Ici, dans ce pays de miel et d'oranges tout commence toujours par un repas partagé au même plat. Le pain fait office d'assiette. Ce partage là, celui de la nourriture, est cadeau, épicé de
sourires, arrosé de générosité. Autour de tables basses et rondes, le moment est propice aux confidences, à recueillir l'histoire du village, à rire aussi. Ces gens qui n'ont rien, ou si peu,
incarnent la générosité, et ils donnent ce que les étrangères ont oublié de considérer comme un bien, le temps. Ils donnent le temps de la rencontre, ils donnent le temps de l'apprentissage, ils
donnent le temps de la découverte.
La grappe de raisin mûrit tranquillement, protégée d'oiseaux chapardeurs, par une feuille de papier. Les moutons, les chèvres, l'âne et la mule occupent également le terrain avec les hommes. Les
oignons sèchent dans la cave, accrochés en guirlandes. C'est un douar où respire un peu de la paix que les campagnes des étrangères ont perdu depuis des lustres, depuis l'arrivée de ces
pétaradantes machines qui déchirent le silence de leur strident moulinet. Les femmes s'affairent et papotent, les hommes discutent sous la tente, assis à même de sol et les adolescents jouent sur
un vétuste baby-foot.
Ici, dans ce pays de miel et d'oranges, le thé, au plus chaud de l'après midi, inimitable, le thé au goût de menthe apaise autant qu'il rafraîchit.
Comment dire l'accueil ? Comment parler de tout ce qui fut partagé, ce jour là ? Un pays de miel et d'oranges...
Une grande dame pour de très belles personnes, à l'âme
remplie.
Mercredi 22 octobre 2008
3
22
/10
/Oct
/2008
05:32
1
-
Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc
-