« Petit ». Ben voui ! Ce maudit mot qu’on met à toutes les p’tites sauces. Qui minimise ce que l’on dit, qui ravale au rang de lilliputien le moindre projet, la moindre émotion. Ce mot fleurit comme primevère à la fin du printemps. Il se colle à tout ce qui s’exprime. La pire glu de la langue française, de la poix.

Qui ne s’est jamais retrouvé confronté à une coiffeuse, sa p’tite dame et sa p’tite coupe ?

Je me demande si c’est pour faire mignon ou si c’est juste un tic de langage…

– « Ma p’tit dame, vous voudrez bien laisser vot’pt’it pébroque dans le p’tit coin, ôter vot’p’tit manteau et le poser sur la p’tite chaise qui se trouve dans le p’tit salon. Ensuite, vous vous allongerez sur le p’tit divan et vous déballerez vos p’tits soucis… ». –

–« Merci Monsieur le p’tit psy. » –

–« Yo ! La p’tite vielle, tu viens avec tes p’tits potes au p’tit café. On va boire un p’tit coup. Et pis on se prendra un p’tit dessert, histoire de s’offrir une p’tite douceur » –.

–« Donc, il faut monter la p’tite crème en p’tite chantilly, mélanger avec le p’tit coulis de fraises, et verser doucement dans une p’tite verrine. Présenter dans une p’tite assiette avec une p’tite feuille de menthe et un p’tit cookie. » –


Pour une fois, on ne pourrait pas choisir un autre mot ?

– « Ma grande dame, vous voudrez bien laisser vot’grand pébroque dans le grand coin, ôter vot’grand manteau et le poser sur la grande chaise qui se trouve dans le grand salon. Ensuite, vous vous allongerez sur le grand divan et vous déballerez vos grands soucis… ». –

–« Merci Monsieur le grand psy. » –

–« Yo ! La grosse vielle, tu viens avec tes gros potes au gros café. On va boire un gros coup. Et pis on se prendra un gros dessert, histoire de s’offrir une grosse douceur » –.

–« Donc, il faut monter la jolie crème en jolie chantilly, mélanger avec le joli coulis de fraises, et verser doucement dans une jolie verrine. Présenter dans une jolie assiette avec une jolie feuille de menthe et un joli cookie. » –


Ça a une aut’gueule ! C’est juste pour dire, par pour faire de la p’tite philosophie.

  ptit

Vous en dites... - Vous fûtes plusieurs... 2 très exactement. - Publié dans : Quotidien d'une Salers - Communauté : C'est une histoire de filles...;)
Samedi 4 juin 2011 6 04 /06 /Juin /2011 15:45

nvcons

 

Etienne Liebig- Editions Michalon

Educateur et saxophoniste (il pratique également le piano, l'accordéon...), Étienne Liebig devient travailleur social. Il œuvre auprès des populations tsiganes pendant plus de 20 ans, mais également auprès d'adolescents comme éducateur de rue dans des quartiers de Seine Saint-Denis.

Musicien, artiste, Il tient la partie de saxophone alto dans la fanfare Grand Waso rebaptisée parfois Siné Hebdo fanfare. Il participe à de nombreux ouvrages collectifs sur la question des Roms et d'autres sur l'éducation spécialisée en milieu ouvert.

Il est l'auteur de sept livres humoristiques et érotiques, de pièces de théâtre et de trois livres sociologiques sur les jeunes et la banlieue.

Dès mai 2009, Etienne Liebig participe aux Grandes Gueules sur RMC, où il intervient aujourd'hui encore une à trois fois par semaine. En traitant les électeurs du Front National de Gros Cons, Liebig se voit l'objet de nombreuses menaces et insultes qui ne lui font ni chaud ni froid...

(Source Wikipédia)

Le livre

Je me suis régalée. Ce dictionnaire « amoureux » de la connerie humaine est un met savoureux, un petit dessert à déguster au jour le jour. Il caricature nos mesquineries, nos arrogances, nos egos avec un art subtile du langage, et, parfois, souvent, une loufoquerie joyeuse. Ses comparaisons sont drôles et ses colères justifiées. Il y a quelque chose des « Caractères » de La Bruyère, dans cette manière de nous brosser.

