Dans le ciel si bleu, des minarets s'envolent. Lorsqu'on se ballade dans la campagne, on découvre de loin en loin des villages nichés dans l'ourlet d'une vallée. Ils sont, ces villages, jumeaux
de ceux que l'on aperçoit, à l'horizon, en Beauce ou Limousin. Seul le minaret raconte une autre histoire.
La Brune les contemple comme autant d'œuvres d'art. Tous les arts religieux de toutes les civilisations
accouchent de merveilles. Que le minaret se ramasse à être trapu ou qu'il s'élance, gracile, il est ouvragé, calligraphié. Il parle de Dieu, quelque que soit son nom.
Et Dieu regarde, attendri, la horde humaine qui s'agite sur la terre. Parfois il doit être bien triste que
les hommes se comprennent si peu et se haïssent autant. La Brune songe aux artistes qui ont voulu, quasiment sous tous les cieux, que l'hommage à Dieu s'élève jusqu'aux nuages. Ils doivent
maudire ceux qui détruisent ces symboles d'amour en donnant à Dieu, le nom de leur monde. Ceux qui disent leur vérité comme si elle était forcément figée. Ceux qui usent de Dieu comme d'une
force, comme d'une contrainte.
La Brune aime la beauté des minarets, leurs couleurs, leurs filigranes. Pour elle, ces constructions faites à
la gloire de Dieu, lui parlent de bienveillance, d'amour et de tolérance.
Dimanche 30 novembre 2008
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Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc
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