Lorsqu'on file vers le sud, en partant de Fès, alors il faut franchir l'Atlas. Et, de sommet en sommet, des paysages en majestés s'offrent aux regards des quatre compères qui bavardent dans la
voiture. Ce massif là est déjà vieux, il s'émousse et s'arrondit. Il change aussi. D'une vallée à l'autre, il passe du rouge au gris, du boisé au pierrier. Des villages, des hameaux parfois,
nichent sur les flancs escarpés. Ils ont l'air abandonnés, mais dès que l'on ralentit, alors des enfants sortent de toute part.
C'est un arbre isolé qui semble crier qu'il veut grandir, perché sur son morceau de montagne. C'est un troupeau de chèvres qui caracole entre les cailloux, et que l'on croise au détour d'un
virage. C'est un minaret d'où chante l'appel à la prière. C'est une échoppe, minuscule, où se vendent les quelques biens manufacturés qui ont envahis la planète : rasoirs jetables et coca.
L'étrange Etrangère brune observe cette vieille montagne, imagine tout le chaos fracassant, bruyant, qu'il a fallu pour accoucher de cette géante là. Entre aridité et nuages, l'Atlas est
somptueux.
Lundi 22 septembre 2008
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Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc
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