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La main d’un homme est un grand oiseau qui courbe l’air au gré d’arabesques amantes. Elle trace le corps contrebasse de la femme et joue des arpèges frissons au chemin des rondeurs offertes. La puissance de la paume évoque tout naturellement la caresse audacieuse sur un sein dénudé, une chaleur qui enveloppe. Parfois, la main, frileuse ose à peine se poser sur la peau, virevolte comme une hirondelle que le printemps n’a pas encore enhardie. Alors, les doigts courent, effleurent, dessinent d’abstraites broderies qui vivent, éphémères, le temps d’un frémissement, des volutes délicieuses. La main regarde. Elle dépouille, elle découvre. Elle effeuille la chair, quand elle part à la recherche de l’intime moiteur, celle qui se cache, pudique, dans les ouies secrètes du corps contrebasse. Elle s’aventure à la rivière de l’autre, à la découverte des sentes et des collines, parfois colibri, vive et taquine, d’autres fois albatros, bien trop attachée à son sol pour s’envoler à nouveau. La main devient océan quand elle lève une tempête ondoyante à la surface de la femme contrebasse, comme une symphonie maritime, déversée, déversante. Et la femme devient vaisseau, et la femme tangue. La main d’un homme est un grand oiseau qui courbe l’air au gré d’arabesques amantes.
Vos murmures...