Honnêtement, il est bien difficile de ne pas se reconnaître au fil des portraits. Un petit quelque chose de soi, une phrase, une pique, et l’on se reconnaît, dans cette connerie ordinaire. Au quotidien, quand la vie nous rattrape, il est parfois difficile de prendre du recul, de se regarder pédaler. Alors ce livre est un excellent exercice d’abandon de ses certitudes.

A lire absolument, ne serait-ce qu’à cause de ses vertus comiques.

L’extrait

J’avais le choix : le vieux gauchiste ; la nouvelle « allaiteuse » ; le jeune militant de droite ; … Mais j’ai choisi le bloggeur, c’est de circonstance, et si vrai (pour moi aussi).

 

Le bloggeur

Ce nouveau con se considère comme un homme de média parce que, chaque jour, il écrit trois idées ringardes sur son blog ou sur Facebook : « Aujourd’hui, j’ai descendu la poubelle et j’ai croisé mon voisin, il ressemble à PPDA. » D’autres blaireaux répondent en chœur : « J’aime ça », alors notre poète va plus loin : « Ouahh mon vélo est crevé, c’est la m… » Des génies se passionnent pour cet échange : « Prends les transports en commun. »

Et ça continue comme ça toute la nuit. Certains se prennent littéralement au sérieux et passent une partie de leur vie à rédiger des papiers que personne ne lira, mais qu’ils ont l’impression de livrer à tous les peuples de la terre parce qu’ils le lancent sur internet. Ils se couchent, fiers du devoir accompli, en rêvant que leur prose va changer le monde et faire évoluer la pensée politique générale. Avant même de prendre leur café et de se brosser les dents, ces nouveaux cons allument leur ordinateur pour mesurer l’impact de leurs textes sur les lecteurs potentiels. Comme toujours, trois ou quatre aficionados ont laissé des petits mots guillerets : « Trop fort », « On est tous derrière toi, Camembert (*) », « Camembert, Président ». Et Camembert se voit déjà à l’Elysée. Plus il avance, plus ses textes sont fouillés, et plus il est certain d’être reconnu et attendu pour la pertinence de ses propos alors que ses lecteurs sont tombé sur lui par hasard et sont eux-mêmes en quête de reconnaissance. Il lit les écrits de ses lecteurs qui lisent les écrits de leurs lecteurs dans une boucle qui se referme vite sur elle-même…

(*) – Il faut toujours un pseudo malin.

Bibliographie

-Je ne résiste pas aux titres des ouvrages…-

  • Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle, La Musardine.
  • Comment draguer la militante dans les réunions politiques, La Musardine.
  • Osez coucher pour réussir (essai), La Musardine.
  • Je n'ai jamais rencontré Mitterrand, ni sa femme ni sa fille, La Musardine.
  • Les ados sont insupportables, lourds, inutiles, chiants, etc., mais ce sont nos enfants, Michalon.
  • La vie sexuelle de Blanche Neige, La Musardine.
  • Le parfum de la chatte en noir (pastiches érotiques), La Musardine.
  • Les pauvres préfèrent la banlieue, Michalon.
  • Les nouveaux cons, Michalon
  • Le savoir vivre des cochons [(La Musardine)] (couv' de Siné, dessins de Lindingre)
Vous en dites... - Vous fûtes plusieurs... 0 très exactement. - Publié dans : Mon ange des bibliothèques
Vendredi 3 juin 2011 5 03 /06 /Juin /2011 19:54

 

Nous vivons, ma grand-mère et moi, dans un château perdu au milieu d’une immense propriété. Autrefois, notre territoire était grand comme le Vatican, où le cimetière du Père Lachaise, c’est comme vous voulez.

Il y a quelques années, l’état nous a piqué quelques hectares pour faire passer un truc immonde, un monstre d’acier, un machin à roturiers, un train : le tégévé.

Il fallut, pour tracer la voie, abattre nombre d’arbres centenaires, dont le chêne préféré de ma grand-mère. Ce qui était jadis un n’havre ! Oups ! Un havre de paix –voilà que je cause comme à la télé- est brisé chaque jour par le vacarme de la bête rugissante. Et plusieurs fois, en plus.

