Ici, j’ai raconté comment nous avions, le soir du nouvel an chinois, ma môman, ma sœur Camille et moi-même, découvert, au fil de nos errances, un restaurant offrant de pornographiques rouleaux de printemps qui furent illico baptisés des Roccos. En plus d’en faire une note, je n’ai pas pu m’empêcher de narrer par le menu cette aventure à ma chère amie Hélène.

Et le soir de la Saint Patrick, nous voilà trois femelles en charivari, ma nièce, Hélène et moi, à chercher quelque lieu de perdition où boire plus que de raison la bière du jour. Après tout, cela n’arrive pas si souvent.

Nous voguons, de fête en fête, et l’ambiance est plutôt familiale. Nous autres, célibataires parées comme pour un premier bal, ne trouvons pas vraiment notre compte à ces gentilles ambiances, même si nous apprécions la chaleur de nos hôtes autant que la musique proposée. Après tout, si nous ne sommes pas à la recherche de l’homme de notre vie, nous n’en demeurons pas moins très ouvertes à de surprenantes rencontres.

Bref, il nous prend une petite faim, et Hélène, qui n’a pas oublié l’histoire des Roccos, se pourlèche les babines tout en suggérant que nous allions nous sustenter de ces prometteuses mises en bouches…

Aussitôt dit, aussitôt fait. Posées tranquillement à la même table que la dernière fois, nous commandons, avec des airs de poules qui gloussent, ce sujet de nos fantasmes, et attendons, fébriles, qu’arrivent ces friandises.

Nous ne sommes pas déçues, encore que je les ai trouvés un peu plus courts que la dernière fois. Mais bon, sans doute une question de pliage. Il n’empêche que, Hélène étant une fille prévoyante, un appareil photo sorti de son sac a saisi, pour l’éternité, ces obscurs objets de nos désirs.

Vous comprendrez que j’ai coupé mon visage et tenté d’adopter une attitude digne pour la photo, n’osant pas, sans doute à cause de mon grand âge, plus sûrement à cause des autres convives, jouer avec cette phallique entrée.

A vous d’apprécier…


Bon, j'avoue, j'ai peut-être exagéré... mais quand même, ils sont de bonne taille.


Vous fûtes plusieurs... 10 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Murmures au jour le jour

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Il y a des nuits tendresse où, le corps fourbu mais comblé, je rejoins ma couette , tôt. Dans la chaleur du lit je me prends d’aventure, je navigue, j’explore… Avec, pour seuls compagnons de voyage, deux bouquins, deux gros volumes que j’affectionne plus que tout : le Bescherelle de la conjugaison, l’orthographe et la grammaire ; et le Robert des synonymes, nuances et contraires.

J’ouvre les pages au hasard, et, de mot en mot, de règle en groupe nominal, je découvre un monde foisonnant, généreux, riche, abondant, surabondant. Comme quoi un adjectif peut se pointer avec sa cohorte de copains…

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Encore imprégnée de son odeur, que je me suis bien gardé d’évacuer d’une dévastatrice douche, tant j’aime me renifler imbibée des fragrances de mes ébats, des effluves de lui, j’ouvre ma grammaire au petit bonheur la chance. Et j’ai toujours, lors de mes dérives au pays du langage, une feuille de papier et un stylo prêts à jouer avec moi.

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Je tombe sur : « La morphologie du verbe, forme passive et forme active »

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Mon esprit ne fait qu’un bond, il retentit, il mouline des phrases à ne pas pouvoir les noter.

Active, ma bouche cherche ton sexe que je sens abandonné à ma langue… Passive, je me laisse emmener vers ce plaisir que tu sais si bien me donner, ouvrant tout mon corps à tes mains, à toi, tes caresses, cette intime attention que tu as de me conduire jusqu’à trembler…

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Mais plus simplement, l’exemple donné est : j’aime et je suis aimée.

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Je continue ma ballade au pays de la grammaire, je ne cesse de tourner les pages en laissant l’ange des bibliothèques me concocter des surprises. Je me pointe dans la région des graphies.

Il y a « s » comme saucisse, mais aussi « c » ou « ç » comme vorace ou glaçon… Ah ! le « c » comme vorace!

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D’une atroce audace, ton appendice s’avance, s’enfonce dans cet orifice qui me fait le caprice d’une appétence féroce. Douce Lucrèce, en concupiscence, je balance, d’une vorace effervescence. Dommage qu’ivresse ne s’écrive pas « ivrèce »…

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Mais voilà que, dans mon errance, j’aperçois les rives découpées d’une île où se prélassent les synonymes. Deux mots m’accueillent sur la plage, s’enfuir et ennui, qui peuvent prendre bien des sens, fuir ou s’échapper, abattement ou souci. Cachés derrière les cocotiers, bonheur et euphorie dansent en m’adressant de jolis sourires.

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Je regardais ma vie où je ne percevais que désœuvrement, accablement. J’avais alors un cafard, un dégoût de tout qui m’alourdissait de lassitude, de fatigue, cette insupportable langueur teintant tantôt de mélancolie, tantôt de tristesse un quotidien noir de spleen. Je n’avais plus qu’une envie, fuir, déguerpir, disparaître. Je n’avais embrassé, ces dernières années, que mésaventures, tracas et contrariétés. Je rêvais de détaler, de m’évader, de prendre la poudre d’escampette, d’enfiler la venelle et de tirer mes grègues.

Et puis, un matin, tu étais là, à verser sur cette misère un baume couleur d’allégresse. Elle m’avait désertée, cette misère. Je chantais la joie, l’enchantement. Je dérivais, bercée d’une vague en liesse, dont l’écume, moussue de félicité, de jubilation même, cajolait mon cœur en paix enfin, de calme et de sérénité. Mais les fortunes m’ont si souvent lâchée en route, que d’avanie en vicissitude, j’en ai conçu l’angoisse stupide de l’abandon…

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Contemplant le fil un peu noir de mes pérégrinations, j’ai décidé de retourner à ma grammaire. Ouvrant le bouquin une fois encore au hasard, je me suis endormie avec le son « cière »…

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Il est possible que je sois un peu sorcière, mais je me sens, par dessus tout, nourricière et pâtissière. Je suis presque fière d’avoir, dans ma gibecière, une lampe à frotter qui ressemble plus à une saucière qu’à celle d’Aladin. Je ne serais jamais la tenancière de quelque prison policière. Afin de gommer toutes les ères glaciaires, je peux, romancière, inventer une chaumière où reposer ton cœur de rétiaire. Et tu jouerais de moi, flûte traversière, jusqu’à ce que je tombe en poussière.

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J’ai toujours confondu le rêve et la réalité.


