Ils ont retrouvé le goudron, dans le jargon de ceux qui prennent les pistes. La Brune se dit que, décidément, l'être humain a besoin d'appartenir à un groupe identifié. Elle se raconte que ce
besoin d'appartenance est bien réducteur aussi et que choisir de croiser d'autres horizons ouvre l'âme. Elle, il lui semble qu'elle n'appartient qu'au monde, mais elle sait aussi que c'est une
illusion.
Des hôtels comme des ksars fleurissent dans la vallée. Le tourisme construit en grand et en rouge ici. En grand contre des falaises ouvragées par le temps. En rouge d'une terre qui se prend à
cuire au soleil. Les Gorges du Todra clapotent.
Alors que les quatre étrangers s'attendaient à longer tranquillement une rivière assagie, voilà qu'au détour d'un virage, une station balnéaire, comme on en trouve dans le massif central
éclabousse et bouillonne. Des familles partagent un repas, tandis que les enfants barbotent. De petites échoppes, achalandées d'une ahurissante quantité de friandises, boissons gazeuses, gâteaux
secs. C'est un peu Vallon-Pont d'Arc réinventé sur les bords du Todra.
Peu à peu, les gorges s'élargissent. Les compères suivent un camion qui ressemble à un jouet, rouge et jaune. Il y a un trafic digne d'une sortie de ville un vendredi soir. Et une palmeraie
dense, habitée, grouillante, avale peu à peu l'oued, qui va se perdre au pied des arbres épanouis.
Jeudi 6 novembre 2008
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Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc
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