Cher Monsieur Rhett Butler,
Vos tentatives de corruption, enfin, votre proposition d’être mon entremetteur, alors que vous ignorez mes préférences, ne change en rien ce que j’ai à vous dire. Vous comprendrez que ma probité
se trouve mortifiée que vous puissiez penser qu’il faut me tenter avec des promesses de gaudriole. Promesses ou pas, j’entends faire mon devoir du mieux que ma conscience me le
dicte.
Or donc, vous désirez rentrer en contact, prendre langue si je puis m’exprimer ainsi, avec notre Chère Capitaine Lili. Après avoir longuement réfléchi, je suis prêt à accéder à votre demande.
Cependant, compte tenu du fait que vous êtes un coquin, une vieille canaille, je me permettrai quelques recommandations et avertissements préalables. Vous comprendrez que le cœur de Lili, poète,
fragile, ne peux pas être brisé. Au Syndicat, nous ne souhaitons pas que les héros littéraires s’arrogent le droit d’aller mettre le boxon rue des blogs. Il va donc vous falloir faire preuve
autant de délicatesse que de tendresse.
De plus, vous allez devoir envisager de devenir un fervent supporter de l’OL. J’imagine bien que vous ignorez, du fin fond de votre Georgie, ce que peut
bien être « supporter de l’OL ». Je vous laisse le soin de le découvrir. Mais qu’il ne vous vienne pas l’idée d’aller vous passionner pour l’OM ou l’ASSE… Ce serait une erreur
impardonnable !
Vous aurez également à découvrir une gastronomie bien éloignée de vos sauces barbecue et de vos haricots rouges : tablier de sapeur, cervelle de canut, criques, quenelles, beaujolais
nouveau… Bref, il va falloir faire votre éducation. Et, compte tenu de votre tempérament de cabochard, je pense que ce n’est pas gagné.
Lorsque vous serez devenu poli, raffiné, lorsque vous aurez pris bonne mesure des coutumes de l’endroit et du siècle, alors je vous autoriserai à faire votre cour. Flamboyante, la cour… Pas de
ces molles déclarations accompagnées d’une seule rose ! Non ! non ! non ! Les roses, ce sera par brassées. Les mots seront une épopée délicieuse. Notre Lili manie bien la
langue, il va vous falloir être à la hauteur, affûter votre plume, peaufiner la formule. Vous imaginerez de folles chevauchées sur de majestueux purs-sangs dans la campagne environnante. Vous
inventerez des nuit magiques, toutes envahies de musique et de caresses. Vous… Bon, coupons là, je ne crois pas qu’il soit nécessaire de vous apprendre votre métier de
séducteur…
Soyez certain, cependant, que je vais vous tenir à l’œil. A la première larme, au premier chagrin, je vous fourre illico presto en pleine mythologie grecque, face à la Gorgone, avec, pour tout
équipement, une épée et un bouclier.
Compris ?
Réponse à la lettre de M. Rhett Butler qui se trouve là.
Vous en dites...