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Dimanche matin, je vadrouille. Le marché, le journal. Un rite qui m’a pris depuis peu, simplement parce qu’il est doux
d’aller regarder le monde. J’habite près de la Cathédrale Saint Charles, beau monument gothique, classique et dont j’ignore l’histoire. La flèche touche au ciel. Le parvis est un endroit de jeux
pour les enfants du quartier, malgré les interdictions diverses et variées. Tout devient interdit.
Dimanche matin, café des Jardins. Le muscat du dimanche, pourquoi pas ? Un seul. Et la lecture tranquille des nouvelles, du programme télé de la semaine. Il y a tant de douceur à reproduire,
de semaine en semaine, les mêmes gestes, les habitudes. J’aime les habitudes.
Dimanche matin, c’est la sortie de la messe et je regarde ces gens qui quittent l’église. Il y a comme une ambiance de cinéma dans cette cohue, comme
dans un film. Certains ont l’air serein, et d’autres ont l’air de s’être ennuyés. Mais chaque fois, ce qui me frappe, c’est l’uniformité convenue. Les filles ont toutes les cheveux longs, attaché
avec un chouchou, et ne sont pas maquillées. Les messieurs et les dames sont en habits du dimanche, normal. Il y a des familles et des anciens, des valides et des handicapés. Il y a des noirs et
des blancs. Ils s’acheminent, qui pour boire un petit noir, ou un petit blanc, au bar du coin, qui pour acheter les choux à la crème à la pâtisserie. J’espère qu’ils ont communié avec leur Dieu
et qu’ils se sentent plus légers. J’espère surtout que cette belle idée, l’évangile, ils ne l’oublieront pas dès l’hostie digérée...
C’était mon dernier dimanche matin de l’année. Parce que le prochain, je travaille. Et après, je rentre chez moi… Enfin, je pars dans ce pays qui est un
peu chez moi, j’espère. Je vais aller passer trois semaines à Berkane. Je vais retrouver mes amis marocains. Ici, ce sera Noël, là-bas ce sera la fête du Mouton. J’ai choisi. Qu’il est doux de
retrouver l’herbe de la maison. J’avais la nostalgie du ciel de l’Oriental, si bleu. J’irai sans doute faire un tour à Debdou.
Dimanche soir, j’avais envie de partager une tranche de vie, même quand cette vie ne représente qu’un fétu sur une terre bien douloureuse. L’année se
termine, c’est l’heure de la lettre au père noël et c’est le moment de faire des bilans. Ma foi...
Vos murmures...