Moi, je m’en fous un peu. Quand je m’ennuie, entre deux frasques expérimentales de la mémé, je prends ma bicyclette et je pédale jusqu’à l’orée de la forêt, là où les rails marquent la frontière entre mon monde et le monde des autres.

Tout ça pour situer l’histoire…

Un matin ma grand-mère s’est levée excitée comme une armée de puces. A croire qu’elle avait passé la nuit branchée sur un chargeur électrique. Elle avait revêtu l’une de ses tenues préférées : une jupe en peau de vache, assortie à une veste de cuir. Avant même que je descende boire mon café, j’entendais son pas claquer sur le marbre de l’entrée. Elle avait dû enfiler ses cuissardes.

Gagné ! Encore ensommeillée, je n’eus que le temps d’éviter le fouet et de courir jusqu’à la cuisine pour préparer le petit déjeuner.

Ma grand-mère avait une idée. Quand ma grand-mère a des idées, en général le pire arrive. Elle me laissa ses instructions afin que je prépare le terrain pour qu’elle passe à l’action : je devais réunir le troupeau de vaches et le descendre vers les rails.

J’eus un pincement au cœur. Je les aime bien les vaches. Elles sont toutes jolies dans leurs robes unies ou tachetées. Il y en a des noires, des rousses, des blanches. Elles viennent du monde entier : des highlands, si mignonnes avec leurs longs poils ; des salers, aux coups de corne imprévisibles ; des charolaises placides ; des vaches espagnoles, assez olé-olé.

Je les ai baptisées. Même le taureau. Lui, le mâle, le couillu, il s’appelle Parsifal. Les filles ont toutes un nom qui commence par « Po » : Polymère, Poline, Porridge, Poséïdone, Pomette, Porosité, Pomelle, Potiche, Pochette et sa jumelle Pochetronne, Policarpe. J’arrête là, il y en a cent cinquante… Ma préférée, c’est Policarpe, la plus intelligente. Quand elle vous observe de son œil rond, qu’elle vous suit du regard, vous savez que vous êtes la personne la plus importante de sa vie de vache. Surtout si vous avez des pommes dans la sacoche.

Mais je m’égare… La mémé voulait que j’emmène les vaches aux rails, je m’exécutais. Jamais je ne désobéirai à ma grand-mère. Toutes les foudres de Zeus me calcineraient en un éclair.

J’étais inquiète. Qu’allait donc imaginer la vieille pour se venger de la perte de son vieux chêne. Je savais qu’elle voulait faire rendre gorge aux glands de l’état qui avaient abattu son arbre.

Je pris un pique-nique composé d’un morceau de pain, d’un carré frais Gervais rescapé du massacre et d’une gourde d’eau. Il y avait au moins deux heures de marche entre l’étable et le chemin de fer. Mener le troupeau me prendrait toute la journée.

Je partis ce beau matin de printemps par les chemins, Je tapotais gentiment les flancs des bovins avec mon bâton de bouvier. Je chantais une jolie chanson d’un groupe oublié : « ma vache a grossi ». J’étais d’humeur joyeuse, oubliant la menace qui pesait sur nous. Une bande de femelles en goguette ! Le mâle était resté dans l’enclos.

J’arrivais à l’endroit du rendez-vous en milieu d’après-midi. Il me restait quelques heures à tuer. J’en profitais pour câliner mon troupeau. Murmurer à l’oreille de chaque vache un mot doux. Leur souffler dans les trous du museau. Les vaches adorent ça. Au bout d’un temps certain, alors que l’angoisse m’envahissait, je me décidai. J’entrepris de prodiguer des messages de prudence à mes vaches. Je tentai de les sensibiliser à la précarité de la condition bovine, de les alerter sur les perversions curieuses de ma grand-mère. Je sentis un frisson d’effroi parcourir le troupeau.

C’est à ce moment-là que j’entendis la moto de mémé pétarader. Dans une demi-heure, le tégévé du soir devait passer. La vieille arrivait juste pour … Je l’ignorais. En quelques mots ma mémé me briffa : elle voulait faire dérailler le train à coup de vaches.

