A force d'allers et de retours, l'étrange étrangère a fini par accumuler le ballet des gestes magiques, de ceux qui font naître les beaux objets, que d'aucuns regarderont sans les voir, et que d'autre emporteront sous leurs cieux.
Des heures à regarder, renifler, admirer. Et puis des pensées, parfois fugaces, d'autre fois prégnantes et tenaces.
C'est un monde grouillant de petits ateliers, d'hommes et de femmes qui, de l'enfance à la vieillesse, répéteront sans cesse le mouvement, jusqu'à la perfection. La perfection ? Elle se souvient qu'un jour quelqu'un lui a dit : -« La perfection ? Contentons nous d'être exceptionnels ! ».
Ce sont des métiers d'exception, qui peu à peu disparaissent, même s'ils sont encore des milliers à transmettre les arcanes et les secrets des fabrications. Ce sont des métiers qui nourrissent encore bien des familles.
Il y a beaucoup d'humilité à s'absorber chaque jour, avec cœur, dans la tâche immuable de ciseler un plat de cuivre, de peindre un filet ou de tourner une jarre, de nouer inlassablement la laine à la trame du tapis.
Et puis il y a le petit vieux, celui qui fabrique des peignes, des boutons, des cuillères en corne. Il rit, il s'interrompt sans cesse, chaque fois qu'un badaud s'intéresse à son étal.
C'est un monde bourdonnant, qui lui rappelle sa Ville, dans les années 70, laborieuse, ouvrière.
Alors, pour donner vie à l'un de ses clips, elle a emprunté la chanson qui lui parle le mieux.