Partager l'article ! Départ pour Fès: Les deux étrangères prennent la route. Elles vont s’offrir une boucle, visiter Fès, traverser le Rif. Mythique, le Ri ...
Les deux étrangères prennent la route. Elles vont s’offrir une boucle, visiter Fès, traverser le Rif.
Mythique, le Rif, ce qu’elles en ont entendu… du frisson appellation d’origine contrôlée.
Quelques trois cents kilomètres sont à parcourir, sur une route agréable, plutôt bonne, bien que, parfois, un trou vienne secouer les deux comparses très occupées à
deviser.
Mais de quoi peuvent bien parler deux étranges étrangères, au milieu d’un pays dont elles ne connaissent pratiquement rien ? De leurs
rêves ? Sans doute. De leur coup de foudre pour ces contrées capricieuses qui passent de déserts empierrés à de verdoyantes vallées. Sûrement. De projets qui, peu à peu, s’élaborent, qui
embrassent l’improbable et qui naviguent sur la vague heureuse d’avoir posé un pied en terre promise.
–« In cha Allah ».
Elles traversent les villes, Taourirt, Taza. Elles s’arrêtent parfois, pour boire un café, voler un cliché, une image qui viendra, dans les mois d’après, raviver les souvenirs joyeux d’une
équipée.
-« Zuj qahwa ».
La Brune partage sa foi en ce monde là avec la Blonde, qui accueille cette foi là. Ces deux là imaginent demain au soleil de l’Oriental. Ces deux là tissent avec tendresse de nouveaux liens,
l’univers d’une Princesse, la vision d’un Prince.
Et les petits taxis ronronnent. Les collines s’arrondissent. Les champs se cultivent. Les oueds escaladent les rochers vautrés dans leurs lits. Le lac étale son miroir au pied d’arides
promontoires. Les camions cahotent, trop chargés. Les coucourdes pendent aux toits des cahutes qui jalonnent la route.
Au loin, au détour d’un virage, niché entre deux reliefs, Fès parade, sa médina ouverte sur un ciel superbe.
-« Essalamou ‘alaikoum ».