Vous fûtes plusieurs... 14 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Mignardises et macarons

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Hier, j’ai reçu une enveloppe. Bleue, avec de drôles de petits dessins, et l’adresse était rédigée d’une main inconnue. Lorsque le Préposé des Postes et Télécommunications a frappé à ma porte et m’a tendu la liasse du courrier, il avait un petit sourire entendu, et je n’ai pas réagi, dans l’instant. Comme à mon habitude, j’ai déposé le tas sur le guéridon. Le courrier se résume, de coutume, à des réclamations ou les recommandations des membres ennuyants de la famille.

C’est en revenant de chez mon amie Luciole que j’ai aperçu la missive qui avait chut. Elle faisait une tache claire sur le tapis de sol. Ma curiosité s’en est trouvée derechef titillée. J’ai ouvert la lettre. Elle était à l’entête de la Compagnie des Chemins de Fer du Roy Benoît. Et, en substance, elle racontait ceci :

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-« Chère Mademoiselle Prunelle, nous avons l’honneur de vous faire parvenir ce billet de convoiement qui vous est gracieusement offert par quelque personne dont nous ignorons l’identité. La consigne est cependant formelle, vous devez vous présenter demain, 16 mars 1916, à 16h16, à la gare centrale de la ville. La destination finale de votre train est notre belle capitale. Comptant sur vous, j’ai bien l’honneur, Mademoiselle Prunelle, de vous souhaiter un agréable voyage et un non moins agréable séjour. Le Chef de Gare. »-

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J’en suis restée confite, interloquée, sidérée. J’ai cru, de prime abord, à une plaisanterie. Mais le billet paraissait vrai, valide. Il me fallait en avoir le cœur rassuré. Rapidement, j’ai chaussé mes richelieus, je me suis couverte de ma crinoline, j’ai saisi mon ombrelle et suis partie d’un pas volontaire en direction de la gare. Lorsque je suis arrivée, nous étions moultes badauds, agitant tous l’enveloppe et le billet, l’air interrogatif, à vouloir certifier cette curieuse aubaine. Mais il n’y avait nulle tromperie dans l’offre. Un train avait été effectivement affrété par un, ou des, inconnus et toutes les places avaient été distribuées.

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Je suis rentrée à mon domicile, rêveuse et dubitative. Je m’interrogeai… Ce pouvait être une surprise de mon tendre ami, le Prince Rodomont, désireux de me prendre, enfin, dans ses bras, après ces années de cour échevelée. Un délicieux frisson me parcourait l’échine, à l’idée, certes inconvenante, d’aller perdre enfin ma virginité dans La Belle Ville. Ou ce pouvait être mon oncle, le Duc Archibald, qui m’offrait mon bal de débutante, il en parlait déjà depuis plusieurs années, et je vieillissais. Ce pouvait être aussi quelque vieille pie malveillante, cherchant à me compromettre, à souiller ma réputation ou à faner ma beauté. Que sait-on finalement de ces horribles sorcières ? Je vous le demande…

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Je n’avais qu’une journée, tout au plus, pour me décider. J’ai passé, cette soirée là, par tous les affres de l’incertitude. Je tournais en rond dans le boudoir. J’ai même fumé ma pipe d’opium sans me rendre réellement compte que je sacrifiais à une habitude. Mon esprit voguait le long de la voie, mon cœur courrait vers ce cher Rodomont. Car je pris le parti de croire qu’il était mon hôte mystérieux.

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Ce matin, je me suis levée excitée comme trois sauterelles. Tout en faisant ma toilette, j’ai chantonne, j’ai gigoté, au point que ma servante n’a pas pu me rincer la chevelure correctement. Ma malle a été longue à remplir, il me fallait ma robe de brocard de soie, de ce mauve chatoyant qui enflamme mon teint d’espagnole. Je ne voulais pas oublier mes dessous en dentelle de calais, si fins, qu’Arachné elle-même serait blême de jalousie, à les contempler. J’ai pris mes bottines, celles aux innombrables laçages, qu’un homme amoureux se devrait de dénouer patiemment  avant que de découvrir mon pied mignon. Falbalas et fanfreluches, boas et bas se sont entassés joyeusement ; quelques ombrelles, ma trousse contenant mon maquillage et mes onguents, mes huiles et mes parfums sont venus compléter ma panoplie de virginale séductrice. Et je n’ai pas omis ces quelques bijoux qui parent la femme d’un incomparable éclat, émeraudes, saphirs et rubis.

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En début d’après midi, lorsque le coche s’est présenté, je trépignais déjà de l’impatience d’une jeune épousée. Je sentais sourdre la légère angoisse d’arriver bien trop tard… Que le trajet m’a paru long, entre l’étroitesse des rues, la lenteur des badauds, et le croisement d’autres coches ! Et périlleux ! Les rombières jetant leurs ordures par les fenêtres, directement dans le caniveau, les manants se jetant sous les pas des chevaux, toutes ces incartades menaçaient mon déplacement.

J’ai peiné à trouver quelque gaillard porteur qui voudrait bien se charger de ma malle. Ils étaient déjà tous bien occupés à convoyer le bagage de chacun des invités du train de 16h16. J’ai piaffé, inquiète de rater le départ, ou de devoir me séparer de mes atours.

Ainsi, je suis désormais confortablement installée dans un wagon, dont les sièges, hauts, confortables, m’enveloppent. D’un rouge sang de pigeon, ils sont ornés d’armoiries brodées, d’un bleu canard, dont je ne connais pas, du reste, l’altesse qu’elles représentent, ou le parvenu… Qui peut dire. Ce monde est devenu si versatile que l’on voit chaque jour Prince déchoir et Gueux s’enrichir. Nous sommes quatre, je ne connais aucun de mes compagnons de route. Ils me paraissent, les uns et les autres, ma foi bien empruntés, légèrement vulgaires. J’ignore par quelle ironie notre hôte, au demeurant si délicat, a pu imaginer que je bavarderais avec ces personnes.

Lorsque le voiturier m’a installée, place 16, voiture 16 –ironie du sort ou malice démesurée, je l’ignore- j’ai trouvé une boîte de ces délicieux chocolats que j’affectionne, accompagnée d’un mot subtile me souhaitant le bon jour. Une coupette d’un excellent champagne pétillait, n’attendant que mes lèvres.

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J’ai sorti de mon sac, ma plume et mon carnet de molesquine, je vais noter mes rêves et mes remarques durant cette cohabitation forcée. Je gage que ces personnes n’oseront pas, de fait, m’adresser la parole. Et je dégusterai paisiblement ce divin breuvage ambré, qui chatouille la gorge et qui éclate en bulles joyeuses sous mon crâne brassé d’émotions.

