A rouler, la route s'est faite étroite, encaissée au fin fond d'un canyon. Ici, l'ouvrage du temps est palpable. C'est comme si la montagne soufflait doucement, au gré du vent : « Regarde comme
je suis vieille... je suis devenue sage... ». La Brune sent bien que ce pays lui parle, qu'à chaque lieu traversé, il se livre.
Gagner la piste, c'est aussi passer les falaises ridées, marquées. Et quand, au détour d'une courbe, l'eau revient, caracole sur des cailloux en chuchotant, les étranges étrangers se prennent de
vouloir aller tremper la main. C'est un torrent de montagne, bien froid sous un implacable soleil. Où alors, c'est la chaleur qui les leurre.
Peu à peu le relief s'apaise. De vallées, le paysage se fait plateaux. L'aridité gagne, et les rares endroits où subsiste un peu d'humidité sont domestiqués. De tous petits carrés de cultures
vivotent le long du Dadès. La piste est proche, maintenant.
L'étrange étrangère Brune ressent une impression d'immensité. Et puis, la réalité reprend ses droits. Il faut songer à trouver du carburant...
Dimanche 2 novembre 2008
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Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc
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