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Une voix venue de cette blogosphère un jour m'a proposé de raconter des préférences, couleur, matière, odeur, gourmandise, ce que j'aime recevoir ou encore le style de ma décoration. La voix est celle de Véro (pour les consignes, cliquez ICI). Je suis bien embêtée, car mes goûts varient en fonction du jour, quand il s'illumine, ou quand il s'embrume. Alors, ma foi, puisqu'un rêve rythme mes moments, je vais rêver ces préférences. L'amour est incurable.
Donc...
Au royaume de la couleur, celles que je préfère, et qui me bercent, sont celles de la peau d'un amour, celles des yeux d'un amour... Chaque fois que mon regard se pose sur l'infinie grâce des nuances épidermiques, des flammes de l'iris, quand changent au fil des heures ou des humeurs, les camaïeux, alors s'en viennent battre à la porte de mes émotions, les souvenirs tendres que racontent ces couleurs. Le noir-douceur, l'ambre-chaleur, l'homme-nuit...
Dans le lait de la matière, celles que je préfère sont ces textures vibrantes que la chair d'un amour offre à la pulpe des doigts. La chair et la peau. Quant l'une palpite d'une caresse, l'autre frissonne à sa fleur, laissant courir les traces des émois, comme une houle sensuelle. La peau-velours, la chair-plénitude, l'homme-fruit...
Au pays des fragrances, la goutte de sueur, qui perle à la tempe, dans l'embrasement d'épousailles charnelles, exhale l'odeur reine. Mieux qu'un parfum inventé par quelque nez de génie, elle embaume l'air qui respire au rythme chaloupé des corps complices. Elle oublie dans la fibre du drap, quelques traces qu'au matin je pourrai savourer, dans le silence retrouvé. L'odeur-moiteur, la goutte-essence, l'homme-esprit...
Dans l'antre gourmand d'un palais curieux, où la langue se fait espiègle, c'est l'épice du plaisir abandonné qui tapisse les papilles. Boire l'amour jusqu'à aimer tout ce qui sourd du corps, c'est à la fois rare et précieux. Rare parce que le caprice n'est pas à chaque amour. Précieux parce que le partage est immense. Le baptême-nectar, le miel-chaleur, l'homme-écrit...
La tanière de mon ventre est orpheline et le plus beau des cadeaux est d'accueillir un amour. Quand il se fait tendre. Alors s'ouvre béante cette blessure chaude. Etre couverte d'or ou de fleurs jamais ne remplace la présence, et la sensuelle bataille qui se livre sous un ciel de lit. Entre tous les dons, celui qui remplit, en chair comme en âme, transcende. L'offrande-plantée, le présent-caresse, l'homme-inscrit...
Et c'est la maison-couche qui accueillera cet homme-incarné. Le seul décor que je veux est de satin et de lumière. Le satin pour que moussent les délires. La lumière pour que brillent les plaisirs. Le satin peut s'iriser aux couleurs de l'Orient ou de la Provence, il tisse un frôlement à la texture de la peau d'une pêche. La lumière peut rougeoyer ou bleuir, elle éclaire le regard bouleversé des amants. Le havre-entremêlé, la demeure-éclaboussée, l'homme-appris.
Je passe le relais au six «volontaires » qui suivent :
Qui se reconnaît se colle à l'ouvrage...
Vos murmures...