Elle organisa le troupeau en décuries. Elle caparaçonna les bovines afin qu’elles ne souffrent pas trop de l’impact.

Oui mais voilà, j’avais averti les filles. Au début, elles se laissèrent déplacer, positionner. Mais à mesure que les minutes passaient, je sentais la tension monter. Jusqu’à ce que Policarpe pousse un meuglement à faire frémir un macchabée. C’est alors que les vaches encerclèrent la mémé. Et qu’elles la poussèrent peu à peu, vers les rails. Au loin, on entendait le ronflement du tégévé qui se rapprochait. Je vis ma grand-mère rougir, verdir puis, à la fin, blanchir.

J’ai bien cru que les vaches allaient sacrifier ma mémé. Mais le souffle du train bouscula tout ce petit monde. Elles s’envolèrent par-dessus les arbres. J’entendais Policarpe ronfler comme un vieux vapeur. Ma grand-mère hurlait, et je n’arrivais pas à déterminer si c’était de frousse ou de rage.

Il pleuvait des vaches comme grêle lors d'un orage d’été. Quand ma grand-mère retomba, ce fut sur le dos de Pochetronne. Elle lui brisa l’échine. La bête s'affaissa, raide morte, entraînant la vielle dans sa chute. La mémé avait l’écume aux lèvres. Elle avait foiré son diabolique dessein.

Quand elle eut débité Pochetronne en quartiers, en côtelettes, en onglets, en ronds de gîte, en bavettes, en steaks, elle me convoqua au boudoir.

Elle fumait son cigare du soir, et son regard noir et fermé me glaça. Je dus lui raconter par le menu ma journée, mes papouilles et mes papotages.

Elle réfléchit un instant puis m’infligea l’une des punitions les plus terribles de la tradition familiale : elle m’épila les aisselles à la pince-monseigneur. J’ai beaucoup pleuré.

Ah ! Je m’en souviendrai du jour où ma grand-mère a voulu prendre (d’assaut) le tégévé !

  gm

Vous en dites... - Vous fûtes plusieurs... 2 très exactement. - Publié dans : Les histoires de ma Grand-Mère - Communauté : La gazette des blogs
Vendredi 3 juin 2011 5 03 /06 /Juin /2011 09:00

La boue collera jusqu’au bout aux guêtres de tous ceux qui se vautrent dans la soue. C’est la fatalité de la bêtise. Grise, la bêtise, comme sans couleur, bien que tachée d’odeurs. La soue pue le porc, ce port où s’engluent ceux qui vouent l’autre à la boue. Quand l’humanité fait d’une rumeur une vérité avouée… Ou qu’elle choisisse de couvrir d’un mouchoir la noirceur des hommes. Alors les jours s’enrouent et boudent le bonheur. Le monde sombre. Et sombre est le jour qui se lève sur l’abjection. Il déferle comme une ignominie. L’Histoire rejoue le drame de Loth. L’immoralité est là, qui flotte. Dorée, trop argentée. Avides de valeurs aurifères, les Dieux nouveaux se pavanent. Et les hommes sacrifient à ces Dieux nouveaux. Derrière le flamboyant éclat d’or d’une richesse affichée, s’amoncellent les ordures. Les élytres des mouches bleues vrombissent. Les insectes déposent leurs larves pour que grouille la vermine affamée des chairs putréfiées. Le monde tombe en lambeau. Il implose sous le poids de sa propre déchéance. Il s’oublie dans la gadoue, et dans sa puanteur. Le mythe du bon sauvage a vécu. Le paradis n’est plus qu’un souvenir. Une engeance pullule, vorace. Elle s’entredévore pour quelques pièces et pour le pouvoir. Illusoire. Illusions de puissance. A la fin, tout ne sera que poussière. Qu’une pluie violente se déverse, alors la boue collera.

 

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Vous en dites... - Vous fûtes plusieurs... 0 très exactement. - Publié dans : Confessions particulières
Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 21:41

C’est une manifestation qui se déroule à Saint-Etienne, sur le week-end. Et c’est un beau moment. Il est organisé par la PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse). Il s’agit de présenter au public les compétences culinaires de jeunes gens qui peuvent être les auteurs d’actes délinquants, mais également en voie de re-scolarisation.