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Soudain, j’entends le sifflet strident du chef de gare, le ronflement des chaudières qui donnent à plein régime, les portes qui se bloquent. Un fracas assourdissant accompagne les premiers tours de roues du train qui s’ébranle, ça cahote. Nous sommes secoués et le maigre échalas assis à ma droite laisse échapper quelques gouttes de sa Veuve Cliquette qui gerbent de sa coupe, quel gâchis ! Je l’observe, il est boutonneux bien que déjà dans sa trentaine. Ses dents jaunes n’engagent pas au baiser et sa tenue laisse à désirer, son col est parsemé de pellicules, ses revers sont mal cassés, son haut de forme est fatigué. Face à moi, une  matrone, qui sent le suint et le graillon, se tripote un nez qu’elle a éclos et rougeaud, un de ces nez qui reniflent sans arrêt, comme celui d’un porc truffier. Sa tenue est rapiécée, noire. Elle m’évoque un corbeau des villes, trop bien nourri de déchets, et je glousse dans mon dedans en notant ces quelques mots. Notre quatrième compagnon est un vieillard, racorni, à l’air malingre, souffreteux. Il a l’air de somnoler, mais je sens son œil chafouin me détailler, tenter de percer le secret de mes dentelles, la transparence de ma peau si soignée. Lorsque nous serons enfin rendus à l’arrivée, je me plaindrais à mon cher Rodomont du mauvais choix de mon wagon.

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Je suis subitement submergée d’une vague de chaleur, je suffoque, assaillie de l’odeur des corps négligés de ces personnes. Il me serait agréable de me dégourdir les jambes, de visiter ce train, de localiser le restaurant où j’irais volontiers me sustenter un brin. Mon estomac, d’un disgracieux gargouillis, me rappelle brutalement que je n’ai rien avalé depuis la collation d’hier au soir.

Je navigue, agrippant d’une main ferme le garde corps haut placé, le long des fenêtres. Et je me permets un regard dans les autres cabines. Au bout d’un moment, je m’aperçois d’une curieuse configuration. Chacune de ces sortes de boudoirs, intimes, décorés tous à l’identique, accueillent un vieil homme courbé, une grosse femme en noire et un homme jeune et bourgeonnant. Et chaque fois, ces humains de peu entourent une superbe créature, soignée, jeune, élégante et dont la culture et la noblesse marquent l’allure et les traits. En vérité, je sens comme l’ombre d’une inquiétude sourdre en moi. De plus, et j’en suis restée coite, moi d’habitude si prolixe, si rompue aux arcanes de la conversation de salon, toutes les voitures portent le numéro 16, et nous sommes toutes assises, nous, les dames, à la place 16.

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J’atteints le wagon restaurant et je commande une collation frugale : concombre,  saumon, un toast chaud et délicat, sorbet citron arrosé d’une lichette de vodka. Peu à peu, les demoiselles me rejoignent. Je perçois l’odeur acide de la peur qui nous enveloppe, je nous pense envahies de malaise et d’étonnement à la fois. Nous portons la même robe, nous pavanons du même port, avons la même épingle en ivoire retenant nos cheveux. Je perçois, à l’infini, mon regard dans le regard des autres. Et la panique me transperce. Avant que nous nous évanouissions, toutes, je me souviens n’avoir pas reconnu mon Préposé habituel, hier au courrier…

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Les deux vieilles se regardent en fumant tranquillement la dernière cigarette avant le coucher. La première a demandé à l’autre : « Tu crois qu’elle a compris ? ». Et l’autre a répondu : « Nan ! ce genre d’arrogante met une éternité à sentir l’essence de la vie, des êtres et des pierres. Le train peut rouler des années avant qu’elle ne se repente. Si elle aime le concombre, le saumon, le champagne, elle sera morte avant de se souvenir du visage éploré de l’enfant, effondré sur le cadavre d’une mère. Elle aurait du la faire piquer, cette jument vicieuse agressant ceux qui ont le malheur de passer à portée de sabot. Mais la jument va si bien à son teint d’espagnole ! ».

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C'était un atelier d'écriture à thème... sur une idée d'Enriqueta. Merci à toi...


Vous fûtes plusieurs... 12 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Mignardises et macarons

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Il m’arrivait de repenser à ces lointains instants où ma vie est devenue une tragédie. Trop souvent.

Oh ! rien de grandiloquent, pas de ces drames qui occupent les pensées des tribuns, les discours des élites, non ! Juste l’ordinaire tragédie du temps qui passe, celle d’un quotidien qui s’affaisse, des jours qui filent et qui vident des rêves et des espoirs. Ma vie, celle qui s’achève, je crois que, dans mon grand livre personnel, elle n’occupera que quelques pages, tant elle aura été une profusion stérile. Elle ne vaudra que par l’encre jaillie du stylo pour l’écrire. Et je ne penserai plus…

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Je suis né, j’ai grandi dans un monde bouillonnant, riche des idées qui se créent et qui se confrontent. J’aurais pu me contenter de dériver sur cette vague, issu d’une famille aisée, et récolter le savoir comme l’oison à qui l’on donne la becquée. Mais, avide de mots, assoiffé de concepts, je cherchai durant ma jeunesse, à recueillir la sagesse de bien des maîtres, acceptant même que ces enseignants soient parfois des maîtresses. Seul avant tous, je trouvais la femme pleine d’une altérité qu’il me ravissait d’aller boire, me désaltérant à cette jouvence. J’aimais les femmes au cœur d’une civilisation qui n’avait d’yeux que pour son élément mâle.

Avant de trouver ma voie, j’exerçai bien des métiers, je fus tour à tour sculpteur ou banquier. Ce temps là était le temps de toutes les audaces où l’on pouvait le soir endosser la toque du magistrat quand au matin l’on avait perdu son procès. J’étais laid et ce fut là mon erreur, ma civilisation considérant que la laideur était le témoignage physiologique de l’intempérance et du vice. Je n’étais pourtant responsable en rien de ma calvitie, de mon teint rougeaud, pas plus que de ce nez camard qui mangeait la moitié de mon visage. Je me nourrissais frugalement et j’étais cependant petit, presque aussi large que haut. Je n’avais de grâce que ma nudité virile lorsque, le genou déjà posé sur le lit, je brandissais fièrement ce membre proéminent, qui ferait les délices d’une.

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Lire l’inscription gravée au fronton du temple d’Apollon, à Delphes, changea mon destin. Connais-toi toi-même. Les lacunes d’une telle affirmation me laissèrent des jours durant pensif et sceptique : j’étais hideux, je serai philosophe et ma disgrâce me serait pardonnée. L’écran fumeux de ce poncif se déchira, j’adoptai désormais une autre conviction : je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien. Et j’épousai la pauvreté comme compagne ordinaire.

