J'AI ENVIE DE CRIER !!!
Et là, les points d'exclamation s'imposent. Simplement parce que l'amalgame qui est fait entre mes écrits et mon humble (mais pas tant que ça) personne m'indispose, me gave, me gonfle, m'emmerde,
m'empoisonne, me fait chier, me dérange, me fatigue, m'importune, me gêne, me trouble, m'incommode, me ballonne, m'intoxique, me souille, m'épuise, m'agace, m'accable, m'éreinte... Je vais
arrêter là, la liste pourrait faire toute la note si je n'y prends garde.
Comme ce texte là ressemble plus à un billet d'humeur qu'à une de mes histoires, les précautions d'usage s'imposent...
Je ne m'adresse à personne en particulier mais je réagis à plusieurs remarques qui m'ont été faites, de vive voix, et ça ne concerne pas les personnes qui me laissent des commentaires ici, et surtout pas toi, ma Mona adorée, dont j'apprécie la présence à mes côtés (Mona, c'est une de mes deux sœurs pour tout avouer).
J'AI ENVIE DE CRIER : JE NE SUIS PAS MES ECRITS !!!
Un peu d'histoire... J'ai toujours, d'aussi loin qu'il m'en souvienne, griffonné des phrases, des mots, des états d'âme, des rires, sur un bout de papier. A 8 ans, j'écrivais des poèmes que ma
gentille maîtresse envoyait dans des concours enfantins. J'ai tenu un journal de l'âge de 15 ans jusqu'à l'âge de 25 ans, qui a fini, paix à son âme, au fond d'une sordide poubelle. Au collège et
au lycée, je n'ai jamais eu une note inférieure à 15 en rédaction, dissertation. Au bac, j'ai eu 16 à chacune des épreuves faisant intervenir l'écrit. Heureusement d'ailleurs, parce que je me
suis vautrée partout ailleurs. Lors de mes études supérieures, j'ai toujours obtenu d'élogieuses appréciations sur mes différents rapports ou mémoires. Heureusement d'ailleurs, parce que, pour le
reste, c'était déjà moins brillant. Bref, j'écris comme d'autres parlent, mangent, boivent, pissent. Je suis boulimique de mots, je suis déversoir de mots. J'écris comme d'autres font du vélo, du
tennis, du footing, pour moi c'est un sport. Je m'entraîne chaque jour.
Tellement, que ma chambre croule sous les dictionnaires et autres encyclopédies et qu'une étagère entière est consacrée à stocker mes bouts de papiers, dans des cartons, dans des chemises, dans des classeurs.
Tellement que tous mes sacs à mains sont remplis de carnets, de cahiers où je m'étale à n'importe quel moment et n'importe où.
J'AI ENVIE DE CRIER : ARRETEZ DE ME PRENDRE POUR MES ECRITS !!!
Un peu de statistiques... Sur ce blog, j'ai publié 139 textes en 318 jours, ce qui représente un texte tous les 2 jours un quart. Sur ces 139 textes, il y a 33 poésies et fables, 37 histoires, 9 textes d'anecdotes, les 5 notes qui composent le dico de mots-valises, 4 contes de la Princesse Lotus, 21 textes qui racontent quelques souvenirs ou partagent mon monde, 18 textes qui sont des coups de méninges, 9 textes de jeux avec les mots et 3 critiques littéraires. Lorsque j'extrais, entre mes coups de gueule et mes souvenirs les écrits réellement tristes, j'en trouve pour ma part une quinzaine. Ce qui veut dire que j'ai un coup de blues tous les 21 jours en moyenne. Faut-il voir dans cette périodicité un quelconque cycle biologique ? Je l'ignore, en tout cas, ça ne me parait pas refléter un état mental délétère, un désespoir abyssal ou une déprime chronique.
30 poésies ont été écrites entre 1982 et 1995, les 3 autres sur la période du blog, dont « Trou de balle et testicules » fable qui n'est pas, à mon avis, particulièrement larmoyante. Les 37 histoires ont été écrites soit parce qu'elles traînaient dans mes cartons depuis longtemps, soit parce qu'elle correspondent à des jeux qui tournent dans les différentes rue des blogs, soient parce que, parfois, je sollicite mon entourage, que je lui demande de me fournir une phrase, un titre, dix mots, et que je m'amuse à contourner le chemin que je sens m'être proposé. Enfin, il y a quelques textes dont le sujet préexistait depuis fort longtemps et qu'un évènement, un coup de cœur, un coup de soleil, un coup d'amour, un coup de foudre, un coup de calgon, un coup de siroco, un coup de chagrin, un coup de poisse, un coup de pute m'ont permis d'aboutir.
J'AI ENVIE DE CRIER : JE NE SUIS PAS L'HEROINE DE MES HISTOIRES !!!