 

pg


Alors… Et bien… Je suis réellement émue des belles rencontres que j’ai faites aujourd’hui.

D’une part, c’est Monsieur Pierre Troisgros qui est le parrain de la manifestation Et c’est Monsieur Gilles Etéocle qui est le président du jury du concours des Tops Chefs.  L’inauguration s’est faite, outre la présence du Maire et de nombreuses institutions représentées, avec le concours de Dominique Rocheteau.  Et pour ces jeunes gens, venus de tous les coins de France, c’est une véritable reconnaissance.

Mais ce qui m’a touchée le plus, durant cette longue journée, ce sont les conversations que j’ai pu avoir avec les adolescents présents. Ils sont créatifs, vifs et, souvent, relativement cultivés pour leur âge. J’ai compris quelque chose d’essentiel. Lorsqu’on les croise, qu’ils vont au musée, ou qu’on leur propose une activité, on a parfois le sentiment qu’ils s’ennuient, qu’ils sont en retrait. Ils mémorisent tout, ils digèrent et s’approprient tout ce qui pourra, un jour ou l’autre, ranimer l’envie de se reprendre…

 

Ce parcours du goût, c’est au Parc Expo, jusqu’à demain soir. Si vous être dans le coin, allez goûter la confiture de carotte, boire du sirop de melon ou de rose, déguster tous les petits plats qu’ils mijotent au fil des heures : escargots en beurre d’ail, tapenade, toutes sortes de cakes, des meringues à la lavande, de la limonade de mirabelle… Surprenant et délicieux. Il y a à voir aussi, sculptures sur pastèques ou fabrication de couteaux.


L’entrée est gratuite.


 

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Vous en dites... - Vous fûtes plusieurs... 2 très exactement. - Publié dans : Murmures au jour le jour
Samedi 28 mai 2011 6 28 /05 /Mai /2011 21:27

Elle ouït mon ouïe. Et bien, en plus. Bon d’accord, le verbe ouïr se conjugue avec le verbe avoir. Mais c’est moins drôle, alors je choisis de ouïr plutôt que d’avoir ouï. Oui !

Depuis mon enfance la finesse de mon ouïe me ravit. Au point que, planquée au dernier rang de la classe, j’entendais, que dis-je j’entendais, je distinguais les murmures de mes copines chuchotant sous le nez de la maîtresse. J’ouïssais si bien que je n’ai jamais pu supporter les boîtes de nuit, la musique trop forte et les cris des bébés. Ça me déchire les tympans tous ces sons trop sonores...


En conséquence de quoi la manie de klaxonner qu’ont les jeunots trop pressés devant mes vitrines de travail m’agace, m’exaspère, m’enrage.


L’aut’jour, une pauv’dame tentait de faire un créneau dans ma rue. Etroite la rue, très étroite. Du coup elle bloquait le passage. Arrive, dans son auto blanche, moteur ronflant, fenêtres ouvertes, un mickey des villes, de ceux qui font chauffer la gomme sur le macadam. Furieux, le mickey des villes, d’avoir à patienter que la pauv’dame, maladroite au demeurant, en finisse avec son parking. Voilà qu’il s’excite sur son avertisseur. Je fais un bond d’au moins cinquante centimètres, et je sors l’engueuler comme une furie, comme un diable sort de sa boîte, la mèche rebelle et, presque, la bave aux lèvres. Interloqué, apprenant, visiblement parce qu’il l’ignorait, que c’était interdit et qu’il risquait une amende, il enfonça de plus belle son klaxon. En m’insultant. J’ai pris mon téléphone et je lui ai fait croire que j’allais m’en remettre à la maréchaussée.

Enervé le mickey de ville… Caca morveux de base. Sur le coup j’ai cru qu’il allait descendre et me trousser une torgnole.

A ce moment, qui devenait critique, la pauv’dame en termine avec son créneau. Le mickey repart en klaxonnant. Et l’histoire s’arrête là.


N’empêche, avoir l’ouïe fine, ouïr fort et bien, c’est une forme de handicap, ça vous pousse à la hargne. Moralité : Ouïr bien n’est pas jouir.