Je me suis dépouillé, de tout. Mes beaux vêtements se raidirent de l’usure, je devins le gueux. Mes chaussures se décomposèrent, il n‘en resta que quelques lambeaux, je devins le va-nu-pieds. Bien trop occupé à réfléchir, je ne travaillai plus, je devins le mendiant. Il me fut assigné la tache de parcourir les rues de la ville, enseignant le manant, me scrutant moi-même, et les autres. Je fus roué de coups, battu, par les passants qui n’aimaient pas que je les traîne de discussion en polémique. C’était mon heure de gloire, ma grandeur, ma royauté là où mon royaume n’était qu’un pâté de maisons et mon palais, un porche sale.

Bien avant quiconque, je discourais sur la méthode, en tant que finalité éthique. Je cherchais l’essence des êtres, du vivant et du minéral. Je regardais en moi, fasciné de me découvrir aveugle et ignorant. A force de plonger mon regard au dedans, je m’accouchais, expert en l’art d’acheminer les esprits et les consciences à examiner les pensées qu’ils renferment déjà. Un jour, cet art là porterait un nom, la maïeutique.

J’ai arpenté les chaussées, harangué et prêché, enseigné et accouché. Un soir je pressentis mon corps vieilli, usé, résigné. Et ce fut ma tragédie personnelle que de découvrir mon membre soudain flasque, avachi, inerte alors qu’une belle odalisque m’ouvrait ses ravines musquées. J’avais l’envie qui me tordait le bas ventre, je n’avais plus l’outil. J’aurais pu noyer ma honte et mon chagrin dans quelques verres d’un vin résiné. J’aurais pu m’anéantir de larmes ou de colère. Je fis ce que je savais faire : réfléchir. J’étais là, posé sur le bord d’un chemin, alourdi du chagrin de cette terrible perte, la tête abandonnée entre mes mains. Je suis resté ainsi prostré presque une décennie. J’ai déroulé tous les lieux qui m’accueillirent un jour, épluchant une à une les connaissances glanées. Il me revint ces objets rituels, en pierre, que l’on avait retrouvé sur une côte d’Afrique et qui singeaient mon inutile attribut. Il me revint ce cuir souple et chaud, que l’on importait d’une lointaine province, d’une péninsule située aux confins des colonnes d’Hercule, le cuir de Gadamès. Je trouvais soudain drôle et drolatique d’inventer un substitut à ce bout de chair qui me trahissait ; l’ironie désespérée d’un homme vieillissant, ne se résolvant pas encore à proscrire la chair féminine de ses nuits. Je lui trouvais même un nom, à cet artefact malicieux, Gaude Mihi, « réjouis moi » dans le dialecte d’une peuplade du nord. Je repris mon bâton de pèlerin, troquant le verbe pour l’objet.

Bien mal m’en pris, je fus la risée du peuple, tantôt cruel et moqueur, tantôt hostile. Certains se gaussaient de moi, d’autres m’accusaient de blasphème, de sénilité. Ce phallus là, que j’avais voulu beau, tendre, câlin, que je voulais complice de nuits torrides, ils l’affublèrent de noms ridicules : godemiché, gode, déformant son appellation première. Ce fut ma fin.

Ils diront qu’ils m’ont fait un procès et qu’ils m’ont condamné. Ma revanche est celle là, celle de jouer ma mort comme un chant lyrique. J’ai bu le jus du cytise, cet arbre dont les gousses noires semblent de gros haricots. Ils diront que j’ai avalé la coupe de ciguë, qu’ils m’ont contraint au suicide. Ils inventeront ma légende pour camoufler ma forfaiture. Et nul ne connaîtra jamais les dix dernières années de mon existence, mais mon œuvre me survivra.

J'allais mourir bientôt, il était temps.


Vous fûtes plusieurs... 3 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Mignardises et macarons

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Regarde la, elle a presque entamé la dernière course de sa vie, celle qui fut cette petite fille, cette ronde gamine, joufflue, affamée, riante. Parfois, dans sa vie, l’amour s’est penché, parfois. Souvent, les larmes l’ont inondée, souvent. Ses lendemains n’ont plus beaucoup de promesses, elle a déjà tourné le dos à sa jeunesse. Mais si ces instants qui lui restent sont comptés, alors qu’ils comptent le double.

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Si tu la rencontres, quelque part au coin d’une rue, sapée comme une gamine, c’est qu’elle brûle ses dernières cartouches. Elle s’accroche aux lambeaux de ses vingt ans avant qu’ils ne se diluent dans les années. Elle marche avec, dans chaque main, ses souvenirs qui la rassurent. Elle porte ses joies comme une écharpe à son cou, légère et virevoltant dans l’air des printemps précoces. Elle sème ses peines, des petits cailloux sur une déjà longue route, qui l’allègent et vident ses poches. Elle a marqué de mots ses tendres égarements, marqué de peaux ses tendres émois. Il ne reste presque rien des avants des amants, quelques prénoms cachés dans un coin de mémoire.

Si tu la rencontres, sans doute perchée sur un lit de refuge, close dans un regard qui s’ouvre, balayant le paysage du haut de sa montagne, prends lui le cœur qu’elle tendra. Son cœur n’est pas geôle, il ne broie pas, il est tendu vers un ciel. C’est un cœur à voler, emprunter, puis à rendre. Elle se résigne à devoir le garder, puisque jamais personne n’en a vraiment voulu. Mais c’est cadeau que de le recueillir quelques jours, quelques mois, pour qu’elle repose et qu’un autre se charge de lui. Ce n’est pas un cœur tout neuf, ce n’est pas une première main, il est parfois usé là où il fut touché, mais il sait encore aimer.

Si tu la rencontres, les jupon relevés, ne la juge pas à la mesure d’une injuste morale. Ses jupons ne se relèvent jamais plus d’ennui. Ils ne soulèvent désormais qu’à la lueur d’un œil vert, qu’à la douceur d’un sourire timide, qu’à l’impérieux d’un désir ardent. Ses jupons là ne sont pas cruels, ils virevoltent sur sa terre, ils inventent des arcs-en-ciel. Ils font ses ondées et ses rayons d’un soleil déjà blanc. Ils se déchirent, ils se raccommodent au gré de ses orages. Ils cachent aussi les chagrins en errance, ils consolent les douleurs à vider, les souffrances à déverser.

