La tendresse ressemble à ces bonbons que l'on peut faire dorer au feu d'un bois sec. Elle est rose, blanche, pastelle en tout
cas, et fond en douceur sur une langue gourmande. C'est elle qui parfume l'oreiller quand la fougue de la passion peu à peu se tempère. Et des jours de la soif de l'aimé, elle invente la
dégustation d'un quotidien tranquille. Elle fabrique, d'un geste machinal, un langage partagé. C'est elle encore qui pose un regard complice quand, soudain, la réalité humaine parle les mots de
la lucidité. Il vient toujours, ce temps là, celui où la tendresse couve l'amour né d'un tremblement qui surprit les amants, au soir d'une rencontre. D'amants, ils deviennent aimants. Ils passent
en tendresse de la transcendance fusionnelle au ronronnement serein. Qu'elle s'absente un moment, et voilà que vacille l'alliance, voilà que les mots se font âpres, voilà que les silences
s'alourdissent. Qu'elle se terre un long temps, et voilà que meurt l'histoire. Alors, quand le miracle d'un tourbillon fiévreux ouvre le sac, il est doux de savourer la tendresse, comme l'un de
ces bonbons que l'on peut faire dorer au feu d'un bois sec.