 

  oreille

Vous en dites... - Vous fûtes plusieurs... 0 très exactement. - Publié dans : Quotidien d'une Salers - Communauté : C'est une histoire de filles...;)
Jeudi 26 mai 2011 4 26 /05 /Mai /2011 17:20

Je suis très malheureuse ! Enfin, « malheureuse », façon de parler. Mal traite serait plus juste, pour une salers. J’ai la poisse (et non l’époisses) en ce moment. Tout a commencé par ma machine à laver la vaisselle (pas la trayeuse). Elle ne veut plus fonctionner la vilaine ! Elle refuse de se vidanger (pas les pis) et, du coup, de se remettre en route (grève du lait ?). Un noyau d’olive… Une feuille de laurier… Une miette de pain… Qui est coupable de bloquer un clapet, quelque part, au fin fond du filtre ? Qui est le nuisible qui dénature l’outil le plus utile d’une cuisine ? Ah ! Ben comme elle est pleine, la machine, je n’arrive pas à trouver le problème (en l’occurrence le filtre). Faut que me je fade toute la vaisselle à la paluche. J’y vais petit à petit. Je ne dois pas me surmener. Des fois que ma cheville renâcle. Je sais, c’est une excuse. Et pis, surtout, je déteste faire la vaisselle. Après, j’essaie encore une fois de trouver le filtre. Et sinon, j’appelle le docteur de l’électro-ménager. C’est que j’ai pris goût à la fainéantise domestique. Je n’aimais déjà pas ça, le ménage, la technologie ne m’a pas améliorée…


En plus, depuis lundi, je ne peux plus télécharger de photos sur mon blog. J’ai été chougner tant et plus dans les forums d’aide… Y paraît que je suis la seule, alors ça vient forcément de moa ! Soit.

N’empêche que j’ai trouvé, après trois jours de tests, de mise à jour (j’ai fait tout comme la docteur d’over-blog disait). C’est un machin qui s’appelle « Shockwave Flash 10.3.181.14 » qui, lorsqu’il est activé, permet de charger deux cents photos d’un coup, mais qui ne fonctionne plus chez moi, depuis la mise à jour du 18 mai. Je ne l’ai pas demandée, la mise à jour. Elle s’est insinuée toute seule, comme une grande. Une calamité, oui ! Ça colle, genre date de l’incident. Mais ça me handicape vraiment. J’ai 180 photos à télécharger, alors une par une, c’est le bagne ! Je m’en suis déjà coltiné 70, ça m’a pris plus d’une heure fastidieuse. Je finirai demain si j’ai le courage.


Tout ça pour dire que, entre Tanche et Salers, je ne sais plus quel est mon destin. Salers dans l’âme, tanche dans les faits.

 


 

ouin

Vous en dites... - Vous fûtes plusieurs... 1 très exactement. - Publié dans : Quotidien d'une Salers
Mercredi 25 mai 2011 3 25 /05 /Mai /2011 22:32

Voici qu’est revenu le temps, pour une année, d’avoir à subir les dires des uns et des autres, des unes aussi. Les tracts vont voler, les affiches vont coller. Dans un an, nous aurons un autre président, une présidente, ou bien Sarko le retour.

Sarko le retour n’enchanterait pas notre monde puisque, ne pouvant briguer un troisième mandat, il pourrait s’en donner à cœur joie : déréglementer, dénationaliser, privatiser (euh ! c'est pareil !), imposer, sécuriser plutôt que prévenir. Américaniser notre pays à tour de mots et de réformes, le maltraiter jusqu’à le défigurer.

Tout ça, ça n’est pas un programme, tout juste des querelles qui vont se vautrer dans la boue, et des injures ou insinuations qui vont fuser.

Pendant ce temps-là, le monde reste à réinventer.

 

Parfois, le soir, je vais zoner sur les forums politiques. Et parfois je laisse un billet, un avis. Les plus actifs sont nos concitoyens prêts à porter la Marine au sommet de l’état. Cette idée me glace. Le monde de Marine est aussi noir qu’un tunnel. Il n’y a plus de rêve, juste de la haine. Il n’y a pas de projet, juste des promesses fumeuses.