Si tu la rencontres, changeante, insaisissable, et qu’elle glisse entre tes doigts, serre là fort pour la retenir. Le velouté de sa peau frissonne déjà. Elle se courbera, jouant tes jeux, les yeux écarquillés de se découvrir jouissance. Et si elle a perdu la fraîcheur de sa jeunesse, elle a écrit tant de candeur entre ses rides. Cueilles ses dernières fleurs, elle sera fontaine…


Vous fûtes plusieurs... 8 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Mignardises et macarons

Ce dico fait des émules, à ma grande joie. Je crois qu'il va cesser d'être mon unique création.

C'est pourquoi cette note reprend d'anciennes propositions que je n'avais pas forcément incluses, mais aussi des contributions nouvelles, toutes plus savoureuses les unes que les autres.

C'est avec grand plaisir que j'accueillerai toute proposition, me réservant parfois le droit d'agrémenter quelque peu les définitions.

Yep ! Et que naisse un oeuvre collective.


De la plume de Lomi Lomi

 

Méfiage : Selon LomiLomi (sémanticienne bien connue, enseignant notamment à l’Université de la Rue des Blogs) méfiance due à l'expérience de l'âge. Il est notoirement connu qu’à la fin de sa vie, l’Empereur Yétibère était tombé dans le méfiage sans discernement, malgré le fait qu’il se poétiolait.

Merveillanse : (Source LomiLomi) Se dit d'un beau paysage breton très découpé par de petites baies et anses. Certains grammairiens un peu tatillons (cf. Pénélope Hulante) observent que la notion de merveillanse pourrait bien s’appliquer à d’autres criques et bords de mer.

Bienveillage : (Toujours selon LomiLomi)  Bienveillance en vue d’un grand âge. Le méfiage est au bienveillage ce que la méfiance est à la confiance.


Bonneveillance : (Dictionnaire des mots nés – LomiLomi) Veillée des vieilles et vieux avec beaucoup de malséance. Il est à remarquer que chez les yétis, la bonneveillance est l’ambiance naturelle animant les soirées d’hiver, au plus profond des grottes, lorsque les familles se regroupent autour du feu.


Malséance : (Dictionnaire des mots nés – LomiLomi) Bien qu’utilisant ce mot assez régulièrement, LomiLomi n’en donne pas une définition claire. Ceux qui ont attentivement étudié les ouvrages de cette sémanticienne ont tendance à penser que la malséance serait une attitude hostile adoptée lors de séances de spiritismes ou peut-être une sensation désagréable située à l’arrière train et ressentie lors d’une séance de cinéma dans une salle aux sièges particulièrement inconfortables. Espérons que LomiLomi nous éclairera à ce sujet dans un de ses ouvrages à venir.

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De la plume de Vagant

Sentimensonge: mensonge relatif à ses sentiments. A noter que les victimes de sentimensonges versent dans le méfiage sur leurs vieux jours.

Sentimentir: Utiliser des sentimensonges  pour arriver à ses fins, généralement sexuelles. Ex: Après m'avoir sentimenti, il m'avait gémiroité. Notons que Laurence d’Arabibine, lorsqu’il rencontra l’Empereur Yétibère, se crût obligé de sentimentir afin de séduire à des fins politiques, la fille préférée de l’éminent bonhomme, mais nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet.

Sentimenteur(euse) : Se dit d'une personne qui sentiment. Ex: draguer comme un sentimenteur. Les micavaleurs usent souvent de ce subterfuge pour vivre leur passion de la séduction sans discernement.

Clavarder: v. tr. Bavarder avec un clavier, en général sur internet. Synonyme anglicisme: chater. L’Empereur Yétibère, avant sa mort, s’est longtemps élevé contre le raccordement du Yétibet à la toile, arguant du fait que ce serait la mort des apéros gourgandinatoires lors des bonneveillances hivernales.

Clavardage: action de clavarder. Le clavardage mène parfois à l'ebranlette, rarement à la turlupitude. A noter que, avec l’apparition des premières relations de clavardage, une augmentation du nombre de mâles affublés de froisséxes.

Théroriser: Enoncer une théorie terrifiante. Ex: Certains politiques thérorisent. Quelques caractéristiques psychologies sont à remarquer chez les théroristes, notamment un indéniable propension à aimer la musique de Wagnerdeboeuf, ou encore à se rabattre sur des fonctions de bordélégués quand ils n’ont pas réussi à faire une carrière politique.

Et donc, créés pour l’occasion


Théroriste : Substantif issu du verbe théroriser. Qualifie celles ou ceux usant de ce mode de communication pour galvaniser les foules. Les tribuns sont souvent des théroristes. LePénible peut être qualifié de théroriste.


LePénible (1932 – Pas encore mort) : Homme politique contemporain, édenté et agressif, qui, par une terrible coup du sort et une étrange maladie, se voit contraint de se promener les bras en l’air et à manger du poisson tous les vendredis. Certains supposent que cette attitude pour le moins curieuse lui attirerait un électorat sensible aux effluves musqués qui émanent de ses dessous de bras. Il faut dire que sa part d’humanité est très peu perceptible dans ses discours. Il paraît donc normal qu’il rassemble autour de lui les quidams légèrement dépourvus de synapses.
 

Anonymes


Glorifieux : Terme né d’un lapsus d’un collaborateur de la grammairienne Pénélope Hulante qui signifierait « fier de sa gloire naissante ». Yétibéri est souvent qualifié d’être un glorifieux par ses ennemis politiques.

A noter :


Le mot fulminageoire, figurant déjà dans le dictionnaire, a été proposé par Ulminette.

Le premier écrivain qui osa utiliser ce dictionnaire se nomme Nico, du bar des Pingouins… Hommage lui soit rendu pour ce morceau de bravoure. Yep !


"J'étais en plein désert, quand je suis tombé sur une saharade. Il y avait deux hommes au comptoir : Laurence d'Arabibine mastiquait une gommelette entre deux verres, tandis que Yétibère lui déclamait des vers tout en se ratatinant. J'ai cru alors qu'il était en train de se poétioler, mais comme ça durait j'ai compris que ça relevait plutôt de la grimacération. Sacrée turbinette ! Puis trois carpétowomen ont rappliqué, ce qui nous a incités à jouer les micavaleurs. Et même si notre apéro gourgandinatoire a fini en pleine stupréfaction, je garde de cette histoire une profonde amorsure."

 

 

mots valises


Vous fûtes plusieurs... 7 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Délires et mots-valises

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Ce matin, dans mon courrier professionnel, j’ai reçu une jolie carte de la lointaine Ukraine, rédigée dans un français parfait et je sais la difficulté qu’a l’artiste qui me l’a envoyée, à maîtriser notre belle langue.

