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Tout accepter par amour… n’est pas aimer l’autre, mais préférer l’histoire d’amour. Parfois, lorsqu’un désaccord désuni deux
êtres, le lien si ténu soit-il, impose que ne soient pas dites les raisons du conflit. Comme si ce qui n’était pas dit n’existait pas. Le déni de soi. Or, peu à peu, l’on se perd dans ce que l’on
croît être un acte de paix, un souffle donné à l’autre pour qu’il se repose. Il prend, il prend l’habitude de prendre. Alors, le repli s’en vient, mesquin, éteindre les velléités d’être, et,
d’humain, l’on se fait torchon soigneusement rangé dans une armoire. Et si, quand les sentiments sont forts, ils supportaient d’être parfois mis à mal ? Le toréador s’allie au taureau le
temps d’un spectacle, il ne l’achève pas toujours… Aimer l’autre, c’est aussi ne pas se trahir, ne pas s’absorber dans le rêve que l’autre rêve pour l’histoire. Aimer l’autre, c’est s’offrir
ainsi que l’on est construit, avec son propre chemin, sa vérité, ses errances et ses erreurs. Le taureau ne prévient pas d’une ruade ou d’une dérobade, il est fantasque, parfois rusé. Mais la
danse qui unit ces deux là, la bête et l’homme, les mène jusqu’à leur destin. Ils s’aiment, au moins un instant. Et tout accepter par amour… n’est pas aimer l’autre, mais préférer l’histoire
d’amour, jusqu’à la mort d’un.