Partager l'article ! Saïdia: A petits pas, la pluie crépite. Entre nuages et taches de bleu, la mer prend des reflets multipliés par l’écume des vagues. ...
A petits pas, la pluie crépite. Entre nuages et taches de bleu, la mer prend des reflets multipliés par
l’écume des vagues.
C’est qu’il tombe de l’eau depuis quelques jours. Le ciel se déverse. Saïdia est vide, des espaces ouverts qui se donnent des airs de station balnéaire un peu désuète, Royan des années 50.
Quelques promeneurs se baladent, nonchalants. Il y a la jetée, il y a la plage. Un milieu de matinée regarde la petite cité s’ébrouer, se réveiller sans hâte. La saison d’hiver fabrique des
volets clos aux échoppes, aux habitations. Il paraît qu’en été, Saïdia grouille, qu’elle s’agite et qu’elle palpite. Mais, là, elle est sereine, elle repose, elle respire.
Sur la plage, des barques se remplissent de la pluie. Elles ont l’air abandonnées, mais, plus sûrement, c’est la houle qui les cloue à la rive. Les pêcheurs ont renoncés. Il
n’y aura pas de sardines grillées dans les restaurants.
La petite église, soigneusement entretenue, vestige d’un temps révolu, s’est transformée en centre culturel. Elle est bien jolie.
Elles
parlent, à voix basse, pour ne pas troubler le calme qui règne. Boire le café, traîner dans les rues… Se pencher sur la fleur rachitique qui cherche sa pitance entre les grains du sable mouillé.
Contempler la mer qui s’écrase, qui bat la mesure d’un souvenir de tempête. S’abîmer à d’errantes pensées. Et bâtir des rêves en même temps que s’engrangent les instants.
Il a tellement plu, si vite, que Saïdia dégorge.
Ce midi là, les
deux étrangères se sont régalées d’un plat de poisson, dans un resto qui donne sur l’immense place du front de mer, harcelées par les chats errants, sauvages, mais voraces.