« Je voudrais vous féliciter à l’occasion de la fête du 8 mars, la fête internationale des femmes. Mes meilleurs et sincères vœux pour vous et vos proches. Que votre enthousiasme et la flamme de la jeunesse ne s’éteignent jamais ! »

Je suis touchée…

Mais, et c’est l’occasion, je suis interpellée, aussi, par cette curieuse manie de coller des journées commémoratives à tout berzingue.

Nous chantons la femme, ses louanges, ses sacrifices, ses combats. Nécessaire ? Peut-être.

Et si je voulais créer la journée du couple ! Hein ? Pourquoi pas. C’est quoi, un couple. Je regarde les miens hélas trépassés, je regarde ceux des autres. Et des couples, à mon goût, il y en a trop peu. Ah ! bien sûr, des associations, ça, j’en observe : le couple parental, la couple partenaire financier, le couple partenaire bâtisseur… Mais un couple amoureux ? Vous en connaissez beaucoup ? De ceux qui ont déjà quelques décénies de bouteille, qui ont dépassé ces trois premières années à surfer sur la vague de leurs hormones.

Alors, je me le tape, ce petit délire du couple amoureux, tout attendri de ces gestes quotidiens improvisés, de ces attentions délicieuses qui soufflent sur le feu, pour l’attiser mieux ? C’est parce que je crois que le bonheur relève d’un travail attentif et que, faute de cet effort là, l’amour meurt, comme la fleur qu’on oublie de soigner.


Quelques mots pour Lui… qui représente tous les hommes d’une vie, toutes les femmes d’un homme, tous les couples esquissés…


Et si… j’avais reçu parfois une rose, une toute petite rose, jaune parce que je les aime jaunes, le soir, simplement parce que c’est moi, ce que j’aurais souri, large et comblé le sourire. J’aurais aimé être au cœur de l’homme, son soleil, sa joie, son choix, sa rose d’or. Que parfois, il me prenne par la taille et m’entraîne dans un slow langoureux sur la musique de « Plus belle la Vie », parce que la musique, on s’en fout. Que je sente son désir érigé, juste là, contre mon ventre, comme un mot d’amour… Alors sans doute j’aurais inventé des pas de danse, des pas sensuels pour alimenter le jeu des corps.

Et si… j’avais reçu une invitation à un secret souper, par la poste, avec des petits cœurs de partout dessinés sur l’enveloppe, à le rejoindre dans un lieu improbable éclairé de chandelles, … Alors j’aurais évité ces kilos disgracieux, enfilé des cuissardes sur mes bas décorés de dentelles. Parfumée, j’aurais été ce soir là Shéhérazade racontant les délices poivrés de la nuit à avenir.

Et si… deux billets d’avion pour une yourte en mongolie avaient été glissés sous ma serviette de table, le jour de mon anniversaire, ou encore la clé d’une chambre louée dans une auberge à quelques kilomètres… j’aurais été sa putain magnifique, raccoleuse de lui, et lui seul, ouverte et émue, courbée et tremblante.

Et si… il avait su parfois laisser son regard s’embuer de larmes, pour une broutille, une préoccupation, et que ma main rassurante ait pu se poser sur son bras, qu’enfin il ait oublié qu’il a des couilles.

Et s’il avait su être faible, abandonné, démuni, vulnérable, alors sans doute aurais-je grandi, je serais devenue l’homme parfois.


Et si j’avais su souvent me taire, le laisser se poser. Si j’avais pu lui parler d’autres choses que des factures qui s’entassent, et de la fissure du plafond de la chambre… Alors il se serait peut-être souvenu que j’aime les roses jaunes.

Et si j’avais su l’inviter à quelque soirée coquine, pour lui, pour moi, exprimer un vrai désir sensuel, alimenter ce désir là au souvenir des plaisirs vécus et passés, il m’aurait trouvé belle, n’aurait j’amais oublié de le dire.

Et si j’avais su le surprendre, naviguer de l’extrême abandon à l’indépendance mystérieuse, sans doute n’aurait-il jamais cessé de me regarder.

Et si j’avais pu parfois pleurer, comme ça, pour rien, juste pour le plaisir d’être consolée, il se serait souvenu que je savais qu’il a des couilles.


Et si nous avions su oublier la poussière sur les meubles pour nous inventer des moments d’intimité, nous foutre du fait que le sol soit taché pour aller nous ballader la main dans la main. Et si nous nous étions offerts des petits déjeuners au lit à nous beurrer les tartines, les yeux dans les yeux, en nous mangeant des yeux. Et si nous avions inventé un langage que pour nous, émaillé de ces onomatopées langoureuses qui racontent les plaisirs charnels. Et si nous avions pris soin du corps de l’autre encore mieux que du notre. Et si nous avions élucidé chaque quiproquo, chaque non dit, chaque querelle, sans rancune, sans jugement, sans agression. Et si nous …


Alors, nous serions restés un couple d’amoureux. Mais je dois rêver. Je crois bien que ce n’est pas si simple. Que le temps use l’imagination, et que les ennuis du quodidien coupent les ailes.


En tout cas, je voudrais bien que le 14 juillet prochain, puisqu’il y a feu d’artifice et bal sur la place, ce jour là, nous décrétions que c’est la fête internationale du couple amoureux. Yep !


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C’était au temps où, femme de notable dans une ville d’une province bien conservatrice, je traînais un spleen accablant. J’errais souvent, entre un gentil mari mais qui ne me séduisait plus, et une superbe propriété, achetée pour une misère, toute à reconstruire ou rénover, caractéristique des constructions de l’endroit.

Le lieu était magique, caché derrière la rue principale. Il s’étalait dans la campagne, ornementé d’arbres fraîchement plantés, ça et là ponctué de bâtisses vieillottes, d’entrées monumentales signalées par de majestueux piliers. En grattant dans l’histoire du lieu, nous avions acquis une ancienne métairie d’un château encore debout, qui avait abrité Catherine de Médicis durant les guerres de religion. Et puis, de succession en cession, l’ensemble avait été morcelé et notre bien s’imbriquait de bric et de broc dans les jardins des voisins. Nous avions ici un droit de passage et là un puits, installés au milieu de la cour de Pierre ou Paul. Les toitures à entretenir avoisinaient l’hectare.

Donc, chaque matin, faire le tour de mon domaine me prenait un temps certain, à contempler la pousse d’un ginkgo ou mes pieds de fraisiers. Je m’ennuyais à mourir, sans travail, coincée dans une vie observée par l’entourage social, où il est de bon ton de se tenir bien, de sourire bêtement et d’afficher des opinions plutôt réactionnaires, de se pâmer à l’évocation de la sacro-sainte famille.