Tout d'abord parce que je serais androgyne, puisque parfois c'est un homme qui parle, d'autres fois le sujet est une femme. Et surtout, je voudrais rassurer mes lecteurs. Non, je n'ai jamais poussé un homme du haut d'une falaise pour m'en débarrasser, comme dans « Une si jolie petite crique », et je n'en ai même jamais eu envie. Non, je ne torture pas les messieurs en pratiquant d'ahurissants déshabillages pornographiques comme dans « Tania ». Non, je ne rêve pas de m'avaler un godemiché en chocolat comme dans « Le Chocolatier ». Non, je n'ai pas mon dessus de cheminée garni d'hommes transformés en pendules, comme dans « Fraises Tagada et Ford modèle T ». Non je n'ai pas le désir de me faire attacher avec des cravates à une rampe d'escalier pour vivre des émois sexuels particuliers, comme dans « Les cravates ». Non, je ne passe pas mon temps à dialoguer avec des morceaux de moi, je ne suis pas schizophrène, ou alors je n'ai pas encore déclenché la maladie, comme dans « Mon corps et moi ». Je n'ai jamais rencontré « Blogomas ». Je ne suis pas une dame blanche comme dans « La marcheuse ». Je ne suis pas un petit cochon en quête d'une « Vocation ». Je n'ai pas inventé de fleurs de mémoires comme dans « Le Jardin de la Fine ». Je n'ai jamais eu l'occasion de démolir le portrait de James Bond, comme dans « Tenue de soirée ». Je ne connais pas personnellement de calligraphe qui hanterait une « Bibliothèque ». Je ne lis pas sur les pierres tombales comme dans « A livre ouvert ». A ma connaissance Socrate n'a pas inventé le godemiché (je sais, thème récurent). Et enfin, je ne suis pas une pimbêche comme dans « L'invitation », et je déteste les hidalgos. Non, je n'ai pas le fantasme de parties de jambes en l'air explosives comme dans « Je suis un homme », si ça m'arrive, tant mieux, et pas plus.
OUF !!! J'ai juste de l'imagination, que j'alimente, que je travaille, parce qu'il en est de l'écriture comme de toutes les activités humaines, c'est aussi une question de labeur.
J'AI ENVIE DE CRIER : J'AIME RIRE, J'AIME LA VIE, J'AIME L'AMOUR !!!
Bizarrement, chaque fois que je publie un texte drôle, personne ne m'appelle ou ne vient me voir le matin pour me dire : « Tain', t'es une joyeuse toi, tu dois être un vrai clown dans la vie ». Comme c'est bizarre !
Par contre, si je raconte une histoire de chagrin d'amour, si je décris des affections bien trop excessives, si je parle de sauter au guidon d'une moto dans un ravin, si mes histoires rapportent des amours impossibles ou des difficultés de communication... alors là, et ben, j'ai le droit à tout : je deviens suicidaire, j'aime mal, j'aime trop, je suis déprimée, je suis triste, je suis sinistre, je suis morose, je suis nostalgique, je suis mélancolique... et que sais-je encore ? En tout cas, je suis jugée. Il se trouve qu'étant émotive, dès que je suis confrontée à ce regard sur moi, et bien je suis blessée, je m'énerve et je deviens, effectivement, tous ces qualitatifs là. Mais en cela, je ne dois pas être différente de beaucoup d'êtres humains qui finissent par se conformer à ce qu'on attend d'eux. Bien évidemment, je travaille avec gentille psy à ne plus être à ce point influençable.
Donc, désormais, ma seule réponse sera : JE T'EMMERDE ! Et je précise à nouveau, ce coup de gueule n'est pas lié aux commentaires, je m'en voudrais vraiment de blesser quelqu'un ici où je trouve, au final, bien plus de compréhension, de tolérance et d'amour que dans la vraie vie. Au point que j'envisage d'immigrer définitivement rue des blogs et de ne plus rencontrer personne hors la toile.
J'AI ENVIE DE CRIER : ET BEN JE VAIS FAIRE PAREIL !!! NA !!!
Le prochain motard complètement passionné de sa bécane que je croise, je vais lui renvoyer une image de lui avec une zigounette en pot d'échappement, un cerveau à explosion, et des phares en trou de pine. Le prochain peintre ne peignant que des nus qui me montre ses oeuvres, je vais lui bâtir une théorie fumeuse sur ses appétences sexuelles, ses frustrations, et, pour un peu qu'il se consacre, en plus, à des portraits enfantins, sur ses désirs inavoués. Le prochain artisan boucher me parlant des bêtes qu'il sélectionne et de la tendreté de sa viande, je vais l'envoyer se faire soigner pour zoophilie ou cannibalisme. La prochaine personne qui me parle de ses bestioles avec amour, je vais lui causer anthropomorphisme. Le prochain chef de service informatique qui m'apostrophe, je vais le soupçonner de préférer les machines aux hommes. Le prochain croque-mort qui me parle, je vais le traiter de nécrophage, de nécromancien, de nécrophile, de prêtre vaudou et de fournisseur de zombies. C'est pareil, parce que nous mettons tous de nous dans nos choix, dans notre travail, dans nos passions, sans être à proprement parler entièrement contenus dans ce que nous faisons, sans forcément ressembler à nos créations.
