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Au pays du temps qui passe, les moments de vie s’entrecroisent. Qu’ils ramènent le temps passé, qu’ils relisent le temps présent ou qu’ils rêvent le temps qui vient. La dimension prégnante des jours bâtit les bonheurs, ou les chagrins. Au pays du temps passé, les fleurs s’ouvrent et puis meurent, éphémères. Les bouquets d’autrefois sèchent entre les pages des livres. Et quand on feuillette une histoire, un pétale s’envole, transparent d’avoir perdu son eau. Souvent, il s’effrite, comme la cendre froide qui vient après la braise d’un amour. Au pays du temps présent, un arbre, tout de rousseur habillé, se courbe sous la bise et blanchit des gelures nocturnes. Un automne doré auréole les tendresses d’une douce lumière. Des tendresses à bercer et réchauffer au coin d’un feu de bois, en savourant le vin chaud odorant de cannelle. Au pays du temps qui vient, une couverture moelleuse recouvre les corps abandonnés l’un à l’autre, émerveillés de se trouver, avides de se rencontrer, assoiffés de se goûter, affamés de se connaître. Et les histoires s’entremêlent tant, qu’au pays du temps qui passe, les moments de vie s’entrecroisent.
Vos murmures...