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Chaque fois que la vie me semble trop longue, je m’empiffre, que ce soit de fromages ou de petits gâteaux fourrés au chocolat, je m’empiffre. Et chaque fois qu’une crise de gavage me prend, bien évidemment, les kilos rappliquent illico.

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Avec le temps, je m’arrondissais, me cachant sous cette graisse rassurante et douillette. En vérité, me voir changer de taille de vêtement tous les six mois ne me ravissait pas, mais je n’arrivais pas à choisir entre cet irrésistible appel d’un camembert bien plâtreux et la filiforme ligne dictée par la culture médiatique qui culpabilise les femmes rondes.

Coincée entre mon appétit et mon territoire, je voulus m’alléger… d’un peu d’herbe et de bâtiments. Le voisin voulait nous racheter une grange, qui s’ouvrait dans son jardin, qui coupait son propre espace en morceaux, et, cruauté des hasards du cadastre, nous aurions eu les moyens de venir chaque jour, camper entre son pas de porte et son potager, une bande de deux mètres de terrain nous appartenant. N’étant pas issus de cette culture si attachée à la terre que rien n’est jamais à céder, nous avions accepté, de vendre.

Vint le jour du notaire, de la signature des actes, et du moment, Ô combien festif, de se taper l’apéro sauciflard pour fêter la bonne affaire, dans notre grande cuisine.

Nous voilà quatre attablés à trinquer et à grignoter, les voisins sont du cru, nous sommes deux citadins rapportés. La conversation est cordiale, elle tourne sensiblement autour de sujets anodins, des échanges polis mais distants.

Soudain, Monsieur Voisin interrompt à la fois sa phrase et le masticage consciencieux d’une tartine campagnarde, me détaille de la tête au pied, me jauge, m’étalonne comme on soupèse mentalement une truie, se tourne vers mon époux, et déclare tranquillement : « Dites, elle a encore grossi votre femme ». Nous restons cois, un silence curieux s’abat dans la pièce. Je ricane bêtement, afin de détendre cette curieuse atmosphère. Je n’allais pas me mettre en colère, cela aurait été stupide. J’avais choisi d’en rire. Madame Voisin grimace une mimique réprobatrice à Monsieur Voisin, qui prend subitement conscience d’avoir sorti une bourde. Alors, gentiment, pour rattraper le coup, il me toise à nouveau, et, toujours s’adressant à mon mari : « c’est pô grave, ya des grosses femmes qui sont belles… ».

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Vous m’en direz tant ! 


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Etuile : Ancêtre du préservatif tel que connu actuellement. On retrouve, dans les montagnes du Yétibet, des étuiles cousues en boyaux de zébulbes. La technique d’exécution est remarquable. Les Paléontologues s’accordent sur ce point, faisant remarquer la richesse des décors bien que les artisans de l’époque n’avaient sans doute à leur disposition que des aiguilles en arêtes de saumon et de fines lanières de cuir en guise de fil. Compte tenu, à la fois de la porosité du matériau, et des fuites engendrées par les coutures, la médecine doute de l’efficacité du système, mais note que la préoccupation du contrôle des naissances est ancienne. Une expression aurait perduré de cette époque reculée : « Ce gosse est un bébé étuile !!! ». Le taux de natalité étant élevé chez les yétis, leurs observateurs supposent qu’ils se servent encore d’étuiles, mais rien n’est certain à ce propos.

Blizzarbi : Vent vicieux et tournant qui s’engouffre soudainement sous les jupes des filles, dans les bouches de métro ou dans tout endroit incongru. La victime préférée du blizzarbi est le beau parleur. Ce vent malin n’a de cesse, quand il repère l’un de ces spécimens, que de lui clouer le bec d’une bonne bourrasque. Mais il sait également cultiver son image. Lors d’une scène restée célèbre au cinéma, une très belle actrice blonde et replète tente de retenir sa robe blanche qui s’envole, et bien c’est blizzarbi qui jouait le rôle du courant d’air. A part quelques cinéphiles, peu s’en souviennent. La légende raconte aussi que Laurence d’Arabibine appris le discernement et à mesurer ses propos à coup de grandes claques de blizzarbi.

Cutanévrose : Trace matérielle de l’existence d’une névrose. En général, il s’agit d’éruptions rosâtres, urticantes, disséminées selon la nature de la névrose. Parfois, l’éruption est cocutanée. On parle alors de cocutanévrose.

Cocutanévrose : Type très particulier de manifestation d’une infection cocutanée.

Farfeluthier : Concepteur d’instruments de musique, des farfeluths principalement, jouant résolument faux, voire de manière imprévisible. Le plus grand des farfeluthier, Stradivariusufruit a non seulement laissé de nombreux instruments d’une valeur inestimable, mais a composé plusieurs œuvres destinées à des quatuors pour triangle et farfeluth. Devenir farfeluthier requiert de longues années de pratique et des dispositions naturelles très particulières. Avoir l’oreille absolument fausse est l’une de ces conditions rédhibitoires. Mais il y en a d’autres, telles que le non respect des délais, l’incohérence et l’indiscipline. Toutes choses qui se cultivent, contrairement à l’oreille absolument fausse, innée.

Farfeluth : Instrument de musique atypique, à cordes et dont le nombre est compris entre 1 et 1253. La caisse de résonance est en bois, mais on connaît des farfeluths en zinc. On raconte que Stradivariusufruit mena des recherches avec des matériaux comme le coton ou le marbre. Il n’a pas laissé d’écrits sur ses découvertes éventuelles. Le farfeluth possède un manche au minimum. A partir de 8 manches, l’instrument devenant compliqué à jouer, on parle de farfeluths à plusieurs mains. Ce qui caractérise cet objet, c’est son inutilité dans un orchestre symphonique. En effet, quelque soit la manière dont il est joué, on est jamais certain de la note qui voudra bien s’envoler. Ce qui pose problème avec des partitions classiques.

Stradivariusufruit (Antoignon -1650/1740) : Célèbre farfeluthier italien dont les instruments restent les plus connus de ce type. Ses créations sont les plus imprévisibles de la catégorie. Il donnait des noms à ses farfeluths et certains sont arrivés jusqu’à nous. Le Messiecirculaire, réputé pour sa propension à partir en vrille selon l’artiste qui le joue. La Pucellophane qui émet à période d’une ronde, le doux cri d’un grillon qu’on grille. Ou encore le Dolphinchampagne, pétillant, imprévisible, et dont la tessiture va de la platitude à l’hébétude, selon le degré d’alcoolisation du musicien. Stradivaiusufruit, conscient de l’exceptionnelle virtuosité nécessaire à la maîtrise de ses instruments, et fin compositeur, a laissé une œuvre conséquente. Notons, entre autres, « Pas de printemps pour Miss Timiste, quatuor en mimi mineur pour triangle et farfeluth » ou le nom moins célèbre « T’as les fesses qui tombent, Pénélope – concertino pour flûte et farfeluth, en lala majeur ».

