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Les fantômes des amours mortes flottent et claquent comme drapeaux dans un vent de tempête. Ces spectres se déchirent ainsi qu'une soie trop fine et s’effilochent en charpie. Ils sont là, qui regardent, attentifs à surgir à chaque rebuffade, à chaque silence. Ils sont là, à l’affût d’un doute ou d’une anxiété. Au pays des affections affligées, quand traînent les écharpes trop nouées de nœuds à l’estomac, le ciel, en pèlerinage, s’offre un orage, des sanglots qui inondent les jours. Qu’un arc-en-ciel vienne iriser l’horizon d’un foulard coloré, et le cœur oublie qu’il a déjà tant souffert, tant cru, qu’il a tant offert, tant vécu. Il regarde vers demain, gonflé de l’espoir que les fantômes regagnent leurs pénates, cessent de hanter les matins. Tourner le dos aux souvenirs qui noircissent l’espoir d’un nouvel élan. Mais parfois, ces esprits des chagrins d’autrefois s’accrochent, il ne veulent pas qu’on les enfouisse au tombeau des joies martyrisées, des rêves sacrifiés. Ils guettent. Ils veillent. Attentifs à surgir comme autant de pantins désarticulés, ils viennent salir ces sourires qui renaissent, ces rires qui s’aventurent. Ils sont la voix qui susurre, perfide, qu’être aimée n’est pas son destin... ces fantômes des amours mortes qui flottent et claquent comme drapeaux dans un vent de tempête.
Vos murmures...