Le fouillis d'une vie s'organise parfois autour de celui, ou celle, qui devient « Toi ». Comme une peinture inachevée, un paysage foisonne, colorant des pans de toiles, là où d'autres sont laissés vierges, à barbouiller un jour prochain. Le fouillis d'une page blanche, dont l'immaculé est turbulent, s'agite, avide de mots, d'impressions. Le cœur dorlote un amour, un sourire, un souvenir. Et l'âme crève de la soif de « Toi », quand le corps rêve de s'oublier contre la peau de « Toi ». Fouillis des sentiments, fouilles de soi, archéologie d'une passion. On gratte la terre de ses ongles, jusqu'à mettre à nu la racine qui suinte du sang du désir. « Toi » bouleverse cette douce organisation qui rassure quand on se raconte, à peine convaincu, que les désordres de l'amour n'envahiront plus l'espace des sentiments. Emprisonné dans ce joyeux capharnaüm qui laisse traîner des dessous chics, on accroche des guirlandes aux fenêtres, on barbouille des poèmes sur les murs, on grave des initiales sur les pieds de chaises. Et le fouillis d'une vie s'organise autour de celui, ou celle, qui est devenu « Toi ».

 

 


Savourer les 4 épanchements - Une réaction ? - Publié dans : Confessions particulières
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