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Au plus profond de soi, s'entrelacent les écharpes des joies et les scories des larmes. Toutes les tristesses accumulées sont de charbon et d'améthyste. Toutes les allégresses remuent la nostalgie autant que les rires. Lorsqu'on visite sa vie, on l'écrit. Quelques fois, on met le doigt sur un souvenir que l'on croyait perdu. Il se met à briller doucement. Il ramène sa cohorte d'émotions. Alors, on le décortique, on l'observe. Un sanglot éclate comme une bulle, ou un gloussement chatouille agréablement le coin des lèvres. On attrape la gomme à sculpter la mémoire. Et l'on tricote. Une autre histoire. Comme le peintre retouche un détail qui jure dans la toile. Bien sûr, rien n'est vraiment voulu. Mais en calligraphiant se légende personnelle, peu à peu on enlumine les pages sombres. En cultivant son jardin des secrets, peu à peu, on défriche, on replante. Un saule pleureur se penche sur les chagrins qui sont devenus nénuphars. Et les bonheurs fleurissent dans une brassée de lilas. Les souvenirs, au plus profond de soi, entrelacent les écharpes des joies et les scories des larmes.