Partager l'article ! Le retour: Il a bien fallu repartir, boucler la valise, vérifier le passeport, ranger les derniers dirhams, pour la prochaine fois. Il y aur ...
Il a bien fallu repartir, boucler la valise, vérifier le passeport, ranger les derniers dirhams, pour la
prochaine fois. Il y aura une prochaine fois… hein ?
Il a bien fallu serrer dans ses bras les amis, les frères. Jeter un dernier regard dans l’enclos, sourire parce ce que Pompon, l’âne, n’a toujours pas grandi.
La veille, j’avais le cœur en écharpe, un silence qui pesait. Les feux du crépuscule embrasaient un ciel flamboyant, une mélodie de
roses et d’orangés. La veille, commençaient à défiler les moments, les rires, les confidences, les rêves empilés au jour le jour.
Ce matin là, levée très tôt, j’ai balayé, l’œil mouillé, la chambre. J’ai
avalé, les papilles déjà orphelines, le café, la crêpe tartinée de miel. J’ai respiré l’air de la Source.
Et puis, il a fallu partir, parcourir la route qui mène de Debdou à Oujda. Le Marjane, cette grande surface récemment ouverte,
bouillonnait des badauds, et autres curieux, je le sais. Il jouxte l’aéroport. Ce magasin, il est posé comme un phare dans la plaine des Angad. Il nous a accueillies, Nicky et moi, il avait l’air
de me faire un clin d’œil amusé, lorsque je l’ai longé, sur ce chemin du départ.
J’ai traîné, pensé, savouré mes derniers pas en terre marocaine. J’ai levé les yeux, encore et toujours vers la lumière. J’ai lancé un sourire vers le monde de
Princesse, vers toutes ces personnes-tendresses qu’elle a partagées avec moi.
…
Et l’étrange étrangère, lorsque la côte espagnole a découpé sa silhouette accidentée qui plonge dans la mer, a senti une larme, toute petite, couler le long de sa joue.