Les deux étranges étrangères marchent dans la chaleur de l'été. Elles font le tour du douar, et tranquillement discutent avec leurs hôtes. Il y a l'Homme qui parle avec tant de passion de ses lieux, qui conte l'anecdote, montre le châtaigner, l'olivier ou le laurier. Cet Homme, c'est l'ami et frère de la Brune. Il y a déjà longtemps qu'ils échangent, qu'ils bâtissent des projets où, petit à petit, le douar revivra, retrouvera de son ancienne effervescence.


Il a travaillé, encore et encore, afin que l'école accueille les enfants, afin que les femmes s'émancipent un peu, afin que l'alphabétisme recule. Mais, quelle que soit la vaillance et la sueur, vient le jour où il manque cruellement de dirhams afin d'équiper la crèche ou la bibliothèque. Et puis, pour la prochaine rentrée scolaire, il faudra acheter les cartables. Et la Brune se rappelle ces gosses qui cirent les chaussures dans les villes, ils ont à peine dix ans. Est-ce que l'argent servira pour les cahiers et les stylos ? Pas sûr...


Des enfants, il y en a de partout, qui jouent dans les rues, qui gardent les moutons, qui mènent l'âne au bassin où une eau croupie, verte, stagne. Pourtant, malgré l'évidente difficulté à vivre dans un endroit isolé, ce village bouillonne d'une jolie vie.
Au détour d'un chemin, le puisatier creuse son puits, profond. Une image de carte postale, Pagnol de l'autre côté de la Méditerranée. Il faut chaud, et la terre, la poussière doivent coller au corps, poisser la respiration.
L'eau, encore et toujours, l'eau.



Mardi 21 octobre 2008 2 21 /10 /Oct /2008 07:56
- Vous fûtes plusieurs... 10 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc - Communauté : Maroc
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