Je suis en colère... J'ai passé l'après midi dans le centre de rétention de Lyon Saint-Exupéry, enfin « dans »... devant plutôt. Ben voui. J'ai un copain qui croupit à l'intérieur, un type bien, prof de math, qui faisait du soutien scolaire là où il y en a vraiment besoin, dans les cités, auprès des enfants que la famille n'arrive pas à accompagner efficacement. Lorsqu'il a été interpellé, il a été traité comme un criminel. Bref, pantalon déchiré, de multiples contusions. Joli !
Alors je suis en colère... Parce que le copain, il s'en sortira, d'une façon ou d'une autre. Mais dans ce centre, il y avait une jeune femme qui a fuit son pays parce que son frère veut la marier de force et la recouvrir d'une burka. Elle porte dans sa chair les boutonnières savamment tailladées par ce frère tyrannique. Et puis il y avait aussi un tout jeune garçon, cancéreux. Il a été équipé d'une prothèse, à Cochin, mais la prothèse pose problème, et le pronostic vital est entamé. Sauf que ces deux là sont des « sans papier », et qu'ils vont rejoindre manu militari leur pays d'origine. Joli !
Et puis, je regarde les infos, je regarde toujours les infos. Et là, ON se gargarise de mesurettes, ON met des gendarmes planqués dans des coins où ils pourront verbaliser pour des conneries. ON chougne sur le sort de nantis, de bien pensants, d'une espèce d'humanité qui se fout bien des autres.
P'tain, nous avons été un grand pays, autrefois. Nous avons dit, pensé, écrit une morale qui paraissait nécessaire à la vie en communauté. Nous avons eu de grands hommes d'état, que l'on partage ou non leurs opinions, nous avons eu de grands présidents. Et que sommes nous devenus ? Un pays qui se la joue cow-boy, qui plaque au sol d'inoffensifs individus. Forcément, ils sont plus faciles à coincer que les petits caïds des cités.
Et bien, je vous le dis, il n'a pas de couilles notre président. NON ! Il bavasse dans les médias, se la joue du langage vulgaire d'une pseudo vérité. Il titille le poujadisme resté vivace dans les campagnes. Mais qui se souvient de Robert Poujade et de ses discours populistes ? Il caresse l'argent dans le sens du poil et écrase un peu plus chaque jour les modestes. Il s'en fout de la misère qui monte, et du fait qu'il faudra bien partager la richesse. L'important, c'est de faire joli !
Alors je suis en colère, et je le dis... en me disant que c'est une erreur, parce que, travaillant
avec les institutions, je prend, en plus, un risque inutile. Merde ! Pourquoi faudrait-il toujours la fermer ? En général je n'aime pas les notes à caractère politique, d'ailleurs ce
n'est pas le contenu de cet espace, mais, s'il reste un peu de démocratie dans ce pays, alors je dois pouvoir exprimer ma colère. Cependant, je me demande... Parce que le fait de me poser la
question pose déjà problème.
En tout cas, le petit président, il peut dormir sur ses deux grandes oreilles, ses préfets travaillent bien et les quotas seront atteints.