Ouzoud est au bout de la route, village entre deux collines. Rouler jusqu'à Ouzoud. Entre les rotondités et la végétation qui change. Les quatre étrangers ont tâtonné jusqu'à dégoter un gîte,
mignon, avec de toutes petites chambres, un peu spartiates, militaires mêmes... mais de vastes salons, et une terrasse où lézarder au soir, en picorant. Il y a une piscine, à croire que jusqu'aux
tréfonds de paysages sauvages, il faut domestiquer, apprivoiser le jardin, afin de retenir le touriste de passage. La Brune et la Rousse se disent que, dans un pays où il manque de l'eau souvent,
ce luxe là, très occidental, est peut-être inutile. Mais il faut bien que, peu à peu, qu'une sorte de richesse vienne beurrer les épinards de ce village du bout du monde.
L'étrange étrangère brune s'attendait à marcher jusqu'au pied de ces cascades qu'ils étaient tous venus admirer. Et puis, les cascades, elles se sont offertes, juste en dessous d'eux. Et il y a
eu les singes, ceux qui vivent en liberté dans la vallée.
Elle s'est assise, la Brune, pour retenir juste un instant la magie de l'endroit. Tout là-bas, au fond du gouffre, une population s'agite, qui a l'air minuscule. Elle contemple ce formidable coup
de sabre qui a brisé la falaise et dont l'eau jaillit, impétueuse. Elle contemple, en rêvant quelque dialogue échangé entre un sage et un Dieu. Une histoire d'humanité où l'eau serait donnée en
gage d'alliance, où l'eau ne serait jamais ni souillée ni gaspillée. Et puis les singes témoigneraient qu'il y a longtemps, les Hommes étaient courbés et crapahutaient entre les rochers...
Dimanche 28 septembre 2008
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Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc
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