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On ne construit pas sur les ruines d’une maison amie. Quand la tourmente malmène et que les cœurs ne savent plus trouver leur
chemin au milieu d’un tourbillon de colère, il faut savoir quitter la place. Etre celui, ou celle, qui se charge des douleurs. Qu’un microcosme s’abîme dans l’adversité, qu’un grain de sable
s’enfle à trouer l’horizon, et ceux qui s’aimaient se haïssent. Alors, on tend les bras vers le ciel. On décide de recueillir la mélasse puante déversée en tombereau dans l’air qui pourrit. Acte
cathartique. Sacrifice symbolique. Parce qu’ils se détestent, chaque geste devient agression. Et, plus encore, chaque main tendue est reçue comme une gifle. On regarde, incrédule, ceux qui, hier,
conjuguaient demain, piétiner les paroles données, renier les promesses, ensevelir d’ordures le compagnon devenu l’adversaire. Etre celui, ou celle qui tente, désespéré, de raccommoder les
hardes ? Et voilà que les ennemis déchirent la voix qui offre la paix. Pour protéger un plus faible, pour que le souffle d’une plus seule retrouve l’ample du calme, on accepte d’endosser le
costume de plomb du coupable. Coupable de quoi, au demeurant… souvent d’avoir dit sa vérité, juste sa vérité. Les humains ne veulent pas d’autre vérité que la leur. Ils écharpent celui qui vient
en pacificateur, sans se rendre de compte que, s’ils reconstruisent, il vont bâtir sur la ruine fumante d’une maison amie.