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Le goût de l’innocence offre le souvenir des saveurs des premières fois. Il plonge un regard émerveillé sur les êtres et les objets inanimés, comme à la découverte d’un univers encore vierge. Se fondre dans un caillou, une racine, dont la forme évoque au gré des désirs, le sein maternel ou l’épaule d’un amour. Et surgissent ces émotions d’un temps lointain, la chaleur de la peau, la douceur de son grain, l’odeur qui affleure. La candeur, cet état si proche de l’enfance, perdu bien trop vite aux soubresauts des chemins, réclame l’âme, pour la grandir, pour la sauver. Vient un sourire qui s’illumine des vestiges de l’innocence retrouvée. Cherchée et retrouvée. Alors le monde, si plein de mécréants, agacé des lambeaux de douceur, observe, démuni, cette poussière de fraîcheur, de pureté qui lui rappelle qu’un jour, aussi, il a vagit. Que reste-t-il, au final, de nos vanités, de nos errantes complaisances, quand, à la dernière page de la vie, nous transperce la vérité de notre insignifiance. Comme une goutte d’espoir, une cuillère de miel, il reste à retrouver le goût de l’innocence, qui offre le souvenir des saveurs des premières fois.
Vos murmures...