Il était un printemps... L'Oriental se couvre déjà de fleurs. L'air prend cette odeur sucrée que le pollen sème quand le vent agite les branches. L'étrange étrangère, dans son avion, le nez collé au hublot rêve... Ces moments entre deux continents, entre deux pays sont propices à ce que dérive l'imagination. Elle rêve... de contempler l'Oriental quand il se couvre de fleurs.

 

 


Et si ?

 

Et s'Il était là, un jour, nonchalant, sa grande carcasse adossée contre un pilier, à l'attendre, Elle. Il aurait un sourire tranquille. Un geste engageant pour qu'elle ose l'approcher. C'est qu'elle est timide, cette étrangère. Ils auraient l'air, tous les deux, d'albatros échoués, empruntés, coincés par une émotion curieuse. Ils auraient de ces rires bêtes qu'ont les adolescents boutonneux au premier tremblement.

 

Et s'Il l'emmenait, dans sa belle auto, retrouver quelque village niché dans les rochers, un port paisible où la mer s'assagit. Les barques se dandineraient à la poussée du clapotis.

 

 


A la tombée d'un jour, après avoir contemplé cet instant où le crépuscule rosit les rondeurs d'une vieille montagne, ils se retrouveraient seuls, lui face à elle, elle face à lui, à partager un vin pétillant, de ceux qui mettent des bulles dans les cœurs. Entre gestes de tendresse, quelques chastes baisers et des silences retenus, ils dériveraient jusqu'au lit.

 

 


Le rideau de la nuit, tout doucement, mettrait un voile pudique sur les langages du corps. Il y a toujours un moment où les mots cèdent aux regards. Où la lumière n'est là que pour recueillir l'abandon. Après, lorsque les souffles s'apaiseraient, elle se sentirait rivière. Ample, entre deux bosquets, à rejoindre quelque plage qui l'attendait. Apaisée, sous une étoile, son étoile, qu'Il serait, à ses yeux, à Elle.

 

 


Au matin, Elle préparerait le café. Elle aurait cet air doux des femmes qui aiment. Un sourire intérieur s'illuminerait de tendresse. Un paysage s'ouvrirait, comme un champ. Un espoir livré à l'épreuve de l'espace et du temps.

 

 



Une tourmente dans l'âme de l'Etrangère. Son bel amour à contempler. Quelques heures pour s'apprendre. Des confidences pour s'approfondir. Des ballades pour partager une vision. Un repas à picorer...

 

 


Mais tous les rêves ont une fin, et, après une prière. Il faudrait bien repartir, retrouver sa vie, là-bas, au loin, sous un ciel plombé, sur une terre froide. Mais la prière, elle, elle resterait en terre d'Islam. Une prière à un Dieu, dont le nom est universel. Quelques phrases pour dire toute la profondeur de ce sentiment patiemment dorloté. Une supplique pour que l'histoire bâtisse des lendemains.

 

 


L'Etrangère étrangère, fille adoptée d'un Oriental mystérieux, se fait des rêves, le temps d'un vol, entre deux mondes.

 

   



Lundi 14 avril 2008 1 14 /04 /Avr /2008 06:17
- Vous fûtes plusieurs... 4 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc - Communauté : Maroc
Retour à l'accueil

It's me

Déposé...

sceau1.gif
  00041548


 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés