Entre les gants et les chaussures, il y a un pauvre corps qui essaye de trouver son souffle. Même pas le second, au moins le vingtième... Dix ans sans faire d'autre mouvement que de la marche à pied, quelques balades en moto et des câlins, occasionnellement, pas assez régulièrement. C'est dire le désarroi de muscles à la limite de l'atrophie.
Déjà trois séances à suer sang et eau sur un parquet bien glissant, avec, au pied, des baskets qui écrasent mon orteil gauche contre le voisin, martyrisant chacun de mes pas... parce que courir... j'avais presque oublié.
Euh ! des pompes, des abdos... C'est que ça fait mal. Alors, tenir sur les mains, le fessier serré, bien parallèle au sol, pendant plusieurs secondes, autant dire que ça relève de l'exploit. Mais ça viendra, j'espère.
Faut être givrée pour se mettre à boxer à l'âge où je devrais me mettre au bridge ou au tricot...
N'empêche, je rêve d'un entrefilet dans les journaux... Je me projette à dans pleins d'années :
« Une petite vieille, agressée par un adolescent, forte de sa pratique de vingt ans de savate, aligne pour le compte le téméraire. D'un uppercut, elle lui a édenté le sourire. D'un crochet du gauche, elle lui a mis le nez en patate, bourgeons compris. D'un fouetté du pied droit, elle lui a fait passer l'envie de galipettes pour un bon bout de temps... »
J'ai le fantasme de Tartine, la petite vieille qui tapait tout le monde, et dont je savourais les aventures quand j'étais gamine. On a les fantasmes qu'on peut !
Vous en dites...