Les villes et les pigeons, une histoire les lie. Quand il fait beau, traquer les pigeons dans la ville permet de jolies balades. Les places offrent ces espaces où les volatiles picorent les miettes tombées des cornets de glace. Ils dansent, les oiseaux, un tango, indifférents aux passants. Un pas de deux, de trois, sur les pavés, sous les frondaisons.
L'étrange étrangère aime à contempler les pigeons, leur œil rond, rougeoyant. Elle envie leur vol qui leur permet de planer au-dessus des cheminées. Ils se posent à un rebord et espionnent, à travers les voilages, la vie de ceux qui habitent la ville. Il y a sans doute des enfants qui jouent, des vieillards qui s'assoupissent dans un fauteuil avachi. Et puis il y a ceux qui s'aiment, dans l'après-midi du printemps, alors que le chèvrefeuille exhale son odeur sucrée.
La vie, la vraie vie, c'est d'aimer. Alors, en regardant danser les pigeons, la chorégraphie d'un alerte tango, l'étrange étrangère sent son cœur palpiter. Une pensée, pour un homme chéri, sautille, entrelace les entrechats des oiseaux messagers.

 

 




Dimanche 27 avril 2008 7 27 /04 /Avr /2008 20:10
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