Honteuf : Fête ou soirée très arrosée, en général peu reluisante, où les convives se laissent aller à toutes leurs pulsions, sans censure. Laurence d’Arabibine, lorsqu’il sortait de son saharade préféré, après avoir copieusement abusé de gommelette et de liqueudelion, lors d’apéritifs gourgandinatoires, allait souvent s’achever dans une honteuf

Mohicancre : Tribu décimée autant par la colonisation que par l’alcool et la consanguinité, dont les individus ont pour seul objectif d’avoir la plus mauvaise note, quelque soit l’examen auquel ils se présentent. En général, on ne naît pas mohicancre, on le devient par choix politique ou philosophique. La légende veut que Stradivaviusufruit, avant de se découvrir une vocation de farfeluthier, aurait appartenu à cette secte dont les modalités d’intronisation sont encore mal connues de nos jours.

Nabiroute : Mouvement pictural, orientaliste, du XXème siècle dont le seul objet du délire artistique est la peinture de bites, de toutes les formes, toutes les longueurs, et dans tous les états. Aux dires des historiens de l’art experts de cette époque, il s’agissait pour les artistes, de poser la question fondamentale suivante : « Les hommes pensent-ils tous avec leur vit ? ». La question fit querelle, querelle qui prit le joli nom de « Quenelle d’Onanie ». Et l’on vit monter à la tribune tout ce que la société d’alors comptait d’intellectuel. Mais, faute de tribuns, la question resta sans réponse et se dégonfla d’elle même. 

 

 

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Vous fûtes plusieurs... 6 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Délires et mots-valises

Je suis une nymphe. Je peuple la nature dès qu’elle offre un lieu d’une rare beauté, une grotte où s’épanche un ruisseau, une clairière baignée de soleil. Et je danse, nue dans la lumière, et je sautille au chant des oiseaux. Je peuple tous les contes du monde, que je sois princesse ou fée, sorcière ou reine, j’occupe l’imaginaire. Mais je ne suis pas n’importe quelle nymphe…

Au commencement, nous étions doubles, deux jumelles, ou la même dans un seul corps, quelle importance ! Nous étions deux, l’autre Pénélope et Moi. Il y avait Pénélope la Blonde et Pénélope la Brune, Pénélope la Sage et Pénélope la Folle. Nous jouions en ce temps insouciant à nous prendre l’une pour l’autre jusqu’à ce que nos premiers sangs jettent ce Père trop puissant dans les affres des alliances.

La Sage était tant convoitée qu’il fallut organiser des jeux, des jeux du cirque où des hommes se sont affrontés, couverts de boue afin de se rouler dans la couche d’une Blonde. Un va-nu-pieds, un presque berger enleva la partie, Ulysse le Belliqueux s’empara de mon adelphique amie. Et ce fut grand bien, pour moi. Cet époux absent pendant trop longtemps, aimé des fées, amant des magiciennes, délaissa son épouse dans une île perdue durant tant d’années qu’elle en tissa la tapisserie de Bayeux. Ces décennies firent d’elle la matrone adulée des épouses fidèles, un modèle de vertu. Parfois, quand un grand voile noir l’enveloppait, elle me télépathait. Elle me racontait la douleur d’être belle sans jouir de cette beauté. Elle me racontait son corps qui, de ridule en rondeur, perdait sa fraîcheur pour gagner en tendresse. Elle me soufflait tous ses désirs tourmentés pour ces jeunes prétendants, assidus à la séduire. Un sanglot dans la voix, elle m’avouait l’horreur de cette fidélité qu’elle rêvait chaque nuit d’oublier dans les bras de quelque éphèbe vigoureux.

Un matin, la mer ramena ce mari, déjà vieux. Il avait pris sa retraite, il n’irait plus porter sa sagesse aux champs de batailles, pour satisfaire l’égo de Dieux mégalomanes. Il s’était frotté au monde, il venait en ses pénates reposer son âme fatiguée. Pauvre Pénélope qui dut se livrer à de grands transports d’amour et de joie pour un homme qui n’aspirait plus qu’à se coucher et se lever avec les poules. Alors qu’elle voulait vivre encore, rire et danser, boire et aimer…

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J’eus plus de chance, moi, Pénélope la Brune, Pénélope la Folle. Je n’ai été aimée que par épisodes, j’ai connu des amants magnifiques qui venaient d’avoir 18 ans. J’ai été Juliette pour un Roméo, Eloïse pour un Abélard… Une nuit, Apollon le Magnifique, me croisant dans une fête de village, s’empara de mon lit. J’ai couru nue sous la voie lactée, j’ai parlé aux étoiles, j’ai chanté sur les nuages. J’ai été Reine et Gitane, Margot et Esméralda. Union éphémère dont naquit un enfant, un garçon. Comme il était le fruit d’une seule nuit, venu d’un seul coup, je l’ai prénommé Pan. Bien sûr, né hors mariage, il se vit affublé des tares de la famille. L’ancestral sang de chèvrepied le para de cet incroyable physique qui le rendait à mes yeux, unique. Son père étant un Dieu, il fallut bien qu’une parcelle de pouvoir lui échut. Il fut chargé, après un entretien de clarification de projet ardu, auquel j’assistais angoissée, de gérer les bergers, les troupeaux et la foule. Mon fils adorait ses bergers mais la foule l’indisposait. Il prit parfois un malin plaisir à lui faire perdre contenance, à la pousser à l’hystérie. Il réussissait même à ce qu’elle oublie son humanité. Ces jours là, quelque supplice raffiné voyait le jour sur un coin de terre. C’est ainsi que Ravaillac termina écartelé, déchiré, démembré, éparpillé. C’est la raison pour laquelle de grands mouvements créent la panique, la Colère du Dieu Pan.

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Ce fils là, atypique, musicien mais fourbe à ses heures, uniquement préoccupé de ses moutons et de ses gardiens, s’éleva seul, courant à flanc de coteau, toujours accompagné de sa flûte sur laquelle il inventait de drôles d’airs aigrelets.

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Et moi, Pénélope la Brune, Pénélope la Folle, j’ai pu vivre, vivre et savourer chaque heure à mon horloge. Et je savoure encore… ma liberté, mon rire inviolé par la lente usure des jours trop semblables.

Mais il arrive, certains soirs solitudes, que j'envie Pénélope la Blonde et sa tranquille certitude de garder la main d'Ulysse à travers les siècles.


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