Berkane la Rose s'éveille sous son ciel de faïence. Berkane la Rose vibre de toute cette vie qui
bouillonne. Elle embellit, se pare d'avenues où les palmiers dodelinent quand le vent vient de la mer. Ça bruisse des sons qui s'entremêlent, comme une musique où les notes de la vie
s'amuseraient à s'organiser en symphonies. Aux klaxons des voitures, s'ajoutent les pas des mules qui battent le pavé, les cris des humains qui s'interpellent, qui échangent, qui houspillent, qui
s'exclament, qui rouspètent...
La petite église, souvenir d'un autre temps, s'est parée de cette couleur si particulière qui badigeonne les
murs. Elle s'est transformée en salle d'exposition, lieu d'ateliers d'arts plastiques pour les enfants, gîtes charmants où se poser quelques jours, afin de découvrir la région. Elle abrite même
une association qui se préoccupe d'environnement... des cigognes.
Sur les toits, une coursive se donne des allures de terrasse orientale. D'ici, on aperçoit la ville. C'est au
petit matin que le spectacle est le plus romantique. Quand les rues sont encore désertes, l'âne chargé de son ânée tire une charrette où les légumes tous frais tirés de la terre iront garnir le
panier de la cuisinière.
L'étrange étrangère aime cette ville là, simple, pas vraiment pourvue de monuments et qui n'abrite pas de
palais royal. Mais Berkane respire l'humanité, s'embaume de la sueur de gens qui travaillent. La sueur, quand elle raconte la vie, sent bon.
Berkane a volé le cœur de l'étrange étrangère, la brune, celle qui a, presque, les mêmes yeux que les femmes
marocaines, et qui regarde cet endroit du monde avec autant d'amour que si elle avait grandi là.
Dimanche 6 avril 2008
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Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc
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