J’ai souvent croisé ces petits taxis qui, dans une ville, sont tous de la même couleur. Des couleurs vives ou
pastels. Je n’ai pas pu enfermer tous ces petits taxis dans ma boîte à souvenirs, mais j’ai adoré les traquer. Insectes qui piquent les villes, qui parcourent, qui véhiculent, où s’entassent
parfois des familles entières. Et lorsque l’on est seul, on peut s’asseoir à côté du chauffeur. Il y a un côté convivial.
A Berkane, pour des raisons d’amitié, et parce que je voulais faire la surprise de trouver le jumeau d’un
ami taxi de Sainté, j’ai cherché un numéro en particulier dans tous les recoins de la ville, je ne l’ai pas trouvé. Injuste sort ! Qu’est-il arrivé à ce taxi là. Une mauvaise grippe
l’aurait-il cloué au fond de son garage ? Un joint de culasse aurait-il fait des siennes ? Une bielle aurait-elle décidé de couler ? Le moteur avait-il décider de pétarader, puis
de rendre l’âme ?
…
Dans cette ville, ils sont du plus bel orange, les petits taxis, de cette couleur que ne renierait pas une
clémentine ou une navel. Couleur de la ville, du maillot des joueurs de basket, des bonbonnières que j’ai ramenées en janvier dernier.
…
J’ai réussi à photographier les verts, épinard le vert, de Taourirt, et les rouges, de chine, le rouge, que
l’on trouve à Oujda et à Fès.
…
C’est dit, bientôt j’irai traquer les bleu-ciel, les crèmes, les blancs, les ocres, les jaune-citron, les
vert-printemps, les bleu-de-prusse, les rouge-laque de garance, les jaune-tournesol, les vert-olive, les bleu-lavande, les noir-d’encre, les gris-anthracite, les terre de sienne, et j’en
oublie, sans doute.
Arme-toi de patience, ô mon cœur
Dieu nous accordera sa compassion
Source : Chants de femmes de l’Orient Marocain
Abdelkader Bezzazi et Joëlle Réthoré
Lundi 22 octobre 2007
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Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc
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