J'AI ENVIE DE CRIER : ET SI J'AIME LES HISTOIRES TRISTES !!! HEIN !!!
Ben oui, j'aime écrire des histoires tristes. Et alors ? En général, on aime faire ce qu'on fait bien. Il se trouve que ma façon d'écrire, construite, étoffée de mots, avec des phrases à rallonge, des renvois, des retours, des métaphores, se prête volontiers à l'expression du chagrin. Est-ce pour autant que je pleure tout le jour ? Il se trouve que ma façon de vider une tristesse temporaire, de crever un abcès tourmenté, d'éliminer un soudain désespoir, de balayer une contrariété, c'est de l'affronter, de le porter à son paroxysme intellectuel, d'imaginer une histoire bâtie sur ce paroxysme, de le verbaliser... et de l'oublier. C'est mon lexomil à moi, mon prozac, ma bibine, ma drogue. Il n'empêche que, chaque fois, quand je lève le regard vers le ciel, je vois du bleu, quand je regarde à l'horizon, j'entraperçois de nombreux rêves et projets, et quand je me lève le matin, chaque matin, je suis d'humeur joyeuse, heureuse qu'une nouvelle journée me soit donnée. Il se trouve que, comme tout un chacun, j'ai des soucis professionnels, des histoires d'amour qui foirent, des connards qui me cassent le rétroviseur de ma twingo, des impôts à payer en même temps que la note d'électricité et de gaz, des dégâts des eaux, des voisines qui hurlent après leurs gosses, des découverts bancaires. Il n'empêche que je dors comme un bébé, je n'avale aucun médicament, je n'ai pas de psoriasis, d'eczéma, je n'ai pas mal au dos, je n'ai pas d'ulcère à l'estomac, ni maux de tête, ni asthme, ni déplacement des cervicales, ni crises d'angoisses insupportables, ni allergies, sauf au nickel de ma montre, ni aucune sorte de somatisation ou trouble obsessionnel compulsif, à part, peut être, me grattouiller une oreille de temps en temps. Ma somatisation, c'est d'écrire des histoires. Il y a pire pour le trou de la sécurité sociale.
J'AI ENVIE DE CRIER : JE VEUX ETRE LUE SANS ETRE PESEE AU POIDS DE MES MOTS !!!
Du coup, j'en arrive à la réflexion qui a l'air d'aller de soi. A savoir qu'il serait plus simple, pour me protéger, de cacher cette activité et l'existence de ce blog. Et pourquoi ? C'est honteux d'écrire des histoires ? Mais alors, si j'ai le bonheur, comme je le souhaite, de reconstruire ma vie et de bâtir un compagnonnage heureux avec un monsieur, il faudra que j'arrête d'écrire. Définitivement. Parce que sur le long terme, passer deux à trois heures par jour sur mon ordi, à massacrer rageusement mon clavier, je vais le justifier comment, encore que je n'ai pas à me justifier effectivement ? Mais dans une relation amoureuse, se partager est sans doute une excellente idée. Et puis, viendrait il l'idée à un peintre, même amateur, de camoufler ses croûtes jusqu'à sa mort ? Viendrait-il l'idée à une couturière de brûler ses ouvrages ? Viendrait-il l'idée à un adepte de la maquette de bateaux, de la piétiner afin que nul ne voit la construction achevée ? Viendrait-il l'idée à un musicien de ne jamais jouer en public ? à un chanteur de ne chanter que sous sa douche ? Et bien, j'éprouve une passion pour l'écriture, que j'ai envie de partager, sans avoir à subir d'interminables questionnaires sur mes états d'âmes, sans avoir à m'entendre jugée ou plainte. C'est simple finalement.
ET LA LE RIDEAU PEUT TOMBER...
Cette note est un peu théâtrale tout de même et à la hauteur de la hargne que je ressens, il faut le dire. Ce n'est sans doute pas terminé du reste, parce que j'ai, en chantier, peu ou prou avancées, 23 histoires de la princesse Lotus et 9 histoires pour « Mignardises et Macarons ». Enfin, traînent dans un répertoire deux embryons de romans. J'ai de beaux jours devant moi.
Confidence pour confidence, l'héroïne dans laquelle je me reconnais, c'est Lotus et son monde déjanté, sa poésie rigolote, sa Babouine et sa Demoiselle du Bruck
De la Mitonnière. Sans compter que, comme elle, je n'aime pas les yaourts et j'adore la moutarde, je préfère les cornichons aux boudoirs. Et comme elle, j'ai de superbes plantes vertes qui
envahissent tout mon appartement. Quant aux mots...
















Vos murmures...