 

Ces balades au fil des avis me laissent un goût de cendre dans la bouche. Alors, rêver demain… ce soir, c’est difficile.

 

demain

Vous en dites... - Vous fûtes plusieurs... 0 très exactement. - Publié dans : Rêver demain...
Lundi 23 mai 2011 1 23 /05 /Mai /2011 21:49

Les apprentis artistes sont de sortie. Il s’en étale, sur la grande place, sur les pavés (les vicieux… euh ! les pavés, pas les apprentis), dans les pelouses, sur les bancs. Une brochette d’artistes alignés croque les arbres, le kiosque à musique, la cathédrale… et, sans doute, toute une variété de détails que nous autres, citoyens aveugles, ignorons, à force de passer sans regarder. C’est le même endroit que la promenade des mémés. Mais il n’y a pas de mémés, ni de grappes de mémés, au moment où j’observe les apprentis artistes.


Je suis en route pour l’une de mes dernières séances de triturage de cheville. Yep !


Et j’ai peur d’écraser un apprenti artiste et de me casser la gauche. Et voui. Mais, comme ma curiosité l’emporte sur la prudence, je me faufile entre les raisins et les chaussures abandonnées. Entre les pieds nus et les fusains. Et je vole, d'un regard, d'un clin d'oeil, une œuvre en vitesse. Des arbres noircis et le clocher dessiné.

C’est rafraichissant de contempler ces jeunes gens qui rêvent d’être les metteurs en scène de la conscience artistique. Le rôle de l’art n’est-il pas d’interroger nos sociétés ? Aussi. Parmi eux, il y aura peut-être quelqu’un de grand talent, ou peut-être pas. Mais ce qui est important, à mes yeux, c’est que, bravant la morosité ambiante, le déni d’avenir que nous offrent nos mondes trop arrosés d’argent, certains choisissent une voie précaire. L’art devrait rentrer dans l’entreprise et le monde marchand. Il amènerait de l’humanité, et du lien social.


Qui s’en soucie ?

 

artistes

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Jeudi 19 mai 2011 4 19 /05 /Mai /2011 22:03

Les mémés sont de sortie. C’est normal, il fait beau. Il y a tout plein de mémés dans les rues. Elles sont vêtues de jolies robes à fleurs. Les mémés fleurissent. Il y en a des sèches et des replètes. Il y en a des fringantes et des traînantes. Des qui trottinent et des qui patinent.

Des grappes de mémés s’égaient sur les trottoirs. S’arrêtent par moment, pour taper la discute. Les rues retentissent des rires stridents des mémés en goguette.

C’est le premier effet chaleur.

Le deuxième effet, c’est que j’ai toujours peur de tomber sur une mémé qui s’arrêterait brutalement devant moi. Je ne maîtrise pas encore ma démarche, et encore moins ma cheville convalescente. Je n’ai qu’une trouille : me casser la deuxième en bousculant une mémé, ou en glissant sur ces pavés criminels, après une ondée printanière.

Les mémés sont de sortie, comme les violettes à Toulouse. J’aime bien les mémés. Elles sentent le citron ou la lavande. Vue de mon champ roussi, une mémé c’est comme une pâquerette. Ça met du blanc dans la pelouse.

Le monde des mémés est sucré, bien loin des crasses d’un monde où le salace le dispute à la mélasse… Encore que… J’imagine bien que des mémés, dans une maison pour mémés, puissent se disputer un pépé, un dentier, un saint-honoré, avec férocité.


 

les memes

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Mercredi 18 mai 2011 3 18 /05 /Mai /2011 20:39

Un peu de magie dans un monde qui se partage entre Freddy et Ubu Roi. Après-midi cinéma avec ma petite maman.

C’était un joli moment, avec des images superbes et une nostalgie romantique qui m’ont mis le cœur à l’envers.

Le dernier film de Woody Allen est une merveille. Où l’on retrouve toute la fantasmagorie que j’avais adorée dans « La Rose Pourpre du Caire ».

