A Fès, ils sont quatre, le garçon et les trois filles. Ils se sont perdus dans les ruelles de la médina. La brune a pourtant arpenté ce coin de la vieille ville, durant de longues heures. Mais
chaque fois, happée par la magie des boutiques où s'étalent des montagnes de fruits, de colifichets, fascinée par ce monde si vivant, elle oublie de noter les détails qui seraient des repères :
une enseigne, une plaque de rue, un marchand ambulant.
La médina regorge de façades décorées, de mosaïques et de boiseries aériennes. Sous les caillebotis qui abritent les ruelles des ardeurs du soleil, l'histoire déroule ses traces comme un
parchemin. La foule se bouscule et s'écarte brusquement pour laisser passer une mule lourdement chargée. Et leurs pas, errants, les a mené jusqu'à la Medersa. C'est une université où était
enseigné l'Islam. Peut-être qu'elle œuvre encore du reste. Elle se visite.
Endroit de paix, imprégné de spiritualité. De monumentales portes, ouvragées, des stucs qui rappellent une dentelle calligraphiée, un minaret qui pointe sa flèche vers un ciel d'azur, la vieille
bâtisse inspire le respect. Elle est belle et entretenue, soignée.
La brune retient son souffle, elle contemple l'esprit de tous ceux qui sont venus apprendre, au fil des siècles, ces sourates qu'ils ont sans doute psalmodiées. Une fois, elle a entendu chanter
le coran, a capella. Le cœur de l'homme était tout entier dans la voix qui trouait le silence d'une nuit d'hiver.
Dimanche 26 octobre 2008
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Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc
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