs de l'existence, la notion de "bien" ou sur des questions de mœurs ou de morale (comité d'éthique).


Alors, la déontologie… à la poubelle, je ne suis ni écrivain, et je n’ai pas de fonction particulière à tenir dans la société, je ne vois donc pas en quoi mes écrits ne respectent pas une déontologie quelconque. D’ailleurs, viendrait-il à quelqu’un l'idée de reprocher à Frédéric Dard un manque de déontologie à cause de son San Antonio parfois si peu moral, souvent vulgaire et grossier ?


En ce qui concerne la morale et l’éthique. Je ne vois pas en quoi je fais des entorses aux bonnes mœurs avec ma prose. Je ne crois pas inciter à la haine raciste ; je ne tente pas de pervertir de jeunes esprits ; je n’incite pas le promeneur à la révolte civique ; je ne tiens pas de propos diffamatoires ; je ne fais pas l’apologie de dogmes totalitaires, intégristes… Bref, je ne vois rien dans mes dires qui puisse être de nature à troubler l’ordre public. Si c’était le cas, je crois que mon blog n’existerait sans doute plus.


Le Monsieur se réfère, en tant qu’argumentaire, concernant l'image de moi qui transpire ici, et qui véhiculerait un réel libertinage et une certaine méchanceté (le mot a été dit), aux commentaires de mes lecteurs. Est-ce à dire que, chaque fois que je reçois un compliment, il y a forcément une intentionnalité de type sexuelle ? Est-ce à dire que ceux qui rient de mes histoires se délectent de la malice humaine ? Le raccourci me semble cavalier.


Ce que je crois, plus prosaïquement, c’est que ce Monsieur, que j’aime infiniment, je le précise, voudrait pouvoir rester, dans mon existence, une sorte de Pygmalion, un directeur de ma pensée, un pourvoyeur de beaux sujets, biens moraux, bien judéo-chrétiens. Je crois qu’il voudrait pouvoir me garder sous son tendre contrôle, tout en vivant son histoire d’amour ailleurs. Oui mais, moi, je ne suis plus amoureuse de lui. Et même amoureuse, je n’ai jamais autorisé personne à penser à ma place. Prétentieuse, Pénélope ? Peut-être, mais c’est ainsi.


Au final, il me semble que la réaction du lecteur en dit plus sur le lecteur que sur l’auteur, surtout quand elle est dans le jugement, l'évaluation et la tentation de réformer l'autre. N’empêche que ça me fait de la peine.


Vous fûtes plusieurs... 15 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Murmures au jour le jour

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