Une flamme intérieure brûle, parfois brasier, parfois veilleuse. Elle brûle en chaque être si l'on a pris soin de la choyer. Elle vacille, souvent, quand elle se frotte à quelque mécréant qui voudrait bien l'étouffer. Parce qu'il est de ces méchants qui ont épuisé leur oxygène et qui ne supportent pas que brasille, chez l'autre, un feu follet. Alors, ils arrosent de leurs malaises, de leurs angoisses, cette lumière que l'autre protège encore. Ils piétinent leurs rêves, ils les enferment dans une cage. Jusqu'à ce que leur proie s'éteigne. Mais, et la vie est bien surprenante, un jour elle ouvre une page où le maître des feux de joie vient ranimer la braise qui s'amenuisait doucement. A petits mots, à tendre gestes, il souffle sur le brandon, jusqu'à ce qu'une étincelle annonce un flamboiement. Quand un funeste destin vous a jeté dans les griffes d'un sorcier, et que le temps est passé suffisamment, l'on reconnaît son magicien, au premier regard, au premier sourire. Il possible que le magicien ne soit qu'étoile filante, il peut aussi s'installer au coin de l'âtre. La leçon, en tout cas, est apprise : la flamme intérieure qui brûle, parfois brasier, parfois veilleuse, il ne faut pas laisser un autre, un qui passe, la noyer. Il faut la confier au magicien des feux de joie.
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