Figures de Style – Axelle Beth, Elsa Marpeau
Le mot juste – Pierre Jaskarzec
Ah ! la collection qui met à la portée de bourses modestes des éléments de culture. Sont édités des romans, des
nouvelles, des compilations qui parlent de sagesse, de méditation ou de paix intérieure. Et puis, les amoureux de la langue, comme moi, ont un plaisir presque jouissif à consulter des ouvrages
qui musardent au pays des discours didactiques. Vagabonder au chemin des mots, de la grammaire, de la synthaxe et autres réthorique… Un voyage, souvent.
Depuis quelques jours, je me plonge dans ces deux là, qui viennent de rejoindre, éparpillés sur mon lit, les
encyclopédies, grammaires et autres dictionnaires. Ben voui, je garde au chaud la place de l’homme, celui qui devrait me serrer dans ses bras, et je partage ma couche avec des bouquins. Elle
pourrait être vide, ma couche, et ce serait triste.
Le mot
juste
Donc, je me délecte du mot juste, non pas que je veuille en user. Des fois, c’est assez drôle de prendre un mot
pour un autre. Lorsque le cerveau crée de ces circuits qui déraillent, alors j’invite à l’Opéra la copine que avec qui je voulais partager l’apéro… Entre nous, ce n’est pas le même
investissement. Bel canto contre saucisse coktail.
Ce précieux mémo, celui sur le mot juste, met en perspective ces noms, verbes, adjectifs qui se ressemblent, que,
souvent l’on confond. Et du coup, je m’amuse, avec ces presque jumeaux, à construire des morceaux de phrase, des situations ambigues. Je découvre… Mes certitudes littéraires en prennent un
coup.
Quelques exemples ? Euh !!! Comment choisir, comment dire ?
Tiens : « rebattre les oreilles ». Il me plait bien celui là. Alors que j’entends souvent
« rabattre les oreilles ». N’étant pas trop sûre, je ne disais trop rien. Je pourrais toujours faire remarquer à celui ou celle qui me fera reproche de lui rabattre les
oreilles, ce qui arrive, étant incroyablement bavarde, que, jusqu’à preuve du contraire, je n’ai pas saisi mon sécateur pour lui tailler l’accessoire en pointe, pas plus que je n’ai scotché
son pavillon. Une oreille n’est pas une plante. D’ailleurs, le jour où je rabattrai les oreilles de mon interlocteur, il sera probablement tranquille, et ne sera plus gêné par le fait que je
lui rebatte les oreilles.
Ou encore, celui là, que j’affectionne particulièrement : « Forfait vs forfaiture ». Pas
mal ? Je ne vais pas épiloguer… Si ! Je vais les mettre en situation :
-« Monsieur le Percepteur, vous venez de me taxer fortement par des procédés frauduleux, c’est un crime !
Que dis-je un crime, c’est un infâme forfait ! »-.
-« Non, Madame, c’est une forfaiture ! ».
Je sais, je fais la maligne (et non maline, comme « le mot juste » l’affirme. Mais il y a peu, je ne
faisais pas vraiment la différence).
Figures de style
Là où l’on découvre le plaisir de manier l’allégorie ou le chiasme, l’épanode ou l’aposiopèse. Pour être honnête, à
part l’allégorie, si j’avais déjà croisé les autres termes, j’en ignorais absolument le sens, et l’utilité d’ailleurs. Je crois que je vais bien m’amuser.
Un p’tit coup de tmèse ?
-« Je voudrais apprendre l’art, Bô Chanteur, de vous aimer de toute mon âme… »-.
D’aposiopèse ?
Lui : -« Ah ! Penny ! Qui es- tu vraiment ? »-.
Elle : -« Je suis… As-tu déjà vu un poisson-chat ? »-.
Et puis, il y a l’oxymore, ou oxymoron, que Cyrulnik a popularisé… « un merveilleux
malheur ».
-« Mon Bô Chanteur, je serai ta vierge putain, ta rieuse douleur, ton douloureux
bonheur… »-.
Hi ! hi ! hi ! Je m’en vais de ce pas écrire mes « sans titre » qui répondent au doux
terme « d’inclusion » si je m’en réfère à cet ouvrage.
N’oubliez pas www.telethon.fr… pour ceux qui peuvent. N’empêche, ça me fout la rage que, dans un pays aussi riche que le notre, dans
cette putain de civilisation occidentale blanche pétée de pognon, ce soit les ceusses qui sont modestes, ou moyennement modestes qui doivent se fendre d’un billet. Normalement, si ce monde là
était organisé avec justice, le téléthon n’aurait pas à exister !!!
Le téléthon engraisse les multinationales pharmaceutiques, et ça me dérange de les voir piller les découvertes faites avec les sous des pauvres.
J'adore tes oxymorons! "-« Mon Bô Chanteur, je serai ta vierge putain, ta rieuse douleur, ton douloureux bonheur… »-....!!lol!!
Bon, ce n'est pas le tout, il faut que je file, aujourd'hui c'est "marché de Noël" et je suis déjà en retard!
Je t'embrasse adelphiquement.Evelyne.
Merci, de tes si bons conseils!
Je ne doutais pas de ton amour de la langue à lire ta prose si bien léchée et ton vocabulaire si riche et approprié, mais je ne te savais point passionnée et experte en la matière...
Il est vrai (et comme toi je pense) que la langue française est notre richesse universelle, et qu'il convient de la défendre avant tout en la respectant pour la bien parler et la bien écrire!
Je m'empresserai donc d'acquérir ces deux petits ouvrages sur tes riches conseils!
Amitié
Runner
Ps : et merci mille fois pour la mise en ligne et la découverte sans cesse renouvelée de la musique de Tabli One dont je me délecte! Un peut de rève d'orientalité...
Pour Talbi, mon bô chanteur, et bien, si, grâce à mes liens, il peut faire connaître son travail, j'en suis merveilleusement heureuse. Il a du talent. Il écrit ses textes, sa musique, il met ses clips en scène. Bref, il crée son univers. Ses cédés sont disponibles à la Fnac, c'est là que je les ai commandés.
Normalement, il sort un nouveau cédé l'année prochaine.
Bises Penny
Ben moi, je VEUX en user!!
Je suis en quête depuis déjà longtemps de la 'justesse'!!
Est-ce un déraillement lié à la musique et son irrépressible besoin de 'justesse'?
Je ne sais pas au 'juste'!!lol!!!
Mais ce que je sais c'est que c'est un 'bon plan' que de la rechercher!!
Ca m'aide au quotidien à ne pas oubler l'essentiel à mes yeux!
La parole 'juste', le 'bon mot'...
..."Hi ! hi ! hi ! Je m’en vais de ce pas écrire mes « sans titre » qui répondent au doux terme « d’inclusion » si je m’en réfère à cet ouvrage."...
D'après mon cher 'petit Robert', si tu te lances dans un 'sans-titre' qui répondent au doux terme "d'inclusion", il te faudra ajouter un de tes fameux astérisque!!
Adelphiquement.Evelyne.