C’est l’histoire d’un jeune homme qui rêve d’écrire, qui tourne autour de son sujet, et qui s’imagine que le temps d’avant était plus doux. Le temps d’avant… A Paris, aux douze coups de minuit, tout est possible. Et le temps d’avant se présente, incarné par une superbe voiture jaune, alors que le jeune homme cuve sa dégustation de vin sur les marches d’un escalier.

Au pays de ses songes, il rencontre Hemingway, Picasso, Buñuel, Dali, Fitzgerald, Germaine Stein… Au son des accords déchirants de Bechet.


C’est l’histoire de cet âge d’or que l’on cherche, qui dans ses livres, qui dans ses mots. Ce merveilleux passé, fabriqué à la lumière de nos regrets et de nos émotions.

 

Un peu de poésie… envie de poésie.


 

minuit

Vous en dites... - Vous fûtes plusieurs... 0 très exactement. - Publié dans : Quotidien d'une Salers
Dimanche 15 mai 2011 7 15 /05 /Mai /2011 21:05

Comme une claque, une baffe, un coup de pied à l’arrière-train. C’est quoi « la politique » aujourd’hui ? En navigant sur cette toile de tous les mots, on trouve tous les maux épluchés, décortiqués, analysés, psychotisés.

Entre les pros et les antis DSK, ça devient du délire. Parce qu’en même temps, il y a une procédure judiciaire qui devra aller jusqu’à son terme. Donc, il faut attendre.

Les affreux à l’affut de la moindre poussière à remuer, en font déjà des nuages. Debré parle et la Marine va bientôt porter plainte. On fait dans le fond de vécé, dans la culotte de nouveau-né, dans la bouse fraîche. Ça attire le chaland, ça titille le malsain, ça fait rigoler, aussi, hélas !

Pour moi, les choses sont assez simples : tant qu’il n’est pas condamné, tout ce foutoir n’existe pas. Je le pense aussi pour Villepin, Chirac, comme j’accepte que Pasqua ait été relaxé. C’est le minimum d’humanité que l’on doit à des accusés. Qu’ils ne soient pas coupables d’avance. Et, j’aurais trouvé ça moral, qu’on n’en parle pas, ou peu, en attendant les décisions de la justice.

C’est quoi « la politique » aujourd’hui ?

 

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Vous en dites... - Vous fûtes plusieurs... 0 très exactement. - Publié dans : La révolution des P'tits Papiers - Communauté : La gazette des blogs
Dimanche 15 mai 2011 7 15 /05 /Mai /2011 15:28

It's me

Riyad Clarence

Murmures musicaux

 

Les morceaux de musique qui rythment ma vie...


 

 

Et la musique classique...


 

 

La musique d'ailleurs...

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    La tranche de vie d’une salers, c’est une plaquette de beurre. La plaquette descend du pis, c’est évident. J’ai des grosses tranches de vie qui se bousculent pour s’exprimer. Aux premiers...
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  • Au pays des bonnes résolutions…
    C’est de saison. La bonne résolution arrive avec le dernier jour de l’année, comme les poux avec la rentrée scolaire. C’est dire ! On n’échappe pas à son dictat. Il faut s’en faire des...
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    En plus d’être une salers, j’appartiens à un club d’endives… Ya rien à comprendre, c’est le destin. Qu’est-ce qu’une endive ? Ça c’est une bonne question. Une endive, pour résumer, est une...
  • Le premier jour du reste de ma vie…
    C’est une sensation d’absolue plénitude qui me surprend, parfois… Le premier jour du reste de ma vie. Chaque matin depuis peu. Inventer le jour pour qu’il m’offre de tous petits cadeaux :...
  • Endive vs Université
    Immersion totale dans le dialecte des sciences de l’éduc. Chaque métier a son jargon, c’est bien connu. L’informaticien se délecte de bits et d’octets. L’ingénieur de formation s’abandonne...
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  • Une endive à l’université…
    La partie « endive » de mon auguste personne, par ailleurs salers salement salée, et vieille petite fille équipée d’une boîte à connerie, surgit comme tanche de la mare, en frétillant. Mes...
  • Pauvre petit vieil homme !
    C’était un petit vieux chenu et voûté. Un tremblement, lié à son grand âge, ne le quittait que rarement. Il aimait se tenir au coin du feu, un grand châle tricoté par son épouse défunte...
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